| PROGRÈS EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT Le Mexique est le pays d’Amérique latine qui affiche le plus haut revenu par habitant, et sa position au sein du groupe des pays à revenu intermédiaire est bien établie. Il reste pourtant confronté aux énormes clivages affectant sa société — entre riches et pauvres, entre le nord et le sud, entre les zones urbaines et rurales. Depuis le désastre causé par la crise financière de 1994-95 et les millions d’individus qu’elle a jetés dans la misère, le pays a fait des avancées rapides et remarquables pour la mise en place d’une économie moderne et diversifiée, l’amélioration des infrastructures et le traitement des causes profondes de la pauvreté. Le dernier rapport de la Banque mondiale sur la pauvreté, Income Generation and Social Protection for the Poor (a), estimait à quelque 50 % le pourcentage des Mexicains vivant dans la pauvreté en 2004, ce qui marque un progrès par rapport au chiffre de 64 % recensé au lendemain de la crise de 1995. Aujourd’hui, le Mexique jouit d’un système politique et économique plus ouvert et est plus intégré à l’économie mondiale. Membre depuis dix ans de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), il fait également partie de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les principales données statistiques sur le Mexique ressortant des Indicateurs du développement 2005 (a), de la Banque mondiale sont les suivantes : - Son revenu par habitant est de 6 770 dollars, ce qui le place en tête des pays d’Amérique latine.
- L’espérance de vie à la naissance y est de 76,3 ans.
- Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 28 pour 1 000.
- Le pourcentage de population ayant achevé des études primaires est de 99 %.
Pour plus de renseignements sur les autres grands indicateurs économiques et démographiques du Mexique, cliquez ici (a). DÉFIS À VENIR Le processus de transition économique interne a été bien plus difficile qu’on ne l’envisageait il y a dix ans. Une fois la crise de la dette résolue et l’ALENA établi de manière réussie, on s’attendait à ce qu’une longue période de développement économique soutenu s’ouvre pour le Mexique, mais la crise du milieu des années 90 et le ralentissement économique qu’elle a entraîné montrent qu’il connaît encore des problèmes de développement d’ordre structurel. Les avantages que lui offre l’ALENA pourraient être réduits à néant s’il ne trouve pas de réponse aux problèmes touchant à la compétitivité de son économie (une priorité majeure pour son développement) et à la création d’emplois de qualité, deux éléments qui doivent contribuer à réduire ses niveaux de pauvreté. En dépit des progrès réalisés ces dix dernières années sur le front de la pauvreté, la réalisation de ses objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) relève encore du défi pour le Mexique. Si l’on prend pour hypothèse une répartition des revenus inchangée ainsi qu’une croissance annuelle moyenne du PIB par habitant de 3,5 %, on ne s’attend pas à ce qu’il atteigne, d’ici à 2015, les objectifs consistant à réduire l’extrême pauvreté et la faim de moitié (par rapport au chiffre de 22,5 % environ en 1990), la mortalité des moins de 5 ans des deux tiers, et la mortalité maternelle des trois quarts. Mais il devrait pouvoir atteindre ceux consistant, toujours à l’horizon 2015, à assurer l’éducation primaire pour tous, à éliminer les disparités entre les sexes à tous les niveaux de l’enseignement, et à inverser la propagation du VIH/SIDA. Pour en savoir plus sur les résultats obtenus par le Mexique sur la voie des ODM, cliquez ici (a). Que sont les objectifs de développement pour le Millénaire ? (a) APPUI FOURNI PAR LA BANQUE MONDIALE AU MEXIQUE L’appui fourni par la Banque mondiale au Mexique a pour but, à terme, de faire reculer la pauvreté et de réduire les inégalités. Compte tenu des progrès réalisés au niveau des normes de base en matière d’éducation et de santé, les projets qu’elle entreprend dans ces domaines sont à présent focalisés sur les communautés rurales les plus démunies au sein des États les plus pauvres du pays, l’objectif étant de les porter au niveau de la moyenne nationale. Parallèlement, les politiques de développement que poursuit le Mexique mettent à égalité l’accent sur les structures administratives, les infrastructures et l’environnement, et ce dans une triple perspective : accroître la compétitivité, renforcer les institutions et promouvoir la viabilité de l’environnement. Tous ces aspects nécessitent d’importants investissements, ainsi qu’une gestion stratégique avisée, si l’on veut que le Mexique maintienne son rythme de croissance actuel. Durant cinq décennies, la Banque mondiale a dispensé au Mexique son appui financier et ses compétences techniques. Aujourd’hui, elle a en cours dans ce pays 32 projets, qui représentent un engagement de fonds moyen allant jusqu’à 1,7 milliard de dollars par an. De plus, la nouvelle stratégie d’aide-pays établie pour la période 2005-2008, qui est le fruit d’un effort mené en collaboration avec les responsables nationaux à l’échelon fédéral, régional et municipal, ainsi qu’avec des représentants de la société civile, prévoit une enveloppe de prêts globale de l’ordre de 4,8 milliards de dollars sur les quatre prochaines années. Destinée à appuyer les engagements pris par les dirigeants du pays pour combattre la pauvreté et les inégalités, elle s’articule autour des quatre piliers suivants afin d’aider le Mexique à réaliser ses objectifs de développement : 1.Réduire la pauvreté et les inégalités - Aider à concevoir, suivre et évaluer des programmes relatifs à la pauvreté et à la protection sociale, et à améliorer en outre la qualité de l’éducation.
- Améliorer l’égalité des chances et l’équité, en axant l’effort sur les groupes qui n’ont pas accès aux services sociaux de base, tels que le système de santé et les régimes de retraite.
- Élargir l’accès à l’infrastructure de base, au logement social et à la propriété foncière.
- Encourager la participation aux prises de décisions et améliorer l’accès aux opportunités pour les femmes et les groupes autochtones.
2.Accroître la compétitivité - Contribuer aux réformes des politiques officielles allant dans le sens d’une meilleure compétitivité et d’une réduction des coûts et ajustements escomptés dans des domaines comme l’agriculture, par un travail d’analyse sur cette question de la compétitivité.
- Appuyer le développement des marchés financiers, l’amélioration de l’accès aux services financiers et l’élargissement des possibilités offertes en matière d’accession à la propriété.
- Promouvoir un bon niveau de gouvernance et de responsabilité sociale dans le secteur des entreprises.
- Encourager un développement régional équilibré, venant à l’appui des efforts menés par le pays pour étendre la couverture des services et infrastructures de base, en améliorer la qualité et en réduire le coût, et réduire également les disparités au niveau du marché.
- Soutenir une éducation allant dans le sens d’un renforcement des compétences et de l’initiative personnelles par un effort d’amélioration du niveau de qualification de la main-d’œuvre, de l’innovation et de la qualité des produits.
3. Renforcer les institutions - Contribuer à un mode de gouvernement démocratique en assurant une diffusion accrue des travaux d’analyse et des moyens de transmission des connaissances du Groupe de la Banque mondiale parmi toutes les composantes du secteur public et de la société civile.
- Aider à améliorer le travail de prévision macroéconomique, d’établissement du budget, de rapport financier et de gestion comptable, ainsi que la formation et l’homologation des fonctionnaires, l’objectif étant de faire en sorte que la population ait plus confiance dans les institutions, d’améliorer la transparence et de contribuer à la lutte contre la corruption.
- Appuyer les politiques appliquées par l’État en matière de fédéralisme par un effort de renforcement des capacités auprès des administrations infranationales ainsi que par l’établissement d’un système judiciaire plus efficace, qui permette à la fois d’ouvrir l’accès à la justice pour les pauvres et d’améliorer le fonctionnement des tribunaux de commerce.
4.Promouvoir la viabilité de l’environnement - Prendre les mesures voulues pour répondre aux pénuries d’eau et aux forts taux de déboisement, et encourager également la gestion durable des ressources naturelles.
- Contribuer à ce que les principes de développement durable fassent partie intégrante des politiques et programmes établis à l’échelon national.
- Soutenir l’établissement de programmes visant à remédier aux problèmes tels que la pollution de l’air, la gestion des déchets solides ou les émissions de gaz à effet de serre, en plus de la promotion de technologies non polluantes pour l’air et de la mise en œuvre d’une gestion environnementale à l’échelon national et à celui des États.
- Effectuer un travail d’analyse en matière de viabilité environnementale.
RÉSULTATS OBTENUS DANS LE CADRE DES PROJETS Réduction de la pauvreté La seconde phase du Programme en faveur de l’épargne et du crédit rural (BANSEFI) (a) a pour but d’appuyer les efforts entrepris par le Gouvernement mexicain pour doter le pays d’organismes d’épargne et de crédit qui soient financièrement viables, opérationnellement efficaces et technologiquement à jour, conditions nécessaires pour mettre ces organismes davantage à la portée des groupes de population jusqu’ici défavorisés à cet égard. En améliorant l’accès des plus pauvres aux services financiers, le projet doit leur permettre d’épargner et d’investir davantage, et de disposer de moyens accrus pour gérer les risques. La stratégie d’aide-pays pour la période 2005-2008 vise à assurer une réduction durable de la pauvreté, et c’est pourquoi ce projet va au-delà de la mise en valeur du capital humain pour renforcer les capacités financières des pauvres et leur permettre, en se dotant de moyens matériels et pécuniaires, de faire face à d’éventuels chocs financiers. Environnement Le Projet témoin de récupération et d’utilisation des émissions de méthane (a) sur une décharge finance la conception et la mise en œuvre d’un système permettant de récupérer et d’utiliser les émissions de gaz de décharge dans l’agglomération de Salinas Victoria, proche de la zone métropolitaine de Monterrey, dans l’État du Nuevo León. Le modèle ainsi mis en œuvre encourage l’application de mesures de contrôle des émissions de gaz à effet de serre dans le contexte de la gestion des déchets solides, laquelle sera renforcée à l’échelon de sept municipalités de l’État dans le cadre de ce projet, qui profitera ainsi à plus de 2 millions de personnes. Il renforcera en outre le cadre réglementaire applicable à cette nouvelle technologie. Le Projet de préservation de la biodiversité par les communautés et les populations autochtones (a) dans les États d’Oaxaca, du Michoacán et du Guerrero vise à préserver les zones abritant une riche biodiversité qui se trouvent dans les trois États visés, en s’attachant à renforcer et promouvoir les initiatives prises par les communautés elles-mêmes. L’un de ses objectifs est de tirer parti des valeurs culturelles positives et des modes de gestion traditionnelle dont se sont dotées ces communautés pour l’utilisation de leurs ressources naturelles. Compétitivité La Banque mondiale soutient le programme gouvernemental à moyen terme, qui vise à renforcer la croissance, à améliorer le niveau de vie et à réduire la pauvreté, au moyen du Premier prêt programmatique pour le renforcement de la compétitivité du pays, opération entrant dans le cadre de ses prêts à l’appui des politiques de développement. Ce prêt est destiné à appuyer les réformes réglementaires soutenant l’innovation commerciale et un relèvement des niveaux d’instruction de la main-d’œuvre. Les mesures prises à ce titre contribueront à améliorer les conditions d’investissement en facilitant les créations d’entreprises, en réduisant les coûts de transaction et en renforçant les politiques en matière de concurrence économique. Le prêt doit permettre également de rationaliser les procédures douanières et d’améliorer la qualité des services portuaires. Dans le secteur énergétique, des mesures seront prises pour favoriser la transparence et l’application d’outils réglementaires. Agriculture Le Projet pilote d’accès à la terre pour les jeunes agriculteurs (a) doit bénéficier principalement aux jeunes exploitants à faibles revenus, à qui il donnera la possibilité d’acheter ou de louer des terres, ainsi qu’aux agriculteurs plus âgés, qui pourront transférer leurs propres terres. Il est basé sur une stratégie de développement rural intégrée ayant pour but de favoriser des améliorations au niveau des marchés fonciers et des forces à l’œuvre en milieu rural, et de créer pour les jeunes ruraux des possibilités économiques dans des domaines non agricoles (l’écotourisme, par exemple). Éducation Le Programme d’amélioration de la qualité de l’éducation a pour but d’accroître l’autonomie des établissements scolaires et leur capacité à se gérer eux-mêmes, pour parvenir ainsi à une amélioration qualitative de l’enseignement mesurée au regard de trois indicateurs : couverture, participation sociale et résultats scolaires. Ses principales composantes sont un régime de bourses d’études, des activités de suivi et de contrôle, et l’établissement de politiques permettant d’évaluer les performances des élèves. Renforcement institutionnel Le Projet de modernisation de la justice à l’échelon des États (a) vise à améliorer la façon dont la justice est rendue dans un nombre choisi d’États du pays, l’objectif étant de permettre à l’ensemble des administrés d’y avoir davantage accès. Les mesures prises iront dans le sens d’une plus grande transparence et d’un renforcement des capacités institutionnelles, de la culture d’organisation et du partage des connaissances dans ce secteur. Infrastructure Le Projet d’entretien routier à l’échelon fédéral (a) vise à aider le pays à se doter d’un réseau routier adéquat et à en assurer comme il faut l’entretien, de manière à répondre aux besoins d’une économie en expansion qui doit faire face aux défis posés par l’Accord de libre-échange nord-américain en matière de compétitivité. Cela implique un entretien permanent des routes nationales et des ponts, ainsi qu’une participation accrue du secteur privé dans ce domaine. Tendances et défis de l’effort de lutte contre la pauvreté Bien que l’effort de lutte contre la pauvreté mené entre 2002 et 2004 présente des tendances encourageantes, surtout au regard de la pauvreté rurale, le Mexique reste confronté à des défis tels que la réduction de la pauvreté urbaine, qui demeure stable, ainsi que la nécessité de rendre le système de protection sociale moins régressif et plus équitable afin d’en améliorer la couverture à l’intention des pauvres, comme indiqué dans l’étude de la Banque mondiale intitulée Income Generation and Social Protection for the Poor (a). Parmi les facteurs ayant contribué à réduire la pauvreté en milieu rural figurent la stabilité macroéconomique, les augmentations des transferts publics et privés (y compris les rapatriements de salaires), et la diversification des revenus dans de nouveaux domaines d’activité non agricoles comme le tourisme et les services. |