Communiqué de presse no : 2006/383/AFR Contacts : À Washington : Marco Mantovanelli – 202-458-7571 Mmantovanelli@worldbank.org Timothy Carrington – 202-473-8133 Tcarrington@worldbank.org WASHINGTON, le 26 avril 2006 — Le Groupe de la Banque mondiale et le Gouvernement tchadien ont achevé une troisième série de discussions sur les questions concernant la suspension par le Groupe de la Banque de ses apports financiers au Tchad et le compte séquestre utilisé pour les revenus pétroliers. Bien qu’ils n’aient pas encore conclu d’accord global et définitif, le Gouvernement tchadien et la Banque mondiale sont parvenus à un accord intérimaire. Sur la base de cet accord, la Banque mondiale a accepté de reprendre une partie de ses décaissements pour un nombre donné de secteurs : éducation, santé, développement communautaire, lutte contre le VIH/SIDA, agriculture, électricité, eau et infrastructure. Comme convenu, le Gouvernement tchadien doit adopter une loi de finances pour 2006 qui spécifiera que 70 % des revenus pétroliers seront utilisés pour des programmes prioritaires contre la pauvreté. Sont exclues de cette enveloppe les dépenses consacrées à la sécurité, qui doivent être financées sur les recettes générales du Trésor tchadien. Si la loi de finances met ce dispositif en œuvre, dès que le Consortium pétrolier procédera aux paiements exigés sur le compte séquestre, la Banque débloquera un tiers du montant total en dépôt au cours de chacun des trois mois suivants. Il est en outre entendu que les deux parties s’emploieront à parvenir à un accord supplémentaire et plus définitif durant cette période. Les autorités tchadiennes ont par ailleurs convenu de prendre parallèlement des mesures pour renforcer le suivi et la gestion transparente et responsable des revenus pétroliers aussi bien directs qu’indirects, ainsi que de l’aide au développement. « Même avant les récents événements, la population tchadienne était l’une des plus pauvres du continent africain, et ses perspectives les plus sombres qui soient », a déclaré le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz. « Notre objectif a toujours été d’aider le gouvernement à améliorer les services de base dont les Tchadiens ont désespérément besoin, qu’il s’agisse de projets de lutte contre le VIH/SIDA, d’écoles ou de routes. La suspension de l’aide représentait une décision difficile, mais c’était une décision que la Banque se devait de prendre au vu de faits nouveaux qui allaient à l’encontre de l’accord initial destiné à garantir que les ressources servent au profit des populations pauvres du Tchad. » « Le Gouvernement tchadien a accepté de prendre des mesures pour rétablir la confiance de la communauté internationale des bailleurs de fonds, y compris en spécifiant dans une nouvelle loi de finances que 70 % des revenus pétroliers détenus dans le compte séquestre seront utilisés pour l’effort de réduction de la pauvreté. Il reste à conclure un accord définitif, mais je me félicite des efforts menés par le gouvernement pour donner les suites voulues à cet égard. Nous estimons que les mesures définies dans cet accord offrent un moyen d’aller de l’avant pour faire en sorte que les Tchadiens récoltent les fruits de l’aide et des revenus pétroliers que reçoit leur pays. » Au début d’avril, un groupe d’experts techniques représentant, outre le Tchad et la Banque, le Fonds monétaire international, l’Union européenne et d’autres partenaires bilatéraux a procédé à une évaluation des dépenses et besoins budgétaires en jeu. Les membres du groupe ont relevé à la fois de sérieuses insuffisances pour ce qui est de répondre aux besoins urgents, et des problèmes au niveau de la gestion des ressources. Un nouveau problème qui se pose en particulier est constitué par les fortes pressions qu’exerce l’afflux de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison du conflit en cours dans la région. Dans un village que la délégation d’experts a visité, celui de Goz Beida, 200 à 300 personnes affluent tous les jours, ce qui exacerbe les tensions avec la population locale pour l’accès à l’eau, à la nourriture et au logement. En plus de ces pressions liées au problème de la pauvreté, le groupe d’experts multilatéral a relevé d’importantes carences dans la gestion des ressources, et convenu avec les responsables tchadiens d’un certain nombre d’initiatives en vue d’améliorer le niveau de transparence et de responsabilité des procédures suivies dans le domaine budgétaire ainsi qu’en matière de gestion financière et de passation des marchés. Cela consiste notamment à renforcer et élargir le rôle incombant au Collège de contrôle et de surveillance des revenus pétroliers, organisme indépendant qui supervise l’affectation et l’emploi de ces revenus pour des projets de lutte contre la pauvreté. La mise en œuvre des mesures de suivi ainsi envisagées constituera une garantie de plus qu’il est possible de contrôler les ressources publiques et de les dépenser à bon escient. La reprise partielle des décaissements que la Banque envisage au titre de projets approuvés interviendra parallèlement à ces nouvelles procédures. |