Sites officiels (en anglais) Informations connexes    «AprĂšs plusieurs dĂ©cennies de retard en matiĂšre dâĂ©ducation, les pays de lâAfrique subsaharienne sont en train dâenvoyer un plus grand nombre dâenfants Ă lâĂ©cole et prennent des mesures pour amĂ©liorer la qualitĂ© de lâenseignement. Mais la rĂ©gion a encore besoin de lâaide des nations riches pour rĂ©aliser lâobjectif dâĂ©ducation universelle dâici 2015», câest du moins le constat fait par un partenariat mondial des bailleurs de fonds et des pays en dĂ©veloppement.  «Nous nous sommes rendus compte que des progrĂšs sont possibles, lorsque la volontĂ© politique et les ressources sont rĂ©unies» affirme M. Desmond Bermingham, nouveau directeur du Global Compact on Education, connu Ă©galement sous le nom de Initiative pour la mise en Ćuvre accĂ©lĂ©rĂ©e du programme Ăducation pour tous (FTI).  «Le dĂ©fi, qui se prĂ©sente Ă nous, est dâaider les pays pauvres Ă augmenter durablement les taux de scolarisation et Ă amĂ©liorer la qualitĂ© de lâĂ©ducation tout en veillant Ă ce que tous les enfants terminent leur cycle scolaire», ajoute-t-il.   Rechercher une Ă©ducation de qualitĂ© au PĂ©rou Inscrire ses enfants Ă lâĂ©cole nâest pas suffisant pour assurer leur apprentissage. Suite >>  Selon le FTI, les taux de scolarisation en Afrique subsaharienne sont passĂ©s de 83%, en 2000, Ă 95%, en 2002, permettant ainsi dâenvoyer 17 autres millions dâenfants Ă lâĂ©cole.  Mais, selon lâInstitut de statistiques de lâOrganisation des Nations unies pour lâĂducation, la Science et la Culture (UNESCO), seuls quelque 65% des enfants en Ăąge dâaller Ă lâĂ©cole primaire, ont Ă©tĂ© scolarisĂ©s en 2004.  Le FTI relĂšve que seuls 56% des enfants qui vont Ă lâĂ©cole primaire (CPI au CMI) terminent leur cycle primaire.  RĂ©forme du secteur Ă©ducatif Ă Madagascar
LâĂźle de Madagascar, une nation africaine, a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e Ă©ligible au financement de lâInitiative de mise en oeuvre accĂ©lĂ©rĂ©e de lâĂducation pour tous (FTI), en mai 2005. Mais le pays avait dĂ©jĂ commencĂ© Ă revitaliser le secteur Ă©ducatif, en dĂ©clin dans les annĂ©es 80 et 90. Les rĂ©formes Ă©ducatives ont commencĂ© sĂ©rieusement en 2002, avec la formation dâun nouveau gouvernement «trĂšs engagĂ© pour lâĂ©ducation primaire», affirme Mme Sajitha Bashir, Ăconomiste senior, spĂ©cialiste de lâĂ©ducation pour la rĂ©gion Afrique, Ă la Banque mondiale.
Le taux de scolarisation dans le primaire est passĂ© Ă 98%, lorsque les frais de scolaritĂ© ont Ă©tĂ© supprimĂ©s en fin 2002. Le pays compte 3,6 millions dâenfants scolarisĂ©s. Le nombre dâĂ©lĂšves qui terminent leur cycle primaire a augmentĂ©, passant de 47%, en 2004, Ă 60%, en 2006. Avec lâaide des financements dâun projet de 7 ans de la Banque mondiale, qui a pris fin en mars 2005, la gouvernement a fourni des subventions Ă 90% des Ă©coles, distribuĂ© des kits scolaires Ă 3,4 millions dâĂ©lĂšves du primaire des Ă©coles privĂ©es et publiques et du matĂ©riel pĂ©dagogique Ă plus de 47.000 enseignants en 2003-04. Le gouvernement a utilisĂ© les financements dâautres programmes de la Banque et dâautres bailleurs de fonds pour construire 1200 nouvelles classes, fournir des allocations aux enseignants communautaires et former 50.000 enseignants. MalgrĂ© ces efforts, 272.000 enfants en Ăąge dâĂȘtre scolarisĂ©s, y compris 136.000 filles, ne vont toujours pas Ă lâĂ©cole. Et seulement 31% de ces Ă©lĂšves passent le cap du primaire pour aller au secondaire.  Au dĂ©but de lâannĂ©e 2005, le gouvernement a commencĂ© Ă Ă©laborer une stratĂ©gie Ă©ducative globale et Ă long terme, en vue dâobtenir un financement de lâinitiative de mise en oeuvre accĂ©lĂ©rĂ©e de lâĂducation pour tous (FTI) et dâaccĂ©lĂ©rer les progrĂšs dans ce secteur. Au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e, le fonds catalytique de la FTI a dĂ©caissĂ© 6 millions de dollars EU sur les 10 millions de dollars EU de la subvention de la premiĂšre annĂ©e, pour, entre autres, aider Ă payer les salaires des enseignants et Ă mettre en Ćuvre les innovations locales destinĂ©es Ă amĂ©liorer lâaccĂšs et la qualitĂ© de lâĂ©ducation primaire. Madagascar recevra 50 autres millions de dollars EU de la FTI pour les deux prochaines annĂ©es. Le pays sâest engagĂ© dans un processus de rĂ©vision de son programme dâĂ©ducation afin de faire des rĂ©formes majeures au niveau de lâĂ©ducation primaire, dâamĂ©liorer lâaccĂšs Ă lâĂ©ducation, de revoir le programme scolaire, dâintroduire de nouveaux matĂ©riels, de recruter et de former des enseignants. Le plan revu va programmer lâutilisation des ressources financiĂšres additionnelles du FTI et des autres bailleurs de fonds.  Mme Bashir affirme que, pour Madagascar, les fonds de la FTI signifient plus de financements sous forme de dons sur une brĂšve Ă©chĂ©ance (2 ans), contrairement au projet de la Banque mondiale (7 ans). Cela signifie Ă©galement que les bailleurs de fonds attendent de voir des rĂ©sultats plus rapidement, dâoĂč une plus grande obligation du gouvernement dâen rendre compte. «Le fonds catalytique du FTI met ensemble, les fonds des donateurs, des fonds qui, autrement, seraient allĂ©s Ă des projets distincts et de petite envergure. Le fonds investit directement lâargent dans le plan national dâĂ©ducation permettant ainsi dâĂ©viter une «approche fragmentĂ©e» au dĂ©veloppement de lâĂ©ducation, toute chose qui est de nature Ă affecter le renforcement des capacitĂ©s du MinistĂšre», explique Mme Bashir. «Les bailleurs de fonds peuvent fournir des appuis techniques, mais autrement, lâargent est gĂ©rĂ© par le ministĂšre, ce qui lui a permis de tirer des leçons de cette expĂ©rience» conclut-elle.   On estime Ă 40 millions, le nombre dâenfants qui ne vont pas du tout Ă lâĂ©cole, en Afrique subsaharienne.  Pour le FTI, mĂȘme si la communautĂ© internationale a identifiĂ© lâĂ©ducation comme lâune des clĂ©s pour la croissance Ă©conomique, la rĂ©duction de la pauvretĂ©  et la lutte contre les maladies telles que le SIDA, il reste encore beaucoup Ă faire pour accĂ©lĂ©rer les progrĂšs dans ce domaine.   «Il va falloir, pour rĂ©aliser lâobjectif dâĂ©ducation universel inscrit dans les objectifs de dĂ©veloppement de millĂ©naire, dâici 2015, que les donateurs et les pays en dĂ©veloppement augmentent considĂ©rablement leurs contributions financiĂšre, politique et technique», explique M. Bermingham.  Le taux de scolarisation en Afrique et dans les autres rĂ©gions en dĂ©veloppement du globe, devrait connaĂźtre une hausse aprĂšs le sommet des Chefs dâĂtat du G8, les 15 et 17 juillet, Ă St. Petersburg en Russie. Ces derniers sâĂ©taient engagĂ©s lors du sommet de lâannĂ©e derniĂšre Ă Gleneagles, en Ăcosse, Ă aider lâAfrique Ă faire de grandes avancĂ©es vers une Ă©ducation de bonne qualitĂ©, gratuite et obligatoire aux fins de favoriser la croissance Ă©conomique et de briser le cycle de la pauvretĂ© sur le continent.  «En principe, le G8 soutient fermement lâinitiative dâĂ©ducation universelle, avec tous ses huit pays, «entiĂšrement engagĂ©s» dans cet effort», affirme M. Bermingham, prĂ©cĂ©demment en fonction au DFID (Service de dĂ©veloppement international du Royaume-Uni). «Le dĂ©fi est maintenant de traduire tous ces engagements en actions concrĂštes», poursuit-il.  Au dĂ©but du mois dâavril, le Royaume-Uni a annoncĂ© une aide supplĂ©mentaire de 15 milliards de dollars EU au secteur de lâĂ©ducation, pour la prochaine dĂ©cennie.  La Commission europĂ©enne a Ă©galement promis 76 millions de dollars EU Ă lâinitiative pour la mise en oeuvre accĂ©lĂ©rĂ©e de lâĂducation pour tous. Cette initiative, lancĂ©e en 2002, a pour objectif de coordonner les subventions en faveur de lâĂ©ducation, ainsi que lâappui technique aux pays pauvres qui Ă©laborent des plans visant Ă renforcer leurs systĂšmes Ă©ducatifs.  La Russie, pour la premiĂšre fois de son histoire, a promis une aide de 7 millions de dollars EU, en appui Ă la FTI. Le pays est dâailleurs, aux dires de M. Bermingham, en train dâenvisager la possibilitĂ© dâapporter dâautres appuis financiers aux efforts internationaux de promotion de lâĂ©ducation.  Dâautres bailleurs de fonds tels que les Pays-Bas et la NorvĂšge ont apportĂ© des contributions importantes Ă lâinitiative et/ou aux programmes complĂ©mentaires.  Mais lâInitiative a besoin dâun montant de 10 milliards de dollars EU, par an, pour atteindre son objectif qui est dâenvoyer 100 millions dâenfants dans le monde Ă lâĂ©cole, dâici 2015.  Mais, pour le moment, elle a besoin dâurgence de 2,3 milliards de dollars EU pour aider de nombreux pays qui sont sur le point dâadhĂ©rer Ă lâInitiative.  «Par ailleurs, lâappui Ă long terme des bailleurs de fonds est nĂ©cessaire pour faire de la FTI une source crĂ©dible dâassistance, Ă mĂȘme dâĂ©tendre son aide à davantage de pays», explique M. Bermingham qui ajoute: «En lâabsence de financements sĂ©curisĂ©s, les rĂ©formes politiques risquĂ©es que les pays doivent mettre en place pourraient tourner court».  «La prioritĂ© des prioritĂ©s est dâavoir des financements prĂ©visibles,» explique M. Bermingham. «Il est difficile dâenvisager le recrutement dâenseignants si lâon ignore le montant exact dâargent que lâon aura dâune annĂ©e Ă lâautre.»  Des programmes dâĂ©ducation crĂ©dibles  Pour ĂȘtre entĂ©rinĂ©s par la FTI et Ă©ligibles aux financements, les plans prĂ©sentĂ©s par les pays pauvres pour envoyer plus dâenfants Ă lâĂ©cole et amĂ©liorer la qualitĂ© de lâĂ©ducation, doivent ĂȘtre âcrĂ©diblesâ. Lâapprobation de la FTI encourage les pays Ă sâapproprier le processus de prĂ©paration des programmes nationaux dâĂ©ducation qui implique une justification de lâutilisation de fonds et un plus grand engagement des ressources politiques et financiĂšres, dans lâobjectif dâaccĂ©lĂ©rer les progrĂšs vers la rĂ©alisation de lâobjectif dâĂ©ducation primaire universelle.  Lâinitiative pour la mise en oeuvre accĂ©lĂ©rĂ©e de lâEducation pour Tous, coordonne les efforts des bailleurs de fonds et des pays pauvres autour de lâobjectif commun quâest lâĂ©ducation tout en permettant aux pays dâĂ©laborer des plans dâĂ©ducation Ă long terme. Elle essaie Ă©galement dâattirer et de mobiliser des ressources pour payer les frais inhĂ©rents au fonctionnement des Ă©coles, Ă la construction des routes, Ă la rĂ©munĂ©ration des enseignants, Ă lâachat des ouvrages scolaires et aux autres amĂ©nagements.  La FTI a directement fourni 90 millions de dollars EU aux pays dont les programmes ont Ă©tĂ© approuvĂ©s et qui essaient dâenvoyer un plus grand nombre dâenfants Ă lâĂ©cole.  Les estimations indiquent une augmentation de 20 millions du nombre dâenfants en Afrique subsaharienne, par rapport aux annĂ©es 80. Et une Ă©valuation des pays Ă©ligibles Ă la FTI a rĂ©vĂ©lĂ© que certains dâentre eux ont doublĂ© leurs taux de scolarisation, depuis 2000.  «Le Kenya, par exemple, a augmentĂ© le nombre dâenfants scolarisĂ©s dâun million, en presque un seul jour, aprĂšs avoir supprimĂ© les frais de scolaritĂ© en 2003», confie M. Bermingham.  Au Ghana, le taux de scolarisation au primaire a augmentĂ© de 14%, aprĂšs la suppression des frais de scolaritĂ© en 2005.  Au Niger, le recrutement de 2.500 enseignants par an a permis dâatteindre un taux de scolarisation de 61% Ă lâĂ©cole primaire, entre 1998 et 2003.  LâInitiative a, Ă ce jour, approuvĂ© les programmes nationaux dâĂ©ducation de 20 pays, y compris 12 pays africains dont le Burkina Faso, Djibouti, lâEthiopie, la Gambie, le Ghana, la GuinĂ©e, le Kenya, le Lesotho, Madagascar, la Mauritanie, le Mozambique, et le Niger. Sept autres pays africains attendent lâapprobation de leurs plans dans les six prochains mois.  Selon la FTI, «Si lâinitiative reçoit suffisamment de promesses de contribution, elle pourrait aider jusquâĂ Â 60 pays Ă dĂ©velopper des plans globaux dâĂ©ducation universelle au profit de plus de 70 millions dâenfants» |