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Conférence internationale sur le SIDA à Toronto: quels résultats?

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24 AoĂ»t 2006— 25 ans aprĂšs la dĂ©couverte des premiers cas humains d’infections au VIH (Virus d’immunodĂ©ficience acquise) Ă  Los Angeles, le VIH et le SIDA continuent leurs ravages sans qu’il n’y ait Ă  l’heure actuelle, aucun vaccin disponible contre la maladie.Les organisateurs de la 16Ăšme confĂ©rence internationale sur le SIDA , qui s’est dĂ©roulĂ©e du 13 au 18 aoĂ»t Ă  Toronto ont placĂ© cet Ă©vĂšnement sous le thĂšme «Passons aux actes», afin d’exhorter la communautĂ© internationale Ă  agir.  Ce thĂšme s’est retrouvĂ© dans toutes les sessions qui se sont dĂ©roulĂ©es la semaine passĂ©e.

Les résultats de la conférence: 
 
Recherche médicale
La richesse des donnĂ©es et orientations apportĂ©es par la communautĂ© scientifique permet d’espĂ©rer qu’un jour un vaccin contre le VIH sera disponible. Les chercheurs essaient de mieux comprendre les facteurs favorisant la progression du virus. Ils travaillent, en ce moment, Ă  mettre au point de nouveaux traitements ayant moins d’effets secondaires, y compris les nausĂ©es dont souffrent de nombreuses personnes sĂ©ropositives sous traitement antirĂ©troviral. Ils placent beaucoup d’espoir dans un nouveau produit, l’Atripla, qui combine les trois mĂ©dicaments actuellement utilisĂ©s, simplifiant ainsi le traitement. Ils s’intĂ©ressent Ă©galement aux liens entre le VIH et d’autres maladies. Dans certain cas, la tuberculose, cause principale de dĂ©cĂšs parmi les personnes vivant avec le VIH, peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e avec un traitement     antituberculeux efficace. L’hĂ©patite C sĂ©vit Ă©galement au sein des consommateurs de drogues injectables mais il y a Ă©galement des moyens efficaces de lutte contre cette maladie ainsi que le VIH. Il s’agit, entre autres de favoriser l’accĂšs des consommateurs de drogues injectables, Ă  des aiguilles propres et d’autres mesures similaires.

Par ailleurs, les scientifiques essaient d’amĂ©liorer les mĂ©dicaments pour les enfants. Ces mĂ©dicaments avaient Ă©tĂ© initialement mis au point pour les adultes de sorte que, dans bien de cas, les mĂ©decins ignorent les doses exactes Ă  administrer aux enfants. TrĂšs souvent, les enfants ne connaissent pas leur statut sĂ©rologique alors que plus le diagnostic du VIH est rapide, plus le traitement de l’infection a des chances de rĂ©ussir.   


Prévention
En dĂ©pit des moyens bien connus de prĂ©vention de l’infection, notamment l’usage des condoms et des aiguilles propres, les Ă©tudes rĂ©vĂšlent que beaucoup de personnes, n’ont toujours pas accĂšs aux techniques de prĂ©vention, d’oĂč la propagation rapide de l’épidĂ©mie. Avec 4,1 millions de nouveaux sĂ©ropositifs en 2005, plusieurs orateurs ont notĂ© qu’on n’en est pas encore au stade oĂč le traitement Ă  lui seul pourra endiguer la pandĂ©mie. Le message fort de cette confĂ©rence, est la nĂ©cessitĂ© de mettre l’accent Ă  la fois sur le traitement et la prĂ©vention.

Les taux d’infections du VIH et du SIDA iront crescendo si l’on n’offre pas aux femmes les moyens de se prĂ©munir contre cette maladie. Elles ont, entre autres, besoin d’avoir accĂšs microbicides (un gel qui est en train d’ĂȘtre mis au point) et de les utiliser avant tout rapport sexuel, afin de se protĂ©ger.

Les femmes n’ont pas toujours la possibilitĂ© de se protĂ©ger ou de nĂ©gocier des pratiques sexuelles sans risque. Dans certains pays, elles n’ont ni droit de propriĂ©tĂ©, encore moins celui d’hĂ©riter de leurs Ă©poux. Cette situation les contraint souvent Ă  recourir Ă  d’autres moyens, comme la prostitution, pour nourrir leurs enfants, s’exposant du mĂȘme coup au VIH.  

A cela, il faut ajouter qu’en dĂ©pit de l’existence de mĂ©dicaments pour Ă©viter la transmission mĂšre-enfant du virus, des enfants sĂ©ropositifs continuent de voir le jour, en particulier dans le monde en dĂ©veloppement. Seul un nombre infime de femmes enceintes ont accĂšs Ă  ces mĂ©dicaments pour protĂ©ger leurs nouveau-nĂ©s contre l’infection. Les Ă©tudes ont dĂ©montrĂ© qu’une femme sĂ©ropositive enceinte, qui prend ce type de mĂ©dicaments, qui accouche par cĂ©sarienne et qui n’allaite pas son enfant au sein, ne transmettra pas le virus Ă  ce dernier.

Un autre moyen important de lutte contre le VIH, est de donner aux agents de santĂ©, les moyens d’aider leurs communautĂ©s. La faiblesse des salaires offerts par les pays en dĂ©veloppement Ă  leurs agents, amĂšnent souvent les agents de santĂ© qualifiĂ©s Ă  s’exiler en Europe ou aux États-Unis oĂč les salaires sont plus Ă©levĂ©s. De nombreux agents de santĂ© meurent du SIDA, tout comme les autres jeunes adultes, faute d’accĂšs aux antirĂ©troviraux.  La communautĂ© scientifique, a dans son message, invitĂ© tous les pays Ă  restructurer leurs systĂšmes sanitaires, Ă  amĂ©liorer les programmes de prĂ©vention et de traitement du SIDA et Ă  investir davantage dans le secteur de la santĂ© pour     assurer une meilleure protection de leurs agents de santĂ© et mettre Ă  leur disposition, les mĂ©dicaments nĂ©cessaires pour soigner leurs patients.

Les organisations non gouvernementales qui ont participĂ© Ă  la confĂ©rence, ont, Ă©galement, plaidĂ© en faveur d’actions gouvernementales pour la promotion des femmes et le relĂšvement des salaires des agents de santĂ©.

Toucher les jeunes
Les organisations de jeunesse ont Ă©galement Ă©tĂ© trĂšs actives. Elles ont revendiquĂ© la prise en compte des jeunes dans les dĂ©bats avec les politiciens lors de la planification, par exemple, des programmes de prĂ©vention. Elles ont mis l’accent sur l’importance de toucher et d’éduquer la jeunesse avant qu’elle ne soit sexuellement active.

La chaĂźne de tĂ©lĂ©vision MTV  a Ă©galement fait des efforts pour toucher les jeunes. Elle a donnĂ© Ă  huit Ă©quipes composĂ©es chacune de 7 jeunes, 48 heures pour produire un court mĂ©trage sur le SIDA (reportez vous au site suivant http://eu.staying-alive.org/48fest/index.html pour plus d’informations). Les films ont portĂ© sur plusieurs questions, notamment la nĂ©cessitĂ© du dĂ©pistage, les violences conjugales, les papas gĂąteaux, les discussions entre parents et enfants, et les mythes. Le laurĂ©at (a)est un film qui a montrĂ© les effets dĂ©vastateurs de la stigmatisation sur une jeune fille qu’on voit sortir d’une clinique de soins pour personnes vivant avec le VIH.

La confĂ©rence avait un site officiel jeunesse . Plusieurs sessions ont Ă©tĂ© consacrĂ©es aux problĂšmes des jeunes. Suzanne Dhalival, une Ă©tudiante Ă  Toronto, volontaire de MĂ©decins Sans FrontiĂšres, pense cependant qu’il n’y avait pas suffisamment de jeunes parmi les dĂ©lĂ©guĂ©s, un point de vue partagĂ© par son amie Jennifer Hoff qui a ajoutĂ© que la jeunesse devrait ĂȘtre impliquĂ©e davantage dans le travail d’aide Ă  leurs communautĂ©s.

Le Global Village (village mondial) a abritĂ© une sĂ©rie de discussions informelles sur diffĂ©rents sujets y compris la jeunesse et les moyens de les toucher.  Il y a, par exemple, eu un concert musical qui a portĂ© sur certaines prĂ©occupations des jeunes, notamment le moment propice pour commencer une vie sexuellement active. Des jeunes activistes d’Ukraine et d’Éthiopie ont prĂ©sentĂ© ce qu’ils faisaient, Ă  leur niveau, pour informer et appuyer leurs pairs.  

M. Colleen Patterson, porte-parole des jeunes lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture (a) , a affirmĂ© que le Pavillon Jeunes a Ă©tĂ© le stand  le plus visitĂ©  du Global Village. Pour lui, mĂȘme si un nombre record de jeunes a participĂ© Ă  la rencontre (environ 10 000 jeunes), il Ă©tait nĂ©cessaire d’avoir plus de reprĂ©sentants jeunes des groups marginalisĂ©s tels que les consommateurs de drogues injectables, les travailleurs du sexe, les populations autochtones, les transsexuels d’Asie et des rĂ©gions du Pacifiques.

Conclusion
Pendant la session de clĂŽture, divers orateurs ont lancĂ© un appel aux importants de la lutte contre la pandĂ©mie : aux gouvernements, ainsi qu’aux autoritĂ©s politiques et religieuses pour une plus grande responsabilisation; Ă  la sociĂ©tĂ© civile pour qu’elle renforce son action; et aux organismes internationaux pour qu’ils coordonnent mieux leurs interventions. Les diffĂ©rents orateurs ont insistĂ© sur l’urgence et la nĂ©cessitĂ© de financement Ă  long terme. Il est probable qu’il faudra encore 10 ans pour qu’un vaccin soit disponible. En attendant, la prĂ©vention reste la stratĂ©gie prioritaire pour tout un chacun et le traitement antirĂ©troviral doit ĂȘtre mis Ă  disposition des personnes infectĂ©es.  
 

Le principal message de la confĂ©rence est que malgrĂ© les progrĂšs accomplis au cours des 25 derniĂšres annĂ©es, aucune complaisance n’est permise. Il est temps de passer Ă  l’action! A ce jour, on dĂ©nombre quelque 40 millions de personnes vivant avec VIH, y compris 24,5 millions en Afrique subsaharienne. En 2005, 2,8 millions de personnes sont mortes du SIDA.

 




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