Contacts : À Washington : Geetanjali Chopra, 202-473-0243 gchopra@worldbank.org WASHINGTON, le 27 septembre 2006 — Lors d’un débat d’experts organisé en marge des Assemblées annuelles que le FMI et la Banque mondiale tenaient à Singapour la semaine dernière, un certain nombre de partisans de la lutte contre la corruption ont exprimé leur soutien aux efforts déployés dans ce domaine par la Banque. La table ronde, qui avait pour thème « Partenariats pour lutter contre la corruption : relever le défi », a eu lieu le 16 septembre dans le cadre d’un programme de séminaires, forum interactif où des experts gouvernementaux et ceux issus de la communauté des affaires et du développement examinent les défis et les opportunités que présente l’économie mondiale. Le débat, présidé par Dele Olojede, lauréat du prix Pulitzer et président de Timbuktu Media, a également vu la participation de : Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale ; Paul Volcker, président de la Réserve fédérale des États-Unis entre 1979 et 1987 ; Huguette Labelle, présidente du conseil d’administration de Transparency International ; Mohamed Ibrahim, président de Celtel International ; John Githongo, défenseur de la lutte anti-corruption en Afrique ; et Nuhu Ribadu, président de la Commission de la criminalité économique et financière du Nigéria. Le groupe a établi un lien inextricable entre la lutte contre la corruption et la lutte contre la pauvreté, affirmant que la gouvernance et les opérations de lutte contre la corruption font partie intégrante du travail de la Banque mondiale en matière de développement. « Le plus gros risque pour le développement et, en définitive, pour la Banque elle-même, serait de se croiser les bras et de rester passif face à ce défi », a fait valoir M. Volcker. « Se dire qu’on a pour tâche de prêter à qui mieux mieux chaque fois qu’une notion d’avantage marginal semble le justifier n’est pas la bonne approche. À ce moment-là, je pense que le soutien manifesté à l’institution et à l’efficacité de ses programmes sera destiné à s’effilocher au fil du temps ». M. Githongo a lui aussi parlé du lien intrinsèque entre pauvreté et corruption, ainsi que de l’importance d’institutions de gouvernance solides et indépendantes. « D’après ma propre expérience, la meilleure usine à pauvreté, c’est la corruption. C’est le moyen le plus efficace de produire non seulement de la pauvreté, mais aussi des inégalités. Et cela aboutit à une situation (…) où il peut effectivement y avoir croissance économique, mais si les institutions de gouvernance sont faibles, cette croissance débouche sur une répartition inégale des ressources », a-t-il déclaré. « Il s’agit là d’un effet secondaire de la corruption qui me paraît parfois sous-estimé et qui, sur le plan structurel compromet l’aptitude des pouvoirs publics à mettre en œuvre des mesures visant à faire reculer la pauvreté ». L’importance de solides institutions de gouvernance a également été soulignée par M. Olojede, qui a résumé les conclusions du débat. « Nous devons reconnaître que dans les sociétés où la bureaucratie est omniprésente, la presse peu puissante et l’activité du secteur privé sous la coupe de l’État, on a là les indices les plus clairs de sociétés corrompues, et vous ne pouvez pas commencer à lutter contre la corruption si vous avez un État dans une société où le gouvernement est tout puissant. Cela rend la tâche bien plus difficile à remplir. » Le groupe a examiné sous divers angles les obstacles que soulève une mauvaise gouvernance. M. Ribadu a évoqué avec passion le tribut que fait payer la corruption à la société sur le plan humain. « Nous savons ce que nous a coûté la corruption : à cause d’elle, nous ne pouvons obtenir la juste valeur de nos ressources, aussi bien humaines que naturelles. Elle est source d’injustice. Elle est cause de tueries, de ces maux qui nous ravagent un peu partout. Elle fait de nous un pays dans lequel les gens vivent de la générosité d’autrui, et nous sommes très en colère. Ce n’est pas ce qu’on veut, et ce n’est pas une situation que nous sommes prêts à laisser durer. » Mme Labelle a repris à son compte ces sentiments et mentionné le prix de l’inaction face à la corruption, ainsi que les autres obstacles au développement qui peuvent en résulter. « Non seulement [la corruption] tue du fait que les gens ne disposent pas des services auxquels ils ont droit parce que l’argent qui devrait servir au développement va ailleurs, mais elle tue aussi d’une tout autre façon », a-t-elle expliqué. « L’argent qui est détourné vers les paradis fiscaux et blanchi de diverses façons refait surface par le trafic des stupéfiants ou des ventes illégales d’armes, ou est rapatrié dans le pays pour servir à acheter des voix… » M. Ibrahim a pour sa part évoqué les effets dommageables que la corruption a dans les milieux d’affaires, et mis l’accent sur les avantages économiques qu’il y a au contraire à diriger des entreprises sur lesquelles la corruption n’a pas de prise. « …Dès le premier jour, nous avons lancé un message clair et net. Nous avons dit que pas un seul dollar ne serait glissé sous la table… C’est une question de culture ». Après une séance de questions-réponses pendant laquelle les participants ont formulé des recommandations à l’intention des hauts responsables de la Banque mondiale, M. Olojede a fait la synthèse des interventions en mettant l’accent sur l’aspect primordial d’une collaboration entre tous les intervenants. « Si l’on considère vraiment les conséquences, je pense que cela nous permet de mieux comprendre l’ampleur du défi auquel nous faisons face lorsqu’il s’agit de lutter contre la corruption », a-t-il dit. « Et il ne fait donc pas de doute, à mon avis, sur la base de ce que nous avons entendu dans ce débat, qu’une collaboration est indispensable pour lutter contre la corruption ». ### Pour consulter la transcription de cette réunion-débat et les ressources multimédia qui s’y rapportent, veuillez cliquer ici. Pour en savoir plus sur la Banque mondiale, veuillez consulter notre site web : www.worldbank.org Pour plus de renseignements sur les activités anti-corruption de la Banque mondiale, veuillez vous reporter à notre site web sur ce sujet. |