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Des indicateurs de développement s’améliorent dans un continent aux défis énormes

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Communiqué de press No 2007/115/AFR

 

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Herbert Boh : 1 (202) 473 3548

hboh@worldbank.org

Aby Touré : 1 (202) 473-8302

akonate@worldbank.org

 

WASHINGTON, le 30 octobre 2006 — Plusieurs pays africains, dont le Sénégal, le Mozambique, le Burkina Faso, le Cameroun, l'Ouganda, le Ghana et le Cap Vert, ont soustrait un pourcentage non-négligeable de leurs citoyens de l'extrême pauvreté et pourraient être désormais bien lancés pour atteindre l'Objectif de développement pour le millénaire (ODM) qui vise la réduction de moitié de la pauvreté d'ici 2015, selon un rapport de la Banque mondiale paru ce jour.

 

"L'Afrique est aujourd'hui un continent en pleine ébullition, réalisant des progrès réels dans le domaine de la santé, de l'éducation, de la croissance économique, du commerce extérieur et de la réduction de la pauvreté," a déclaré Gobind Nankani, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique.

 

La publication annuelle de la Banque mondiale, les Indicateurs africains de développement 2006 (le ADI), dépeint un continent varié : plusieurs pays font des progrès remarquables, alors que d'autres stagnent ou encore accusent un sérieux retard. L'éventail complet s'étend des pays accusant un retard énorme, tel le Zimbabwe qui a enregistré un taux de croissance négatif de 2,4% -- le seul pays avec un taux de croissance négatif en 2004 sur le continent - aux pays dont l'économie est en pleine expansion, telle la Guinée équatoriale qui a enregistré un taux de croissance de 20,9%.

 

"Tandis que les résultats économiques sont de plus en plus divers, l'Afrique dans l'ensemble a réalisé des progrès plus au moins uniformes dans les secteurs sociaux, notamment l'éducation et la santé," a expliqué John Page, l'économiste principal de la Banque mondiale pour la région Afrique, précisant que l'augmentation du revenu par habitant en Afrique est actuellement équivalente à celle d'autres pays en voie de développement.

 

L'ADI 2006 confirme également les faits que le produit intérieur brut (PIB) de 16 pays d'Afrique subsaharienne a soutenu des taux de croissance annuels supérieurs à 4,5% depuis le milieu des années 90 ; le taux d'inflation sur le continent est aux plus bas niveaux ; la plupart des déformations de taux de change ont été éliminées ; et les déficits fiscaux sont en baisse constante. Le continent a mieux géré la dernière flambée des prix pétroliers que lors des chocs précédents et son PIB se situe à 4,3%, comparés à 5,4% en 2004.

 

La productivité des meilleures sociétés africaines est comparable à celle de leurs concurrents en Asie (l'Inde et le Vietnam) par exemple. Mais, alors que le coût local de production dans les meilleures économies de l'Afrique rivalisent bien avec l'Inde et la Chine, l'Afrique a, dans l'ensemble, perdu une part du marché global dans les exportations traditionnelles bien que plusieurs pays aient augmenté leurs exportations de plus de 10%.

 

Parmi les bonnes nouvelles d'ADI 2006 figure la confirmation que le taux d'inscription dans l'enseignement primaire a augmenté sensiblement à travers tout le continent. Le taux de prévalence du VIH/SIDA et de la mortalité infantile, ainsi que l'inégalité entre les sexes ont commencé à diminuer dans plusieurs pays.

 

"Le taux d'inscription brut dans l'enseignement primaire pour la catégorie d'âge appropriée - un indicateur courant de l'investissement consacré aux pauvres - est passé à 93% en 2004, par rapport à 72% en 1990, contribuant à une hausse significative du taux d'alphabétisation de 50% en 1997, comparé à 65% en 2002," a expliqué John Page. Il a déploré le fait que le succès enregistré dans l'amélioration du taux d'inscription brut dans l'enseignement primaire de 70% en 1991 à plus de 90% en 2004 n'ait pas été répété dans l'enseignement secondaire et supérieur.

 

En dépit du progrès réel, l'ADI 2006 remet en exergue les nombreux défis auxquels l'Afrique fait face, la seule région du monde où le nombre de pauvres continue à augmenter.

 

Le continent, qui n'a reçu que 1,6% d'investissements étrangers directs (10,1 milliards de dollars EU), compte six des dix pays jugés comme disposant de l'environnement le plus difficile pour les affaires. Les efforts des entreprises africaines pour réussir une percée dans le marché mondial continuent de se heurter, entre autres, à une infrastructure routière dépassée, à des ports peu efficaces, et à une pénurie d'énergie.

 

L'ADI 2006 lance un appel en faveur de l'abolition des règles encombrantes à travers des réformes de l'initiative américaine appelée « African Growth and Opportunity Act », et l'initiative « Tout sauf les armes » de l'Union européenne, mais également des réformes "derrière la frontière" (c'est-à-dire entre les pays africains eux-mêmes) pour favoriser le commerce intra-africain. L'ADI 2006 note que l'inégalité limite la possibilité pour les pauvres de bénéficier des fruits de la croissance. Tout en recommandant aux pays africains de mettre plus d'accent sur la croissance économique pour réaliser les ODM et sur la réduction du fossé dramatique entre les populations rurales et urbaines, le rapport réitère l'appel de la Banque mondiale pour que ceci soit fait dans le cadre d'une stratégie dite "de croissance partagée" qui se fonde sur des investissements ayant pour objectif d'intégrer les pauvres dans l'économie moderne, en leur permettant de contribuer, de participer et de tirer des bénéfices de la richesse de la région.

 

Le rapport prévient également que l'immense fardeau des maladies, comme le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose, ainsi que les effets néfastes de la corruption, les faibles niveaux de l'aide, les taux tarifaires trop élevés pour l'accès des produits africains au marché mondial et les faibles niveaux des investissements étrangers directs constituent une menace aux progrès réalisés dans l'allégement de la pauvreté.

 

"La bonne gouvernance et une gestion intelligente des loyers des ressources naturelles sont les conditions indispensables pour améliorer les résultats des efforts de développement en Afrique, où les gouvernements s'attendent à encaisser plus de 200 milliards de dollars EU des ventes pétrolières entre 2000 et 2010," a estimé Nankani, en se référant au fait que les pays africains riches en ressources naturelles ont plutôt réalisé un progrès lent en dépit de leur énorme richesse.

 

Fondés sur la base de données de la Banque mondiale sur l'Afrique, le rapport et le CD-ROM qui l'accompagne (World Bank Africa Database 2006) offrent le recueil le plus détaillé de données sur le développement en Afrique, en un volume portant sur la période 1980-2004. Les données concernent les 53 pays africains et 20 groupements régionaux de pays, présentées en matrices ou tableaux distincts portant sur plus de 1 200 indicateurs macroéconomiques, sur le développement humain et sectoriels, avec des données pour certains aspects couvrant la période allant de 1965 à 2004. Le CD-ROM offre également un aperçu des indicateurs pour chacun des pays africains ainsi que des illustrations cartographiques.

 




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