APERÇU: - L’amélioration des services financiers et autres que le Groupe de la Banque mondiale fournit à l’intention des pays à revenu intermédiaire (PRI) est un objectif qui figure parmi les six thèmes stratégiques fixés pour l’institution par son président, Robert B. Zoellick.
- Les services en question englobent notamment des prêts, des garanties, des produits de gestion des risques et des services d’analyse et de conseil, qui contribuent tous à assurer un développement solidaire et durable. Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, le Groupe de la Banque se donne de fournir des services d’ordre financier bien plus souples et bon marché, assortis de formalités administratives moins nombreuses et de délais plus courts. Il fournira également des services de conseil et d’apport de savoir fournis à point nommé et de façon personnalisée.
- La Société financière internationale (IFC), composante du Groupe de la Banque spécialisée dans le secteur privé, aidera à concevoir des solutions faisant appel au secteur privé pour répondre au manque de développement des marchés et même aux besoins sociaux des pays considérés.
- Depuis le lancement de sa stratégie pour les PRI, en 2006, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a annoncé des mesures de simplification et de réduction du tarif de ses prêts qui constituent l’initiative la plus poussée qu’elle ait prise dans ce domaine depuis la crise financière en Asie, ainsi que la mise en œuvre d’une nouvelle politique destinée à mieux répondre à toute une série de crises et de situations d’urgence.
- Les 79 pays à revenu intermédiaire admis à bénéficier de l’aide de la BIRD, qui incluent la Chine et l’Inde, sont indispensables à la lutte menée par la Banque contre la pauvreté à l’échelle mondiale, car ils comptent plus de 70 % des habitants du monde en développement ayant moins de 2 dollars par jour pour vivre.
Vue d’ensemble
À son Assemblée annuelle de septembre 2006, la Banque mondiale, sous les encouragements de ses pays actionnaires, s’est engagée à améliorer encore les services financiers de même que les services d’analyse et de conseil que la BIRD propose aux pays à revenu intermédiaire1. Depuis cette date, le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a donné un élan de plus à cette nouvelle stratégie en annonçant, parmi les six thèmes stratégiques qu’il a fixés à l’institution, que le Groupe allait fournir aux pays à revenu intermédiaire un éventail diversifié de « solutions de développement ». Les PRI jouent un rôle de plus en plus important dans le domaine du développement, en raison de leur vaste expérience de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, ainsi que de leur contribution vitale à la création des biens publics mondiaux — initiatives de développement de nature régionale ou mondiale — tels que l’énergie propre, l’intégration des échanges et la lutte contre la propagation des maladies transmissibles. En adoptant cette stratégie, la Banque reconnaît qu’un partenariat plus efficace avec les PRI renforcera en définitive le concours qu’elle apporte aux pays à faible revenu. Défi posé dans les pays à revenu intermédiaire Les économies des pays à revenu intermédiaire ont connu une croissance moyenne de 5,8 % sur les quatre années aboutissant à 2006, ce qui constitue le taux le plus soutenu depuis trois décennies. Ces pays ont en outre travaillé avec acharnement pour se mettre à l’abri des chocs des marchés financiers, tels que la crise financière asiatique des années 90 qui avait plongé des millions de personnes dans la pauvreté. Ils ont renforcé leur soldes publics en adoptant des politiques budgétaires prudentes, constitué des réserves internationales et réduit leur dépendance vis-à-vis des emprunts publics. Pour un certain nombre de pays à revenu intermédiaire, ces efforts ont été récompensés par un élargissement de l’accès aux flux transfrontaliers de capitaux privés. Les investisseurs et les prêteurs reconnaissent de plus en plus que ces pays offrent des conditions attrayantes pour le placement de leurs fonds. Les apports nets de capitaux privés aux pays en développement ont atteint le niveau record de 483 milliards de dollars en 2005. Pourtant, malgré les progrès accomplis par les PRI en tant que groupe, leur performance économique individuelle varie considérablement. Le taux de croissance record des quatre dernières années est fortement influencé par les succès économiques de l’Inde et de la Chine. Si l’on fait abstraction des données relatives à ces deux pays, le taux de croissance moyen des pays à revenu intermédiaire baisse de 5,8 % à 4,3 % pour les quatre années aboutissant à 2006. Bien que les apports de capitaux privés se soient nettement accrus, ce flux a cependant été concentré dans une poignée de pays. Moins d’une douzaine de pays à revenu intermédiaire peuvent être considérés comme étant des emprunteurs établis sur le marché obligataire et capables d’accéder régulièrement au marché à un coût stable. En ce qui concerne les autres pays du groupe, l’accès est seulement sporadique, voire inexistant. Dans ces conditions, la majorité des pays à revenu intermédiaire continuent de compter sur la BIRD pour mobiliser les investissements en faveur des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’énergie propre et de l’environnement. La BIRD est également venue en aide aux pays à revenu intermédiaire en temps de crise, lorsqu’ils n’ont plus accès aux capitaux. Beaucoup de pays à revenu intermédiaire font également face à de redoutables défis pour parvenir à une réduction de la pauvreté correspondant aux objectifs de développement pour le Millénaire, qui ont fixé des cibles précises à atteindre à l’horizon 2015. Ces pays comptent deux tiers de la population mondiale et plus de 70 % des pauvres du monde en développement ayant moins de 2 dollars par jour pour vivre. Certains ont de vastes poches de pauvreté en dépit de leur considérable réussite économique ; en effet, dans les pays à revenu intermédiaire plus riches, la pauvreté tend à être concentrée dans une région ou au sein d’un groupe ethnique. Par ailleurs, beaucoup de pays ne disposent pas toujours d’institutions publiques transparentes et responsables qui encouragent l’émergence d’un secteur privé prospère et la création d’emplois. En outre, bien des pays disposant de solides institutions nationales ont des institutions infranationales nettement plus faibles, ou alors ils ont de faibles processus au sein d’institutions par ailleurs performantes. Réponse apportée par la Banque mondiale Certains PRI ne voient plus la nécessité d’un important concours financier de la part de la BIRD, car ils ont constitué de vastes réserves en devises et jouissent d’une bonne situation budgétaire. Toutefois, les autres ont encore de grands besoins d’investissement sous forme de financement de projets d’infrastructures publiques et de services sociaux. Pour ces pays, le financement provenant des institutions telles que la BIRD est indispensable à la mise en œuvre de leurs réformes institutionnelles et de leurs politiques, ainsi qu’à l’investissement dans le capital humain et physique nécessaire pour attirer chez eux les investissements financiers privés. Beaucoup de PRI veulent se servir du financement de la BIRD comme d’un fonds d’appui, au cas où l’accès au marché privé viendrait à se rétrécir. De plus en plus, les pays à revenu intermédiaire veulent également des produits de prêt et de couverture souples pour réduire leurs risques financiers, ainsi que des conseils sur mesure pour les aider à gérer les risques plus généraux de bilan auxquels sont exposés leurs gouvernements. Une autre importante tendance est celle consistant pour les PRI à demander à la Banque de fournir des services de connaissances, des études économiques et sectorielles et une assistance technique, sans que cela s’accompagne de prêts. La Banque fait face à cette évolution des besoins en prenant des mesures dans chacun de ses trois secteurs d’activité : - Services de stratégie et de coordination
La Banque a renforcé le niveau de qualité et de flexibilité des Stratégies de partenariat avec les pays (CPS) et des Stratégies d’aide-pays (CAS) afin de satisfaire les besoins variables des pays à revenu intermédiaire et d’améliorer la fourniture de son expertise et de son financement aux pays clients. Les CPS et les CAS sont des rapports qui présentent en détail les secteurs prioritaires de développement des pays et de la Banque. Elles décrivent les opérations prévues, notamment les activités de prêt proposées, les études et les autres formes d’assistance technique. Par ailleurs, la Banque intervient plus rapidement face aux problèmes ayant trait aux biens publics mondiaux.
- Services financiers
En 2007, la BIRD a procédé à la plus importante simplification et réduction de la tarification de ses prêts depuis neuf ans. Cela a été suivi, en 2008, par l’instauration de nouveaux instruments de prêt pour imprévus et l’allongement des échéances sur les prêts de la BIRD. La Banque a également simplifié ses procédures internes afin de réduire les coûts de transaction non financiers. Elle a en outre entrepris de mettre au point des solutions axées sur le marché afin d’aider les pays à faire face aux catastrophes, et d’ajouter à sa ligne de produits standards des prêts aux administrations infranationales.
- Services de connaissances
Les améliorations apportées à la prestation des services de connaissances de la Banque dans les pays à revenu intermédiaire comprennent l’élaboration et la mise en œuvre d’un modèle opérationnel consistant à fournir des services payants assurés par les experts de la Banque mondiale, d’une manière flexible et sur une plus grande échelle — modèle qui resserre les liens entre les travaux de recherche de la Banque et ses opérations, éliminant les entraves à la fourniture de l’expertise au niveau mondial. De plus solides partenariats avec les pays à revenu intermédiaire tirent partie de leur expertise et incluent une collaboration plus étendue avec les institutions locales pour renforcer davantage l’appui accordé par la Banque à ces pays.
Une autre amélioration consiste à encourager une plus grande coopération entre les institutions du Groupe de la Banque mondiale — la BIRD, l’IDA, la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) — afin qu’elles travaillent en plus étroite concertation pour stimuler le développement, ainsi qu’à assurer une meilleure collaboration entre le Groupe de la Banque mondiale et les autres partenaires de développement intervenant dans les pays à revenu intermédiaire. Pour ce faire, la Banque mondiale étudie les moyens de fournir une aide financière plus compétitive en faveur des initiatives de développement de nature régionale ou mondiale qui permettent, par exemple, de faire face à la propagation des maladies ou de s’attaquer aux problèmes environnementaux. Pour appuyer cette approche, la Banque cherche à combiner ses dons et ses prêts sans intérêt avec les crédits axés sur le marché, tels que fournis par les banques multilatérales de développement. La combinaison de ces deux sources de financement débouchera sur une réduction des coûts chez les emprunteurs. - ### - Mise à jour : Mars 2008 Contact médias: Alexander Ferguson – (202) 458-4953 ; aferguson@worldbank.org
[1]La Banque classe les pays en fonction de la richesse de leur population. Les pays à revenu intermédiaire sont définis comme ceux dont le revenu par habitant se situe entre 1 000 et 10 000 dollars environ, ce qui peut leur donner droit à bénéficier des prêts de la BIRD. Les pays à faible revenu ayant un revenu par habitant inférieur à 1 000 dollars ne sont en général pas admis à bénéficier des prêts de la BIRD, à moins de jouir d’une bonne cote de crédit. Ces pays sont admis à recevoir des crédits et dons à intérêt faible ou nul de l’Association internationale de développement (IDA), une des composantes de la Banque mondiale. |