Sites officiels Informations connexes 13 novembre 2006âDans son Cadre dâinvestissement pour mettre les Ă©nergies propres au service du dĂ©veloppement, la Banque mondiale Ă©value les mesures quâil conviendrait de prendre pour rĂ©pondre aux Ă©normes besoins Ă©nergĂ©tiques des pays en dĂ©veloppement sans accroĂźtre de façon notable les Ă©missions de gaz Ă effet de serre Ă lâĂ©chelon mondial. Ce cadre, qui a Ă©tĂ© Ă©tabli Ă la demande des pays du G-7 rĂ©unis Ă Gleneagles (Ăcosse) en 2005, analyse Ă©galement les moyens qui pourraient ĂȘtre mis en Ćuvre pour passer Ă une Ă©conomie faiblement Ă©mettrice de carbone et attĂ©nuer la vulnĂ©rabilitĂ© au changement climatique, « en particulier pour les pauvres, qui en sont les principales victimes », prĂ©cise Katherine Sierra, ViceâprĂ©sident de la Banque mondiale pour le dĂ©veloppement durable. Les enjeux sont de taille : 1,6 milliard de personnes aujourdâhui nâont toujours pas accĂšs Ă lâĂ©lectricitĂ©, en particulier en Afrique et en Asie du Sud. Selon les estimations de la Banque, les pays en dĂ©veloppement devraient investir chaque annĂ©e 165 milliards de dollars pour satisfaire Ă leurs besoins en Ă©lectricitĂ© jusquâen 2010 et, par la suite, le mĂȘme montant majorĂ© de 3 % jusquâen 2030. Or, environ la moitiĂ© seulement de ces investissementsâsoit 80 milliards de dollarsâest dâores et dĂ©jĂ identifiĂ©e. Au rythme des politiques publiques et des investissements actuels, 1,4 milliard de personnes nâauront toujours pas accĂšs Ă des services Ă©nergĂ©tiques modernes dâici 2030, affirme Mme Sierra. Il faut Ă©galement sâattendre Ă ce que les pays en dĂ©veloppement suivent lâexemple donnĂ© par les nations industrialisĂ©s et produisent de grandes quantitĂ©s de CO2 Ă mesure que leur Ă©conomie se dĂ©veloppe, Ă moins que de nouvelles technologies permettant de rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă effet de serre ne soient disponibles. Le rapport estime Ă plusieurs dizaines de milliards de dollars par an le coĂ»t supplĂ©mentaire associĂ© au passage Ă une Ă©conomie Ă faible intensitĂ© de carbone Ă lâĂ©chelle mondialeâde moins de 10 milliards Ă plus de 100 milliards de dollars par an selon lâobjectif fixĂ© pour le niveau auquel la concentration de carbone doit ĂȘtre stabilisĂ©e, la trajectoire suivie Ă cette fin et la dynamique sous-jacente de dĂ©veloppement des pays. DâaprĂšs Mme Sierra, les opĂ©rations sur le marchĂ© international des droits d'Ă©mission peuvent nĂ©anmoins minorer le coĂ»t de la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre. La Banque sâemploie activement Ă promouvoir une Ă©conomie faiblement Ă©mettrice de carbone en dĂ©veloppant le marchĂ© des droits dâĂ©mission qui permet aux pays industrialisĂ©s de contribuer Ă la rĂ©duction des Ă©missions de CO2 Ă lâĂ©chelle de la planĂšte en achetant des « crĂ©dits dâĂ©mission » dans le cadre de projets visant Ă rĂ©duire les Ă©missions de dioxyde de carbone dans les pays en dĂ©veloppement comme la Chine, la Serbie, le NĂ©pal, Timor-Leste et le Mexique. DâaprĂšs le Cadre dâinvestissement, les pays en dĂ©veloppement pourraient bĂ©nĂ©ficier chaque annĂ©e dâinvestissements totalisant plusieurs dizaines de milliards de dollars, Ă condition que le marchĂ© mondial des Ă©missions de carbone ne soit pas compromis par un avenir incertain ; lâĂ©chĂ©ance fixĂ©e par le Protocole de Kyoto Ă la Convention-cadre des Nations Unies tombe en effet en 2012. En outre, il faudrait appliquer Ă plus grande Ă©chelle les instruments existants si lâon veut dĂ©velopper des marchĂ©s qui contribuent Ă promouvoir lâutilisation rationnelle de lâĂ©nergie et le recours Ă des technologies fondĂ©es sur les Ă©nergies renouvelables. Lâaggravation des conditions mĂ©tĂ©orologiques et du changement climatique « fait peser une grave menace sur la rĂ©duction de la pauvretĂ© et aura dâimportantes retombĂ©es Ă©conomiques, en particulier dans les pays en dĂ©veloppement », explique Mme Sierra. Si lâon en croit un rapport publiĂ© rĂ©cemment par la Banque sur lâadaptation à lâĂ©volution du climat, lâimpact sur les investissements, que ce soit sous la forme dâun renchĂ©rissement des coĂ»ts ou dâun redĂ©ploiement substantiel des ressources, reprĂ©senterait entre 1 et 2 % du portefeuille, soit un montant de lâordre de 200 à 400 millions de dollars par an pour le Groupe de la Banque mondiale, et au moins 1 milliard de dollars pour lâensemble des apports sous forme dâaide publique au dĂ©veloppement et de prĂȘts concessionnels. DâoĂč la nĂ©cessitĂ©, dâaprĂšs le Cadre, de tenir compte des risques climatiques dans les processus de planification nationale et les financements internationaux. Les institutions financiĂšres internationales devraient Ă©galement jouer un rĂŽle de premier plan dans lâĂ©laboration de directives qui permettent de trier les projets en fonction des avantages ou des risques quâils prĂ©sentent au plan climatique, ajoute Mme Sierra. |