| Le taux de prévalence du SIDA au Mali était estimé à 1.7% en 2001 suite à une Enquête démographique de santé (EDS), et il n'a pas changé depuis selon les Indicateurs africains du développement 2006. Ce taux, bien que faible par rapport à  la moyenne de l’Afrique sub-saharienne, constitue un risque de santé public dont les implications sur le développement du pays ne peuvent être ignorées. Forts de ce constat, les autorités maliennes ont marqué leur engagement à lutter contre la propagation de la maladie. Cet engagement, qui a été souligné dans le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) publié en 2002, bénéficie de l’appui de la Banque mondiale à travers le Projet multisectoriel de lutte contre le SIDA (MAP).  Le MAP a démarré en décembre 2004 pour une période de cinq ans. Le projet est financé grâce à un don d’un montant d’environ 13 milliards de FCFA. Il s’inscrit dans le cadre d’une initiative de la Banque mondiale lancée en 2000, qui vise à augmenter rapidement les ressources disponibles pour lutter contre la pandémie du SIDA en Afrique sub-saharienne. Tous les pays, à l’exception des pays à revenu intermédiaire*, ont accès à ces financements.  L’objectif du MAP est de maîtriser la propagation de l’épidémie du VIH/SIDA en appuyant les efforts de prévention/sensibilisation, de conseil et dépistage, ainsi que d’accès au traitement et aux soins. Il repose sur une approche multisectorielle impliquant les organismes publics, les organisations de la société civile et les entreprises privées. Le projet est mis en œuvre par le Secrétariat exécutif du Haut Conseil national de lutte contre le SIDA (HCNLS).  Depuis son entrée en vigueur en juin 2006, le projet a décaissé environ 30% du montant total, soit 3,9 milliards de FCFA. Ces décaissements ont permis de financer au niveau de toutes les régions des activités de sensibilisation par le cinéma mobile, le théâtre et la radio. Le démarrage des activités de sensibilisation par la télévision et les affiches sont prévues au début de l’année prochaine. Quelques activités de conseils et dépistage conduites par des organisations non gouvernementales (ONGs) ont aussi été financées. La sélection d’une structure capable de mettre en place un réseau de centres de conseil et dépistage sur l’ensemble du territoire a été lancée par le Secrétariat exécutif du HCNLS et permettra de développer les activités. Pour le traitement et l’accès aux soins, le MAP finance depuis avril 2006 le suivi biologique de plus de 4000 patients sous médicaments antirétroviraux (ARV). Le processus d’implication du secteur pharmaceutique privé dans la dispensation des ARV est aussi en cours et devrait permettre un meilleur accès aux médicaments à partir du deuxième semestre de 2007. L’engagement des ONGs, des ministères du secteur public et des entreprises du secteur privé est vivement encouragée. Un accent particulier a été mis sur le renforcement des capacités de ces secteurs afin de s’assurer que les populations s’approprient le projet. Une meilleure organisation et coordination des ONGs est en cours ; des cellules de lutte contre le SIDA ont été mises en place dans plusieurs ministères ; et une coalition des entreprises privées a été établie avec le support du projet.  Les résultats obtenus jusqu’ici sont tout de même encourageants. Le défi qui se pose est maintenant celui de l’accélération du renforcement des capacités des structures impliquées dans la lutte. Ce renforcement est important aussi bien au niveau des services de santé aux populations qu’au niveau de la collecte et le traitement des données qui doivent faciliter le suivi et l’évaluation efficaces des impacts du projet. La Banque mondiale accompagne le Mali dans la mise en œuvre du MAP et s’engage à soutenir ses efforts pour contenir l’expansion du VIH/SIDA.  *Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Gabon  |