Diagnostiqué pour la première fois dans les années 90, le virus du VIH/SIDA continue à progresser au Tchad. Le Docteur Hamid Djabar, Coordonnateur national du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS) nous parle du travail qui est en train de s’accomplir pour freiner l’avancée du SIDA au Tchad.   L’État d’infection du VIH/SIDA au niveau du Tchad  Selon le Docteur Djabar, une enquête nationale de séroprévalence a été organisée en 2005 sur l’ensemble du territoire tchadien, « le rapport de cette enquête donne un taux de 3,3 % chez les personnes de 15 à 49 ans », et a mis en exergue « le lien qui existe entre la pauvreté et la propagation de l’infection au VIH/SIDA ».  La prévention et la sensibilisation contre le VIH/SIDA  Au niveau de la prévention, « il faut dire qu’on est passé d’une infection simple à un stade d’infection généralisée où villages et villes ont tous un taux de prévalence au dessus de 1% » indique le Docteur Djabar. C’est pour cela que la sensibilisation est maintenant orientée vers un changement de comportement en utilisant le système éducatif « à travers les enseignements et les manuels sur la connaissance du SIDA », plutôt que la sensibilisation habituelle qui se faisait par affiches et campagnes publicitaires. « Auparavant, la population ne connaissait pas les modes de transmission de la maladie, alors qu’aujourd’hui la plupart des personnes (70% chez les femmes et 80% chez les hommes) connaissent les modes de transmission du VIH/SIDA ».  Pour certaines cibles comme les militaires, les jeunes et autres le PNLS à développer des stratégies de sensibilisation spéciales. Chacune de ces cibles est sensibilisée par une méthode adaptée avec des messages qui lui sont propres.  Accès au soin pour les malades  Il existe 22 centres de dépistage où les antirétroviraux (ARV) sont mis à la disposition des malades à travers le pays. Le docteur Djabar déclare que « le coût mensuel du traitement est de 5000 Francs CFA» et que « les enfants âgés de moins de 12 ans et les femmes enceintes bénéficient d’une prise en charge gratuite ».  Cependant, « cela n’est pas suffisant, dans la mesure où les examens complémentaires et la prise en charge des infections opportunistes n’existent pas ». Ceci ne permet donc pas à tous les malades de fréquenter ces centres de santé. Pour le docteur Djabar, « l’hospitalisation constitue également un autre problème en raison de son coût financier ». Sur les 22 centres de dépistage, « nous comptons à peu prêt 4 700 malades sur les 20 000 personnes vivant avec le VIH qui sont pris en charge ».  Il y a donc réellement encore du travail à accomplir. « Le défi actuel pour le PNLS est d’arriver à prendre en charge au moins 10 000 personnes malades avant la fin de l’année 2006 ». Le docteur Djabar ajoute que « le gouvernement a pris un engagement de rendre gratuit les ARV en 2007 », une lueur d’espoir surtout pour les personnes vivant avec le VIH qui ne sont pas encore prises en charge.  |