| 23 janvier 2007 â Lâinstallation dâun systĂšme dâĂ©nergie solaire chez Kali Podo Mondol a fait de sa tranquille maison situĂ©e dans une zone rurale du Bangladesh un lieu dĂ©bordant dâactivitĂ©s une fois la nuit tombĂ©e. « Mon frĂšre est enseignant, alors maintenant que jâai lâĂ©nergie solaire, il donne des cours particuliers dans ma vĂ©randa », explique-t-elle. « ⊠Je suis tellement habituĂ©e au solaire maintenant que je ne vois plus bien avec une lampe-tempĂȘte (Ă pĂ©trole). »  La maison de Kali fait partie de prĂšs de 90 000 habitations en zone rurale qui profitent aujourdâhui des bienfaits de lâĂ©lectricitĂ© grĂące Ă un programme qui a Ă©tĂ© primĂ© et dĂ©crit comme la plus grande rĂ©ussite en matiĂšre dâĂ©nergie solaire sur le plan mondial. Ce programme de photovoltaĂŻque solaire au Bangladesh est lâun des 61 projets entrepris dans 34 pays avec lâappui du Groupe de la Banque mondiale. Plusieurs dâentre eux sont dĂ©crits dans un nouveau rapport intitulĂ© Improving Lives que la Banque mondiale rend public aujourdâhui Ă lâoccasion dâune table ronde consacrĂ©e Ă la diffĂ©rence que peuvent faire les Ă©nergies renouvelables dans les conditions de vie des pauvres.  Ce rapport passe en revue les avancĂ©es faites en 2006 par la Banque dans les domaines des Ă©nergies renouvelables et de lâamĂ©lioration du rendement Ă©nergĂ©tique.Il fait en particulier ressortir la diffĂ©rence que peuvent faire les formes alternatives dâĂ©nergie et mĂȘme de petits changements comme la pose de meilleures fenĂȘtres ou lâutilisation dâampoules plus efficaces, comme le souligne Anil Cabraal, un spĂ©cialiste principal en Ă©nergie qui dirige depuis 2004 le plan dâaction de la Banque pour le renforcement des Ă©nergies renouvelables.  « Au niveau mondial, les Ă©nergies renouvelables progressent Ă un rythme trĂšs rapide », dit-il, ajoutant que ce sont les technologies Ă©nergĂ©tiques qui connaissent le plus grand essor dans le monde. Les Ă©nergies propres se sont dĂ©veloppĂ©es Ă mesure que la technologie est parvenue Ă maturitĂ©. En 2005, 38 milliards de dollars ont Ă©tĂ© investis Ă lâĂ©chelle mondiale dans les technologies faisant appel aux Ă©nergies renouvelables. Et lâannĂ©e derniĂšre, fait observer M. Cabraal, lâexploitation de lâĂ©nergie Ă©olienne a progressĂ© dans le monde de 20 %, lâĂ©nergie solaire de 40 %.  à cela sâajoute le fait quâavec la hausse et la volatilitĂ© accrue des prix pĂ©troliers, les technologies faisant appel aux Ă©nergies de substitution deviennent plus « compĂ©titives », et les options quâelles offrent ont suscitĂ© un grand surcroĂźt dâintĂ©rĂȘt au plan mondial, note-t-il encore. Prenant les investissements des pays industrialisĂ©s en matiĂšre dâĂ©nergie Ă©olienne Ă titre dâexemple, il voit lĂ une preuve quâil sâagit dâune technologie parvenue Ă maturitĂ© et qui inspire confiance dans ces pays. « Et les pays en dĂ©veloppement voient cela et pensent Ă leur tour : trĂšs bien, si ça vaut le coup pour lâAllemagne, est-ce que ça ne vaudrait pas le coup pour moi ? »  Selon lui, le Groupe de la Banque mondiale a accru lâan dernier ses financements pour des projets dâĂ©nergies renouvelables et de rendement Ă©nergĂ©tique (abstraction faite des gros projets dâhydroĂ©lectricitĂ©) de 45 % par rapport Ă 2005, pour les porter au total Ă 668 millions de dollars. La Banque considĂšre en effet quâintensifier ses investissements dans ces domaines est une approche Ă©cologiquement viable pour ce qui est de rĂ©pondre au problĂšme posĂ© par le milliard et demi dâĂȘtres humains qui nâont pas accĂšs aux Ă©nergies modernes et dâaccroĂźtre lâoffre dâĂ©nergie nĂ©cessaire au dĂ©veloppement Ă©conomique.  Au Bangladesh, la Banque et le Fonds pour lâenvironnement mondial ont ainsi fourni un appui Ă deux entreprises locales, Grameen Shakti et Rahimafrooz Batteries, qui collaborent avec plusieurs autres compagnies Ă la mise en place de systĂšmes dâĂ©nergie solaire Ă usage domestique, Ă raison de 3 000 unitĂ©s par mois. Cela a valu Ă ces deux firmes de recevoir en 2006 le prestigieux prix Ashden pour leur contribution essentielle à « lâapport dâĂ©lectricitĂ© et dâĂ©nergie aux populations rurales ».  Selon M. Cabraal, la rĂ©ussite de ce projet au Bangladesh est le type dâexpĂ©rience que la Banque espĂšre rĂ©pĂ©ter en Afrique, oĂč beaucoup de projets dâaccĂšs Ă lâĂ©nergie comportent Ă prĂ©sent un volet dâĂ©nergies renouvelables. Et comme le laisse penser la table ronde dâaujourdâhui, la Banque cherche dâautres moyens de tirer encore plus parti des possibilitĂ©s offertes par les Ă©nergies renouvelables et lâamĂ©lioration du rendement Ă©nergĂ©tique dans les pays en dĂ©veloppement.  Cette table ronde rĂ©unira les principaux experts suivants : Elliot Morley, reprĂ©sentant spĂ©cial du Premier ministre britannique au Dialogue de Gleneagles sur le changement climatique, Scott Sklar, prĂ©sident du Stellar Group, Robert Bradley, responsable au World Resources Institute de lâInitiative internationale sur les politiques en matiĂšre de changement climatique, et Jamal Saghir, Directeur du dĂ©partement Ănergie, transport et eau de la Banque mondiale.   |