Un Forum mondial pour aider au renforcement des capacités techniques dans les pays en développement

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13 fĂ©vrier 2007 — Les dĂ©lĂ©gations de plus de 20 pays, ainsi que des reprĂ©sentants des milieux d’affaires, des chercheurs et des spĂ©cialistes du dĂ©veloppement sont rĂ©unis cette semaine Ă  Washington pour aider Ă  dĂ©finir ce que peuvent faire les pays en dĂ©veloppement afin de se doter des capacitĂ©s dont ils ont besoin en termes de science, de technologie et d’innovation pour rĂ©duire la pauvretĂ©, amĂ©liorer les niveaux de vie et assurer une meilleure croissance Ă©conomique.

« De plus en plus de pays en viennent Ă  la conclusion qu’ils ne peuvent rĂ©soudre leurs problĂšmes que s’ils renforcent leurs capacitĂ©s scientifiques et techniques », explique Alfred Watkins, coordinateur du Programme science et technologie de la Banque mondiale. « Ça ne veut pas dire aller dans un laboratoire de recherche pour inventer quelque chose de nouveau », ajoute-t-il. « Pour la plupart des pays, il s'agit de se doter de la capacitĂ© voulue pour rĂ©unir, adapter et utiliser des savoirs qui ont dĂ©jĂ  largement cours dans d'autres pays, mais dont on ne se sert pas beaucoup chez eux ».

Expliquer ce que ce renforcement des capacitĂ©s recouvre et dĂ©finir les moyens d’y parvenir : tels sont les principaux objectifs de ce Forum mondial sur le renforcement des capacitĂ©s en matiĂšre de science, de technologie et d’innovation dans une optique de croissance durable et de rĂ©duction de la pauvretĂ©, qui se tient du 13 au 15 fĂ©vrier. Il est parrainĂ© par la Banque en partenariat avec l’Agence canadienne de dĂ©veloppement international, le ministĂšre britannique du DĂ©veloppement international, l’Alliance mondiale de la recherche, la Banque interamĂ©ricaine de dĂ©veloppement, le Science Initiative Group, la ConfĂ©rence des Nations Unies sur le commerce et le dĂ©veloppement, et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Pour ses quelque 300 participants, dont un certain nombre de hauts responsables gouvernementaux, c’est l'occasion de procĂ©der Ă  des Ă©changes de vues sur l’approche Ă  suivre pour procĂ©der Ă  ce renforcement des capacitĂ©s scientifiques et techniques d'une maniĂšre qui permette aux pays concernĂ©s d’assurer une valeur ajoutĂ©e pour leurs exportations de ressources naturelles, et d’aider leurs industries Ă  accroĂźtre leur niveau de productivitĂ© et de compĂ©titivitĂ©. Un autre thĂšme de ce forum concerne les types de changements Ă  apporter aux systĂšmes Ă©ducatifs pour former des diplĂŽmĂ©s rĂ©pondant aux besoins des entreprises qui sont prĂȘtes Ă  les recruter, ou encore capables de concevoir et de construire des routes ou de dispenser des soins de santĂ© au niveau des communautĂ©s rurales.

Comme l’explique M. Watkins : « Il faut tout un Ă©ventail de compĂ©tences — techniques, professionnelles, scientifiques et en ingĂ©nierie — pour rĂ©aliser quelque chose d’apparemment aussi simple que l’approvisionnement en eau potable d’un village de campagne ». Une entreprise de haute technologie basĂ©e aux États-Unis avouait rĂ©cemment qu’elle pourrait facilement doubler ses ventes en Afrique et dans certaines parties de l’AmĂ©rique latine si elle pouvait trouver assez de main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e pour y assurer l’installation et l’entretien de son matĂ©riel.

Or, explique M. Watkins, les diplĂŽmĂ©s issus des Ă©coles techniques et professionnelles n’ont pas la gamme de compĂ©tences voulue. « À l’heure actuelle, on se trouve dans une situation oĂč les diplĂŽmĂ©s finissent au chĂŽmage, et les entreprises se plaignent de ne pas avoir assez d’employĂ©s qualifiĂ©s pour rĂ©pondre Ă  leurs besoins ».

C’est la prise de conscience de ce problĂšme qui a amenĂ© les pays d’Afrique Ă  faire figurer la science et la technologie en bonne place dans l’ordre du jour du 8e Sommet de l’Union africaine qui s’est tenu du 22 au 30 janvier Ă  Addis-Abeba (Éthiopie), et Ă  s’engager Ă  faire de 2007 l’annĂ©e de l’innovation scientifique. Beaucoup de pays Ă  revenu faible ou intermĂ©diaire — de l’Uruguay au Rwanda, en passant par le Mozambique — ont entrepris de se doter de politiques en matiĂšre de science, de technologie et d’innovation, d’instituer des ministĂšres scientifiques, et d’investir dans des programmes de dĂ©veloppement de la science. Le NigĂ©ria, par exemple, s’est dotĂ© d’un fonds de 5 milliards de dollars pour les sciences et techniques grĂące aux revenus rĂ©cents de sa manne pĂ©troliĂšre.

Tout en examinant diverses options pour stimuler la recherche, l’investissement et l’entreprenariat et assurer l’efficacitĂ© des systĂšmes Ă©ducatifs, le Forum met en Ă©vidence diffĂ©rents exemples de rĂ©ussite et d’échec. Beaucoup de pays espĂšrent ainsi rĂ©pĂ©ter l’expĂ©rience rĂ©ussie de la CorĂ©e du Sud qui, pour reprendre les propres termes utilisĂ©s par le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, Ban Ki-moon, lors du Sommet de l’Union africaine, « a Ă©tĂ© en mesure de se transformer, la nation traumatisĂ©e privĂ©e d’économie digne de ce nom Ă©tant devenue une puissance Ă©conomique rĂ©gionale ».

« La CorĂ©e constitue l’exemple type d’un pays qui a rĂ©ussi Ă  se servir de la science de la technologie pour se dĂ©velopper rapidement — et un exemple que les pays africains aimeraient imiter », confirme Michael Ehst, consultant pour la Banque mondiale dans ce domaine du renforcement des capacitĂ©s en matiĂšre de science, de technologie et d’innovation. Le cas de la CorĂ©e montre que le renforcement des capacitĂ©s scientifiques et techniques n’est pas un luxe rĂ©servĂ© aux pays nantis, mais qu’il s’agit plutĂŽt d’une « nĂ©cessitĂ© absolue pour les pays pauvres qui souhaitent devenir plus riches », dĂ©clarent ensemble MM. Ehst et Watkins.

Et ce dernier ajoute que le forum offre aux responsables des pays, aux spĂ©cialistes du dĂ©veloppement et aux reprĂ©sentants du secteur privĂ© le cadre voulu pour « mieux saisir ce qu’il faut faire pour progresser ensemble » dans ce domaine. « Le secteur public a un rĂŽle Ă  jouer, mais il y a aussi un rĂŽle Ă©norme Ă  jouer pour le secteur privĂ©. Un partenariat public-privĂ© pour le renforcement des capacitĂ©s est absolument essentiel Ă  la rĂ©ussite de cette entreprise ».





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