Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Statut économique des femmes

Disponible en: Español, English, العربية, 中文

Donner aux femmes les moyens de se prendre en charge

Plan d'action pour la parité hommes-femmes

Des études l'ont montré : il y a une forte corrélation entre le manque de possibilités économiques pour les femmes et le maintien d'une situation de pauvreté d'une génération à l'autre. Le plan d'action pour la parité hommes-femmes que la Banque mondiale a lancé avec d'autres partenaires, un programme sur quatre ans doté de 24,5 millions de dollars, vise à donner aux femmes les moyens de jouer un rôle à part entière sur le marché du travail, pour l'accès au crédit et à la propriété foncière, et dans le secteur agricole. Il en va du bien-être des familles, ainsi que de l'économie en général.

Conférence de Berlin sur la parité hommes-femmes

22 février 2007 — Les femmes d'aujourd'hui vivent plus longtemps et mènent une meilleure existence que leurs mères ou leurs grands-mères. Mais si elles n'ont pas la possibilité de donner la pleine mesure de leur potentiel économique, ce sont non seulement les familles mais aussi les pays qui seront perdants. Et le fait est qu'en dépit des énormes progrès affichés par les indicateurs sociaux, les femmes et les filles restent défavorisées au plan économique.

Depuis 1970, l'espérance de vie moyenne des femmes a augmenté de quelque 20 années dans les pays en développement, et l'écart entre filles et garçons en termes de scolarité primaire s'est réduit de manière spectaculaire au plan mondial. Et pourtant, les femmes continuent de ne pas être sur un pied d'égalité avec les hommes au travail, à la banque ou à la ferme. En termes de salaire, elles gagnent 22 % de moins environ que leurs collègues masculins. Pour ce qui est du crédit, elles y ont très peu accès : en Afrique, par exemple, 1 % seulement de l'ensemble du crédit qui va au secteur agricole leur est destiné.

« L'autonomisation économique des femmes n'est pas un problème de condition féminine, c'est un problème de développement », estime Danny M. Leipziger, vice-président pour la Lutte contre la pauvreté et la Gestion économique à la Banque mondiale. Le fait de ne pas consentir l'investissement voulu pour donner une égalité de chances aux femmes, ajoute-t-il, « limite la croissance économique et freine les progrès pour la réduction de la pauvreté ».

« L'essentiel qu'on puisse faire pour les femmes, c'est de les aider à gagner leur vie pour qu'elles puissent faire quelque chose afin d'améliorer la situation de leurs enfants. Je ne prie que pour cela. » — Margaret Wabire, Ouganda
Vidéo : Real | Windows

C'est dans ce contexte que des responsables des pays, de l'industrie, de la finance et de la communauté internationale se réunissent cette semaine à Berlin pour une conférence sur le thème « Women's Economic Empowerment as Smart Economics: A Dialogue on Policy Options » (a)(L'autonomisation économique des femmes : une question de bon sens — Échange de vues sur les politiques envisageables). Cette conférence de haut niveau se tient les 22 et 23 février sous le parrainage du ministère allemand de la Coopération économique et du développement, en partenariat avec la Banque mondiale, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les gouvernements norvégien, britannique et danois.

La chancelière allemande Angela Merkel doit ouvrir les travaux de cette conférence, durant laquelle doivent être traité un certain nombre de dossiers différents : parité hommes-femmes, gouvernance et croissance en Afrique ; rôle des femmes dans le domaine de la finance et pour le développement du secteur privé ; contribution des femmes à la production ; statut juridique et accès aux ressources économiques. De fait, le statut juridique des femmes, et par exemple le droit qu'elles ont d'accéder à la propriété foncière, peut être pour elle un moyen d'échapper à la pauvreté.

Au Viet Nam, la Banque mondiale finance un projet destiné à réattribuer aux ménages des titres fonciers comportant un espace pour le nom des deux conjoints. Grâce à ces titres, les femmes peuvent désormais avoir accès au crédit pour monter par exemple une petite entreprise ou se lancer dans un mode d'exploitation agricole plus productif. (Vidéo en anglais : Attribution de nouveaux titres fonciers au Viet Nam).

« Donner aux femmes des moyens sur le plan économique, c'est une approche intelligente de l'économie », explique Mayra Buvinic, responsable du Réseau parité hommes-femmes à la Banque. « Les investissements en matière de routes, d'énergie, d'eau, d'intrants agricoles et de services financiers dégageront de meilleurs taux de rentabilité économiques s'ils sont conçus de manière à ce que les femmes en bénéficient. »

C'est pour aider les femmes des pays en développement à donner la pleine mesure de leur potentiel économique que la Banque a lancé le Plan d'action pour la parité hommes-femmes (a). Mené en collaboration avec les autres partenaires de développement, ce plan a pour but d'accroître les niveaux de productivité et les revenus des femmes engagées dans des activités de production, et d'améliorer leur accès aux services financiers formels. Une aide sera en outre fournie aux femmes pour leur permettre de lancer des activités de type agroindustriel et d'avoir plus accès aux services d'infrastructure essentiels comme les transports ou l'alimentation en eau et en énergie.

« Le plan d'action pour la parité hommes-femmes de la Banque mondiale est un pas important pour ce qui est de renforcer l'égalité des sexes dans un domaine dont on s'est bien trop peu préoccupé dans le passé, à savoir l'autonomisation économique des femmes », a déclaré Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre allemande de la Coopération économique et du Développement, qui a annoncé le lancement de ce plan d'action en compagnie du président de la Banque, Paul Wolfowitz, lors des Assemblées annuelles de septembre dernier à Singapour.

Le plan profitera particulièrement aux habitantes de certains des pays les plus pauvres du monde, comme le Bangladesh, l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Libéria, le Mozambique, le Pakistan ou la Tanzanie. L'appui de la Banque mondiale à cette catégorie de pays est assuré par l'Association internationale de développement (IDA), qui a pour mission d'accorder des dons et des crédits ne portant pas intérêt pour la mise en œuvre de programmes de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations.

Pour l'amélioration des conditions de vie, donner davantage de moyens aux femmes est indubitablement une solution tout indiquée car, après tout, la réussite des pays est aussi celle de leur population féminine. Témoin le Bangladesh, où les femmes constituent 65 % de la main-d'œuvre de l'industrie du vêtement, secteur dont les exportations assurent 74 % de l'ensemble des rentrées annuelles de devises du pays. On a par ailleurs estimé que l'activité agricole en Afrique subsaharienne pourrait augmenter dans des proportions allant jusqu'à 20 % si les moyens de production étaient répartis de manière plus équitablement entre hommes et femmes. Manifestement, limiter les possibilités économiques qui s'offrent aux femmes est une chose injuste, mais c'est aussi le contraire du bon sens en matière d'économie.





Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/2DJAM437U0