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Microfinance à Madagascar

Dernière mise à jour : Février 2007
Madagascar - Microfinance

Le défi à relever

Au début des années 90, le secteur bancaire de Madagascar se composait uniquement de banques d'État. Ces établissements publics étaient dans une situation précaire et ne s'acquittaient plus de leur mandat initial consistant à financer une petite clientèle. La libéralisation intervenue dans la décennie qui a suivi a permis de redresser ce secteur bancaire défaillant, mais la création de banques commerciales n'a pas répondu comme il le fallait aux besoins des clients à faibles revenus.

La démarche suivie

Durant la période 1993-97, des réseaux de caisses d'épargne et de crédit ont été mis en place dans deux provinces dans le cadre d'un projet pilote. Ce processus est passé à une échelle supérieure dans le cadre du Projet microfinance approuvé en 1999, lequel a consisté à améliorer les réseaux en place et à les étendre à d'autres provinces. Comme les études montrent que les femmes font à la fois de meilleurs emprunteurs et de meilleurs épargnants, et comme l'accès au crédit contribue à leur donner les moyens de se prendre en charge, une sous-composante de ce projet consiste en des programmes novateurs destinés à assurer la participation des femmes.

Résultats

L'accès aux services financiers des catégories de population à faibles revenus a nettement progressé ces six dernières années. Aujourd'hui, les coopératives financières en place dans quatre des six provinces de Madagascar comptent plus de 150 000 membres actifs (dont 51 % de femmes).

Principales réalisations :
- Le nombre de coopératives financières est passé de 47 en 1999 à 150 en 2006.
- Le nombre d'adhérents des réseaux de microfinance est passé de 30 000 à 159 430 en six ans, et la proportion de femmes est passée de 15 % en 1999 à 51 % en 2006.
- L'activité de crédit a atteint le chiffre de 7,3 millions de dollars, et le solde moyen des prêts a doublé en six ans, pour passer de 150 à 311 dollars.
- Le niveau d'épargne totale a atteint 11,1 millions de dollars, et l'épargne moyenne des membres est passée de 20 à 70 dollars en six ans.
- Il s'agit aujourd'hui d'un réseau financièrement viable : les niveaux d'autosuffisance opérationnelle (établis au vu du volume de recettes couvrant les fonds propres et une partie des charges d'exploitation) ont dépassé les objectifs visés, pour atteindre 133 % en moyenne.
- Le projet s'inscrit dans un processus de réforme à long terme du secteur financier, et a déjà mis en place le cadre juridique et réglementaire voulu pour ce secteur naissant de la microfinance.

Contribution de l’IDA

- Concours financier de 16,4 millions de dollars (sur un niveau de coût global de 20,4 millions de dollars).
- Engagement à long terme auprès des pouvoirs publics pour la réforme du secteur financier.
- Mise au point d'une approche nouvelle privilégiant l'épargne plutôt que les prêts, approche qui est à présent transposée dans d'autres pays.
- Adoption d'une nouvelle loi régissant la microfinance, ainsi que d'une série revue et corrigée d'instructions et de règles prudentielles de la banque centrale, laquelle est de plus dotée à présent d'un service fonctionnel de supervision du secteur de la microfinance.
- Formation dispensée à 600 personnes ; avant le projet, peu de locaux avaient reçu une formation formelle et étaient à même de gérer convenablement un organisme de microfinance.

Partenaires

Fonds d'équipement des Nations Unies, Développement international Desjardins (société canadienne), Commission européenne.

Prochaines étapes

Ce projet constitue la première partie d'un programme destiné à mettre en place, sur une période de 15 ans, un secteur de la microfinance viable et durable. Comme le processus de réforme et de renforcement institutionnel est un processus de longue haleine qui nécessite en outre un appui soutenu, des projets ultérieurs feront en sorte que le pays puisse compter sur l'apport financier et l'appui technique de l'IDA jusqu'à ce que ses organisations de microfinance soient pleinement opérationnelles et autonomes.

Ce projet montre qu'une approche fondée sur l'épargne et à orientation communautaire peut être un moyen plus viable de prestation de services financiers en milieu rural qu'une approche exclusivement fondée sur le crédit. Un certain nombre de bailleurs de fonds, tels que le Millennium Challenge Account des États-Unis, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Agence française de développement, la Banque africaine de développement et l'Union européenne, mettent actuellement au point un projet consacré au secteur financier et censé comporter un volet microfinance pour donner suite à ce projet.

En savoir plus

Projet microfinance (1999-2007)
Documents du projet




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