| 2 mars 2007—Le 6 mars, le Ghana fêtera ses 50 ans d'indépendance. Au cours de la prochaine décennie, sa performance économique, l'une des meilleurs d'Afrique subsaharienne, pourrait offrir à ce pays une autre occasion de faire la fête. Les cinq dernières années ont vu s'accélérer la croissance économique qui a atteint 6,2 % en 2006. Elles font suite à deux décennies d'une croissance économique modérée de l'ordre de 4 %. L'inflation a baissé (passant de 40 % à 10 %) ainsi que les taux d'intérêt (descendant de 30 % à 15 %). Il en va de même pour la pauvreté qui de 51,7 % en 1990, est tombée à 39,5 % en 2000, pour atteindre 33,4 % en 2005. Ces statistiques, auxquelles s'ajoute une forte amélioration du climat des affaires, du processus démocratique, des libertés civiles et de la liberté de la presse, montrent que le Ghana pourra réduire sa pauvreté de moitié avant 2015. « Ceci est un progrès remarquable, à la fois en termes de croissance et de réduction de la pauvreté », fait remarquer le directeur de la Banque mondiale pour le Ghana, M. Mats Karlsson. Selon lui, le Ghana, qui a invité des délégués de plus de 60 pays, dont 25 chefs d'état, à participer aux fêtes organisées pour le cinquantième anniversaire de son indépendance, a, de fortes chances de devenir un pays à revenu intermédiaire au cours de la prochaine décennie. « Même si nous, qui vivons et travaillons au Ghana, avons aujourd'hui envie de faire la fête, nous n'en connaissons pas moins les défis que le pays doit encore relever. Mais objectivement, les résultats du Ghana supportent, dans tous les domaines, une comparaison très favorable avec ceux de ses pairs, tant sur le plan de la gouvernance que de la croissance, des réformes structurelles et de la réduction de la pauvreté. » « Mais ils ne sont encore que minimes par rapport à ce que laisse entrevoir le potentiel du Ghana », ajoute-t-il. « Ces cinq dernières années, nous avons constaté une accélération des progrès sur laquelle nous comptons beaucoup actuellement. » Le Ghana est riche en ressources mais pauvre sur le plan énergétique. Un des défis les plus importants qu'il lui faut relever est de trouver remède aux pannes d'électricité qui obligent à de fréquents délestages. Le barrage d'Akosambo, achevé en 1964, n'est plus à même de satisfaire les besoins du pays, notamment à cause d'une augmentation en flèche de la demande des compagnies minières et des usines de production d'aluminium. La Banque fournit des garanties pour appuyer un projet régional, le gazoduc ouest-africain, qui devrait apporter une énergie meilleure marché et moins nuisible pour l'environnement en acheminant depuis le Nigéria du gaz qui, s'il n'était capté par le projet, serait lâché dans l'atmosphère. La Banque appuie également le pool énergétique ouest-africain qui donne aux pays d'Afrique de l'Ouest un accès à l'énergie « là où elle est la meilleur marché ». Avec le gouvernement ghanéen, elle met également en place un projet important, le Projet de développement et d'accès énergétique du Ghana. Ce projet sera financé par des fonds de l'Association internationale de développement (IDA) à un taux d'intérêt de 0 %, dans le but d'étendre l'électrification du pays, nous explique M. Karlsson. Malgré les pannes d'électricité, « aujourd'hui déjà , l'accès des Ghanéens à l'électricité dépasse celui de la quasi-totalité des autres pays d'Afrique. Nous sommes cependant convaincus qu'il est possible de faire mieux et de rendre l'électricité plus fiable, non seulement pour l'éclairage, mais également pour faire marcher les machines des usines et pour créer des emplois », dit-il. Le 1er mars, à la suite d'un événement qui constitue une première, la presque totalité des bailleurs de fonds (représentant 95 % des flux financiers vers le Ghana) ont signé un engagement novateur, la Stratégie d'assistance conjointe du Ghana (G-JAS). Celle-ci, qui représente un volant financier de 3 milliards de dollars EU destinés à financer un programme de quatre ans, engage les cosignataires à appuyer la stratégie nationale de développement du Ghana selon les meilleures pratiques en la matière, en assurant la cohérence de leurs interventions et en récompensant les résultats par une utilisation efficace des ressources. Le pays a l'intention de réaliser une croissance partagée, fondée non seulement sur des investissements solides destinés à promouvoir la compétitivité, particulièrement en matière d'infrastructures, mais également sur la décentralisation, une meilleure qualité de l'éducation à tous les niveaux et un plus grand impact sur la survie des enfants, la nutrition, l'eau et l'assainissement. Un des nouveaux défis que le Ghana aura à relever est celui de la pauvreté urbaine, même si le niveau de pauvreté est en diminution dans l'ensemble du pays. « En soutenant la croissance, il est aussi possible d'assurer une réduction durable de la pauvreté. L'une est véritablement la conséquence de l'autre », explique M. Karlsson. À elle seule, la Banque a engagé 1,3 milliards de dollars EU dans 19 projets financés sans intérêt par l'IDA ou dans des subventions. Deux tiers de cet appui sont destinés à l'agriculture, à la productivité rurale et à l'utilisation de ressources durables, à l'infrastructure énergétique, à l'environnement des affaires et au transport. Le dernier tiers est destiné au développement humain, incluant l'eau et l'assainissement, le VIH/SIDA, et le programme d'éducation. Au cours des quatre dernières années, entre 2003 et 2006, la Banque a engagé et décaissé 1,2 milliards de dollars EU. La Banque et les autres partenaires se sont de plus mis d'accord sur un allégement de la dette qui a permis de réduire l'encours de la dette extérieure du Ghana de 6,4 milliards de dollars EU à 1,5 milliards de dollars EU. Pour 2007, la Banque s'est engagée à ajouter 400 millions de dollars EU de financements nouveaux. En mettant en œuvre tous les outils qu'il possède, y compris la SFI et la MIGA, le Groupe de la Banque mondiale cherche à trouver des solutions financières innovantes pour des investissements d'infrastructures toujours très onéreux. « Le Ghana reste une économie dépendante des matières premières », reconnait M. Karlsson. « Mais le Ghana a-t-il changé ? C'est absolument certain, et nous comptons donc fêter un cinquantième anniversaire plein de promesses. La capacité du pays à prendre son avenir en main fait toute la différence. » |