Le changement climatique est aujourdâhui Ă lâordre du jour dans le monde entier. Câest dans ce contexte que les cadres des plus grandes entreprises, des gouvernements du G-8 et de cinq autres pays, ainsi que les prĂ©sidents des Banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement (BMD) se sont rĂ©unis Ă Londres cette semaine lors de la ConfĂ©rence sur le financement de lâĂ©nergie propre (Financing Clean Energy). Lâobjectif de cette confĂ©rence Ă©tait de discuter de mesures concrĂštes visant Ă encourager le secteur privĂ© Ă investir dans une Ă©conomie basĂ©e sur la rĂ©duction dâĂ©mission de gaz carbonique, notamment en augmentant lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et en encourageant lâutilisation des Ă©nergies renouvelables. Cette rĂ©duction concerne Ă la fois les pays dĂ©veloppĂ©s et les pays en dĂ©veloppement.  OrganisĂ©e conjointement par la BERD, la Banque mondiale, le World Economic Forum (Forum Ă©conomique mondial) et le World Business Council for Sustainable Development (Conseil mondial des affaires pour le dĂ©veloppement durable) dans le cadre du dialogue de Gleneagles du G-8 sur le changement climatique, cette confĂ©rence de deux jours a Ă©galement donnĂ© Ă plus de 200 participants lâoccasion de rĂ©flĂ©chir Ă la façon dâamĂ©liorer et de mettre en application le Cadre dâinvestissement dans lâĂ©nergie propre (Clean Energy Investment Framework - CEIF) dĂ©veloppĂ© par la Banque mondiale.  Lors de la confĂ©rence, M. Paul Wolfowitz, PrĂ©sident de la Banque mondiale, a soulignĂ© dans son discours-programme que les pays pauvres ont raison lorsquâils affirment ne pas avoir Ă payer les consĂ©quences dâune croissance dans les pays riches qui restent  dĂ©pendants de lâĂ©nergie fossile. « Les pays riches ont besoin de montrer lâexemple en prenant les devants. Aujourdâhui, les pays de lâOCDE ont entamĂ© la rĂ©novation et le remplacement de quasiment toutes les infrastructures de centrales Ă©lectriques. Les dĂ©cisions prises maintenant dans les capitales de toute lâEurope et de lâAmĂ©rique du Nord auront des consĂ©quences pour les gĂ©nĂ©rations Ă venir â il est donc essentiel que ces pays prennent les bonnes dĂ©cisions, investissent dans la technologie de lâĂ©nergie propre, et envisagent des stratĂ©gies de rĂ©duction dâĂ©mission de gaz carbonique, » a dĂ©clarĂ© M. Wolfowitz. « Les pays riches auront Ă©galement besoin de jouer un rĂŽle dâavant-garde avec le soutien direct des pays en dĂ©veloppement. Nous devons rĂ©duire la pauvretĂ© et les Ă©missions de gaz carbonique. »  M. Gordon Brown, Chancelier de lâĂchiquier du Royaume-Uni a dĂ©clarĂ©, âAujourdâhui, jâappelle les prĂ©sidents des BMD pour quâils dĂ©finissent ensemble leurs ambitions en ce qui concerne le  niveau dâinvestissement Ă mobiliser par le biais de leurs Cadres dâinvestissement. Nous devons relever un dĂ©fi majeur. Nous avons besoin dâidentifier lâampleur de la rĂ©ponse que nous comptons apporter et mobiliser ensuite avec la dĂ©termination voulue le secteur privĂ© â non pas uniquement les investissements Ă©trangers, mais Ă©galement les capitaux nationaux dans les pays en dĂ©veloppement â pour que le secteur privĂ© participe aux discussions sur le Cadre dâinvestissement.â  Selon M. Lars G. Josefsson, PrĂ©sident et Directeur gĂ©nĂ©ral de Vattenfall AB, reprĂ©sentant le secteur privĂ©, la façon la meilleure de relever ce dĂ©fi est dâencourager une coopĂ©ration mondiale sur plusieurs fronts, du fait quâaucune rĂ©gion, aucun pays ni secteur ne pourrait relever seul ce dĂ©fi. « Aujourdâhui, les chefs dâentreprises se montrent en gĂ©nĂ©ral disposĂ©s Ă agir. Nous avons besoin du soutien de la communautĂ© internationale pour former un cadre stable qui permette dâencourager les solutions commerciales, le dĂ©veloppement de la technologie et des investissements de type commercial, » a dĂ©clarĂ© M. Josefsson.  Selon M. Jean Lemierre, PrĂ©sident de la BERD et modĂ©rateur de la confĂ©rence, le dĂ©bat sur le changement climatique est bien connu, mais les organisations internationales ont dĂ©sormais un rĂŽle Ă jouer pour assurer une participation efficace du secteur privĂ© Ă la rĂ©duction de lâutilisation du carbone dans le monde  Il a expliquĂ© que lâobjectif principal de la confĂ©rence Ă©tait dâĂ©couter les chefs dâentreprises et dâinstitutions bancaires expliquer les raisons qui les empĂȘchent de financer lâĂ©nergie durable et les mesures que les gouvernements et les BMD pourraient prendre pour aider Ă rĂ©duire de tels obstacles.  Lors du deuxiĂšme jour de la confĂ©rence, des groupes de travail mixtes public/privĂ©, regroupant des cadres supĂ©rieurs dâentreprises privĂ©es et dâinstitutions participant Ă la confĂ©rence, ont discutĂ© de thĂšmes prĂ©cis mais aussi des possibilitĂ©s de dĂ©velopper le financement du secteur privĂ© dans cinq domaines: lâĂ©nergie propre, lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, lâĂ©nergie renouvelable, les instruments financiers, et lâadaptation.  Les dirigeants du monde des affaires des pays dĂ©veloppĂ©s et des pays en dĂ©veloppement, et les reprĂ©sentants dâinstitutions financiĂšres et de banques de dĂ©veloppement se sont mis dâaccord pour coordonner leurs approches respectives afin dâĂ©liminer les obstacles actuels Ă des investissements accrus dans lâĂ©nergie propre dans les pays en dĂ©veloppement et dans les pays en transition. Il y a consensus sur le rĂŽle du CEIF comme point de rencontre mondial des investissements privĂ©s et publics, conformĂ©ment aux Cadres dâinvestissement rĂ©gionaux dĂ©veloppĂ©s par les BMD et selon leurs avantages comparatifs respectifs. Le secteur privĂ© est un partenaire indispensable au niveau rĂ©gional et international.   Le travail de ces groupes mixtes se poursuivra au printemps, avec pour objectif de prĂ©parer dâici juin 2007 un ensemble de recommandations quâils prĂ©senteront Ă la rĂ©union ministĂ©rielle de Gleneagles devant se tenir Ă Berlin dĂ©but septembre 2007, aux rencontres annuelles de la Banque mondiale et du FMI (octobre 2007), au Forum de Davos en janvier 2008, et Ă la PrĂ©sidence japonaise du G-8.   |