La Banque renforce son Plan d’action pour l’Afrique

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9 avril 2007 — Il y a deux ans, l’Afrique semblait ĂȘtre Ă  un tournant : il s’agissait de savoir si elle Ă©tait en mesure d’inverser 20 annĂ©es de dĂ©clin Ă©conomique et social, et de mettre fin en l’espace de dix autres annĂ©es Ă  la pauvretĂ© et Ă  la famine. L’impĂ©ratif de rĂ©duction de la pauvretĂ© et la nĂ©cessitĂ© d’accĂ©lĂ©rer les progrĂšs accomplis pour l’amĂ©lioration des conditions de vie en Afrique seront deux questions Ă  l’ordre du jour des RĂ©unions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monĂ©taire international, Ă  la fin de cette semaine.

 

La stratĂ©gie essentielle que la Banque mondiale avait dĂ©finie sur trois ans pour ce continent, sous le nom de Plan d’action pour l’Afrique, doit en effet faire l’objet d’un examen Ă  mi-parcours lors de ces rĂ©unions. Cette tĂąche incombera au ComitĂ© du dĂ©veloppement, l’organe chargĂ© de donner aux Conseils des gouverneurs des deux institutions des avis sur les dossiers d’importance majeure en matiĂšre de dĂ©veloppement.

 

Si le Plan d’action pour l’Afrique a un bon nombre d’avancĂ©es Ă  faire valoir pour ses 18 premiers mois de mise en Ɠuvre, les services de la Banque, dans le document qu’ils ont Ă©tabli pour son examen Ă  mi-parcours, n’en font pas moins le constat suivant : si les tendances actuelles se poursuivent, la pauvretĂ© n’aura diminuĂ© que de 37 % en Afrique Ă  l’horizon 2015 — la date butoir fixĂ©e pour la rĂ©alisation des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire (ODM). Ces objectifs consistent notamment Ă  rĂ©duire de moitiĂ© l’extrĂȘme pauvretĂ© et la famine, et d’assurer l’éducation primaire pour tous.

 

Craignant qu’un grand nombre de pays ne restent Ă  la traĂźne, la Banque a dĂ©cidĂ© de modifier sa stratĂ©gie pour permettre des avancĂ©es plus rapides et un plus grand degrĂ© d’efficacitĂ© dans l’action menĂ©e en collaboration avec les pays concernĂ©s et les autres partenaires de dĂ©veloppement. Comme l’explique son Ă©conomiste en chef pour la rĂ©gion Afrique, John Page, cela a abouti Ă  un plan d’action plus ciblĂ© et plus centrĂ© sur l’optique de rĂ©sultats — plan destinĂ© Ă  tirer le parti maximum des atouts offerts par le Groupe de la Banque, tout en cherchant Ă  optimiser les chances pour l’ensemble des 48 pays de la rĂ©gion.

 

Ce qui n’a pas changĂ©, ajoute-t-il, c’est l’approche habituelle consistant pour la Banque Ă  travailler au cĂŽtĂ© de chaque pays pris individuellement. De mĂȘme, le plan n’apporte pas de changement aux montants que les pays doivent recevoir de l’Association internationale de dĂ©veloppement (IDA), le guichet de la Banque mondiale qui octroie des crĂ©dits sans intĂ©rĂȘts et des dons, et qui fournit 90 % des ressources financiĂšres accordĂ©es par la Banque Ă  l’Afrique.

 

Mais une Ă©valuation du plan d’action adoptĂ© en septembre 2005 a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il Ă©tait de portĂ©e trop vaste. Il a donc Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de ramener Ă  huit les 14 domaines d’intervention privilĂ©giĂ©s qu’il comportait au dĂ©part, domaines qui se dĂ©finissent dĂ©sormais ainsi :

  • Renforcer le secteur privĂ© africain.
  • Favoriser la dĂ©marginalisation Ă©conomique des femmes.
  • Renforcer les compĂ©tences pour assurer la compĂ©titivitĂ© dans une Ă©conomie mondiale.
  • Rehausser la productivitĂ© agricole.
  • Faciliter et fiabiliser l’accĂšs aux Ă©nergies propres.
  • Étendre et amĂ©liorer les rĂ©seaux routiers et les corridors de transit.
  • Donner plus largement accĂšs Ă  l’eau salubre et aux services d’assainissement.
  • Renforcer les systĂšmes de santĂ© nationaux et lutter contre le paludisme et le VIH/SIDA.

Signes de progrÚs récents

  • La croissance des Ă©conomies africaines a Ă©tĂ© en moyenne de 5,5 % en 2005, et de 5,3 % en 2006.
  • Dans 11 pays, des rĂ©formes ont Ă©tĂ© engagĂ©es en 2006 pour rĂ©duire les dĂ©lais et coĂ»ts de crĂ©ation d’entreprises.
  • Dans l’édition 2006 de l’enquĂȘte Doing Business menĂ©e par le Groupe de la Banque, le Ghana et la Tanzanie figuraient parmi les dix pays de tĂȘte en matiĂšre de rĂ©formes.
  • Les taux de scolarisation primaire sont passĂ©s Ă  96 % en 2004.
  • Les taux de mortalitĂ© des moins de 5 ans sont tombĂ©s de 161 pour 1 000 en 1990 Ă  149 pour 1 000 en 2004.

 

Ces huit domaines prioritaires relĂšvent d’un choix dĂ©libĂ©rĂ©, ayant pour but de donner le maximum d’impact Ă  l’action que mĂšne la Banque dans la perspective des ODM, et de complĂ©ter le travail menĂ© par les autres partenaires de dĂ©veloppement, tels que la Banque africaine de dĂ©veloppement, les organes des Nations Unies, les pays bailleurs de fonds et les fondations privĂ©es. Comme le confirme M. Page, il s’agissait d’orienter l’action du Groupe de la Banque dans le sens oĂč elle peut avoir le plus d’utilitĂ©.

 

« Dans chaque cas, on a essayĂ© de rĂ©flĂ©chir Ă  ce que sont les compĂ©tences essentielles de la Banque par rapport aux autres partenaires, de façon Ă  obtenir les rĂ©sultats voulus pour le dĂ©veloppement », explique-t-il. Cela reflĂšte, de la part de la Banque, un souci constant de se positionner stratĂ©giquement de maniĂšre Ă  ĂȘtre, au sein de la communautĂ© du dĂ©veloppement, la plus utile possible pour soutenir la croissance et la rĂ©alisation des ODM en Afrique.

 

Travailler au cÎté des pays

 

D’aprĂšs le rapport soumis au ComitĂ© du dĂ©veloppement sous le titre AccĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement en Afrique : Bilan et recadrage du Plan d’action pour l’Afrique, les huit nouveaux domaines d’intervention privilĂ©giĂ©s rĂ©pondent aussi Ă  une attente qui Ă©tait apparue dans les pays concernĂ©s. Beaucoup d’entre eux, en effet, aspirent ou ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  se doter de stratĂ©gies dans des domaines primordiaux comme la santĂ©, l’énergie, l’alimentation en eau, l’éducation ou le dĂ©veloppement du secteur privĂ©.

 

Selon le rapport, le rĂŽle de la Banque consiste en partie Ă  faire en sorte que ces plans et stratĂ©gies nationaux fassent l’objet d’un financement appropriĂ©, Ă  traiter avec les nouveaux partenaires de dĂ©veloppement et Ă  adapter au contexte de chaque pays les programmes de portĂ©e rĂ©gionale ou mondiale tels que ceux menĂ©s contre le paludisme ou le sida. « L’un des rĂŽles les plus utiles pour la Banque est d’aider Ă  mobiliser les autres pour contribuer au financement de ces programmes dans les pays », souligne M. Page.

 

Mais la stratĂ©gie de la Banque variera d’un pays Ă  l’autre. Pour les pays richement dotĂ©s en ressources naturelles, elle consistera Ă  fournir une aide sous forme d’analyses et de conseils, et leur permettre ainsi de gĂ©rer les recettes qu’ils tirent de ces ressources et de les consacrer aux investissements voulus pour maintenir l’essor de leur Ă©conomie.

 

Mais dans les pays Ă  faible croissance (oĂč se concentre aujourd’hui plus du tiers de la population africaine), le rapport fait valoir que le rĂŽle le plus efficace pour la Banque consiste souvent Ă  aider Ă  dĂ©velopper les fonctions essentielles de l’État et Ă  mobiliser l’appui des donateurs. Son impact se ferait probablement le plus sentir en matiĂšre de dĂ©veloppement humain, par l’amĂ©lioration des systĂšmes d’éducation et de santĂ©, et au niveau des infrastructures de base telles que systĂšmes d’alimentation en eau et routes.

RĂ©alisations du Plan d’action pour l’Afrique

  • L’accĂšs Ă  l’eau salubre a Ă©tĂ© assurĂ© pour 1,7 million de personnes.
  • Des systĂšmes ont Ă©tĂ© mis en place pour irriguer 15 524 hectares de terres.
  • Entre 2002 et 2006, 86 116 enseignants ont reçu une formation et 46 058 salles de classe ont Ă©tĂ© construites.
  • Des messages d’information sur la prĂ©vention du sida ont Ă©tĂ© diffusĂ©s auprĂšs de 173 millions de personnes.
  • Quelque 1,5 million de femmes ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de mesures de prĂ©vention de la transmission du VIH de la mĂšre Ă  l’enfant.
  • Les gouvernements de 14 pays ont convenu d’introduire un surcroĂźt de transparence dans leurs industries extractives.

 

Le rapport note en outre que les coĂ»ts liĂ©s aux pays engagĂ©s dans des conflits ou sortant depuis peu d'un conflit se font sentir au-delĂ  de leurs propres frontiĂšres. Pour la Banque, il s’agit dans ces cas de soutenir les efforts menĂ©s par ces pays pour rendre leur propre administration Ă  mĂȘme d’assurer les prestations de services et d’établir un État viable.

 

Quant aux pays affichant une plus forte croissance, beaucoup d’entre eux ont dĂ©jĂ  rĂ©duit la pauvretĂ©. Pour eux, l’aide de la Banque peut consister Ă  utiliser l’effet de levier des ressources de l’IDA pour attirer d’autres ressources publiques et privĂ©es, et leur permettre ainsi de surmonter d’autres obstacles Ă  la croissance, tels qu’un approvisionnement en Ă©nergie peu fiable ou un manque de main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e.

 

Selon M. Page, ces mĂȘmes pays peuvent fournir des indications sur les solutions envisageables aux problĂšmes posĂ©s dans les pays Ă  moindre croissance. Mieux, on peut appliquer Ă  ceux-ci les enseignements tirĂ©s du processus consistant Ă  identifier les facteurs qui faisaient obstacle Ă  la croissance dans les pays nĂ©anmoins performants, et Ă  trouver les moyens d’y remĂ©dier.

 

« Ce dont il s’agit, c’est de comprendre ce que peuvent nous aider Ă  faire ces chefs de file en matiĂšre de croissance pour accĂ©lĂ©rer la croissance d’une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale en Afrique », explique-t-il. La rĂ©ussite de ces pays est « importante pour eux-mĂȘmes, importante pour leurs voisins, et importante pour la rĂ©gion dans son ensemble ».

 

 

 

 




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