L'ambition du Gouvernement burundais est de « stopper les nouvelles infections et prendre en charge les personnes infectĂ©es et affectĂ©es par le VIH/SIDA »  Le 13 juin 2007 -- Ă la fin de son plan dâaction 2002-2006 pour lutter contre le VIH/SIDA, le Burundi fait bilan : il enregistre des progrĂšs remarquables dans la riposte au VIH/SIDA. Il souhaite voir ses partenaires poursuivre et intensifier lâappui quâils ont toujours manifestĂ©.  Le Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS) note avec satisfaction le pas franchi et sâattelle Ă la prĂ©paration dâun nouveau Plan stratĂ©gique 2007-2011. Objectif principal : maintenir le cap sur les actions de prĂ©vention, intensifier la prise en charge des personnes infectĂ©es et affectĂ©es et rĂ©duire lâimpact du VIH sur lâindividu, la famille et la communautĂ©.  La pĂ©riode qui vient de prendre fin aura permis au Burundi dâasseoir un cadre institutionnel multisectoriel et dĂ©centralisĂ© afin dâassurer la coordination unique des actions de lutte contre le SIDA Ă travers le CNLS, avec un SecrĂ©tariat ExĂ©cutif, un seul plan dâaction et un seul systĂšme de Suivi et Ă©valuation des interventions. Avec ce dispositif, le Burundi sâinscrit dans la droite ligne des recommandations internationales du respect des « THREE ONES ».  De la prĂ©vention  La population burundaise a Ă©tĂ© sensibilisĂ©e sur le flĂ©au du SIDA Ă travers les divers canaux de communication : radios, journaux, les actions menĂ©es par les intervenants du secteur public et de la sociĂ©tĂ© civile. Cette action a Ă©tĂ© renforcĂ©e par la prĂ©sence dâanimateurs communautaires (2 par colline de recensement ou quartier). Aujourdâhui ils sont au nombre de 6550 dans le pays.  Les actions de prĂ©vention ont Ă©tĂ© Ă©galement menĂ©es dans les Ă©coles primaires, secondaires et supĂ©rieures Ă travers les clubs « Stop-SIDA » et les pairs Ă©ducateurs des jeunes. Aujourdâhui, 972 clubs Stop-SIDA et 111 Centres jeunes sont opĂ©rationnels, couvrant toutes les Communes du pays. De plus, les Centres de dĂ©pistage volontaire ont passĂ© de 89 en 2002 Ă 151 en 2006.  La prĂ©vention, câest aussi la distribution Ă base communautaire du prĂ©servatif. Cette action est menĂ©e Ă travers les animateurs communautaires. Le nombre de prĂ©servatifs distribuĂ©s a augmentĂ© dâannĂ©e en annĂ©e, passant de 5 millions en 2002 pour atteindre presque 11 millions en 2005.  La prĂ©vention de la transmission du VIH de la mĂšre Ă lâenfant (PTME) a connu des progrĂšs, passant dâun seul site en 2002 Ă 18 sites en 2006.  De la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH)  Pour assurer une prise en charge efficace des PVVIH, le Burundi sâest dotĂ© dâoutils de formation des prestataires de soins et dâun guide de traitement des infections opportunistes (IO). Câest cette ligne dâactions que 719 prestataires (dont 175 mĂ©decins et 544 infirmiers) formĂ©s sur la prise en charge des IO.  Au niveau de lâamĂ©lioration de lâaccĂšs aux antirĂ©troviraux (ARV), le Burundi sâest dotĂ© dâune StratĂ©gie nationale dâaccĂ©lĂ©ration de lâaccĂšs aux soins et dâun plan dâopĂ©rationnalisation de cette StratĂ©gie. Il a adoptĂ© des schĂ©mas standardisĂ©s et simplifiĂ©s de traitement par les ARV et formĂ© 175 mĂ©decins sur la prescription des ARV, 220 infirmiers, 90 mĂ©diateurs de santĂ©. Câest dans la perspective dâintensifier cette prise en charge quâil a intĂ©grĂ© dans le curriculum de la facultĂ© de MĂ©decine la formation sur le traitement aux ARV.  Cette stratĂ©gie a permis au Burundi de passer de 600 PVVIH en 2002 Ă 8048 en 2006 sous traitement ARV. Les sites de traitement ARV a passĂ© de moins de 5 en 2002 Ă 38 en 2006.  De la rĂ©duction de lâimpact  Le Burundi sâest dotĂ© dâune loi en matiĂšre de protection des PVVIH et a appuyĂ© les personnes vulnĂ©rables avec le financement des micro-projets gĂ©nĂ©rateurs de revenus. Un total de 138 micro-projets touchant Ă peu prĂšs 8000 bĂ©nĂ©ficiaires ont Ă©tĂ© financĂ©s.  Dans cette mĂȘme lignes dâactions, 323 077 orphelins et autres enfants vulnĂ©rables (OEV) ont Ă©tĂ© appuyĂ©s en matĂ©riel scolaire ; 32.281 familles dâaccueil appuyĂ©s en intrants agricoles et 2.865 OEV formĂ©s sur les mĂ©tiers.  Pour atteindre ces rĂ©sultats, le Burundi a obtenu des financements de la part des partenaires de dĂ©veloppement dont les principaux sont la Banque mondiale, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, DFID/SIPAA, PNUD, UNICEF, et GTZ.  Des contraintes et perspectives  La pĂ©riode 2002-2006 a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă la mise en place des structures de lutte contre le SIDA au niveau central et dĂ©centralisĂ©, en mĂȘme temps que le pays travaillait sur les diffĂ©rents outils qui allaient lui permettre de faire face Ă ce flĂ©au. Aussi, cette pĂ©riode a connu une instabilitĂ© au niveau sĂ©curitaire liĂ©e Ă la crise sociopolitique quâil vient de traverser.  La jeunesse de la structure de coordination, lâinstabilitĂ© au plan sĂ©curitaire et administratif et lâinstabilitĂ© au niveau des financements sont les principaux obstacles que le pays a rencontrĂ©s.  Le plan stratĂ©gique 2007-2011 dont le pays vient de se doter prend en compte les acquis du plan dâaction 2002-2006 pour nourrir lâambition du Gouvernement, celle de stopper les nouvelles infections et prendre efficacement en charge les personnes infectĂ©es et affectĂ©es par le VIH/SIDA.  Le Burundi souhaite voir les partenaires qui ont soutenu le plan en cours dâachĂšvement poursuivre et intensifier leur appui. Il souhaite Ă©galement que de nouveaux partenaires le rejoignent afin de rĂ©ussir ensemble la riposte contre ce flĂ©au.  Par Marie-Claire Nzeyimana |