
Ă lâĂ©poque oĂč le projet Ă©tait en prĂ©paration, les carburants forestiers traditionnels (bois de chauffage et charbon de bois) reprĂ©sentaient 53 % de la consommation Ă©nergĂ©tique sĂ©nĂ©galaise. Les principales zones urbaines regroupaient la plus grande consommation de charbon de bois. Au fil des ans, le dĂ©veloppement de lâindustrie du charbon de bois au SĂ©nĂ©gal a eu pour consĂ©quence (i) la perte graduelle du manteau forestier (approximativement 30 000 hectares par an) dĂ©gradant la biodiversitĂ© et la capacitĂ© de stockage du carbone dans lâĂ©cosystĂšme ; (ii) la dĂ©gradation de lâenvironnement rural (des sols en particulier) ; (iii) lâappauvrissement des zones rurales et une accĂ©lĂ©ration de lâexode rural ; et (iv) un transfert massif des richesses des communautĂ©s rurales vers quelques nĂ©gociants urbains en bois de chauffage. Ces impacts nĂ©gatifs ont affectĂ© de maniĂšre disproportionnĂ©e les femmes et les enfants des campagnes.

Pour tenir compte Ă la fois de lâoffre et de la demande en bois de chauffage, le projet a adoptĂ© une approche globale qui comprend les mesures suivantes :
- Cartographie des ressources forestiĂšres, prĂ©paration de plans participatifs de gestion durable des forĂȘts et formation des communautĂ©s sur la mise en place de ces plans, qui concernent plus de 300 000 hectares de forĂȘts dans les rĂ©gions de Tambacounda et de Kolda, enfin, renforcement du processus de zone tampon autour du parc national Niokolo-Koba.
- Ătablissement de systĂšmes de surveillance et dâĂ©valuation forestiĂšre basĂ©s sur le SIG.
- DĂ©veloppement de mĂ©thodes de substitution de combustibles du secteur privĂ© et de lâutilisation de poĂȘles amĂ©liorĂ©s.
- Renforcement des institutions impliquĂ©es dans la gestion du secteur et promotion de la participation de la sociĂ©tĂ© civile, en se concentrant spĂ©cifiquement sur les femmes et les occasions de mobilisation aux niveaux des villages et des rĂ©gions. Les villages sont devenus contractuellement responsables des forĂȘts dans la zone du projet.

Les rĂ©sultats ont montrĂ© que, tout en arrĂȘtant la dĂ©forestation, la production et la commercialisation de biocarburants peuvent ĂȘtre stabilisĂ©es, ce qui contribue Ă prĂ©server lâĂ©cologie et Ă augmenter les revenus des villages. En 2004, plus de 20 % de la consommation sĂ©nĂ©galaise de biocarburant provenaient de forĂȘts gĂ©rĂ©es durablement.
Principales réalisations :
- Les forĂȘts gĂ©rĂ©es durablement par les communautĂ©s se sont Ă©tendues Ă une superficie de plus de 378 161 hectares (un chiffre qui surpasse les objectifs du projet), fournissant plus de 370 000 tonnes de biocarburant durable par an.
- Les villageois ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâactions de dĂ©veloppement rural et de formation sâils respectaient les plans de forĂȘts durables. Des microentreprises communautaires ont Ă©tĂ© créées, regroupant des unitĂ©s de carbonisation amĂ©liorĂ©e gĂ©rĂ©es par les bĂ©nĂ©ficiaires, des coopĂ©ratives dâapiculteurs, des unitĂ©s/systĂšmes collectifs et individuels de diversification agricole ; des unitĂ©s dâĂ©levage de bĂ©tail et de volailles, des unitĂ©s dâartisanat, etc. Alors que les activitĂ©s liĂ©es aux biocarburants et Ă lâĂ©levage de bĂ©tail ont Ă©tĂ© principalement rĂ©servĂ©es aux hommes, les autres activitĂ©s ont, pour la plupart, Ă©tĂ© gĂ©rĂ©es directement par les femmes.
- Une base de revenus incrĂ©mentiels durables (des produits du bois ou non) a Ă©tĂ© Ă©tablie, dâun montant total dâenviron 12,5 millions de dollars par an, soit lâĂ©quivalent dâune moyenne de 40 000 dollars par village participant. Sur ce total, plus de 30 % dĂ©coulaient des activitĂ©s Ă©conomiques gĂ©nĂ©rĂ©es par les femmes.
- Plus de 20 % de lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique du SĂ©nĂ©gal en 2004 provenaient de ressources renouvelables sous la forme de biocarburants durables. (Cette proportion est aujourdâhui passĂ©e Ă 50 %, grĂące au lancement dâun programme dâabattage durable de bois vert avec rotation sur huit ans).
- Les substitutions de combustibles (du charbon de bois au kĂ©rozĂšne et au GPL) et lâutilisation de poĂȘles amĂ©liorĂ©s ont directement profitĂ© Ă quelque 250 000 familles dans les principales rĂ©gions urbaines et pĂ©ri-urbaines du SĂ©nĂ©gal, rĂ©duisant les effets nĂ©gatifs sur la santĂ© associĂ©s Ă la pollution intĂ©rieure.
- Les actions de formation et les plans de microcrĂ©dits ont favorisĂ© la crĂ©ation dâun marchĂ© Ă©conomique viable pour les poĂȘles amĂ©liorĂ©s.

- LâIDA a contribuĂ© Ă hauteur de 5,2 millions de dollars au projet, dont le montant total sâĂ©levait Ă 19,8 millions de dollars.
- Elle a Ă©tĂ© la premiĂšre Ă utiliser le SIG pour le dĂ©veloppement des plans participatifs et communautaires de gestion des forĂȘts et des ressources naturelles.
- Elle a lancĂ© des dĂ©marches communautaires de dĂ©veloppement rural qui seront reproduites dans les rĂ©gions non forestiĂšres, dans lesquelles lâactivitĂ© Ă©conomique principale sera lâagriculture, la pĂȘche ou autre.

De la prĂ©paration Ă la supervision du projet, la Banque mondiale a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec lâagence de coopĂ©ration nĂ©erlandaise (DGIS) qui a versĂ© 8,8 millions de dollars. Le Fonds pour lâenvironnement mondial a Ă©galement co-financĂ© le projet (4,7 millions de dollars).

- La crĂ©ation dâune base de revenus durables et diversifiĂ©s et la gĂ©nĂ©ration dâune demande productive dâĂ©nergie ont incitĂ© 317 villages situĂ©s dans la zone du projet Ă se porter candidats Ă lâĂ©lectrification rurale et Ă lâaccĂšs Ă dâautres services Ă©nergĂ©tiques modernes.
- Une deuxiĂšme phase de transition de ce projet est aujourdâhui en cours, portant sur 269 000 hectares supplĂ©mentaires. Un second projet devrait Ă©tendre le succĂšs du modĂšle communautaire et participatif PROGEDE Ă dâautres parties du SĂ©nĂ©gal, Ă partir de 2008.