Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
AccÚs membres / Devenir membre

Sénégal: un biocarburant durable bénéficie aux populations

 
DerniĂšre mise Ă  jour : avril 2007
IDA - Sénégal

Le défi à relever

À l’époque oĂč le projet Ă©tait en prĂ©paration, les carburants forestiers traditionnels (bois de chauffage et charbon de bois) reprĂ©sentaient 53 % de la consommation Ă©nergĂ©tique sĂ©nĂ©galaise. Les principales zones urbaines regroupaient la plus grande consommation de charbon de bois. Au fil des ans, le dĂ©veloppement de l’industrie du charbon de bois au SĂ©nĂ©gal a eu pour consĂ©quence (i) la perte graduelle du manteau forestier (approximativement 30 000 hectares par an) dĂ©gradant la biodiversitĂ© et la capacitĂ© de stockage du carbone dans l’écosystĂšme ; (ii) la dĂ©gradation de l’environnement rural (des sols en particulier) ; (iii) l’appauvrissement des zones rurales et une accĂ©lĂ©ration de l’exode rural ; et (iv) un transfert massif des richesses des communautĂ©s rurales vers quelques nĂ©gociants urbains en bois de chauffage. Ces impacts nĂ©gatifs ont affectĂ© de maniĂšre disproportionnĂ©e les femmes et les enfants des campagnes.

La démarche suivie

Pour tenir compte Ă  la fois de l’offre et de la demande en bois de chauffage, le projet a adoptĂ© une approche globale qui comprend les mesures suivantes :
- Cartographie des ressources forestiĂšres, prĂ©paration de plans participatifs de gestion durable des forĂȘts et formation des communautĂ©s sur la mise en place de ces plans, qui concernent plus de 300 000 hectares de forĂȘts dans les rĂ©gions de Tambacounda et de Kolda, enfin, renforcement du processus de zone tampon autour du parc national Niokolo-Koba.
- Établissement de systĂšmes de surveillance et d’évaluation forestiĂšre basĂ©s sur le SIG.
- DĂ©veloppement de mĂ©thodes de substitution de combustibles du secteur privĂ© et de l’utilisation de poĂȘles amĂ©liorĂ©s.
- Renforcement des institutions impliquĂ©es dans la gestion du secteur et promotion de la participation de la sociĂ©tĂ© civile, en se concentrant spĂ©cifiquement sur les femmes et les occasions de mobilisation aux niveaux des villages et des rĂ©gions. Les villages sont devenus contractuellement responsables des forĂȘts dans la zone du projet.

Résultats

Les rĂ©sultats ont montrĂ© que, tout en arrĂȘtant la dĂ©forestation, la production et la commercialisation de biocarburants peuvent ĂȘtre stabilisĂ©es, ce qui contribue Ă  prĂ©server l’écologie et Ă  augmenter les revenus des villages. En 2004, plus de 20 % de la consommation sĂ©nĂ©galaise de biocarburant provenaient de forĂȘts gĂ©rĂ©es durablement.

Principales réalisations :
- Les forĂȘts gĂ©rĂ©es durablement par les communautĂ©s se sont Ă©tendues Ă  une superficie de plus de 378 161 hectares (un chiffre qui surpasse les objectifs du projet), fournissant plus de 370 000 tonnes de biocarburant durable par an.
- Les villageois ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’actions de dĂ©veloppement rural et de formation s’ils respectaient les plans de forĂȘts durables. Des microentreprises communautaires ont Ă©tĂ© créées, regroupant des unitĂ©s de carbonisation amĂ©liorĂ©e gĂ©rĂ©es par les bĂ©nĂ©ficiaires, des coopĂ©ratives d’apiculteurs, des unitĂ©s/systĂšmes collectifs et individuels de diversification agricole ; des unitĂ©s d’élevage de bĂ©tail et de volailles, des unitĂ©s d’artisanat, etc. Alors que les activitĂ©s liĂ©es aux biocarburants et Ă  l’élevage de bĂ©tail ont Ă©tĂ© principalement rĂ©servĂ©es aux hommes, les autres activitĂ©s ont, pour la plupart, Ă©tĂ© gĂ©rĂ©es directement par les femmes.
- Une base de revenus incrĂ©mentiels durables (des produits du bois ou non) a Ă©tĂ© Ă©tablie, d’un montant total d’environ 12,5 millions de dollars par an, soit l’équivalent d’une moyenne de 40 000 dollars par village participant. Sur ce total, plus de 30 % dĂ©coulaient des activitĂ©s Ă©conomiques gĂ©nĂ©rĂ©es par les femmes.
- Plus de 20 % de l’approvisionnement Ă©nergĂ©tique du SĂ©nĂ©gal en 2004 provenaient de ressources renouvelables sous la forme de biocarburants durables. (Cette proportion est aujourd’hui passĂ©e Ă  50 %, grĂące au lancement d’un programme d’abattage durable de bois vert avec rotation sur huit ans).
- Les substitutions de combustibles (du charbon de bois au kĂ©rozĂšne et au GPL) et l’utilisation de poĂȘles amĂ©liorĂ©s ont directement profitĂ© Ă  quelque 250 000 familles dans les principales rĂ©gions urbaines et pĂ©ri-urbaines du SĂ©nĂ©gal, rĂ©duisant les effets nĂ©gatifs sur la santĂ© associĂ©s Ă  la pollution intĂ©rieure.
- Les actions de formation et les plans de microcrĂ©dits ont favorisĂ© la crĂ©ation d’un marchĂ© Ă©conomique viable pour les poĂȘles amĂ©liorĂ©s.

Contribution de l’IDA

- L’IDA a contribuĂ© Ă  hauteur de 5,2 millions de dollars au projet, dont le montant total s’élevait Ă  19,8 millions de dollars.
- Elle a Ă©tĂ© la premiĂšre Ă  utiliser le SIG pour le dĂ©veloppement des plans participatifs et communautaires de gestion des forĂȘts et des ressources naturelles.
- Elle a lancĂ© des dĂ©marches communautaires de dĂ©veloppement rural qui seront reproduites dans les rĂ©gions non forestiĂšres, dans lesquelles l’activitĂ© Ă©conomique principale sera l’agriculture, la pĂȘche ou autre.

Partenaires

De la prĂ©paration Ă  la supervision du projet, la Banque mondiale a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec l’agence de coopĂ©ration nĂ©erlandaise (DGIS) qui a versĂ© 8,8 millions de dollars. Le Fonds pour l’environnement mondial a Ă©galement co-financĂ© le projet (4,7 millions de dollars).

Prochaines étapes

- La crĂ©ation d’une base de revenus durables et diversifiĂ©s et la gĂ©nĂ©ration d’une demande productive d’énergie ont incitĂ© 317 villages situĂ©s dans la zone du projet Ă  se porter candidats Ă  l’électrification rurale et Ă  l’accĂšs Ă  d’autres services Ă©nergĂ©tiques modernes.
- Une deuxiĂšme phase de transition de ce projet est aujourd’hui en cours, portant sur 269 000 hectares supplĂ©mentaires. Un second projet devrait Ă©tendre le succĂšs du modĂšle communautaire et participatif PROGEDE Ă  d’autres parties du SĂ©nĂ©gal, Ă  partir de 2008.

En savoir plus

Projet : gestion durable et participative de l’énergie (1997-2004)
Documents du projet


Liens utiles

LA BANQUE MONDIALE ET FOTOPEDIA LANCENT L’APPLICATION « FEMMES DU MONDE ENTIER » POUR IPHONE ET IPAD
L’Afrique perd des milliards de dollars en revenus commerciaux potentiels
Selon une étude de la Banque mondiale, l'augmentation de la passation de marchés locaux dans le secteur minier peut soutenir la croissance en Afrique



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/3UA7FOL9K0