| M. Hanlon : Mesdames, Messieurs, bonjour. Je vous souhaite la bienvenue, et je vous remercie de vous ĂȘtre joints Ă nous ce matin. Le prĂ©sident Wolfowitz va commencer par faire une dĂ©claration, aprĂšs quoi nous serons heureux dâentendre vos questions. Je vous demanderai de bien vouloir vous prĂ©senter, ainsi que lâorganisation Ă laquelle vous appartenez. Je vous demanderai Ă©galement de vous limiter Ă une seule question afin que le plus grand nombre dâentre vous puisse intervenir.  Bien entendu, les informations Ă©changĂ©es durant cette rĂ©union peuvent ĂȘtre divulguĂ©es. Je donne maintenant la parole au prĂ©sident Wolfowitz.  PrĂ©sident Wolfowitz : Merci, Carl.  Permettez-moi de commencer en disant simplement quelques mots sur le sujet qui, je le sais, est dans tous les esprits. Il y a deux ans, lorsque je suis arrivĂ© Ă la Banque, jâai soulevĂ© la question dâun conflit dâintĂ©rĂȘt potentiel et demandĂ© Ă me faire rĂ©cuser du dossier. Jâai portĂ© la question devant le ComitĂ© dâĂ©thique et, suite Ă des discussions approfondies que jâai eues avec son PrĂ©sident, le ComitĂ© a Ă©mis lâavis quâil convenait de promouvoir et de transfĂ©rer Mme Shaha Riza.  Jâai entrepris en toute bonne foi dâappliquer cet avis tel que je le concevais, et ce de maniĂšre Ă prendre en charge le rĂšglement dâun problĂšme qui Ă©tait Ă mon sens susceptible de faire du tort Ă lâinstitution. Avec le recul, jâaimerais mâĂȘtre fiĂ© Ă mon instinct initial et mâĂȘtre tenu Ă l'Ă©cart des nĂ©gociations. Jâai fait une erreur, et je le regrette.  Mais permettez-moi aussi de demander un peu de comprĂ©hension. Non seulement cela constituait un douloureux dilemme personnel, mais jâai dĂ» y faire face alors que jâarrivais juste dans cette institution et que jâessayais dâavancer en territoire inconnu. La situation Ă©tait exceptionnelle et sans prĂ©cĂ©dent. Il sâagissait dâune rĂ©affectation involontaire, et jâai estimĂ© quâun risque juridique se posait si cela nâĂ©tait pas rĂ©glĂ© par consentement mutuel. Jâassume lâentiĂšre responsabilitĂ© des dĂ©tails de ce dossier. Je nâai pas cherchĂ© Ă cacher ce que jâai fait, ni rejetĂ© la responsabilitĂ© sur qui que ce soit.  Jâai rencontrĂ© le Conseil ce matin, et je lui ai proposĂ© quâil Ă©tablisse un mĂ©canisme quelconque pour dĂ©terminer si lâaccord conclu constituait une issue raisonnable. Jâaccepterai toute solution quâil proposera.  Dans lâordre des choses plus gĂ©nĂ©ral, nous avons des tĂąches bien plus importantes Ă traiter en prioritĂ©. Ă ceux qui sont en dĂ©saccord avec les choses quâils associent avec moi dans mes prĂ©cĂ©dentes fonctions, je dirai que je ne suis pas dans mes prĂ©cĂ©dentes fonctions. Je ne travaille pas pour le Gouvernement amĂ©ricain ; je travaille pour cette institution et ses 185 actionnaires. Je crois profondĂ©ment Ă la mission de cette institution, et jâai pour elle une passion. Je pense que le dĂ©fi posĂ© par la rĂ©duction de la pauvretĂ© est dâune Ă©norme importance, non seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants et nos petits-enfants. Je pense que lâoccasion qui se prĂ©sente en Afrique est potentiellement historique.  Nous avons vraiment rĂ©ussi Ă attirer lâattention sur les progrĂšs qui peuvent ĂȘtre faits en Afrique, et pas seulement sur le dĂ©sespoir et la misĂšre. Je pense quâensemble nous avons fait des avancĂ©es pour permettre Ă cette institution dâapporter une rĂ©ponse plus efficace et rapide, tant dans les pays les plus pauvres que dans les pays Ă revenu intermĂ©diaire, afin de poursuivre le combat contre la pauvretĂ©.  Je crois aussi, plus fortement encore aujourdâhui que lorsque jâai pris mes fonctions, que le monde a besoin d'une vĂ©ritable institution multilatĂ©rale comme celle-ci, capable de gĂ©rer de maniĂšre responsable et crĂ©dible les fonds de tous pour atteindre les objectifs qui sont aussi ceux de tous, que ce soit lutter contre la pauvretĂ©, faire face au changement climatique ou rĂ©agir au danger de la grippe aviaire. Je demande Ă ĂȘtre jugĂ© sur ce que je fais aujourdâhui et sur ce que nous pouvons accomplir ensemble Ă lâavenir.  Dans cet esprit, permettez-moi de dire quelques mots sur lâordre du jour du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Nous allons principalement nous intĂ©resser au Rapport de suivi mondial, au document sur lâarchitecture de lâaide et au Plan dâaction pour lâAfrique.  Nous allons Ă©galement avoir une discussion informelle, comme câest gĂ©nĂ©ralement le cas au cours du dĂ©jeuner du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Par ailleurs, nous participerons Ă trois activitĂ©s parallĂšles importantes : la premiĂšre pour traiter de la question du Bassin du Congo, la deuxiĂšme pour Ă©tudier le problĂšme de lâapprovisionnement en eau des pauvres, et la troisiĂšme pour Ă©voquer les difficultĂ©s que pose la rĂ©cupĂ©ration des biens volĂ©s.  Comme vous le savez, la principale stratĂ©gie de la Banque en faveur de lâAfrique est le Plan dâaction pour lâAfrique. Jâai dĂ©jĂ dit Ă lâinstant que je pense que des perspectives historiques sâouvrent aujourdâhui pour lâAfrique. De nombreuses parties du sous-continent enregistrent une croissance remarquable. Un tiers environ des pays, qui ne sont pas producteurs de pĂ©trole et qui compte Ă peu prĂšs le tiers de la population, ont affichĂ© une croissance de 4 % ou plus ces dix derniĂšres annĂ©es. Ce sont lĂ des rĂ©sultats plutĂŽt satisfaisants, et ils ont pour corollaires des progrĂšs en matiĂšre dâĂ©ducation, de santĂ© et de rĂ©sorption des disparitĂ©s entre les sexes. On constate un surcroĂźt dâefforts pour la rĂ©forme du monde des affaires, efforts encouragĂ©s dans une large mesure par le rapport Doing Business de la Banque. Et la Banque aide lâAfrique Ă disposer des moyens nĂ©cessaires pour relever les dĂ©fis auxquels elle est confrontĂ©e. Nos prĂȘts atteignent aujourdâhui des niveaux sans prĂ©cĂ©dent en termes de volume et de qualitĂ© et, surtout, dâinnovation.  Pour lâessentiel, nous fournissons notre aide en faveur de lâAfrique par lâintermĂ©diaire de lâ IDA, lâAssociation internationale de dĂ©veloppement. LâIDA est en bonne voie pour ce qui est dâhonorer ses engagements Ă lâĂ©gard du continent, avec un niveau de prĂȘts qui devrait atteindre un nouveau plateau cette annĂ©e : aprĂšs le chiffre record de 4,7 milliards de dollars de lâan dernier, on sâattend Ă un chiffre de 5 milliards de dollars, ou plus.  Nous nous acquittons de nos responsabilitĂ©s, mais il est clair que la communautĂ© internationale doit faire davantage pour aider lâAfrique. Il nâest plus du tout certain aujourdâhui que les promesses faites lors du Sommet de Gleneagles de doubler lâaide en faveur de lâAfrique dâici 2010 seront tenues. DâaprĂšs un rĂ©cent rapport du ComitĂ© dâaide au dĂ©veloppement de lâOCDE, en 2006, lâaide publique au dĂ©veloppement a diminuĂ© de quelque 5 % pour atteindre 104 milliards de dollars.  Ce serait commettre une erreur tragique que de ne pas respecter les promesses dâaugmenter lâaide. Permettez-moi de citer quelques-uns des dĂ©fis dĂ©crits dans le Rapport de suivi mondial que le ComitĂ© du dĂ©veloppement va examiner. DâaprĂšs ce rapport, jusquâĂ prĂ©sent, aucun pays nâa bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune augmentation de lâaide suffisante pour contribuer Ă atteindre les ODM, les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire, dâici 2015. Ce dont ces pays ont besoin, ce sont des financements prĂ©visibles Ă long terme. Cela, lâIDA peut lâassurer.  Je ferai une autre remarque. PrĂšs de deux ans aprĂšs le Sommet de Gleneagles, aprĂšs les annonces de contributions qui y ont Ă©tĂ© faites et aprĂšs les rĂ©unions Ă©largies qui ont suivi en 2005 en vue dâaccroĂźtre sensiblement les nouveaux apports dâaide au dĂ©veloppement pour lâAfrique, on nâa pas encore observĂ© de nouveaux flux dâaide importants qui se soient traduits par de vĂ©ritables ressources pour les programmes de dĂ©veloppement sur le terrain.  Câest donc un dĂ©fi bien rĂ©el que nous avons Ă relever et, ne lâoublions pas, comme les discussions pour IDA 15, la QuinziĂšme reconstitution des ressources de lâIDA, ont dĂ©jĂ commencĂ©, les bailleurs de fonds doivent tenir les promesses quâils ont faites Ă Gleneagles, puis aux AssemblĂ©es annuelles de la Banque mondiale et du FMI, ici mĂȘme Ă lâautomne 2005, de compenser intĂ©gralement les fonds que ne reçoit plus lâIDA au titre du remboursement de la dette par suite de lâInitiative PPTE, en faveur des pays pauvres trĂšs endettĂ©s, et de lâInitiative dâallĂšgement de la dette multilatĂ©rale, et de maintenir la capacitĂ© de lâIDA pour le financement de programmes et projets dans les pays les plus pauvres.  La prĂ©sente rĂ©union est Ă mes yeux importante. Elle nous permettra de nous concentrer sur les progrĂšs actuellement rĂ©alisĂ©s, progrĂšs qui, selon moi, tiennent en grande partie aux meilleurs rĂ©sultats affichĂ©s par les pays en dĂ©veloppement, et de nous concentrer aussi sur le respect des promesses qui ont Ă©tĂ© faites dâaider ces pays Ă se dĂ©velopper.  M. Hanlon : Merci beaucoup, Monsieur le PrĂ©sident.  Des exemplaires de la dĂ©claration du PrĂ©sident seront Ă votre disposition Ă la fin de la confĂ©rence de presse au fond de la salle. Et maintenant, nous sommes prĂȘts Ă recevoir vos questions. Encore une fois, pour faciliter les choses, veuillez vous prĂ©senter et indiquer le nom de votre organisation.  Oui, Fernando ?  Question : Bonjour. Fernando Supra Pinto de TVGlobo, BrĂ©sil.  Si le Conseil dĂ©cide de vous dĂ©charger de vos fonctions, comment Ă©valuerez-vous cet Ă©pisode de votre mandat Ă la Banque mondiale ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Les membres du Conseil dĂ©libĂšrent actuellement sur cette question, et je ne vais pas anticiper sur les dĂ©libĂ©rations en spĂ©culant sur leurs conclusions.  Je vous ai donnĂ© mon avis sur la question, et je vous ai dit ce que je leur avais proposĂ©, et nous allons devoir attendre de voir ce quâils ont Ă dire.  Question : Alicia Salgado du journal El Financiero, Mexique. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur les stratĂ©gies pour les pays Ă revenu intermĂ©diaire qui seront prĂ©sentĂ©es cette semaine au ComitĂ© de dĂ©veloppement, car le Mexique est un des pays qui sont trĂšs bas en matiĂšre de prĂȘts dâappoint, sâagissant des lignes de financement de la Banque mondiale, et il y a certaines demandes tendant Ă un changement de catĂ©gorie pour ces pays, surtout le Mexique, le BrĂ©sil, le Chili, etc. Pouvez-vous rĂ©pondre Ă ce sujet ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Cela recouvre toute une sĂ©rie de changements sur notre façon dâopĂ©rer ; tout dâabord, le concept Ă appliquer pour rĂ©duire les coĂ»ts de transaction liĂ©s aux opĂ©rations menĂ©es avec la Banque mondiale, pour ce qui est dâemprunter auprĂšs dâelle, est quelque chose qui pourrait se faire plus rapidement, de maniĂšre plus compĂ©titive par rapport aux autres sources de financement dans des pays comme le Mexique qui ont accĂšs aux marchĂ©s commerciaux.  DeuxiĂšmement, il sâagit de reconnaĂźtre que pour des pays avancĂ©s comme le Mexique, qui ont largement accĂšs aux marchĂ©s commerciaux et Ă dâautres sources de fonds, lâintĂ©rĂȘt quâil y a Ă emprunter Ă la Banque trouve peut ĂȘtre plus son fondement dans le type de connaissances et de compĂ©tences qui accompagnent ces prĂȘts, et câest Ă nous de dĂ©terminer quelle valeur adĂ©quate attacher Ă ces deux aspects diffĂ©rents de ce que nous faisons. Mais nous devons aussi progresser pour suivre lâaccroissement de plus en plus rapide du degrĂ© de sophistication de clients comme le Mexique. On ne peut pas⊠le type dâinformation qui Ă©tait peut-ĂȘtre utile au Mexique, ou Ă la Chine, ou au BrĂ©sil, il y a 20 ans ne leur est pas trĂšs utile aujourdâhui.  Je pense que lĂ oĂč nous apportons le plus de valeur ajoutĂ©e, câest surtout au niveau des programmes ciblĂ©s sur la pauvretĂ©. Mais jâai Ă©galement vu, lors de ma visite au Mexique, des endroits oĂč nous travaillions sur des choses comme le financement du logement dans le secteur privĂ©, par le biais de la SFI, oĂč nous mettions en Ćuvre dâimportantes approches novatrices en matiĂšre de gouvernance, notamment pour les rĂ©formes de la passation des marchĂ©s, et pour ce qui est dâapporter une aide en ce qui concerne les remarquables procĂ©dures mises en place par le Mexique en matiĂšre de libertĂ© de lâinformation.  Et enfin, je pense quâau Mexique, comme dans de nombreux autres endroits, la Banque apporte Ă©normĂ©ment de compĂ©tences dans le domaine gĂ©nĂ©ral du dĂ©veloppement durable, ce qui recouvre surtout â bien entendu, cela recouvre de multiples aspects â, mais surtout, dâaprĂšs ce que jâai vu lĂ , des compĂ©tences pour ce qui est de gĂ©rer lâenvironnement dans le contexte du dĂ©veloppement.  Et une derniĂšre chose pour finir, et cela vaut particuliĂšrement dans le cas du Mexique, mais cela sâinscrit dans la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale pour les pays Ă revenu intermĂ©diaire : il sâagit de dĂ©terminer comment nous pouvons aider les pays Ă mettre en place leurs propres systĂšmes dâaudit et de contrĂŽle, pour quâils nâaient pas Ă faire appel Ă nos systĂšmes, qui sont parfois jugĂ©s trop lourds Ă manier ; mais cela ne veut pas dire substituer des dispositifs de sauvegarde moins adĂ©quats aux dispositifs de sauvegarde de la Banque mondiale. Cela signifie aider les pays Ă dĂ©velopper leurs propres dispositifs de sauvegarde pour les porter Ă un niveau tel que nos propres procĂ©dures pourraient ĂȘtre sensiblement simplifiĂ©es. Cela suscite Ă©normĂ©ment dâintĂ©rĂȘt, et non seulement cela simplifierait la collaboration avec la Banque mondiale, mais je crois quâil y a des exemples concrets, au Mexique, de situations oĂč des amĂ©liorations ont Ă©tĂ© apportĂ©es au processus de passation des marchĂ©s financĂ©s non seulement sur les fonds de la Banque mondiale mais aussi sur ceux du Gouvernement mexicain.  Question : Corbit Daily, de Thompson Financial News. Monsieur le prĂ©sident Wolfowitz, dans votre dĂ©claration prĂ©liminaire, vous avez dit que vous demandiez Ă ĂȘtre jugĂ© sur ce que vous faites maintenant. Je me demandais ce que vous aimeriez rĂ©pondre Ă vos critiques selon lesquels vous ĂȘtes en train de faire de la Banque mondiale un outil du Gouvernement amĂ©ricain, et vous faites preuve de favoritisme en matiĂšre dâaide au dĂ©veloppement.  PrĂ©sident Wolfowitz : Je nâai encore vu aucune preuve de cela, franchement. Ce que je veux dire, câest que nous agissons en matiĂšre dâaide au dĂ©veloppement comme cela se faisait avant que je nâarrive ici. Les fonds de lâIDA sont attribuĂ©s sur la base de son systĂšme dâallocation fondĂ© sur les performances, dont certains diront peut-ĂȘtre quâil est trop rigide, mais qui est un systĂšme trĂšs objectif. Nous ne faisons pas de favoritisme Ă lâĂ©gard de qui que ce soit. Nous essayons dâaffecter des ressources lĂ oĂč elles font le plus de bien pour la rĂ©duction de la pauvretĂ©, et nous essayons de les acheminer plus rapidement et en les assortissant de meilleurs dispositifs de sauvegarde.  Je pense quâil sâagit de renforcer lâaccent qui a commencĂ©, Ă vrai dire, Ă ĂȘtre mis du temps de mon prĂ©dĂ©cesseur sur le concept selon lequel la gouvernance et la corruption font partie intrinsĂšque du processus. Et, franchement, je pense que les Ătats-Unis et les autres pays dĂ©veloppĂ©s sont tenus de faire plus, et pas seulement de montrer du doigt les pays pauvres et de dire que la corruption est leur problĂšme. Si ceux qui volent des avoirs Ă ces pays les placent dans des banques amĂ©ricaines, ou des banques europĂ©ennes, ou ailleurs dans les pays dĂ©veloppĂ©s, il appartient aux pays dĂ©veloppĂ©s dâaider ces pays Ă recouvrer leurs avoirs.  Enfin, et je pense avoir Ă©tĂ© trĂšs clair sur ce point, toute lâaide au dĂ©veloppement que nous pouvons fournir et tout ce que font les pays eux-mĂȘmes pour accroĂźtre la production auront des retombĂ©es bĂ©nĂ©fiques bien moindres sur les pauvres sâils nâont pas dâendroits oĂč vendre leurs produits. Et je pense que les subventions agricoles, en particulier aux Ătats-Unis de mĂȘme quâen Europe et au Japon, sont un scandale â je lâai dit. Je pense quâelles profitent aux riches au dĂ©triment des pauvres, et cela nâest pas un point de vue amĂ©ricain : câest mon point de vue Ă moi, en tant que responsable dâune institution dont la responsabilitĂ© majeure est Ă lâĂ©gard des pauvres.  Question : En tant que personne originaire de lâex-Union soviĂ©tique, je mâintĂ©resse tout particuliĂšrement Ă cette rĂ©gion. En ce qui me concerne, quelque chose qui vient Ă lâappui de la question que vous a posĂ©e le journaliste prĂ©cĂ©dent est le cas de lâOuzbĂ©kistan. Il y a eu un passage dâune situation dâappui total quand lâOuzbĂ©kistan Ă©tait considĂ©rĂ© comme un alliĂ© majeur des Ătats-Unis dans la rĂ©gion, Ă un retrait de lâappui aprĂšs quâil a cessĂ© dâĂȘtre un alliĂ© majeur dans la rĂ©gion. Des gens ont affirmĂ© que cela avait Ă©tĂ© fait sur instructions directes de votre part. Que rĂ©pondez-vous Ă cela ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Le problĂšme nâavait rien Ă voir avec les relations entre lâOuzbĂ©kistan et les Ătats-unis. Et, dans mon emploi prĂ©cĂ©dent, je dois dire que lâOuzbĂ©kistan Ă©tait perçu, et je suis sĂ»r quâil lâest toujours, comme Ă©tant dâune Ă©norme importance stratĂ©gique.  La question pour la Banque mondiale est que, compte tenu des violations substantielles des droits de lâhomme qui Ă©taient commises avant cette dĂ©cision, nous nous prĂ©occupions rĂ©ellement de la question de savoir si nous pourrions dĂ©terminer en toute transparence oĂč nos fonds aboutissaient, car la notion de transparence suppose que les gens soient raisonnablement libres de dire ce qui se passe. Et notre objectif nâest pas de nous dĂ©sengager de lâOuzbĂ©kistan. Notre objectif est de trouver les moyens de nous engager, et de nous engager dâune maniĂšre plus effective.  Et je suis prĂȘt Ă vous assurer que cela nâavait rien du tout Ă voir avec lâĂ©tat des relations entre lâOuzbĂ©kistan et les Ătats-Unis.  Question : Jose Esquivel du magazine Proceso, Mexique. Ma question a trait Ă la corruption. En tant que personne aux avant-postes du combat contre la corruption et le favoritisme, la question que je veux vous poser est la suivante : Quel va ĂȘtre votre conseil Ă lâintention du ministre mexicain des Finances, que vous connaissez trĂšs bien, et qui nâa pas dit prĂ©cisĂ©ment aux Mexicains et aux mĂ©dias mexicains sâil va mener une enquĂȘte sur ses prĂ©dĂ©cesseurs, ou qui a Ă©tĂ© impliquĂ© dans ce scandale durant son mandat, comme quoi il a favorisĂ© beaucoup de personnes et beaucoup de gens proches de lui, surtout des parents proches de gens qui travaillaient Ă ses cĂŽtĂ©s. Quel sera votre conseil Ă lâintention des Mexicains â et beaucoup de gens dans les pays pauvres estiment que les dirigeants ne disent jamais rien quand le ministre des Finances est impliquĂ© dans une enquĂȘte,et ce nâest pas juste. Que dites-vous au peuple mexicain ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Je ne suis pas au courant de lâaffaire que vous dĂ©crivez, et je ne peux donc pas faire de commentaire sur ses aspects dĂ©taillĂ©s. Ce que je pense, câest quâil y a un solide principe gĂ©nĂ©ral : sâil y a un problĂšme, traitez-le de maniĂšre transparente, rĂ©vĂ©lez tout ce que vous savez, et dĂ©terminez quels sont les remĂšdes appropriĂ©s. Je crois quâon peut vraiment dire avec certitude que la transparence est lâĂ©lĂ©ment primordial, la prioritĂ© absolue, en lâoccurrence, pour assurer une bonne gouvernance et lutter contre la corruption.  Question : Jâai deux questions : envisagez-vous dâune maniĂšre ou dâune autre de dĂ©missionner de votre poste ?  Et, deuxiĂšmement, au sujet du Conseil qui dĂ©libĂšre aujourdâhui : ses dĂ©libĂ©rations sont-elles axĂ©es sur votre renvoi, ou considĂšre-t-il toute une sĂ©rie de solutions, et quelles sont ces solutions, sâil vous plaĂźt ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Comme je lâai dit en rĂ©ponse Ă la question prĂ©cĂ©dente, je ne vais pas spĂ©culer sur ce que va dĂ©cider le Conseil. Je leur ai fait clairement savoir, et je vous ai fait clairement savoir, que jâai essayĂ© de dĂ©terminer ce qui Ă©tait raisonnable dans des circonstances sans prĂ©cĂ©dent et difficiles. Et sâils arrivent Ă une quelconque conclusion Ă©tablissant si oui ou non câest raisonnable, je me rangerai aux solutions, quelles quâelles soient, qui sont disponibles en lâoccurrence.  Cela nâa constituĂ© en aucune façon une tentative pour protĂ©ger un intĂ©rĂȘt personnel. Ce que jâai cherchĂ© Ă faire, câĂ©tait de rĂ©soudre un problĂšme qui, Ă mon avis, prĂ©sentait un risque rĂ©el pour lâinstitution, et ce que je regrette vraiment, câest de ne pas avoir entrepris plus dĂ©libĂ©rĂ©ment de me tenir Ă lâĂ©cart.  Je tiens Ă le dire clairement : je nâai jamais cherchĂ© de mon plein grĂ© Ă ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă cela.  Question : Simon Cox, du magazine The Economist. Avez-vous craint que Mme Riza nâintente un procĂšs contre lâinstitution si elle nâĂ©tait pas satisfaite de lâarrangement quâelle obtiendrait ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Pardon ?  Question : Vous avez mentionnĂ© le risque juridique posĂ© Ă lâinstitution. Avez-vous craint que Mme Riza nâintente un procĂšs contre la Banque mondiale si elle nâobtenait pas lâarrangement qui lui convenait ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Je pense que ce serait pour moi spĂ©culer et prĂ©juger de ce quâil appartient au Conseil de dĂ©terminer, ou dâĂ©tablir un mĂ©canisme pour dĂ©terminer. Mais quand on se trouve en territoire inconnu et quâon impose une solution involontaire Ă des membres du personnel, il y a des risques. Cela ne fait absolument pas de doute : il y a des risques.  Question : Jean Paul, de lâagence de presse Reuters. Si je comprends bien, la question Ă©nergĂ©tique a Ă©tĂ© retirĂ©e de lâordre du jour officiel et pourrait faire lâobjet de discussions au cours du dĂźner. Je me demandais pourquoi il en est ainsi et si cela avait quoi que ce soit Ă voir avec une impossibilitĂ© de parvenir Ă un consensus sur la façon de traiter cette question ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Non, cette question nâa pas Ă©tĂ© retirĂ©e de lâordre du jour. Un des problĂšmes est quâil nây a pas assez de temps pour discuter de toutes les questions importantes qui sont prĂ©sentĂ©es Ă ces rĂ©unions. Je crois que nous avons quelque chose de lâordre de sept documents de rĂ©fĂ©rence, dont certains sont lĂ pour ĂȘtre lus parce quâil nây a pas le temps dâen discuter.  Et donc, nous avons un dĂ©bat assez intense sur qui pourrait figurer Ă lâordre du jour officiel du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Il nây a que deux points Ă lâordre du jour, mais nous avons rĂ©ussi Ă en caser un troisiĂšme, qui est le document sur lâarchitecture de lâaide. Câest un document trĂšs important, qui Ă©mane du ComitĂ© des DĂ©lĂ©guĂ©s Ă lâIDA, et permettez-moi de vous en dire deux mots parce que câest une question vraiment cruciale. Il met en avant lâargument selon lequel lâapparition de beaucoup de nouveaux donateurs, y compris ce quâon appelle les « fonds verticaux » qui se concentrent sur des maladies ou des programmes prĂ©cis, de grosses fondations, des donateurs dâun nouveau type, tout cela est une bonne chose, mais ça met Ă contribution lâensemble du dispositif de dĂ©veloppement, et en particulier les pays les plus faibles, pour ce qui est de maintenir les systĂšmes de base au sein du pays, tels que ceux qui assurent la formation des enseignants. Il est trĂšs important, comme on essaie actuellement de le faire, dâaccroĂźtre le nombre dâenfants inscrits Ă lâĂ©cole primaire, mais si on le fait sans renforcer la formation des enseignants, alors ça pose problĂšme. Et le document sur lâarchitecture de lâaide identifie ce type de problĂšmes.  Et le Plan dâaction pour lâAfrique, bien entendu, est lâautre point.  Et puis on en arrive aux discussions informelles : vous avez parlĂ© de dĂźner ; câest un dĂ©jeuner. Il sâagit dâune rĂ©union des ministres du dĂ©veloppement qui se dĂ©roule de façon trĂšs informelle, sans le personnel. Il y a deux principaux sujets Ă cet ordre du jour, et lâun dâentre eux est le cadre pour les Ă©nergies propres. On avait les Ă©nergies propres Ă lâordre du jour officiel Ă lâautomne dernier, et la question pourrait bien ĂȘtre traitĂ©e Ă nouveau cet automne. Câest un point de concentration majeur de lâaction de la Banque, et ça pourrait bien ĂȘtre le principal centre dâintĂ©rĂȘt de la Banque dans 10 ou 15 annĂ©es. On se trouve face Ă une situation oĂč, dâun cĂŽtĂ©, les pays les plus pauvres qui sont nos principaux clients sont, franchement, souvent ceux qui sont le plus touchĂ©s par le changement climatique, en partie du fait que beaucoup dâentre eux sont situĂ©s en zones tropicales, mais aussi du simple fait que si vous vivez dĂ©jĂ dans une situation prĂ©caire, une lĂ©gĂšre perturbation vous pousse Ă la renverse.  Et donc, le simple fait de dĂ©finir comment sây prendre pour les aider Ă sâadapter est crucial, mais aussi, lorsquâil sâagit de ce quâon appelle « lâattĂ©nuation », Ă savoir comment rĂ©duire les Ă©missions de carbone, manifestement, lâun des moyens, un moyen essentiel et peut-ĂȘtre le moyen essentiel, pour y parvenir est de faire en sorte que des investissements soit fournis Ă partir des pays dĂ©veloppĂ©s, des pays riches, pour aider les pays pauvres Ă rĂ©duire leurs Ă©missions de carbone, soit en rĂ©duisant le dĂ©boisement, soit en rĂ©duisant leur dĂ©pendance Ă lâĂ©gard des combustibles fossiles, soit en accroissant le rendement de leur utilisation de combustibles fossiles. Câest une grande question. Il nây a pas manque dâintĂ©rĂȘt. Il nây a pas manque de consensus, quoique de difficiles questions se posent en lâoccurrence. Tout le monde sâaccorde Ă dire que câest une question importante et que le traitement de ce dossier va avancer.  Je pense que la discussion lors du dĂ©jeuner devrait finalement aider Ă faire avancer ce dossier en donnant une bonne idĂ©e de ce que les ministres considĂšrent comme les aspects primordiaux.  Question : Barry Wood, Voice of America. Monsieur Wolfowitz, est-ce que la Banque nâa pas cĂ©dĂ© en Afrique lâinitiative en matiĂšre de lutte contre le VIH/SIDA Ă la Fondation Gates ? Et comment voyez-vous lâimpact de lâapproche qui est celle de la Fondation Gates sur les opĂ©rations de la Banque ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Vous savez, lâidĂ©e que nous avons cĂ©dĂ© lâinitiative Ă quelquâun dâautre laisse penser en quelque sorte que nous sommes en concurrence avec Microsoft. Ce nâest pas le cas. Nous sommes engagĂ©s dans le mĂȘme domaine dâactivitĂ©, et le fait pour la Fondation Gates dâĂȘtre en premiĂšre ligne de la lutte contre le VIH/SIDA est quelque chose de merveilleux, et lâune des choses que cela tend Ă vouloir dire, câest que les pays veulent voir la Banque rĂ©pondre Ă certains des besoins auxquels ne rĂ©pond pas la Fondation Gates. En fait, on a aussi sous les yeux des exemples de coopĂ©ration Ă mon sens trĂšs fructueux, par exemple pour la lutte contre le paludisme. Nous menons certains efforts conjoints avec la Fondation Gates en Zambie.  Et cela renvoie au point concernant lâarchitecture de lâaide et au fait que ces nouveaux donateurs comblent actuellement des vides trĂšs importants, ce dont il y a lieu de se fĂ©liciter. Je pense quâun des aspects trĂšs importants sur lesquels cette institution doit se concentrer lorsquâil sâagit de santĂ©, câest celui consistant Ă soutenir les systĂšmes de santĂ© globaux des pays. Vous savez, si on se concentre trop sur une seule maladie, on peut fournir Ă©normĂ©ment de mĂ©dicaments contre le sida mais on nâaura peut-ĂȘtre pas le courant pour faire marcher les rĂ©frigĂ©rateurs permettant de conserver ces mĂ©dicaments, ou on nâaura peut-ĂȘtre pas les autres mĂ©dicaments pour dâautres maladies, ceux qui maintiennent les gens en meilleure santĂ© et, de ce fait, moins sujets aux maladies qui sont gĂ©nĂ©ralement la cause voisine de dĂ©cĂšs des suites du sida.  Donc, pour en revenir Ă votre question : non, je ne considĂšre pas cela du tout comme un problĂšme. Je le considĂšre dans le contexte de ce problĂšme dâarchitecture de lâaide, Ă savoir oĂč devons-nous faire jouer notre avantage comparatif, et oĂč devons-nous engager nos fonds.  Question : Scheherazade Daneshkhu, le Financial Times. Monsieur Wolfowitz, vous avez fait de la bonne gouvernance le thĂšme phare de votre prĂ©sidence Ă la Banque mondiale et, au vu de votre dĂ©claration de ce matin, quâavez-vous Ă dire Ă ceux qui disent que⊠qui ne vont pas voir lĂ des fautes dâordre personnel mais une sĂ©rieuse erreur de gouvernance dâentreprise ?  Et, Ă cet Ă©gard, nâavez-vous pas le sentiment que, indĂ©pendamment de ce que dĂ©cidera le Conseil, votre crĂ©dibilitĂ© et votre aptitude Ă vous acquitter de vos fonctions sont compromises ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Voyons ce que le Conseil dĂ©cide avant que je ne me prononce sur ce que le Conseil aura dĂ©cidĂ©, mais je peux vous dire quelque chose Ă propos de ce que jâai fait moi-mĂȘme. Je nâai pas cherchĂ© de mon plein grĂ© Ă ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă cela. Je nây ai pas Ă©tĂ© mĂȘlĂ© pour de quelconques raisons personnelles, mais plutĂŽt pour rĂ©gler quelque chose qui prĂ©sentait Ă mes yeux un risque dâordre institutionnel. Je nâai rien cachĂ© de ce que jâai fait et, comme je lâai dit, je suis prĂȘt Ă accepter toute solution que le Conseil entend proposer.  Question : Monsieur Wolfowitz, pourriez-vous dire quelque chose au sujet des plaintes Ă©manant de membres du personnel de la Banque mondiale, de niveau cadre, qui disent que vous vous ĂȘtes trop abritĂ© derriĂšre un petit groupe de conseillers â le nom Robin Cleveland semble ĂȘtre Ă©normĂ©ment citĂ©, et Suzanne Folsom parfois aussi â, et que vous nâavez pas consultĂ© ou Ă©coutĂ© lâavis des cadres chevronnĂ©s ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Permettez-moi de dire, tout dâabord, quâil y a un point que je peux accepter comme ayant une certaine validitĂ©, Ă savoir que je suis arrivĂ© ici comme le ferait nâimporte quel autre PDG, ayant besoin de gens que je connaissais dĂ©jĂ . Jâen ai fait venir deux â parfois, câest prĂ©sentĂ© comme si câĂ©tait une armĂ©e de transfuges de lâadministration Bush â, Ă savoir Robin Cleveland et Kevin Kellems. Suzanne Folsom Ă©tait dĂ©jĂ ici du temps de Monsieur Wolfensohn, et elle sâoccupe dâune partie de cette institution de son cĂŽtĂ©. Elle ne fait en aucun cas partie de mes propres services.  Mais jâai entendu les prĂ©occupations exprimĂ©es par des membres du Conseil, des membres du personnel, selon lesquelles cela va bien au dĂ©but, mais le rĂŽle de mes deux conseillers a besoin dâĂȘtre plus structurĂ©. Et je suis de fait dâaccord lĂ -dessus, et je vais trouver un moyen de mieux les insĂ©rer dans la structure en place.  Cela Ă©tant dit, permettez-moi de dire aussi que je trouve cette critique un peu usĂ©e. Ce que je veux dire, câest que jâai fait venir un NĂ©o-zĂ©landais et un Salvadorien comme directeurs gĂ©nĂ©raux, et que je ne connaissais ni lâun ni lâautre avant de venir ici. Jâai recrutĂ© Ă lâextĂ©rieur un directeur financier italien, un vice-prĂ©sident exĂ©cutif suĂ©dois pour la SFI, un premier vice-prĂ©sident jordanien pour les relations extĂ©rieures, que je ne connaissais pas avant, et une ancienne ministre des affaires Ă©trangĂšres espagnole comme conseiller juridique.  Et encore, plus rĂ©cemment, deux autres nominations dont je me fĂ©licite particuliĂšrement : deux Africaines, lâex-ministre de la SantĂ© du Botswana et directrice gĂ©nĂ©rale adjointe de lâOMS, Joy Phumaphi, qui est notre nouveau vice-prĂ©sident pour le dĂ©veloppement humain â une femme exceptionnelle â, et prochainement comme nouveau vice-prĂ©sident pour lâAfrique, la ministre de lâĂducation nigĂ©riane, Obiageli Ezekwesili.  Et presque toutes ces personnes sont non seulement, bien Ă©videmment, des gens qui ne viennent pas de lâadministration Bush, mais en majoritĂ© des gens que je ne connaissais pas avant. Mais ce qui compte surtout pour moi, câest que jâai fait la connaissance dâĂ©normĂ©ment de membres formidables du personnel. Jâai recrutĂ© comme chef de mes services Leticia Obeng, qui est une cadre de la Banque originaire du Ghana ; son adjoint, Auguste Kwane, un autre employĂ© fantastique de la Banque, est de la CĂŽte dâIvoire. Et je pourrais continuer encore longtemps. Ăa commence Ă devenir un peu ennuyeux, mais ce que je trouve quelque peu surprenant, câest que je puisse encore ĂȘtre entourĂ© de ces deux personnes qui tiennent tous les autres gens Ă lâĂ©cart de moi : câest tout simplement inexact.  Mais jâaccepte, comme je lâai dit au dĂ©but, lâobservation comme quoi le moment est venu de mettre au clair la structure et les liens.  M. Hanlon : Une derniĂšre question, au fond de la salle.  Question : Kathy Shockwood, National Public Radio. Y aura-t-il des changements, ou y a-t-il eu des changements, au niveau des politiques de la Banque en matiĂšre dâhygiĂšne de la reproduction et de planning familial ?  PrĂ©sident Wolfowitz : Absolument pas. Jâai lu des rumeurs Ă ce sujet, et je tiens Ă ĂȘtre trĂšs clair. Notre politique nâa pas changĂ©. Nous avons une nouvelle stratĂ©gie en matiĂšre de santĂ© que nous allons prĂ©senter au Conseil et qui, je le crois, est trĂšs claire Ă ce sujet, et je tiens, personnellement, Ă ce que ce soit clair : je pense que lâhygiĂšne de la reproduction est absolument cruciale pour ce qui, je nâai eu de cesse de le rĂ©pĂ©ter, est un Ă©lĂ©ment essentiel de lâordre du jour du dĂ©veloppement, Ă savoir faire en sorte que les femmes puissent avoir une contribution Ă©gale Ă celle des hommes ; et que des femmes en bonne santĂ©, des femmes qui se sont mariĂ©es Ă un Ăąge raisonnable ou qui ont eu un nombre dâenfants raisonnable, des enfants quâelles ont pu maintenir en bonne santĂ©, non seulement prennent mieux soin de leurs filles mais prennent mieux soin de leurs garçons et apportent une meilleure contribution Ă la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. Câest une question de dĂ©veloppement. La politique de cette institution, je le pense, Ă©tait trĂšs claire avant que je nâarrive ici, et elle restera trĂšs claire.  M. Hanlon : Merci beaucoup, Mesdames et messieurs. Encore une fois, vous trouverez en partant une dĂ©claration au fond de la salle. Merci.  |