Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Suivi des objectifs mondiaux

Disponible en: English, Español, العربية, русский, 中文

L’habitation de Margaret Wabire dans les faubourgs de Kampala, en Ouganda, se compose de deux petites pièces. Veuve, elle y vit avec ses trois enfants, subvenant aux besoins de sa famille en fabriquant à la main des moustiquaires.

 

Joindre les deux bouts est pour elle une préoccupation constante, mais ce n’est pas facile, dit-elle, dans un environnement où le rôle dominant revient à l’homme. « Vous savez, l’Afrique, c’est l’univers des hommes. Ce n’est pas les dames d’abord. C’est les messieurs d’abord. » Et pourtant, souligne-t-elle, ce sont les femmes qui s’occupent des enfants.

 

Ses propos rejoignent ce qui constitue l’un des principaux thèmes du Rapport de suivi mondial de cette année : la nécessité pour la communauté internationale de s’attacher davantage à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Ce rapport fait le point de la situation où en est aujourd’hui le monde en vue d’atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire, l’ensemble des engagements pris en l’an 2000 par les dirigeants mondiaux.

 

Le premier de ces objectifs consiste à réduire de moitié la pauvreté à l’horizon 2015. Les autres consistent, entre autres, à assurer l’éducation primaire pour tous, à réduire la mortalité infantile et maternelle, et à assurer un environnement durable.

 

Selon le Rapport de suivi mondial 2007, les efforts menés à l’échelle mondiale pour réaliser ces objectifs sont insuffisants. Fait positif à noter toutefois : le nombre de personnes qui n’ont que moins de 1 dollar par jour pour vivre a diminué.

 

« Globalement, on est en voie d’atteindre l’objectif consistant à réduire la pauvreté — l’extrême pauvreté — de moitié d’ici 2015 », confirme Mark Sundberg, principal auteur du rapport. « Et entre 1999 et 2004, le nombre de personnes vivant en situation d’extrême pauvreté a diminué de 135 millions d’unités, et tout cela constitue donc un message très positif. »

 

Mais les résultats d’une région à l’autre varient considérablement, ajoute-t-il, déclarant à ce sujet : « Il y a très peu de chances, en particulier, que l’Afrique subsaharienne atteigne cet objectif. »

 

Selon lui, le bilan est tout aussi contrasté pour les autres objectifs. « Il y a des domaines dans lesquels les progrès ont été phénoménaux : il y a 35 millions d’enfants de plus qui ont achevé des études primaires depuis 2000 ; il y a eu un programme extrêmement réussi de vaccination des enfants contre la rougeole en Afrique, et l’incidence de cette maladie et des décès qui en résultent a ainsi baissé de façon spectaculaire. »

 

Il souligne toutefois qu’il y a « d’énormes vides à combler ». Par exemple, moins de 80 % des pays sont en bonne voie d’atteindre l’objectif de réduction de la mortalité infantile. Et en matière de nutrition, la majorité des pays ne sont pas non plus en bonne voie d’atteindre l’objectif fixé.

 

Par ailleurs, si la plupart des pays semblent en mesure d’atteindre l’objectif consistant à ce que tous les enfants achèvent des études primaires, fait encore remarquer M. Sundberg, une épineuse question se pose néanmoins : la qualité de l’enseignement est-elle à la hauteur du nombre record d’enfants qui fréquentent les bancs de l’école ? Selon le RSM 2007, un effort supplémentaire doit être fait pour évaluer les résultats scolaires et avoir une meilleure idée de ce que les enfants apprennent et retiennent effectivement.

 

Le rapport fait en outre valoir qu’en dépit de l’amélioration de la scolarité des filles, la place accordée aux femmes dans l’économie et la prise de décisions au plan politique n’a, au mieux, qu’augmenté modérément. Si de meilleurs niveaux d’éducation ne s’accompagnent pas d’occasions d’emploi et de participation accrue pour les femmes, ajoute-t-il, cela revient à gaspiller une précieuse ressource.

 

L’autre point de focalisation majeur du rapport de cette année est la situation des « États fragiles ». La Banque désigne ainsi 35 pays qui se caractérisent par la faiblesse de leur programme de gouvernance et de leurs institutions et qui, dans bien des cas, sont confrontés à des conflits et des crises à l’intérieur de leurs propres frontières.

 

« Il y a près d’un demi-milliard de personnes qui vivent dans ce qu’on appelle les États fragiles », dit M. Sundberg, ajoutant que ces pays accusent le plus gros déficit au regard des objectifs de développement pour le Millénaire : autrement dit, ils ont encore le plus de chemin à parcourir pour atteindre la ligne d’arrivée. Et bien qu’ils ne représentent que 9 % de la population totale des pays en développement, 27 % des personnes vivant dans une situation d’extrême pauvreté habitent dans ces pays.

 

« Près d’un tiers de tous les décès d’enfants interviennent dans ces pays, et c’est donc une catégorie dans laquelle les problèmes sont le plus concentrés, mais c’est un groupe disparate », fait encore observer M. Sundberg. « Le dilemme est que, dans le même temps où ces pays connaissent le plus de besoins, les donateurs ont quant à eux le plus difficile problème à résoudre pour garantir que l’aide sera utilisée à bon escient. L’essentiel est de réagir rapidement quand des occasions se présentent pour inverser la situation, comme dans les pays sortant d’un conflit. »

 

Le RSM 2007 fait en outre une évaluation de l’aide fournie aux pays en développement et, comme le souligne son principal auteur, ses conclusions donnent à réfléchir. Le fait est que les pays concernés n’ont pas véritablement rempli les engagements qui résultaient du Sommet de Gleneagles en 2005, explique-t-il.

 

« Le rythme de l’aide n’est pas à la hauteur des engagements pris. Et on constate que les problèmes majeurs concernant la qualité de l’aide sont aussi en progression, et qu’il y a eu une prolifération du nombre des donateurs. »

 

« Cela entraîne des problèmes liés à la fragmentation de l’aide, qui est particulièrement préjudiciable pour les pays dotés de faibles capacités. Pour ces raisons, la communauté internationale doit songer à améliorer la qualité de l’aide et la façon dont elle est fournie », conclut-il.

 

-




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/K5N8JEWYB0