FONDS MONĂTAIRE INTERNATIONAL GROUPE BANQUE MONDIALE   RĂUNIONS DE PRINTEMPS 2007   - - - TRANSCRIPTION - CONFĂRENCE DE PRESSE SUR LE COMITĂ DU DĂVELOPPEMENT  Augustin Carstens, Paul Wolfowitz, Rodrigo De Rato - - - Dimanche 15 avril 2007  SĂANCE M. HANLON : Mesdames et messieurs, bonjour. Je vous souhaite la bienvenue et vous remercie de vous joindre Ă nous cet aprĂšs-midi Ă lâoccasion de cette confĂ©rence de presse qui fait suite au ComitĂ© du dĂ©veloppement.   La sĂ©ance dĂ©butera avec lâintervention du PrĂ©sident, M. Carstens, qui prĂ©sentera un compte-rendu du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Puis, le PrĂ©sident Wolfowitz nous fera part de ses remarques qui seront suivies des observations du PrĂ©sident De Rato. AprĂšs quoi, ils rĂ©pondront avec plaisir Ă vos questions. Je vous demanderais de vous prĂ©senter ainsi que lâorganisme que vous reprĂ©sentez et de vous limiter Ă une seule question.  Nous commençons donc avec le PrĂ©sident Carstens, je vous en prie.   M. CARSTENS : Bonjour Ă tous. Les membres du ComitĂ© du dĂ©veloppement se sont rĂ©unis ce jour Ă lâoccasion dâune sĂ©ance qui sâest avĂ©rĂ©e trĂšs productive afin dâexaminer les progrĂšs accomplis au sujet des actions, des ressources et des politiques nĂ©cessaires pour accĂ©lĂ©rer la progression vers la rĂ©alisation des objectifs mobilisateurs de nouveau dĂ©veloppement, qui tiennent compte des donnĂ©es et des analyses exposĂ©es dans le QuatriĂšme Rapport de suivi mondial annuel.    Au cours de cette rĂ©union, nous avons Ă©galement examinĂ© le Plan dâaction pour lâAfrique du Groupe de la Banque mondiale ainsi quâun rapport sur lâĂ©volution de lâarchitecture de lâaide.  Les membres du ComitĂ© ont saluĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s en matiĂšre de rĂ©duction de la pauvretĂ© monĂ©taire, reflĂ©tant Ă la fois la croissance solide et constante de lâĂ©conomie mondiale et lâimpact de lâamĂ©lioration des politiques et des institutions nationales. Toutefois, les progrĂšs relatifs Ă la rĂ©alisation des objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement varient selon les pays et les secteurs. Bon nombre de dĂ©fis restent Ă relever et bien plus encore reste Ă faire.  En accord avec le Consensus de Monterrey et des engagements pris par les bailleurs de fonds, nous appelons Ă renouveler les efforts pour intensifier les financements destinĂ©s Ă soutenir le programme fiable Ă©laborĂ© par le pays mĂȘme dans lâoptique dâatteindre les objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement. Dans ce contexte, nous comptons vivement sur le succĂšs de la 15Ăš Reconstitution des ressources de lâAID (Association Internationale de DĂ©veloppement), et notamment un dĂ©dommagement « dollar pour dollar » pour les apports de fonds au titre des crĂ©dits abandonnĂ©s suite Ă lâInitiative de lâallĂšgement de la dette multilatĂ©rale et de lâinitiative en faveur des PPTE.  Par ailleurs, nous nous sommes rĂ©jouis des nouvelles sources dâaides publiques et privĂ©es dĂ©bloquĂ©es, qui constitueront des ressources plus importantes pour aider les pays pauvres Ă atteindre les objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement et nous soulignons lâimportance de lâapproche du dĂ©veloppement propre au pays concernĂ©.   Nous avons Ă©galement accueilli favorablement la dĂ©cision de la Direction de la Banque de procĂ©der Ă lâexamen de la stratĂ©gie Ă long terme du Groupe de la Banque Mondiale afin de sâassurer de sa pertinence pour rĂ©pondre efficacement aux besoins des pauvres dans le monde.   Concernant les efforts actuels pour atteindre les objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement relatif au dĂ©veloppement humain, des signes encourageants ont Ă©tĂ© constatĂ©s. Toutefois, seuls quelques pays sont en passe dâatteindre lâobjectif de rĂ©duction de la mortalitĂ© infantile et, dans toutes les rĂ©gions, quelques pays ne parviennent pas Ă rĂ©duire la malnutrition infantile et la mortalitĂ© maternelle. Par consĂ©quent, nous sollicitons un renforcement accru des efforts de la part des pays, des bailleurs de fonds et des banques de dĂ©veloppement multilatĂ©ral.  Les membres du ComitĂ© ont saluĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s par plusieurs pays en matiĂšre de scolarisation des filles, tout en prenant note des efforts que bon nombre de pays doivent encore accomplir. Ă ce sujet, nous avons constatĂ© que les avancĂ©es rĂ©alisĂ©es dans le domaine social ne correspondent gĂ©nĂ©ralement pas aux Ă©volutions dans le domaine Ă©conomique.  Nous encourageons les institutions financiĂšres internationales, en partenariat avec les Nations Unies et dâautres bailleurs de fonds, Ă revoir leurs politiques, procĂ©dures et incitations, et notamment Ă Ă©tablir un cadre complet pour le rĂšglement des situations dâarriĂ©rĂ©s prolongĂ©s. Dans ce contexte, nous demandons la mise en place effective et rapide de mesures approuvĂ©es rĂ©cemment par le Conseil de la Banque Mondiale afin de renforcer sa rapiditĂ© de rĂ©ponse et son engagement Ă long terme auprĂšs des Etats fragiles.    Nous avons Ă©galement Ă©tudiĂ© la mise en place du Plan dâaction pour lâAfrique ainsi que les modifications proposĂ©es. Nous nous rĂ©jouissons de voir que lâensemble de la mise en place du Plan progresse de maniĂšre plutĂŽt satisfaisante, tout en soutenant avec fermetĂ© les modifications proposĂ©es qui devraient permettre dâaccroĂźtre la sĂ©lectivitĂ© et dâaccentuer les efforts sur les rĂ©sultats.   Les membres ont pris note de lâimportance que revĂȘt le commerce en tant que vecteur de croissance et de rĂ©duction de la pauvretĂ© et ont exprimĂ© leur souhait quant Ă lâavancĂ©e des nĂ©gociations concernant le programme de dĂ©veloppement de Doha. Nous avons pris connaissance avec intĂ©rĂȘt du rapport des Administrateurs de la Banque Mondiale et des rapports dâaccompagnement intitulĂ©s « Renforcement de lâengagement du Groupe de la Banque Mondiale envers la gouvernance et la lutte contre la corruption ». Nous approuvons les principes de la stratĂ©gie de transparence, de prĂ©visibilitĂ©, de cohĂ©rence et dâĂ©quitĂ© de traitement envers les Ătats membres.  Nous avons Ă©galement saluĂ© les progrĂšs accomplis pour la mise en place de la stratĂ©gie du Groupe de la Banque Mondiale en ce qui concerne son engagement avec les Ătats partenaires de la BIRD et avons pris note de lâanalyse effectuĂ©e par la Banque relative Ă la croissance et au dĂ©veloppement de la politique fiscale. Nous approuvons par ailleurs le besoin dâune collaboration effective entre la Banque et le Fonds afin dâassurer une politique de conseil cohĂ©rente auprĂšs des Ătats membres.   Nous avons pris note des progrĂšs effectuĂ©s au sujet du MĂ©canisme dâinvestissement dans les Ă©nergies propres et le dĂ©veloppement durable. Le non-accĂšs aux sources dâĂ©nergie est un problĂšme grave pour un grand nombre de pays Ă faible revenu et, Ă lâoccasion de notre prochaine assemblĂ©e, nous devrions recevoir un compte-rendu des progrĂšs accomplis.   Nous avons accueilli favorablement le document proposant des alternatives aux modes dâexpression et de reprĂ©sentation qui propose un ensemble complet dâoptions dans le but dâamĂ©liorer les modes dâexpression des pays en voie de dĂ©veloppement et en transition dans le cadre du processus dĂ©cisionnel de la Banque ; un Ă©lĂ©ment que nous considĂ©rons comme essentiel au renforcement de la crĂ©dibilitĂ© et de la lĂ©gitimitĂ© de lâinstitution. Dâici notre prochaine assemblĂ©e, prĂ©vue ici Ă Washington en octobre 2007, nous devrions recevoir un rapport de la Banque.  Des points de vue y sont Ă©galement exprimĂ©s selon lesquels nous devons nous assurer que la Banque est en mesure de sâacquitter de son mandat, de conserver sa crĂ©dibilitĂ© et sa rĂ©putation et de garantir la pĂ©rennitĂ© de la motivation de son personnel. La situation actuelle nous prĂ©occupe tous au plus haut point. Nous approuvons les mesures prises par le Conseil dâadministration afin dâĂ©tudier cette situation et nous lui demandons de mener Ă terme cet examen. Nous comptons sur la Banque afin quâelle adopte un niveau Ă©levĂ© de gouvernance internationale. Merci beaucoup de votre attention.  M. HANLON : Monsieur le PrĂ©sident Carstens, merci.  Monsieur le PrĂ©sident Wolfowitz ?  M. WOLFOWITZ : Merci. Je considĂšre que lâensemble de nos rĂ©unions est trĂšs satisfaisant. Un thĂšme essentiel de discussion pour le ComitĂ© du dĂ©veloppement Ă©tait lâimportance que constitue lâintensification de lâaide, en particulier en faveur de lâAfrique. Nous sommes arrivĂ©s Ă un point oĂč les pays africains â pour la plupart, mais pas tous â, grĂące Ă un tiers de la population, rĂ©alisent de meilleures performances, conformĂ©ment aux souhaits formulĂ©s lors de divers sommets des Nations Unies ou du Sommet du G8 Ă Gleneagles.  Malheureusement, les bailleurs de fonds risquent de ne pas ĂȘtre en mesure de tenir leurs promesses, notamment celles dâaugmenter lâaide et de doubler lâaide en faveur de lâAfrique. Comme je le faisais remarquer lors de notre rĂ©union ce matin, la promesse ne consistait pas Ă doubler lâaide en faveur de lâAfrique en 2010 ; elle consistait Ă la doubler dâici 2010 Ă un rythme constant.  Le besoin des pays les plus pauvres nâest pas un financement incertain dâune annĂ©e sur lâautre qui augmente ou diminue de maniĂšre imprĂ©visible, mais il consiste en un financement durable et flexible et ces promesses doivent ĂȘtre tenues.   La « flexibilité » dont je viens de parler nous amĂšne au cĆur du sujet portant sur lâarchitecture de lâaide, qui constituait un thĂšme essentiel de dĂ©bat de ces rĂ©unions. Au fond, pour rĂ©sumer le problĂšme en des termes trĂšs simples, les nouveaux bailleurs de fonds â qui sont les bienvenus â se multiplient, Ă©manant de fondations privĂ©es telles que la Fondation Gates, des fonds dits verticaux tels que le Fonds mondial pour le SIDA, la malaria et la tuberculose ou encore des programmes bilatĂ©raux. Cependant, lâespace de lâassistance au dĂ©veloppement est de plus en plus occupĂ© par des programmes affectĂ©s Ă des objectifs spĂ©cifiques et, souvent, cela signifie que ces pays ne disposent pas des fonds dont ils ont besoin pour subventionner les structures de base â ne serait-ce, par exemple, que pour subventionner les systĂšmes de santĂ© de base nĂ©cessaires Ă la fourniture des mĂ©dicaments contre le SIDA.  Par consĂ©quent, la question de lâarchitecture de lâaide doit ĂȘtre abordĂ©e.  Par ailleurs, je pense que nous Ă©tions tous fermement dâaccord avec la dĂ©claration de lâun des Gouverneurs selon laquelle lâAID, lâAssociation Internationale de DĂ©veloppement, câest-Ă -dire le bras concessionnel de la Banque Mondiale, est la pierre angulaire de lâĂ©difice. Et bien entendu, alors que nous nous trouvons dans la phase de la 15Ăš Reconstitution des ressources de lâAID, il est essentiel que les bailleurs de fonds tiennent les promesses faites lâan passĂ© selon lesquelles les remboursements perdus en raison de lâannulation de la dette seraient effectuĂ©s sur la base du « dollar pour dollar ». Je pense que les propos tenus lors de cette rĂ©union sont encourageants mais des efforts supplĂ©mentaires devront ĂȘtre fournis pour obtenir des personnes ce quâelles ont promis.  Nos discussions se sont poursuivies lors dâun dĂźner informel au cours duquel des ministres ont prĂ©sentĂ© le rapport Malan concernant les relations et la collaboration entre la Banque Mondiale et le FMI, dans lequel le thĂšme du mode dâexpression et de la gouvernance y est Ă©voquĂ© de maniĂšre plutĂŽt synthĂ©tique ; bien que jâestime que la grande majoritĂ© des intervenants sâaccordent sur la nĂ©cessitĂ© dâune rĂ©forme de la gouvernance et de la reprĂ©sentation de la Banque.  La plupart des dĂ©bats se sont concentrĂ©s sur le document relatif Ă lâĂ©nergie propre que la Banque a rĂ©digĂ© dans le cadre du rĂŽle prĂ©pondĂ©rant quâelle assume, afin de faciliter les flux dâinvestissement en provenance des pays riches au profit des pays pauvres pour leur permettre de gĂ©rer plus efficacement leur Ă©nergie, dâinvestir plus massivement dans les Ă©nergies renouvelables, dâĂ©viter la dĂ©forestation et de composer avec quelques-unes des consĂ©quences du changement climatique. CâĂ©tait, par consĂ©quent, une discussion intense et bĂ©nĂ©fique.   Et permettez-moi de simplement souligner que lâun des aspects positifs de ces rĂ©unions est, bien entendu, tout ce qui se passe autour dâelles. Jâai eu de nombreux entretiens bilatĂ©raux utiles et une excellente sĂ©ance de travail avec les Gouverneurs africains de la Banque. En dehors du ComitĂ© du dĂ©veloppement, trois des Ă©vĂ©nements les plus importants Ă mes yeux Ă©taient les manifestations parallĂšles, chacune dâelles abordant un thĂšme majeur.    Lâune dâentre elles Ă©tait organisĂ©e par le gouvernement belge en collaboration avec la Banque Mondiale pour la crĂ©ation dâun fonds en faveur du bassin du Congo, afin dâaider la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo Ă gĂ©rer les ressources incroyablement riches et la biodiversitĂ© du bassin du Congo, de sorte que la population congolaise puisse en tirer bĂ©nĂ©fice tout en prĂ©servant les richesses naturelles du monde. Il sâagit dâune initiative trĂšs importante. Elle est dĂ©sormais rĂ©alisable car la paix rĂšgne au Congo et lâexploitation des ressources forestiĂšres est possible. Cela doit ĂȘtre correctement accompli.  Une deuxiĂšme initiative importante Ă©tait organisĂ©e par le Royaume-Uni au sujet de la gestion des ressources hydriques, câest-Ă -dire lâeau et les installations sanitaires, non pas la gestion des ressources mais principalement les services dâeau et les installations sanitaires pour les pauvres. Une question essentielle, sans doute moins prestigieuse mais ayant probablement un impact majeur sur la prolifĂ©ration des maladies et sur la santĂ© que nâimporte quel autre thĂšme dont nous traitons.    Enfin, nous avons eu une rĂ©union trĂšs importante qui visait Ă dĂ©battre de lâinitiative lancĂ©e Ă notre demande par la Ministre des Finances nigĂ©riane Ngozi concernant la rĂ©cupĂ©ration dâactifs dĂ©robĂ©s, qui devrait aider les pays pauvres Ă rĂ©cupĂ©rer lâargent dĂ©tournĂ© par les dirigeants corrompus de lâĂ©poque. Ces actifs constitueront une source dâaide au dĂ©veloppement. En rĂ©alitĂ©, il ne sâagit pas dâune aide en soi que nous aurions octroyĂ©e, mais dâune source dâinvestissement pour le dĂ©veloppement ; une action qui, espĂ©rons-le, aura un effet dissuasif contre de futurs vols.  En rĂ©sumĂ©, ces rĂ©unions furent trĂšs fructueuses, je suis trĂšs satisfait du rĂ©sultat de ces trois jours.  M. HANLON : Je vous remercie. Monsieur le Directeur GĂ©nĂ©ral De Rato, je vous en prie.  M. DE RATO: Merci. Bonjour. Merci beaucoup.  Tout dâabord, je voudrais souhaiter la bienvenue Ă mon excellent ami et ancien collĂšgue, Augustin Carstens, nommĂ© nouveau PrĂ©sident du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Il fut un collĂšgue trĂšs estimĂ© lors de sa mission au Fonds et je suis convaincu quâil sera un excellent PrĂ©sident pour cette commission mixte trĂšs importante.    Je voudrais Ă©galement remercier son prĂ©dĂ©cesseur, Alberto Carrasquilla, pour son action en tant que PrĂ©sident du ComitĂ©.  Permettez-moi dâajouter quelques commentaires aux dĂ©clarations dâAugustin et de Paul.   Cette journĂ©e sâest avĂ©rĂ©e trĂšs bĂ©nĂ©fique vis-Ă -vis des dĂ©bats sur le dĂ©veloppement et la rĂ©duction de la pauvretĂ© et je pense quâentre hier, aujourdâhui et les efforts du CMFI, les rĂ©unions du printemps ont Ă©tĂ© trĂšs fructueuses.   à cet Ă©gard, je pense que les deux sĂ©ances ont permis de souligner la nĂ©cessitĂ© dâorganiser des forums multilatĂ©raux de premier plan afin de dĂ©battre de questions telles que le dĂ©veloppement, la pauvretĂ© mais aussi de questions macroĂ©conomiques et financiĂšres, comme ce fut le cas hier.   Concernant la stratĂ©gie Ă moyen terme initiĂ©e en septembre 2005, nous avons Ă nouveau confirmĂ© notre engagement envers les pays Ă faible revenu qui, grĂące Ă leurs efforts, seront en mesure dâatteindre les objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement. Ă ce sujet, nous considĂ©rons et constatons que le cadre macroĂ©conomique de plusieurs pays Ă faible revenu sâest considĂ©rablement amĂ©liorĂ©, avec une inflation Ă un seul chiffre et une rĂ©duction de la dette grĂące Ă la stabilisation budgĂ©taire mais Ă©galement Ă travers leur allĂšgement.  à cet Ă©gard, nous observons que nos efforts progressent non seulement du point de vue macroĂ©conomique mais aussi en ce qui concerne lâaide aux pays Ă faible revenu pour gĂ©rer et assimiler efficacement les nouveaux niveaux dâaide et de ressources, tout en conservant leur capacitĂ© dâendettement durable.  Comme je le faisais remarquer aux ministres ce matin, je suis encore prĂ©occupĂ©, et je voudrais rĂ©pĂ©ter les propos de Paul Wolfowitz, au sujet de lâabsence de progrĂšs concernant lâaugmentation de lâaide, et plus particuliĂšrement en Afrique. En deux mots, les pays dĂ©veloppĂ©s ne se montrent pas Ă la hauteur de leurs engagements pour augmenter lâaide aux pays pauvres et la concrĂ©tisation des engagements en matiĂšre dâaide comme ceux pris Ă Gleneagles en 2005 est une condition prĂ©alable trĂšs importante pour crĂ©er un espace suffisant dâinvestissement social et dâinfrastructure dâenvergure indispensable pour atteindre les objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement  Je pense donc que le message Ă lâattention des bailleurs de fonds est clair : ils doivent respecter leurs promesses tout en sâefforçant dâharmoniser et de coordonner lâaide apportĂ©e.    ParallĂšlement, je retiens comme essentielles deux questions abordĂ©es aujourdâhui dans le Rapport de suivi mondial. Lâune dâentre elles concerne le besoin dâaccorder une attention toute particuliĂšre aux pays fragiles qui reprĂ©sentent environ 9 % de la population des pays Ă faible revenu et Ă peu prĂšs 27 % des pays pauvres. Je pense que nous devons tous Ă©valuer dans quelle mesure nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider les pays fragiles et, Ă ce propos, je voudrais dire que le Fonds effectuera ce travail de remise en question dans les tous prochains mois et que nous serons alors en mesure dâamĂ©liorer notre aide.    Lâautre point analysĂ© par le Rapport sur le suivi mondial concerne le rĂŽle crucial de lâĂ©galitĂ© des sexes et lâimportance quâil joue dans le dĂ©veloppement, message que la communautĂ© internationale doit prendre trĂšs au sĂ©rieux.    Permettez-moi de conclure en remerciant Pedro Malan et le groupe de personnes qui a travaillĂ© avec lui dans le monde entier pour lâanalyse et la publication dâun excellent rapport sur la collaboration entre la Banque et le Fonds et le besoin de renforcer celle-ci. Je pense que ce rapport est un outil trĂšs utile dont Paul et moi-mĂȘme avions demandĂ© la rĂ©alisation au nom des deux institutions et dont nos deux Conseils dâadministration ont discutĂ©. Nous avons eu lâoccasion dâen discuter tous les deux lors du dĂ©jeuner du ComitĂ© pour le dĂ©veloppement et ce rapport constituera les fondements des futures dĂ©cisions de principe que prendront la Banque et le Fonds.  M. HANLON : Je vous remercie, Monsieur. Passons maintenant Ă vos questions. Je vous demanderais dâattendre, dans la mesure du possible dâavoir le micro en main et, encore une fois, de vous prĂ©senter ainsi que lâorganisme que vous reprĂ©sentez. La dame au second rang, je vous en prie.  QUESTION : Je suis du Washington Post.  M. Wolfowitz, pensez-vous dĂ©missionner et, si tel nâest pas le cas, aprĂšs ces derniers jours de critiques et de pressions, pensez-vous ĂȘtre encore suffisamment crĂ©dible pour diriger la Banque Mondiale ?   M. WOLFOWITZ : Agustin Carstens vient juste de lire le paragraphe 16 du CommuniquĂ© du ComitĂ© pour le dĂ©veloppement qui exprime notre dĂ©sir Ă tous, que je partage, de voir le Conseil dâadministration Ă©tudier cette question et achever son travail ainsi que notre intention dâadopter un haut niveau de gouvernance interne au sein de la Banque.  Il sâagit dâun travail extrĂȘmement important Ă accomplir. Je pense que nous nous trouvons Ă un tournant presque historique en Afrique. Je crois que la croissance, qui a Ă©tĂ© atteinte par Ă peu prĂšs un tiers de la population africaine aux rĂ©sultats satisfaisants, doit sâĂ©lever Ă des niveaux ayant un impact significatif sur la pauvretĂ©. Un travail plus important doit ĂȘtre accompli pour aider les pays en difficultĂ© Ă combler leur retard et je crois que nous sommes sur la bonne voie. Câest un chantier colossal.  Les rĂ©unions avec les Gouverneurs africains, qui soutiennent pleinement notre action, ont Ă©tĂ© trĂšs fructueuses. Mes entretiens avec Louis Michel, le Commissaire europĂ©en en charge du dĂ©veloppement et Donald Kabaruka, PrĂ©sident de la Banque africaine de dĂ©veloppement, ont Ă©tĂ© Ă©galement positifs. Il sâagit dâun travail trĂšs important que jâai lâintention de poursuivre.  M. HANLON : Oui, Monsieur, au fond avec des lunettes.  QUESTION : Juste une observation. Le CommuniquĂ© fait Ă©tat du besoin de sâassurer « que la Banque est effectivement en mesure de remplir son mandat et de conserver sa crĂ©dibilitĂ© et sa rĂ©putation ainsi que la motivation de son personnel. »  Ma question est la suivante : comment comptez-vous satisfaire ces exigences ? De toute Ă©vidence, vous ne bĂ©nĂ©ficiez plus de la confiance du personnel, comme lâatteste lâAssociation du personnel. Vous et la Banque Mondiale risquez de perdre des clients â câest-Ă -dire les pays ayant besoin de lâaide de la Banque Mondiale ou lâacceptant â et vous ne jouissez plus de la confiance dâune grande partie de vos actionnaires.  M. HANLON : Votre question, sâil vous plaĂźt, Monsieur.  QUESTION : Ma question, oui. Dans une entreprise, un Directeur gĂ©nĂ©ral qui a perdu la confiance dâune grande partie des actionnaires serait contraint Ă dĂ©missionner. Par ailleurs, la Banque Mondiale doit faire face Ă des dĂ©fis. M. Wolfowitz, vous avez vous-mĂȘme mentionnĂ© quelques-uns dâentre eux â les fonds verticaux, les nouveaux bailleurs de fonds, la Fondation Gates ainsi que la Chine et lâInde. Comment comptez-vous diriger efficacement la Banque si vous restez en poste...  MR. HANLON : Monsieur, plusieurs de vos collĂšgues souhaiteraient pouvoir poser leurs questions.  QUESTION :... un ou deux ans ?  M. HANLON : Merci.  M. WOLFOWITZ : Ăcoutez, je crois en la mission de cette organisation et je crois que je suis en mesure de mâen acquitter. Jâai reçu beaucoup de manifestations de soutien au sujet de lâaffaire que vous mentionnez. Jâen reviens donc Ă ce qui est mentionnĂ© dans ce CommuniquĂ©, Ă savoir que nous devons examiner la situation. Le Conseil dâadministration Ă©tudie la question, laissons-le terminer son travail.  M. HANLON : Oui, Madame, au dernier rang, avec un pull-over blanc, je vous en prie.  QUESTION : Ma question sâadresse Ă Monsieur Agustin Carstens.  Lors de votre prĂ©sentation avant le ComitĂ© du dĂ©veloppement, vous avez Ă©voquĂ© lâengagement envers la gouvernance et la lutte contre la corruption dans la stratĂ©gie de la Banque Mondiale. Vous avez affirmĂ© ĂȘtre satisfait de voir que la stratĂ©gie de mise Ă jour du cadre confirme le principe dâappropriation des processus par le pays qui proclame lâimportance de la StratĂ©gie dâassistance aux pays et conserve le mĂ©canisme dâallocation reposant sur les performances, mais aussi que la Banque ne saurait agir seule.   Pourriez-vous prĂ©ciser ce point ?  M. CARSTENS : Et bien, depuis quelques temps, les questions de corruption, de transparence, dâattribution pertinente des ressources dans ces pays sont devenues cruciales. De nombreux rapports attestent que la corruption dans la gestion des ressources de plusieurs pays a eu des effets pervers sur lâĂ©volution du dĂ©veloppement, en particulier dans les pays oĂč la rĂ©duction de la pauvretĂ© est extrĂȘmement urgente.  Ce que la Banque Mondiale a voulu rĂ©aliser, avec le soutien de lâensemble de ses membres, est la mise en place de procĂ©dures pour contraindre les pays Ă adopter des mesures contre la corruption mais pour Ă©galement protĂ©ger les ressources des institutions afin de sâassurer que ces pays ne les utilisent pas de maniĂšre inappropriĂ©e.  Aujourdâhui, la mise en place de ces rĂšgles par la Banque Mondiale ne suffit pas. Il faut Ă©galement que ces pays aient une volontĂ© ferme de lutter contre la corruption et, par consĂ©quent, quâils adoptent les mesures suffisantes, qui vont dans ce sens. Cela constitue lâun des aspects sur lequel je dirais que nous sommes parvenus Ă un consensus gĂ©nĂ©ral au sein du ComitĂ© du dĂ©veloppement, et câest la raison pour laquelle il a Ă©tĂ© insĂ©rĂ© dans la sĂ©ance dâaujourdâhui.  Je vous remercie.  M. HANLON : Oui, Monsieur, au second rang, lĂ -bas.  QUESTION : Je suis Bruno de BBC World Service.  Ma question sâadresse Ă M. De Rato. Le BrĂ©sil et lâArgentine ont manifestĂ© leur mĂ©contentement vis-Ă -vis du modĂšle actuel de systĂšme des quotas. Le ministre argentin Miceli a dĂ©clarĂ© que le problĂšme nâa Ă©tĂ© traitĂ© quâen surface par le FMI, et les ministres brĂ©siliens des Finances dĂ©clarent quâaucun progrĂšs nâa Ă©tĂ© accompli au cours des dix derniĂšres annĂ©es.  Quel est votre point de vue sur cette question ?  M. DE RATO : Et bien, je nâaime guĂšre baser mes rĂ©ponses sur des dĂ©clarations partielles car je ne connais pas le contexte dans lequel elles ont Ă©tĂ© exprimĂ©es, par consĂ©quent, pourquoi ne me demandez-vous pas directement ce que vous voulez savoir.    QUESTION : Pensez-vous que des progrĂšs ont Ă©tĂ© accomplis dans ces domaines ? Ils semblent convaincus du contraire.  M. DE RATO : Je pense quâun progrĂšs important a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© Ă Singapour, qui a Ă©tĂ© soutenu par 90 % des Ă©lecteurs qui composent le droit de vote du Fonds. Et les pays qui nâont pas votĂ© ont le droit, bien entendu â et je comprends leurs raisons â dâexprimer leur volontĂ© de sâengager de maniĂšre constructive.   Je pense donc que le processus de rĂ©vision et de modification de notre systĂšme des quotas sâest accĂ©lĂ©rĂ©. Ă Singapour, non seulement nous nous sommes mis dâaccord pour changer le systĂšme des quotas afin de mieux reflĂ©ter la voix des Ă©conomies les plus dynamiques, mais nous avons Ă©galement dĂ©cidĂ© dâaugmenter et de renforcer les votes des pays Ă faible revenu, ce qui constitue, Ă mes yeux, une dĂ©cision historique.   Je pense quâĂ la lumiĂšre de ce week-end Ă Washington, et de lâavis de plusieurs ministres, il Ă©tait clair que non seulement nous avons lâintention dâaugmenter les voix des Ă©conomies les plus dynamiques, mais que la plupart dâentre elles sont des Ă©conomies Ă©mergentes.  Par consĂ©quent, je dirais que les choses vont dans le bon sens. Je vous remercie.  M. HANLON : Voyons au fond de la salle ce monsieur qui lĂšve la main avec le manteau blanc, je vous en prie.  QUESTION : Merci beaucoup.  Je suis John [inaudible], de lâhebdomadaire « Human Events », et ma question sâadresse Ă Monsieur le PrĂ©sident Wolfowitz.  Jeudi dernier, la Maison Blanche a fait part de son soutien sans rĂ©serve Ă votre Ă©gard. Avez-vous eu ce week-end des conversations ultĂ©rieures avec la Maison Blanche ou avec le SecrĂ©taire Paulson qui pourraient vous inciter Ă penser que leur soutien nâĂ©tait pas total ?  M. WOLFOWITZ : Câest bien essayĂ©, mais je ne reviendrai pas sur ce sujet. Je mâen tiendrai Ă ce que nous avons dit dans le CommuniquĂ© et je pense que câest lâendroit indiquĂ© pour travailler sur cette question. Qui est un problĂšme sĂ©rieux. Le Conseil dâadministration a â pour reprendre ce qui a Ă©tĂ© dit â Ă©tudiĂ© la question et il est sur le point de terminer cet examen, et « Nous comptons sur la Banque pour adopter un haut niveau de gouvernance interne. » Je crois que nous Ă©tions tous dâaccord sur ce point.  M. HANLON : Oui, Monsieur, au premier rang, je vous en prie.   QUESTION : Le Conseil dâadministration a annoncĂ© il y a cinq jours quâil Ă©tudiera la question concernant votre amie aussi rapidement que possible. Pourriez-vous nous expliquer, si vous le pouvez, les conditions dans lesquelles vous vous trouveriez si vous Ă©tiez contraint de dĂ©missionner Ă lâissue de cet examen ?             M. WOLFOWITZ : Le Conseil dâadministration Ă©tudie la question. Je ne veux pas anticiper sur les rĂ©sultats de leurs travaux et discuter de ça aujourdâhui.  M. HANLON : Je vous remercie. Fernando, je vous en prie.  QUESTION : Fernando Pinto, du Daily Globo, BrĂ©sil.  Comme vous le savez, nous nâavons pas eu de confĂ©rence de presse oĂč la plupart des questions concernaient une personne et ses problĂšmes personnels en rapport avec son poste. La question que je vous pose est une demande personnelle. Vous ĂȘtes-vous demandĂ© au cours des trois ou quatre derniers jours si, pour le bien de la Banque, il ne serait pas mieux pour vous, indĂ©pendamment de la dĂ©cision du Conseil dâadministration, de tout simplement dĂ©missionner ?  M. WOLFOWITZ : Permettez-moi de revenir sur ce que jâai dĂ©jĂ affirmĂ© Ă plusieurs reprises. Je pense que nous avons rĂ©alisĂ© beaucoup de choses au cours de mes deux annĂ©es de mandat (et mĂȘme un peu moins). Je pense que nous avons rĂ©ussi Ă faire avancer considĂ©rablement la question africaine. Je pense que nous avons rĂ©ussi Ă faire beaucoup pour les pays fragiles sortant de conflits, des pays comme le LibĂ©ria et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, qui ont droit Ă un soutien rapide. Je pense que nous avons considĂ©rablement changĂ© les choses. En rĂ©alitĂ©, câest le sentiment que jâai lorsque je rencontre les dirigeants africains et leurs populations. Je me suis engagĂ© Ă faire avancer cette question, et câest ce que jâai lâintention de faire.    M. HANLON : Je crois quâil nous reste du temps pour deux autres questions. Oui, Madame, au second rang.   QUESTION : Je vous remercie. Mon nom est Kay [inaudible] de la chaĂźne publique japonaise NHK.  M. le Directeur gĂ©nĂ©ral, des rumeurs persistantes ont rĂ©cemment circulĂ© sur la nĂ©cessitĂ© dâintĂ©grer la CorĂ©e du Nord au sein de la communautĂ© financiĂšre internationale. Pourriez-vous nous faire part de votre point de vue Ă ce sujet, en particulier aprĂšs lâincident avec Banco Delta Asia [inaudible] mais aussi, envisagez-vous quâun jour la CorĂ©e du Nord puisse ĂȘtre un membre Ă part entiĂšre du FMI ?  M. DE RATO : Et bien, cette question me concerne autant que mon Conseil dâadministration. Je dois vous dire, comme vous le savez tous, que la CorĂ©e du Nord nâest pas membre du Fonds Ă lâheure actuelle. Pour autant que je sache, le gouvernement corĂ©en nâa pas prĂ©sentĂ© de proposition formelle Ă ce sujet. Par consĂ©quent, je pense quâil appartient Ă la communautĂ© internationale dâaccepter une telle proposition si elle venait Ă ĂȘtre formulĂ©e.   Par le passĂ©, nous avons vu que la normalisation des relations avec la communautĂ© internationale est en rĂšgle gĂ©nĂ©rale une condition prĂ©alable pour que celle-ci accepte une proposition de ce type, mais je ne peux en dire plus Ă ce sujet.   M. HANLON : Je vous remercie. Et enfin la derniĂšre question, je vous en prie â Madame, au second rang.  QUESTION : Ma question sâadresse au PrĂ©sident Wolfowitz.  Vivian [inaudible] de Aljazeera English .  Jâai Ă©coutĂ© votre dĂ©claration au sujet de lâAfrique et votre volontĂ© rĂ©affirmĂ©e de lutter contre la corruption ; vous avez Ă©voquĂ© les objectifs spĂ©cifiques distinctifs. Je souhaiterais vous demander si vous ne pensez pas quâil est quelque peu hypocrite de parler de corruption et dâintĂ©rĂȘts spĂ©cifiques distinctifs lorsque vous-mĂȘmes et, par extension la Banque, ĂȘtes impliquĂ©s dans ce scandale. Cela nâaffecte-t-il pas la façon dont la Banque gĂšre ses activitĂ©s ?   M. WOLFOWITZ : Ăcoutez, je ne commenterai pas le principe de votre question. Si tel Ă©tait le cas, je mâinsĂ©rerai dans les dĂ©libĂ©rations du Conseil dâadministration et je ne peux faire cela. Jâen resterai donc lĂ .  M. HANLON : Parfait. Je vous remercie, Mesdames et Messieurs.             [Sur ce, la confĂ©rence de presse prit fin Ă 16 h 17.]   |