FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL GROUPE BANQUE MONDIALE RÉUNIONS DE PRINTEMPS 2007 - - - TRANSCRIPTION - CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE COMITÉ DU DÉVELOPPEMENT Augustin Carstens, Paul Wolfowitz, Rodrigo De Rato - - - Dimanche 15 avril 2007 SÉANCE M. HANLON : Mesdames et messieurs, bonjour. Je vous souhaite la bienvenue et vous remercie de vous joindre à nous cet après-midi à l’occasion de cette conférence de presse qui fait suite au Comité du développement. La séance débutera avec l’intervention du Président, M. Carstens, qui présentera un compte-rendu du Comité du développement. Puis, le Président Wolfowitz nous fera part de ses remarques qui seront suivies des observations du Président De Rato. Après quoi, ils répondront avec plaisir à vos questions. Je vous demanderais de vous présenter ainsi que l’organisme que vous représentez et de vous limiter à une seule question. Nous commençons donc avec le Président Carstens, je vous en prie. M. CARSTENS : Bonjour à tous. Les membres du Comité du développement se sont réunis ce jour à l’occasion d’une séance qui s’est avérée très productive afin d’examiner les progrès accomplis au sujet des actions, des ressources et des politiques nécessaires pour accélérer la progression vers la réalisation des objectifs mobilisateurs de nouveau développement, qui tiennent compte des données et des analyses exposées dans le Quatrième Rapport de suivi mondial annuel. Au cours de cette réunion, nous avons également examiné le Plan d’action pour l’Afrique du Groupe de la Banque mondiale ainsi qu’un rapport sur l’évolution de l’architecture de l’aide. Les membres du Comité ont salué les progrès réalisés en matière de réduction de la pauvreté monétaire, reflétant à la fois la croissance solide et constante de l’économie mondiale et l’impact de l’amélioration des politiques et des institutions nationales. Toutefois, les progrès relatifs à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement varient selon les pays et les secteurs. Bon nombre de défis restent à relever et bien plus encore reste à faire. En accord avec le Consensus de Monterrey et des engagements pris par les bailleurs de fonds, nous appelons à renouveler les efforts pour intensifier les financements destinés à soutenir le programme fiable élaboré par le pays même dans l’optique d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Dans ce contexte, nous comptons vivement sur le succès de la 15è Reconstitution des ressources de l’AID (Association Internationale de Développement), et notamment un dédommagement « dollar pour dollar » pour les apports de fonds au titre des crédits abandonnés suite à l’Initiative de l’allègement de la dette multilatérale et de l’initiative en faveur des PPTE. Par ailleurs, nous nous sommes réjouis des nouvelles sources d’aides publiques et privées débloquées, qui constitueront des ressources plus importantes pour aider les pays pauvres à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et nous soulignons l’importance de l’approche du développement propre au pays concerné. Nous avons également accueilli favorablement la décision de la Direction de la Banque de procéder à l’examen de la stratégie à long terme du Groupe de la Banque Mondiale afin de s’assurer de sa pertinence pour répondre efficacement aux besoins des pauvres dans le monde. Concernant les efforts actuels pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement relatif au développement humain, des signes encourageants ont été constatés. Toutefois, seuls quelques pays sont en passe d’atteindre l’objectif de réduction de la mortalité infantile et, dans toutes les régions, quelques pays ne parviennent pas à réduire la malnutrition infantile et la mortalité maternelle. Par conséquent, nous sollicitons un renforcement accru des efforts de la part des pays, des bailleurs de fonds et des banques de développement multilatéral. Les membres du Comité ont salué les progrès réalisés par plusieurs pays en matière de scolarisation des filles, tout en prenant note des efforts que bon nombre de pays doivent encore accomplir. À ce sujet, nous avons constaté que les avancées réalisées dans le domaine social ne correspondent généralement pas aux évolutions dans le domaine économique. Nous encourageons les institutions financières internationales, en partenariat avec les Nations Unies et d’autres bailleurs de fonds, à revoir leurs politiques, procédures et incitations, et notamment à établir un cadre complet pour le règlement des situations d’arriérés prolongés. Dans ce contexte, nous demandons la mise en place effective et rapide de mesures approuvées récemment par le Conseil de la Banque Mondiale afin de renforcer sa rapidité de réponse et son engagement à long terme auprès des Etats fragiles. Nous avons également étudié la mise en place du Plan d’action pour l’Afrique ainsi que les modifications proposées. Nous nous réjouissons de voir que l’ensemble de la mise en place du Plan progresse de manière plutôt satisfaisante, tout en soutenant avec fermeté les modifications proposées qui devraient permettre d’accroître la sélectivité et d’accentuer les efforts sur les résultats. Les membres ont pris note de l’importance que revêt le commerce en tant que vecteur de croissance et de réduction de la pauvreté et ont exprimé leur souhait quant à l’avancée des négociations concernant le programme de développement de Doha. Nous avons pris connaissance avec intérêt du rapport des Administrateurs de la Banque Mondiale et des rapports d’accompagnement intitulés « Renforcement de l’engagement du Groupe de la Banque Mondiale envers la gouvernance et la lutte contre la corruption ». Nous approuvons les principes de la stratégie de transparence, de prévisibilité, de cohérence et d’équité de traitement envers les États membres. Nous avons également salué les progrès accomplis pour la mise en place de la stratégie du Groupe de la Banque Mondiale en ce qui concerne son engagement avec les États partenaires de la BIRD et avons pris note de l’analyse effectuée par la Banque relative à la croissance et au développement de la politique fiscale. Nous approuvons par ailleurs le besoin d’une collaboration effective entre la Banque et le Fonds afin d’assurer une politique de conseil cohérente auprès des États membres. Nous avons pris note des progrès effectués au sujet du Mécanisme d’investissement dans les énergies propres et le développement durable. Le non-accès aux sources d’énergie est un problème grave pour un grand nombre de pays à faible revenu et, à l’occasion de notre prochaine assemblée, nous devrions recevoir un compte-rendu des progrès accomplis. Nous avons accueilli favorablement le document proposant des alternatives aux modes d’expression et de représentation qui propose un ensemble complet d’options dans le but d’améliorer les modes d’expression des pays en voie de développement et en transition dans le cadre du processus décisionnel de la Banque ; un élément que nous considérons comme essentiel au renforcement de la crédibilité et de la légitimité de l’institution. D’ici notre prochaine assemblée, prévue ici à Washington en octobre 2007, nous devrions recevoir un rapport de la Banque. Des points de vue y sont également exprimés selon lesquels nous devons nous assurer que la Banque est en mesure de s’acquitter de son mandat, de conserver sa crédibilité et sa réputation et de garantir la pérennité de la motivation de son personnel. La situation actuelle nous préoccupe tous au plus haut point. Nous approuvons les mesures prises par le Conseil d’administration afin d’étudier cette situation et nous lui demandons de mener à terme cet examen. Nous comptons sur la Banque afin qu’elle adopte un niveau élevé de gouvernance internationale. Merci beaucoup de votre attention. M. HANLON : Monsieur le Président Carstens, merci. Monsieur le Président Wolfowitz ? M. WOLFOWITZ : Merci. Je considère que l’ensemble de nos réunions est très satisfaisant. Un thème essentiel de discussion pour le Comité du développement était l’importance que constitue l’intensification de l’aide, en particulier en faveur de l’Afrique. Nous sommes arrivés à un point où les pays africains – pour la plupart, mais pas tous –, grâce à un tiers de la population, réalisent de meilleures performances, conformément aux souhaits formulés lors de divers sommets des Nations Unies ou du Sommet du G8 à Gleneagles. Malheureusement, les bailleurs de fonds risquent de ne pas être en mesure de tenir leurs promesses, notamment celles d’augmenter l’aide et de doubler l’aide en faveur de l’Afrique. Comme je le faisais remarquer lors de notre réunion ce matin, la promesse ne consistait pas à doubler l’aide en faveur de l’Afrique en 2010 ; elle consistait à la doubler d’ici 2010 à un rythme constant. Le besoin des pays les plus pauvres n’est pas un financement incertain d’une année sur l’autre qui augmente ou diminue de manière imprévisible, mais il consiste en un financement durable et flexible et ces promesses doivent être tenues. La « flexibilité » dont je viens de parler nous amène au cœur du sujet portant sur l’architecture de l’aide, qui constituait un thème essentiel de débat de ces réunions. Au fond, pour résumer le problème en des termes très simples, les nouveaux bailleurs de fonds – qui sont les bienvenus – se multiplient, émanant de fondations privées telles que la Fondation Gates, des fonds dits verticaux tels que le Fonds mondial pour le SIDA, la malaria et la tuberculose ou encore des programmes bilatéraux. Cependant, l’espace de l’assistance au développement est de plus en plus occupé par des programmes affectés à des objectifs spécifiques et, souvent, cela signifie que ces pays ne disposent pas des fonds dont ils ont besoin pour subventionner les structures de base – ne serait-ce, par exemple, que pour subventionner les systèmes de santé de base nécessaires à la fourniture des médicaments contre le SIDA. Par conséquent, la question de l’architecture de l’aide doit être abordée. Par ailleurs, je pense que nous étions tous fermement d’accord avec la déclaration de l’un des Gouverneurs selon laquelle l’AID, l’Association Internationale de Développement, c’est-à-dire le bras concessionnel de la Banque Mondiale, est la pierre angulaire de l’édifice. Et bien entendu, alors que nous nous trouvons dans la phase de la 15è Reconstitution des ressources de l’AID, il est essentiel que les bailleurs de fonds tiennent les promesses faites l’an passé selon lesquelles les remboursements perdus en raison de l’annulation de la dette seraient effectués sur la base du « dollar pour dollar ». Je pense que les propos tenus lors de cette réunion sont encourageants mais des efforts supplémentaires devront être fournis pour obtenir des personnes ce qu’elles ont promis. Nos discussions se sont poursuivies lors d’un dîner informel au cours duquel des ministres ont présenté le rapport Malan concernant les relations et la collaboration entre la Banque Mondiale et le FMI, dans lequel le thème du mode d’expression et de la gouvernance y est évoqué de manière plutôt synthétique ; bien que j’estime que la grande majorité des intervenants s’accordent sur la nécessité d’une réforme de la gouvernance et de la représentation de la Banque. La plupart des débats se sont concentrés sur le document relatif à l’énergie propre que la Banque a rédigé dans le cadre du rôle prépondérant qu’elle assume, afin de faciliter les flux d’investissement en provenance des pays riches au profit des pays pauvres pour leur permettre de gérer plus efficacement leur énergie, d’investir plus massivement dans les énergies renouvelables, d’éviter la déforestation et de composer avec quelques-unes des conséquences du changement climatique. C’était, par conséquent, une discussion intense et bénéfique. Et permettez-moi de simplement souligner que l’un des aspects positifs de ces réunions est, bien entendu, tout ce qui se passe autour d’elles. J’ai eu de nombreux entretiens bilatéraux utiles et une excellente séance de travail avec les Gouverneurs africains de la Banque. En dehors du Comité du développement, trois des événements les plus importants à mes yeux étaient les manifestations parallèles, chacune d’elles abordant un thème majeur. L’une d’entre elles était organisée par le gouvernement belge en collaboration avec la Banque Mondiale pour la création d’un fonds en faveur du bassin du Congo, afin d’aider la République démocratique du Congo à gérer les ressources incroyablement riches et la biodiversité du bassin du Congo, de sorte que la population congolaise puisse en tirer bénéfice tout en préservant les richesses naturelles du monde. Il s’agit d’une initiative très importante. Elle est désormais réalisable car la paix règne au Congo et l’exploitation des ressources forestières est possible. Cela doit être correctement accompli. Une deuxième initiative importante était organisée par le Royaume-Uni au sujet de la gestion des ressources hydriques, c’est-à-dire l’eau et les installations sanitaires, non pas la gestion des ressources mais principalement les services d’eau et les installations sanitaires pour les pauvres. Une question essentielle, sans doute moins prestigieuse mais ayant probablement un impact majeur sur la prolifération des maladies et sur la santé que n’importe quel autre thème dont nous traitons. Enfin, nous avons eu une réunion très importante qui visait à débattre de l’initiative lancée à notre demande par la Ministre des Finances nigériane Ngozi concernant la récupération d’actifs dérobés, qui devrait aider les pays pauvres à récupérer l’argent détourné par les dirigeants corrompus de l’époque. Ces actifs constitueront une source d’aide au développement. En réalité, il ne s’agit pas d’une aide en soi que nous aurions octroyée, mais d’une source d’investissement pour le développement ; une action qui, espérons-le, aura un effet dissuasif contre de futurs vols. En résumé, ces réunions furent très fructueuses, je suis très satisfait du résultat de ces trois jours. M. HANLON : Je vous remercie. Monsieur le Directeur Général De Rato, je vous en prie. M. DE RATO: Merci. Bonjour. Merci beaucoup. Tout d’abord, je voudrais souhaiter la bienvenue à mon excellent ami et ancien collègue, Augustin Carstens, nommé nouveau Président du Comité du développement. Il fut un collègue très estimé lors de sa mission au Fonds et je suis convaincu qu’il sera un excellent Président pour cette commission mixte très importante. Je voudrais également remercier son prédécesseur, Alberto Carrasquilla, pour son action en tant que Président du Comité. Permettez-moi d’ajouter quelques commentaires aux déclarations d’Augustin et de Paul. Cette journée s’est avérée très bénéfique vis-à-vis des débats sur le développement et la réduction de la pauvreté et je pense qu’entre hier, aujourd’hui et les efforts du CMFI, les réunions du printemps ont été très fructueuses. À cet égard, je pense que les deux séances ont permis de souligner la nécessité d’organiser des forums multilatéraux de premier plan afin de débattre de questions telles que le développement, la pauvreté mais aussi de questions macroéconomiques et financières, comme ce fut le cas hier. Concernant la stratégie à moyen terme initiée en septembre 2005, nous avons à nouveau confirmé notre engagement envers les pays à faible revenu qui, grâce à leurs efforts, seront en mesure d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. À ce sujet, nous considérons et constatons que le cadre macroéconomique de plusieurs pays à faible revenu s’est considérablement amélioré, avec une inflation à un seul chiffre et une réduction de la dette grâce à la stabilisation budgétaire mais également à travers leur allègement. À cet égard, nous observons que nos efforts progressent non seulement du point de vue macroéconomique mais aussi en ce qui concerne l’aide aux pays à faible revenu pour gérer et assimiler efficacement les nouveaux niveaux d’aide et de ressources, tout en conservant leur capacité d’endettement durable. Comme je le faisais remarquer aux ministres ce matin, je suis encore préoccupé, et je voudrais répéter les propos de Paul Wolfowitz, au sujet de l’absence de progrès concernant l’augmentation de l’aide, et plus particulièrement en Afrique. En deux mots, les pays développés ne se montrent pas à la hauteur de leurs engagements pour augmenter l’aide aux pays pauvres et la concrétisation des engagements en matière d’aide comme ceux pris à Gleneagles en 2005 est une condition préalable très importante pour créer un espace suffisant d’investissement social et d’infrastructure d’envergure indispensable pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement Je pense donc que le message à l’attention des bailleurs de fonds est clair : ils doivent respecter leurs promesses tout en s’efforçant d’harmoniser et de coordonner l’aide apportée. Parallèlement, je retiens comme essentielles deux questions abordées aujourd’hui dans le Rapport de suivi mondial. L’une d’entre elles concerne le besoin d’accorder une attention toute particulière aux pays fragiles qui représentent environ 9 % de la population des pays à faible revenu et à peu près 27 % des pays pauvres. Je pense que nous devons tous évaluer dans quelle mesure nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider les pays fragiles et, à ce propos, je voudrais dire que le Fonds effectuera ce travail de remise en question dans les tous prochains mois et que nous serons alors en mesure d’améliorer notre aide. L’autre point analysé par le Rapport sur le suivi mondial concerne le rôle crucial de l’égalité des sexes et l’importance qu’il joue dans le développement, message que la communauté internationale doit prendre très au sérieux. Permettez-moi de conclure en remerciant Pedro Malan et le groupe de personnes qui a travaillé avec lui dans le monde entier pour l’analyse et la publication d’un excellent rapport sur la collaboration entre la Banque et le Fonds et le besoin de renforcer celle-ci. Je pense que ce rapport est un outil très utile dont Paul et moi-même avions demandé la réalisation au nom des deux institutions et dont nos deux Conseils d’administration ont discuté. Nous avons eu l’occasion d’en discuter tous les deux lors du déjeuner du Comité pour le développement et ce rapport constituera les fondements des futures décisions de principe que prendront la Banque et le Fonds. M. HANLON : Je vous remercie, Monsieur. Passons maintenant à vos questions. Je vous demanderais d’attendre, dans la mesure du possible d’avoir le micro en main et, encore une fois, de vous présenter ainsi que l’organisme que vous représentez. La dame au second rang, je vous en prie. QUESTION : Je suis du Washington Post. M. Wolfowitz, pensez-vous démissionner et, si tel n’est pas le cas, après ces derniers jours de critiques et de pressions, pensez-vous être encore suffisamment crédible pour diriger la Banque Mondiale ? M. WOLFOWITZ : Agustin Carstens vient juste de lire le paragraphe 16 du Communiqué du Comité pour le développement qui exprime notre désir à tous, que je partage, de voir le Conseil d’administration étudier cette question et achever son travail ainsi que notre intention d’adopter un haut niveau de gouvernance interne au sein de la Banque. Il s’agit d’un travail extrêmement important à accomplir. Je pense que nous nous trouvons à un tournant presque historique en Afrique. Je crois que la croissance, qui a été atteinte par à peu près un tiers de la population africaine aux résultats satisfaisants, doit s’élever à des niveaux ayant un impact significatif sur la pauvreté. Un travail plus important doit être accompli pour aider les pays en difficulté à combler leur retard et je crois que nous sommes sur la bonne voie. C’est un chantier colossal. Les réunions avec les Gouverneurs africains, qui soutiennent pleinement notre action, ont été très fructueuses. Mes entretiens avec Louis Michel, le Commissaire européen en charge du développement et Donald Kabaruka, Président de la Banque africaine de développement, ont été également positifs. Il s’agit d’un travail très important que j’ai l’intention de poursuivre. M. HANLON : Oui, Monsieur, au fond avec des lunettes. QUESTION : Juste une observation. Le Communiqué fait état du besoin de s’assurer « que la Banque est effectivement en mesure de remplir son mandat et de conserver sa crédibilité et sa réputation ainsi que la motivation de son personnel. » Ma question est la suivante : comment comptez-vous satisfaire ces exigences ? De toute évidence, vous ne bénéficiez plus de la confiance du personnel, comme l’atteste l’Association du personnel. Vous et la Banque Mondiale risquez de perdre des clients – c’est-à-dire les pays ayant besoin de l’aide de la Banque Mondiale ou l’acceptant – et vous ne jouissez plus de la confiance d’une grande partie de vos actionnaires. M. HANLON : Votre question, s’il vous plaît, Monsieur. QUESTION : Ma question, oui. Dans une entreprise, un Directeur général qui a perdu la confiance d’une grande partie des actionnaires serait contraint à démissionner. Par ailleurs, la Banque Mondiale doit faire face à des défis. M. Wolfowitz, vous avez vous-même mentionné quelques-uns d’entre eux – les fonds verticaux, les nouveaux bailleurs de fonds, la Fondation Gates ainsi que la Chine et l’Inde. Comment comptez-vous diriger efficacement la Banque si vous restez en poste... MR. HANLON : Monsieur, plusieurs de vos collègues souhaiteraient pouvoir poser leurs questions. QUESTION :... un ou deux ans ? M. HANLON : Merci. M. WOLFOWITZ : Écoutez, je crois en la mission de cette organisation et je crois que je suis en mesure de m’en acquitter. J’ai reçu beaucoup de manifestations de soutien au sujet de l’affaire que vous mentionnez. J’en reviens donc à ce qui est mentionné dans ce Communiqué, à savoir que nous devons examiner la situation. Le Conseil d’administration étudie la question, laissons-le terminer son travail. M. HANLON : Oui, Madame, au dernier rang, avec un pull-over blanc, je vous en prie. QUESTION : Ma question s’adresse à Monsieur Agustin Carstens. Lors de votre présentation avant le Comité du développement, vous avez évoqué l’engagement envers la gouvernance et la lutte contre la corruption dans la stratégie de la Banque Mondiale. Vous avez affirmé être satisfait de voir que la stratégie de mise à jour du cadre confirme le principe d’appropriation des processus par le pays qui proclame l’importance de la Stratégie d’assistance aux pays et conserve le mécanisme d’allocation reposant sur les performances, mais aussi que la Banque ne saurait agir seule. Pourriez-vous préciser ce point ? M. CARSTENS : Et bien, depuis quelques temps, les questions de corruption, de transparence, d’attribution pertinente des ressources dans ces pays sont devenues cruciales. De nombreux rapports attestent que la corruption dans la gestion des ressources de plusieurs pays a eu des effets pervers sur l’évolution du développement, en particulier dans les pays où la réduction de la pauvreté est extrêmement urgente. Ce que la Banque Mondiale a voulu réaliser, avec le soutien de l’ensemble de ses membres, est la mise en place de procédures pour contraindre les pays à adopter des mesures contre la corruption mais pour également protéger les ressources des institutions afin de s’assurer que ces pays ne les utilisent pas de manière inappropriée. Aujourd’hui, la mise en place de ces règles par la Banque Mondiale ne suffit pas. Il faut également que ces pays aient une volonté ferme de lutter contre la corruption et, par conséquent, qu’ils adoptent les mesures suffisantes, qui vont dans ce sens. Cela constitue l’un des aspects sur lequel je dirais que nous sommes parvenus à un consensus général au sein du Comité du développement, et c’est la raison pour laquelle il a été inséré dans la séance d’aujourd’hui. Je vous remercie. M. HANLON : Oui, Monsieur, au second rang, là-bas. QUESTION : Je suis Bruno de BBC World Service. Ma question s’adresse à M. De Rato. Le Brésil et l’Argentine ont manifesté leur mécontentement vis-à-vis du modèle actuel de système des quotas. Le ministre argentin Miceli a déclaré que le problème n’a été traité qu’en surface par le FMI, et les ministres brésiliens des Finances déclarent qu’aucun progrès n’a été accompli au cours des dix dernières années. Quel est votre point de vue sur cette question ? M. DE RATO : Et bien, je n’aime guère baser mes réponses sur des déclarations partielles car je ne connais pas le contexte dans lequel elles ont été exprimées, par conséquent, pourquoi ne me demandez-vous pas directement ce que vous voulez savoir. QUESTION : Pensez-vous que des progrès ont été accomplis dans ces domaines ? Ils semblent convaincus du contraire. M. DE RATO : Je pense qu’un progrès important a été réalisé à Singapour, qui a été soutenu par 90 % des électeurs qui composent le droit de vote du Fonds. Et les pays qui n’ont pas voté ont le droit, bien entendu – et je comprends leurs raisons – d’exprimer leur volonté de s’engager de manière constructive. Je pense donc que le processus de révision et de modification de notre système des quotas s’est accéléré. À Singapour, non seulement nous nous sommes mis d’accord pour changer le système des quotas afin de mieux refléter la voix des économies les plus dynamiques, mais nous avons également décidé d’augmenter et de renforcer les votes des pays à faible revenu, ce qui constitue, à mes yeux, une décision historique. Je pense qu’à la lumière de ce week-end à Washington, et de l’avis de plusieurs ministres, il était clair que non seulement nous avons l’intention d’augmenter les voix des économies les plus dynamiques, mais que la plupart d’entre elles sont des économies émergentes. Par conséquent, je dirais que les choses vont dans le bon sens. Je vous remercie. M. HANLON : Voyons au fond de la salle ce monsieur qui lève la main avec le manteau blanc, je vous en prie. QUESTION : Merci beaucoup. Je suis John [inaudible], de l’hebdomadaire « Human Events », et ma question s’adresse à Monsieur le Président Wolfowitz. Jeudi dernier, la Maison Blanche a fait part de son soutien sans réserve à votre égard. Avez-vous eu ce week-end des conversations ultérieures avec la Maison Blanche ou avec le Secrétaire Paulson qui pourraient vous inciter à penser que leur soutien n’était pas total ? M. WOLFOWITZ : C’est bien essayé, mais je ne reviendrai pas sur ce sujet. Je m’en tiendrai à ce que nous avons dit dans le Communiqué et je pense que c’est l’endroit indiqué pour travailler sur cette question. Qui est un problème sérieux. Le Conseil d’administration a – pour reprendre ce qui a été dit – étudié la question et il est sur le point de terminer cet examen, et « Nous comptons sur la Banque pour adopter un haut niveau de gouvernance interne. » Je crois que nous étions tous d’accord sur ce point. M. HANLON : Oui, Monsieur, au premier rang, je vous en prie. QUESTION : Le Conseil d’administration a annoncé il y a cinq jours qu’il étudiera la question concernant votre amie aussi rapidement que possible. Pourriez-vous nous expliquer, si vous le pouvez, les conditions dans lesquelles vous vous trouveriez si vous étiez contraint de démissionner à l’issue de cet examen ? M. WOLFOWITZ : Le Conseil d’administration étudie la question. Je ne veux pas anticiper sur les résultats de leurs travaux et discuter de ça aujourd’hui. M. HANLON : Je vous remercie. Fernando, je vous en prie. QUESTION : Fernando Pinto, du Daily Globo, Brésil. Comme vous le savez, nous n’avons pas eu de conférence de presse où la plupart des questions concernaient une personne et ses problèmes personnels en rapport avec son poste. La question que je vous pose est une demande personnelle. Vous êtes-vous demandé au cours des trois ou quatre derniers jours si, pour le bien de la Banque, il ne serait pas mieux pour vous, indépendamment de la décision du Conseil d’administration, de tout simplement démissionner ? M. WOLFOWITZ : Permettez-moi de revenir sur ce que j’ai déjà affirmé à plusieurs reprises. Je pense que nous avons réalisé beaucoup de choses au cours de mes deux années de mandat (et même un peu moins). Je pense que nous avons réussi à faire avancer considérablement la question africaine. Je pense que nous avons réussi à faire beaucoup pour les pays fragiles sortant de conflits, des pays comme le Libéria et la République démocratique du Congo, qui ont droit à un soutien rapide. Je pense que nous avons considérablement changé les choses. En réalité, c’est le sentiment que j’ai lorsque je rencontre les dirigeants africains et leurs populations. Je me suis engagé à faire avancer cette question, et c’est ce que j’ai l’intention de faire. M. HANLON : Je crois qu’il nous reste du temps pour deux autres questions. Oui, Madame, au second rang. QUESTION : Je vous remercie. Mon nom est Kay [inaudible] de la chaîne publique japonaise NHK. M. le Directeur général, des rumeurs persistantes ont récemment circulé sur la nécessité d’intégrer la Corée du Nord au sein de la communauté financière internationale. Pourriez-vous nous faire part de votre point de vue à ce sujet, en particulier après l’incident avec Banco Delta Asia [inaudible] mais aussi, envisagez-vous qu’un jour la Corée du Nord puisse être un membre à part entière du FMI ? M. DE RATO : Et bien, cette question me concerne autant que mon Conseil d’administration. Je dois vous dire, comme vous le savez tous, que la Corée du Nord n’est pas membre du Fonds à l’heure actuelle. Pour autant que je sache, le gouvernement coréen n’a pas présenté de proposition formelle à ce sujet. Par conséquent, je pense qu’il appartient à la communauté internationale d’accepter une telle proposition si elle venait à être formulée. Par le passé, nous avons vu que la normalisation des relations avec la communauté internationale est en règle générale une condition préalable pour que celle-ci accepte une proposition de ce type, mais je ne peux en dire plus à ce sujet. M. HANLON : Je vous remercie. Et enfin la dernière question, je vous en prie – Madame, au second rang. QUESTION : Ma question s’adresse au Président Wolfowitz. Vivian [inaudible] de Aljazeera English . J’ai écouté votre déclaration au sujet de l’Afrique et votre volonté réaffirmée de lutter contre la corruption ; vous avez évoqué les objectifs spécifiques distinctifs. Je souhaiterais vous demander si vous ne pensez pas qu’il est quelque peu hypocrite de parler de corruption et d’intérêts spécifiques distinctifs lorsque vous-mêmes et, par extension la Banque, êtes impliqués dans ce scandale. Cela n’affecte-t-il pas la façon dont la Banque gère ses activités ? M. WOLFOWITZ : Écoutez, je ne commenterai pas le principe de votre question. Si tel était le cas, je m’insérerai dans les délibérations du Conseil d’administration et je ne peux faire cela. J’en resterai donc là. M. HANLON : Parfait. Je vous remercie, Mesdames et Messieurs. [Sur ce, la conférence de presse prit fin à 16 h 17.] |