
- En 1566, lâarchitecte ottoman Mimar Hajrudin construisit un pont de pierre qui enjambait les eaux de la Neretva et qui devint connu sous le nom de « Stari Most » ou Vieux pont. Le petit poste de surveillance turc sâĂ©panouit bientĂŽt en une ville qui tira son nom du pont Mostar ou « gardien du pont ». Le pont devint un symbole historique de tolĂ©rance des diversitĂ©s entre les peuples de la Bosnie-HerzĂ©govine, jusquâĂ ce que la guerre anĂ©antisse lâancienne Yougoslavie. Le 9 novembre 1993, lâartillerie et les chars dĂ©truisirent le pont, jusquâalors lâun des plus grands trĂ©sors culturels du pays.
- Plusieurs annĂ©es avant le dĂ©but de ce projet, le gouvernement de Bosnie-HerzĂ©govine avait essayĂ© de lancer des efforts de reconstruction du Vieux pont. Toutefois, ces efforts furent infructueux en raison dâun manque de capacitĂ©s techniques et financiĂšres, ainsi que des sensibilitĂ©s spĂ©cifiques tant politiques quâethniques exprimĂ©es autour du projet.

Le gouvernement a contactĂ© lâIDA dans lâespoir que son expertise technique, son rĂŽle de courtier honnĂȘte et sa capacitĂ© Ă attirer et rassembler un groupe de bailleurs de fonds et dâexperts divers permettraient la reconstruction du pont et de ses tours. Il ne sâagissait pas dâun projet typique de reconstruction dâinfrastructure ou de dĂ©veloppement Ă©conomique menĂ© par lâIDA. En raison du symbolisme inhĂ©rent Ă la reconstruction du Vieux pont, lâIDA, dâautres bailleurs et le gouvernement ont entrepris ce projet pour promouvoir le climat de rĂ©conciliation, principale condition prĂ©alable Ă la dynamisation Ă©conomique et Ă la cohĂ©sion sociale.

La réouverture du pont a contribué à la réconciliation des peuples divisés par la guerre et résidant sur les rives de la Neretva.
Principales réalisations :
- En plus de reconstruire la gracieuse voĂ»te du pont ainsi que ses tours, le projet a restaurĂ© dâautres monuments endommagĂ©s, ce qui a permis de conserver le caractĂšre historique de la vieille ville en pierre de Mostar.
- Aujourdâhui, les habitants des deux rives de Mostar se rĂ©unissent de nouveau dans la vieille ville pour assister Ă des concerts, des expositions et divers autres Ă©vĂ©nements culturels.
- Le tourisme a repris, ce qui a eu pour rĂ©sultat de dynamiser lâĂ©conomie locale. MĂȘme avant la reconstruction du pont, la ville de Mostar, divisĂ©e au niveau ethnique et brisĂ©e par la guerre, recevait chaque annĂ©e la visite de 20 000 Ă 25 000 touristes qui venaient voir la travĂ©e brisĂ©e du pont historique. On a enregistrĂ© en 2004 la visite de quelque 300 000 touristes, 450 000 en 2005, et on en attendait 750 000 pour 2006.
- Le tourisme a entraĂźnĂ© la construction de nouveaux bĂątiments et lâouverture de nouveaux hĂŽtels, restaurants, bars et autres commerces dans Mostar et ses environs.
- En juillet 2005, le Vieux pont de Mostar et la vieille ville avoisinante ont Ă©tĂ© inscrits sur la liste du patrimoine mondial de lâUNESCO.

- Le coĂ»t total du projet sâest Ă©levĂ© Ă 12,5 millions de dollars, lâIDA contribuant Ă hauteur de 4 millions de dollars, le gouvernement Ă hauteur de 2 millions et dâautres bailleurs de fonds, comme lâItalie, les Pays-Bas, la Croatie et la Banque de dĂ©veloppement du Conseil de lâEurope ont fourni la somme restante.
- LâIDA a rĂ©uni un partenariat unique pour exĂ©cuter ce projet, partenariat rĂ©unissant la communautĂ© locale, les gouvernements national et rĂ©gional, lâUNESCO, le Fonds mondial des monuments, le Trust Aga Khan pour la culture (AKTC), plusieurs autres pays donneurs et enfin lâIDA elle-mĂȘme. Dans ce cas, la force de rĂ©union de lâIDA a eu autant dâimpact que son assistance directe tant financiĂšre que technique.

Bien que le financement de lâIDA ait pris fin il y a plus de deux ans, les activitĂ©s de projet sur le terrain continuent car les autoritĂ©s locales travaillent toujours Ă la restauration et Ă lâentretien de la vieille ville. ConformĂ©ment aux termes de lâaccord du projet, lâunitĂ© de gestion de projets sâest transformĂ©e en une agence responsable de la gestion et de lâentretien de la vieille ville restaurĂ©e et des autres dĂ©veloppements de capacitĂ©s touristiques de la ville.