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Emplois et microfinance en Bosnie-Herzégovine

Dernière mise à jour : septembre 2009
L’IDA en action : Microfinance - Créer des emplois grâce à la microfinance en Bosnie-Herzégovine

Défi à relever

Avant que la guerre n’éclate en 1992, l’économie de la Bosnie-Herzégovine reposait sur une industrie lourde et militaire et était dominée par plusieurs grands conglomérats d’État. Une grande partie de cette économie et de ce marché a été détruite pendant la guerre et le pays s’est retrouvé avec un taux de chômage important et une absence d’infrastructures et de services fondamentaux. Les habitants ont eu beaucoup de mal à lancer de nouvelles entreprises car le secteur bancaire commercial était très peu développé. Le secteur privé naissant a rencontré de grandes difficultés pour accéder aux capitaux, et cela s’est avéré totalement impossible pour les micro-entreprises et les clients disposant de faibles revenus.

Démarche

Le projet de microfinancement d’initiatives locales financé par l’IDA a été lancé en 1997, peu après la guerre, pour répondre au besoin urgent d’augmenter les revenus, de développer les entreprises et de créer des emplois en Bosnie-Herzégovine. Il s’agissait d’une démarche novatrice de la part de l’IDA puisque le concept de microfinance était inconnu jusqu’alors en Bosnie-Herzégovine. L’IDA a fourni des fonds à huit organisations de microfinance, a investi pour permettre le développement de ce nouveau secteur dans le pays et a établi un cadre juridique et réglementaire afin que les organisations de microcrédit puissent diversifier leurs sources financières et leurs services. Le projet a offert un accès aux services financiers aux clients à faible revenu et aux micro-entrepreneurs souhaitant lancer ou développer leur entreprise. Dans l’immédiat après-guerre, la priorité a été donnée aux soldats démobilisés, aux femmes entrepreneurs et aux personnes déplacées ou handicapées suite au conflit. Cette initiative a relancé le développement du secteur du microcrédit en Bosnie-Herzégovine et a été suivie d’un second projet en 2002 visant à augmenter l’envergure, la durabilité financière et l’impact social de ce secteur.

Résultats

Environ 380 000 microcrédits totalisant plus de 600 millions d’euros ont été versés sur 10 ans, à partir des fonds renouvelables de microcrédit. Au moment de la clôture du deuxième projet en 2005, huit entreprises partenaires servaient environ 100 000 clients actifs. 

Principales réalisations :
- Création d’emplois. Plus de 200 000 emplois ont été créés ou maintenus. Un bilan d’impact indépendant a montré que les entreprises clientes employaient en moyenne 2,1 personnes et que l’impact des microcrédits était très positif sur les entreprises, ainsi que sur le revenu des foyers et même sur les immatriculations (la création) d’entreprises.

- Une réussite en termes de parité hommes-femmes. 50 % des emprunteurs étaient des femmes. Ce projet a ainsi renforcé le rôle des femmes dans la famille et permis de soutenir les foyers tenus par des femmes. Cette aide a joué un rôle important car la guerre a privé de nombreux foyers de leur chef de famille masculin.

- Expansion du secteur formel. 60 % des nouveaux clients ont créé leur entreprise, contre moins de 40 % des personnes interrogées qui n’étaient pas clientes.

- Les modalités des prêts se sont sensiblement améliorées au fil du temps. On citera comme exemple la durée moyenne d’un prêt de microcrédit, qui était de 10 mois pendant l’année 2000, alors qu’elle était de 15 mois en 2005. Les taux d’intérêt ont aussi baissé de manière importante, de près de 30 % de TAP à environ 15 % de TAP (l’inflation s’est maintenue pendant toute cette période et n’a pas affecté cette baisse).

- Des taux de remboursement élevés. Les indicateurs de performance des entreprises de microcrédit partenaires étaient solides pendant toute la mise en place du projet, signalant notamment un risque de portefeuille inférieur à 1 %.

- Solidité des structures dans ce secteur. Un cadre juridique et réglementaire approprié est aujourd’hui en place. Il permet aux entreprises de microcrédit partenaires d’attirer des participations au capital en plus de dons et de prêts subventionnés de bailleurs de fonds et de prêts commerciaux, qui étaient auparavant les sources de financement disponibles. Le projet a également renforcé la surveillance du secteur conformément aux meilleures pratiques internationales pour ce type d’intermédiation financière.

- Dans l’ensemble, les deux projets ont aidé à créer une industrie de microcrédit viable et performante, capable de répondre aux besoins des micro-entreprises et des clients de Bosnie-Herzégovine disposant de faibles revenus.

Contribution

Le coût total des deux Projets d’initiatives locales concernant la microfinance s’est élevé à 44,3 millions de dollars, la part de l’IDA représentant 27 millions de dollars. L’IDA a employé son expertise mondiale dans le domaine de la microfinance pour proposer une approche innovante en matière de microcrédit en Bosnie-Herzégovine.

Partenaires

L’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la Suisse et le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ont cofinancé le premier projet.

Prochaines étapes

Bien que les crédits de l’IDA pour ce projet aient été officiellement clos, les fonds renouvelables des entreprises de microcrédit partenaires continuent d’offrir des financements aux micro-entrepreneurs, permettant la création de nouveaux emplois et d’entreprises. L’intérêt croissant des fonds de capital-investissement, des banques locales et internationales, de la Société financière internationale (IFC) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) offre des garanties raisonnables quant à la viabilité à long terme de l’industrie du microcrédit en Bosnie-Herzégovine.

En Savoir Plus

Projet d’initiatives locales I (microfinance) (1996-2000)
Documents du projet 
Projet d’initiatives locales II (microfinance) (2001-2005)
Documents du projet

(a) indique une page en anglais.


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