Contacts : Anita Gordon 1-202-436-4791 agordon@worldbank.org Sergio Jellinek 202-294-6232 Sjellinek@worldbank.org Un marché mondial de 30 milliards de dollars 5 milliards de dollars en faveur des pays en développement 16 milliards de dollars levés pour une énergie propre dans les pays émergents
Cologne, ALLEMAGNE, le 2 mai 2007—La septième étude annuelle de la Banque mondiale sur le marché du carbone, publiée ce jour à l’occasion de CARBON EXPO, indique que le marché mondial du carbone a triplé en 2006 pour atteindre 30 milliards de dollars, contre 10 milliards en 2005. Le marché a été dominé par la vente et la revente de permis d’émission pour une valeur approchant les 25 milliards de dollars. Le marché axé sur des projets dans les pays en développement et dans les pays avec des économies en transition a enregistré une forte croissance à 5 milliards de dollars en 2006, soit plus du double de l’année précédente.
D’après le rapport, depuis 2002, 8 milliards de dollars de nouvelles ressources ont été générés pour les pays en développement par le biais des mécanismes du Protocole de Kyoto. Le rapport estime que les achats directs de carbone, depuis 2002, ont levé 16 milliards de dollars supplémentaires en investissements associés supportant une énergie propre dans les pays émergents. « Ces chiffres sont pertinents car ils démontrent que le marché du carbone est devenu un catalyseur important pour lever des flux financiers non négligeables en vue de développer une énergie propre dans les pays en voie de développement, » indique Warren Evans, Directeur de l’environnement de la Banque. Le monde émergent s’avère être capital pour les réductions des gaz à effet de serre. Selon le rapport State and Trends of the Carbon Market 2007 (État et tendances 2007 du marché du carbone), les pays en développement ont contracté un milliard de tonnes de réductions d’émissions de gaz à effet de serre et devraient contribuer à hauteur d’un milliard supplémentaire de tonnes d’ici 2012. « Ces chiffres indiquent l’importance de la contribution des pays en voie de développement dans la réduction des changements climatiques. Le milliard de tonnes supplémentaire en provenance des pays émergents représente la moitié de ce que le Japon et l’Union européenne réunis doivent réduire, d’aujourd’hui à la fin de la période d’engagement du Protocole de Kyoto,» stipule Karan Capoor, expert financier de la Banque mondiale et co-auteur du rapport. Philippe Ambrosi, également membre de la Banque mondiale et co-auteur du rapport, ajoute « Ces chiffres du marché réglementé du carbone doivent conforter les autres pays, dans leur prise en compte de nouvelles politiques sur les changements climatiques, que des réductions d’émissions de grande qualité en provenance de pays en voie de développement peuvent les aider à mettre à fin aux émissions de carbone d’une manière financièrement plus efficace. » Des efforts privés pour réduire les changements climatiques Le marché volontaire — des actions par des personnes physiques et morales en marge du Protocole de Kyoto ou d’autres régimes — prend également de l’essor avec plus de 50 entreprises offrant des compensations. Certaines estimations, présentées dans le rapport sur l’état du marché du carbone, placent le volume du marché volontaire à 400 millions de tonnes par an d’ici 2010, égalisant la taille du MDP. Mais ces prédictions rencontrent une forte opposition. Le rapport alerte sur le fait que « ce segment volontaire à potentiel élevé manque cependant d’une norme généralement acceptable, ce qui reste un risque significatif pour la réputation non seulement de ses propres prospects, mais également du reste du marché, notamment les segments de l’échange des droits d’émissions réglementées et les compensations de projets. » Des efforts sont en cours sur le marché pour créer des normes volontaires acceptables pour les projets de compensation. Le rapport State and Trends of the Carbon Market 2007 a étudié les tendances du marché du carbone sur la base de supports fournis par les analystes du marché du carbone et d’entretiens avec un grand nombre d’acteurs du marché. Le rapport se fonde sur des données en provenance de l’échange des permis d’émissions dans le cadre du système européen d’échange de quotas (EU ETS) et de transactions réalisées dans le cadre des mécanismes flexibles du Protocole de Kyoto — le mécanisme du développement propre (MDP) et la mise en œuvre conjointe — qui permettent aux pays industrialisés d’acheter des réductions d’émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et dans les pays avec des économies en transition et comprend également des données provenant des marchés volontaires. Natsource LLC, qui offre des services de conseil et de recherche sur les marchés des émissions et des énergies renouvelables, a apporté sa contribution au rapport. « Les marchés des gaz à effet de serre ont continué de croître et de mûrir en 2006 » stipule Jack Cogen, le président de Natsource LLC. « Nous avons observé en 2006 une croissance de l’activité dans cette catégorie non seulement des sociétés industrielles qui doivent répondre aux objectifs de conformité mais également de participants plus nouveaux comme les entreprises commerciales, les banques et les institutions financières qui reconnaissent le caractère attrayant de ce marché pour la gestion des risques et la génération de rendements du capital. Natsource continuera d’utiliser son expertise pour aider ses clients à réduire leurs coûts de conformité aux objectifs des gaz à effet de serre et à tirer profit d’opportunités sur ces marchés en croissance. » L’analyse du marché indique que les transactions provenant de projets dans des pays émergents et des économies en transition ont totalisé la somme de 466 millions de tonnes de réductions d’émissions de gaz à effet de serre, et dans le programme EU ETS, quelque 1,1 milliard de tonnes de permis ont été négociées. Mais bien que le marché se soit développé, le rapport souligne que « l’énormité du défi climatique nécessitera toutefois une transformation en profondeur, notamment dans les secteurs que les marchés à quotas (cap and trade) ne peuvent facilement atteindre. Il faudra pour cela réaliser des investissements publics et privés dans la recherche et le développement pour le déploiement et la diffusion de nouvelles technologies, adopter des changements de politiques économiques et budgétaires et des approches programmatiques pour dissocier la croissance économique du développement des émissions et enfin, supprimer les subventions dénaturées pour les combustibles et les technologies à haute teneur en carbone. » Le rapport a été remis à plus de 2 000 participants, notamment des acheteurs et des vendeurs de réductions d’émissions de gaz à effet de serre, des intermédiaires et des prestataires de service de sociétés et de pays du monde entier, participant à CARBON EXPO 2007. Pour de plus amples informations, veuillez visiter le site Internet à l’adresse ci-dessous : www.carbonfinance.org (a)
(a) indique une page en anglais.
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