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Combattre hardiment la pauvreté : Un projet à la fois

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4 mai 2007–– Le soleil commençait à se coucher sur un tronçon de route connu comme dangereux en République démocratique du Congo. La spécialiste principale en sciences sociales, Mme Deniz Baharoglu en visite sur le site d’un projet minier commençait à ressentir de la nervosité. Après tout, cette dame de 1,52 mètre, cadre à la Banque mondiale, se trouvait dans une voiture qui portait des impacts de balles causés récemment par une attaque rebelle lancée pratiquement au même endroit une semaine plus tôt. Et peu de temps après, un pneu se crevait. « À ce moment-là, j’ai eu vraiment très peur. J’étais seulement accompagnée du conducteur et d’un autre travailleur social », déclare Deniz Baharoglu, « et le cric était cassé. » Heureusement, Deniz Baharoglu a aperçu un camion transportant des travailleurs de nuit vers le site de projet et est montée à bord pour entreprendre un trajet cahoteux qui devait la ramener à la mine.

Deniz Baharoglu est une spécialiste en sciences sociales pleine de fougue et d’énergie ayant à son actif 20 ans d’expérience dans le domaine du développement et ayant parcouru des milliers de kilomètres dans des régions à haut risque et éloignées du monde. Après avoir travaillé pendant de nombreuses années dans les activités opérationnelles et de recherche en Turquie et les Pays-Bas, Mme Baharoglu est entrée à la Banque mondiale armée d’un PhD nouvellement acquis.

« Je crois au développement, et le Groupe de la Banque mondiale est l’une des principales organisations dotée des outils et du personnel nécessaires et ayant la capacité de porter assistance aux populations à travers le monde », affirme-t-elle. « Et je crois que le développement a besoin de spécialistes des sciences sociales, en dehors des économistes et autres spécialistes du développement. »

Une travailleuse acharnée

Deniz Baharoglu travaille à l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), une institution du Groupe de la Banque mondiale qui assure les investissements directs étrangers contre les risques non commerciaux comme la guerre, les troubles civils et l’expropriation.

Deniz Baharoglu

Deniz Baharoglu

Les projets soutenus par la MIGA doivent profiter directement aux communautés locales, par exemple, par la création d’emplois et la fourniture des services de base comme l’eau et l’électricité. En collaboration avec les ONG locales, les investisseurs fournissent souvent des équipements secondaires comme les dispensaires, le micro-crédit et les écoles. (Pour des exemples, cliquez sur les liens suivants.)

« Les projets de la MIGA sont souvent très ambitieux car nous mettons l’accent sur les marchés inexploités et les pays en situation de conflit, qui sont considérés comme étant parmi les plus pauvres et les plus à risque au monde », déclare-t-elle.

Le travail de Deniz Baharoglu consiste à éviter les impacts potentiellement négatifs que pourraient avoir les projets sur les communautés, et porte en particulier sur des sujets comme le logement, l’environnement, les moyens d’existence et l’accès aux infrastructures sociales et matérielles. Détecter ces impacts négatifs potentiels sur les communautés et les moyens de les atténuer amène à voyager –– à voyager beaucoup.

« Vous ne pouvez pas du tout comprendre les effets réels sur les populations et leurs souffrances si vous ne leur parlez pas directement », affirme Deniz Baharoglu, qui est sur les routes pendant deux semaines tous les deux mois, et parfois pendant quatre semaines. Elle voyage toujours seule.

Sacrifices personnels

Deniz Baharoglu

La MIGA soutient un investissement dans de projet de champ gazier et de gazoduc au Mozambique. Pendant la phase de construction du projet, l’investisseur a fourni une contribution de 5 millions de dollars pour la mise en œuvre de programmes d’investissement social axés sur l’éducation, la création d’emplois, la santé et le bien-être, l’eau, la culture et le développement du sport.

Sa famille souffre de ses déplacements fréquents, plus particulièrement sa fille de quatre ans. « L’impact sur ma vie personnelle n’est pas réellement bénéfique, et bien sûr, je ressens toujours un complexe de culpabilité qui ne me quitte jamais » a-t-elle ajouté.

Voyager est aussi physiquement éprouvant. Les projets sont souvent situés dans des zones frappées par des maladies endémiques et des épidémies qui peuvent coûter la vie. La plupart des voyages de la Banque mondiale ne vont pas sans vaccins et comprimés.

Après une journée entière de voyage, il est courant de se mettre tout de suite au travail sans aucun répit, avec la pression supplémentaire qu’il faut donner de bons résultats malgré le poids du décalage horaire. « Parfois c’est le milieu de hiver ici, et en 24 heures, je me retrouve dans un milieu extrêmement humide, qui sape l'énergie. Ensuite, il faut poursuivre le voyage en avion à turbopropulseurs ou en hélicoptère ou dans un véhicule sur des routes en mauvais état et parfois même à pied. »

« Les gens qui ne savent pas ce que fait la Banque nous imaginent dans des hôtels cinq étoiles », dit-elle en riant. « Mais en réalité, il n’est pas rare de se retrouver dans une tente, sans électricité ni eau courante, au milieu des moustiques, au risque de contracter le paludisme. Lors d’un récent voyage, j'ai dû me laver avec un seau d'eau, là où où les travailleurs lavaient leur linge.»

Récompenses professionnelles

Deniz Baharoglu

Les femmes travaillant dans les centres d’appel au Sénégal, un secteur récemment identifié comme à fort potentiel de compétitivité dans la publication « Snapshot Africa » de la MIGA.

Professionnellement, c’est un travail très gratifiant. Lors d’un autre voyage effectué récemment en Afrique, Deniz Baharoglu a rencontré environ 1 000 habitants des localités, allant de village en village pendant deux jours. À chaque endroit, elle invitait des jeunes gens, hommes et femmes, des personnes âgées, et même des enfants, à la rencontrer.

« Une femme dans une des localités visitées est venue vers moi et m’a dit, « je savais que vous viendriez. Vous nous avez dit que vous reviendriez pour voir comment nous allions, et vous avez tenu parole. » « C’est cela ma récompense », dit Deniz Baharoglu.

 

(a) indique une page en anglais.




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