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Un monde de différences dans l’accès à l’énergie

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À l’hôpital de Kayunga en Ouganda, la liste des instruments médicaux comprend non seulement des scalpels mais également de lampes de poche.

 

Contrairement à 75 % environ des foyers en Afrique, l’hôpital est suffisamment chanceux pour être raccordé à un réseau électrique. Mais il ne bénéficie de l’électricité qu’un jour sur deux (environ 15 jours par mois) et il existe un décalage dans le temps avant que le générateur ne s’enclenche, explique le Docteur Musisi Dirisa.

 

« Il faut très souvent improviser et employer une lampe torche ou quelque chose de ce genre » précise-t-il.

 

« C’est une grande épreuve pour nous. Nous devons souvent envoyer les patients vers d’autres hôpitaux, ce qui représente un coût pour l’hôpital et met la vie des patients en danger. »

 

Sept fois moins d’énergie

 

Les pays d’Afrique subsaharienne utilisent sept fois moins d’électricité que les personnes vivant dans les pays à revenu élevé, indique le Little Green Data Book (a), un guide de référence distribué par la Banque mondiale le 8 mai, lors des réunions à New York de la commission du développement durable des Nations Unies.

 

Seuls 25 % des Africains ont accès à l’énergie moderne selon le cadre d’investissement de la Banque pour les énergies propres et le développement (a).

 


Seul 25% des africains ont accès à une source d'énergie moderne.
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Environ 56 % de l’utilisation totale de l’énergie provient de la biomasse traditionnelle – principalement le bois de chauffage. Selon le Little Green Data Book, les 20 principaux utilisateurs de biomasse au monde sont la totalité des pays d’Afrique, à l’exception du Népal (quatrième), d’Haïti (onzième) et de Myanmar (douzième).

 

La demande croissante d’énergie a conduit au rétrécissement des forêts. Près de 45 000 kilomètres carrés de forêts ont été dévastés dans les pays à faible revenu entre 1990 et 2005, et 38 000 kilomètres carrés dans les pays à revenu intermédiaire.

 

« La plupart des personnes (en Afrique) n’ont pas accès à une énergie propre. De ce fait, elles en subissent les conséquences sur leur santé » explique Katherine Sierra, vice-présidente de la Banque pour la division développement durable.

 

« Elles respirent l’air intérieur pollué par de mauvais combustibles. Il n’y a pas de lumière le soir, les enfants ne peuvent donc étudier. Il n’y a pas de lieux réfrigérés dans les cliniques, les vaccins s’abîment. »

 

L’impact sur la réduction de la pauvreté

 

Sierra indique que le problème pose un défi majeur à la croissance économique et à la réalisation des objectifs du développement mondial, comme la réduction de moitié de l’extrême pauvreté d’ici 2015.

 

K. Sierra continue : « Le lien est évident avec l’allègement de la pauvreté. Il est clair qu’une partie de la solution réside dans des augmentations de l’énergie moderne. Mais nos prévisions sont pour 2030, et même avec un doublement du montant des dépenses qui peuvent être allouées à l’énergie en Afrique, les taux d’accès ne seront toujours, en moyenne, que de 50 %. »

 

Toujours selon K. Sierra, cette augmentation nécessiterait un doublement de l’aide pour passer des 2 milliards de dollars actuels par an à 4 milliards de dollars.

 

« Nous pensons que c’est un objectif réalisable. Il est difficile et quand nous l’avons élaboré, nous avons essayé de le considérer tant en termes de ce qui était disponible en matière de financement que de ce qui était réalisable en matière des capacités sur le terrain qui nous permettraient d’aller aussi loin. »

Encourager la voie d’une croissance verte

K. Sierra explique qu’il faudra sensiblement plus d’argent pour « encourager la voie d’une croissance verte dans les pays en voie de développement » sur la base de nouvelles technologies plus propres.

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Financement du Groupe de la Banque mondiale en matière d'énergie
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À l’échelle mondiale, la Banque estime que le seul secteur de l’énergie réclame au moins 30 milliards de dollars par an pour passer à une économie moins axée sur le carbone. Ceci s’ajoute aux 165 milliards de dollars nécessaires chaque année à la fourniture d’électricité dans les pays émergents.

Le marché du carbone, qui permet de financer les projets d’énergie propre et d’efficience énergétique dans les pays non affiliés à l’OCDE, a atteint 30 milliards de dollars en 2006. Quelque 5 milliards ont été destinés aux pays en voie de développement.

K. Sierra explique qu’un marché du carbone plus important, alimenté par des objectifs de réduction de gaz à effet de serre plus ambitieux dans l’Union européenne et dans d’autres pays, pourrait permettre de financer, dans les dix prochaines années, un développement propre dans les pays émergents moyennant une somme de 50 milliards de dollars.

 

 




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