
Au démarrage du projet, les indicateurs de santé au Honduras étaient parmi les pires de la région : entre 1990 et 1997, le taux de mortalité maternelle a baissé de 38 % mais restait élevé à 108 décès pour 100 000 naissances vivantes ; la mortalité infantile était, quant à elle, de 36 pour 1 000 naissances. Un système de soins fragmenté, une inégalité de couverture selon les régions, une mauvaise réglementation, une allocation centralisée des ressources empêchant la comptabilisation des résultats et un système de soins orienté vers les soins curatifs contre préventifs (les soins préventifs ne représentant que 5 % des dépenses de santé publique) représentent certaines des raisons expliquant ces mauvais indicateurs. Pendant cette période, seuls 15 % de la population souscrivaient à une assurance santé.

Le projet cherche à développer la couverture de soins et accroître sa qualité, en particulier auprès de la population pauvre, en soutenant une réforme à l’échelle du système. Une attention spécifique est portée aux sujets comme les services de santé maternelle et infantile, la prévention et les soins VIH/SIDA et les problèmes concentrés dans les segments les plus pauvres de la population. Bien que le projet soit toujours en cours, des premières études suggèrent que l’utilisation de cliniques décentralisées et de contrats basés sur la performance a amélioré tant la couverture que la qualité des services de santé destinés aux populations démunies du Honduras.

L’accès aux services s’est accru, particulièrement pour les femmes et les enfants qui constituent le groupe le plus vulnérable.
Principales réalisations :
- Une augmentation de 35 % du nombre de naissances médicalement assistées par un personnel compétent, en raison de l’utilisation de cliniques décentralisées et de contrats basés sur la performance avec les prestataires locaux. Davantage de femmes enceintes ont cherché des soins prénataux plus tôt, avec 66 % des femmes enceintes sollicitant des soins prénataux pendant les 20 premières semaines de leur grossesse dans la municipalité de Taulabe.
- Une hausse de 46 % du nombre de personnes couvertes par l’assurance santé délivrée par l’institut de sécurité sociale du Honduras (de 376 000 à 600 000 assurés directs) ; des études de bénéficiaires indiquent une large reconnaissance de l’amélioration de la qualité des services de sécurité sociale.
- Des travaux de réhabilitation ont été achevés pour 6 cliniques : Santa Maria (El Paraiso), Reitoca (Francisco Morazan), Lepaterique (Francisco Morazan), Trascerros (Santa Barbara) et Marcala (La Paz).
- Quatorze cliniques maternelles et infantiles ont reçu des équipements de réanimation.

- Le coût total du projet est de 31 millions de dollars, avec une contribution de l’IDA à hauteur de 27 millions de dollars et du gouvernement du Honduras de 4 millions de dollars.
- L’introduction du modèle de clinique décentralisée au Honduras a été une réalisation majeure, facilitée par l’expérience de l’IDA dans ce type de mécanisme de prestation de services dans d’autres pays. - Un recensement du statut de santé familiale a été réalisé dans la totalité des sept communautés du projet et une cartographie des risques a été élaborée sur la base des résultats, qui identifiait les foyers à risque. Ces données ont permis aux équipes de soins de rendre visite aux foyers vulnérables, de suivre leur état de santé, de les éduquer en matière de santé et, le cas échéant, de les diriger vers des unités de soins.
- Un réseau de bénévoles et d’équipes de soins de santé primaires, catalysé par le projet, a été établi et fonctionne dans toutes les communautés. Des salons ayant pour thème la santé, organisés dans les communautés, sont destinés à promouvoir les comportements et les environnements sains.

Le défi principal auquel les modèles décentralisés doivent faire face est la durabilité. En premier lieu, le gouvernement commencera à financer ces modèles directement par le biais du budget du ministère de la Santé. Parmi les autres étapes qui bénéficieront de l’appui de l’IDA on trouve : (i) l’implication de l’institut de sécurité sociale dans ces contrats ; (ii) la hausse du nombre de cliniques décentralisées ; et (iii) le développement d’un système d’assurance santé pour les populations démunies.