4 mai 2007 —Par Prabha Chandran à Jakarta Durant les 15 mois où j’ai vécu en Indonésie, le pays a été ébranlé par une série de catastrophes naturelles — certaines si graves qu’elles ont fait la une des journaux du monde entier, mais aussi bien d’autres qui n’ont causé qu’un faible écho sur les téléscripteurs accoutumés aux litanies quotidiennes des secousses sismiques, des inondations et des glissements de terrain.
La somme des souffrances humaines qui accablent l’Indonésie n’est pas quantifiable dans les estimations des dégâts et des sinistres ou dans les rapports sur la reconstruction. J’ai pensé à cela alors que les inondations dévastatrices faisaient rage dans toute la capitale pour la sixième journée consécutive, et que ceux qui croyaient avoir vécu le pire lors des inondations de 2002 à Jakarta s’inquiètent maintenant à l’idée que la situation pourrait encore empirer.
Scène de rue, le 2 février.
Des maisons inondées pendant six jours consécutifs
Au vu de la situation comparativement calme de Jalan Jendral Sudirman où se trouve notre bureau, il est difficile d’imaginer qu’à 15 minutes d’ici, des gens sont encore isolés dans des habitations inondées depuis six jours. Aujourd’hui, presque 75 % de cette capitale trépidante avec ses 12 millions d’habitants souffrent des inondations causées par les pluies diluviennes de la nuit dernière. Près de 35 personnes sont mortes et 340 000 Jakartanais ont trouvé refuge dans des mosquées, des écoles et autres bâtiments transformés en abris de secours. En ce moment, des maladies comme la gastro-entérite frappent 50 000 personnes et l’approvisionnement en eau, nourriture et carburant devient de plus en plus précaire.
Inondation dans la maison de Sabine Joukes le 2 février, à 6 h du matin
Miraculeusement, tout le personnel travaillant pour la Banque est sain et sauf, bien que certains aient quitté leur maison et d’autres aient bénéficié d’opérations de sauvetage et de relogement. Kundavi Kadiresan, directeur régional intérimaire pour l’Indonésie, a pris la tête des efforts pour contrôler la sécurité des 183 employés du bureau de Jakarta et il est assisté par une équipe de base comprenant Stephen K. Jones, conseiller régional de sécurité, et Bakti Sudaryono, chef des services administratifs du bureau de Jakarta.
Avec ses 14 ans d’expérience dans une ville ébranlée par la violence politique et les inondations précédentes, Pak Bakti ne perd pas son calme au moment de tester l’efficacité d’un arbre d’appel que lui et Stephen ont mis sur pied pour faire face à une éventuelle épidémie de grippe aviaire. Celui-ci sert maintenant à joindre le personnel touché par les inondations.
« Au moment où nous sommes confrontés aux défis présentés par cette situation d’urgence, cette planification nous permet de réagir rapidement, » a déclaré Stephen. « Le personnel a fait preuve de beaucoup de souplesse dans des circonstances difficiles et nous avons pu venir en aide aux personnes ayant les plus grands problèmes de relogement.
Évacuation de membres du personnel
German A. Vegarra, responsable de la SFI, disposait lui aussi d’une équipe d’urgence qui s’est assurée du sort des 60 employés, dont certains ont été fortement touchés par les inondations. « Je courais dans la rue avec les eaux d’égoût m’arrivant à la taille, j’avais deux sacs sur la tête et ma femme portait le bébé, » se souvient Oka Simanjuntak qui travaille comme consultant en promotion des investissements dans le cadre du programme « Business Enabling Environment » (Environnement favorable aux affaires).
« Nous nous sommes écartés pour éviter un gros camion et ma femme est tombée dans un collecteur d’eaux pluviales torrentueux, avec le bébé. Je lui tenais désespérément la main tout en retenant les sacs de l’autre, et je me rappelle avoir pensé que ça ne pouvait pas m’arriver à moi, que je voyais ça à la télé –– dans d’autres catastrophes. » Heureusement, la femme d’Oka a pu être sauvée par son frère qui est parvenu jusqu’à elle en bateau et la famille se trouve maintenant dans une maison louée temporairement par la SFI.
La météo prévoyant d’autres pluies dans les jours qui viennent, l’équipe de Jakarta travaille en étroite collaboration avec ses homologues à Washington D.C. pour assurer le soutien nécessaire du personnel qui a besoin d’abri, d’aide au relogement ou d’assistance médicale.
Bernadetta Sulistyarini, coordinatrice de l’équipe PENSA, est elle aussi reconnaissante du soutien dont elle a bénéficié au bon moment ; elle essaie également d’oublier le souvenir particulièrement traumatisant du saut qu’elle a dû faire de son balcon au premier étage dans un petit canot de sauvetage : « J’étais paralysée par la peur, agrippée à la balustrade du balcon et refusant de sauter.
« Lorsque les forces m’ont manqué, j’ai récité une prière, j’ai perdu une chaussure qui est tombé dans le canot, alors finalement j’ai sauté. » À part quelques ecchymoses, tous deux sont en bonne santé. Si vous voulez lire les récits qu’ils ont faits et ceux d’autres collègues également sauvés par bateau, Sabine Joukes, adjointe aux communications pour le Fonds multidonateurs, et Safitra Amalia, réceptionniste à la SFI, cliquez ici.
La météo prévoyant d’autres pluies dans les jours qui viennent, l’équipe de Jakarta travaille en étroite collaboration avec ses homologues à Washington D.C. pour assurer le soutien nécessaire du personnel qui a besoin d’abri, d’aide au relogement ou d’assistance médicale. « Nous observons attentivement la situation et travaillons avec nos collègues de Washington pour que notre personnel bénéficie du meilleur soutien médical et autre possible, » a dit Kundavi, qui sait qu’un « certain nombre d’employés auront besoin d’assistance lorsqu’ils retourneront chez eux. » Personne ne peut encore prévoir la date à laquelle ils pourront le faire, alors que la ville se prépare à subir de nouvelles pluies.