Le 1er juin 2007 –Petit pays recelant certaines des espèces sauvages les plus diverses et les plus rares du monde, la Républiquedémocratique populaire lao (a) est l’un des trésors biologiques cachés de l’Asie du Sud-Est. Grâce à ses aires protégées, le pays œuvre pour garantir que la magie et les merveilles de ses jungles ne disparaissent pas.
Berceau du plus grand nombre de grands mammifères du sud-est asiatique, comme le muntjac à grand bois, le tigre indochinois et le Douc Langur - une espèce de singe qui ne se rencontre qu’au Laos et dans le nord du Viêt-Nam – le pays abrite également la plus grande population d’éléphants d’Asie en Indochine.
Encore plus étonnant, de nombreuses nouvelles espèces ont été découvertes ces dernières années, notamment des mammifères comme le lapin annamite strié, l’une des espèces de lapin les plus rares au monde, et le saola (un animal des forêts proche de l’antilope et de la vache). La découverte la plus récente a été le rat typique laotien, vivant dans les régions calcaires, qui n’est pas étroitement associé aux rats courants mais appartient en fait à une ancienne famille de rongeurs qui, jusqu’à l’an dernier, passait pour être éteinte depuis 11 millions d’années. De telles découvertes placent le Laos parmi l’un des rares pays où plusieurs espèces entièrement nouvelles de grands mammifères ont été découvertes ces dernières années.
« La biodiversité unique présente au Laos est extraordinaire » explique Arlyne Johnson, co-directeur de la Wildlife Conservation Society (WCS en anglais) (« société pour la conservation de la faune ») au Laos. « Mais les espèces énigmatiques, difficiles à repérer et peu connues sont également fortement menacées ».
Afin de protéger les espèces sauvages et la biodiversité du pays dans son ensemble, 20 aires nationales protégées, couvrant plus de 14 pourcent du territoire total du pays, ont été instaurées, selon le « Lao Environment Monitor ». L’éloignement de ces aires contribue à la protection des espèces sauvages mais la chasse et le négoce – en réponse tant aux traditions laotiennes qu’à la demande du marché international – font peser une menace critique sur les trésors trouvés dans les jungles laotiennes.
Pour aborder ce problème, il existe un intérêt renouvelé dans le développement et la mise en place de programmes de gestion et de surveillance des aires protégées dans tout le pays. L’un des programmes les plus prometteurs a lieu dans ce que les experts désignent comme la plus grande aire protégée de la partie continentale de l’Asie du Sud-Est.
Située dans le centre du pays, l’aire nationale protégée de Nakai Nam Theun — également connue sous le nom de bassin Nam Theun 2 (NT2) — est l’une des plus importantes au monde en termes de diversité biologique et culturelle. L’aire possède certaines des forêts naturelles et protégées les plus diversifiées et accueille probablement l’une des deux plus grandes populations d’éléphants du Laos. Sa gestion focalise également l’attention du public car elle constitue un exemple de surveillance et de protection active des espèces sauvages dans le pays.
Le bassin NT2 est géré par la Nam Theun 2 Watershed and Management Protection Authority (WMPA - en anglais), une agence gouvernementale laotienne qui a commencé ses travaux fin 2005. L’agence est la première entité intégrée de préservation et de développement de cette échelle dans le pays, et la première à réaliser des efforts de grande envergure pour appliquer les lois sur les espèces sauvages et établir un système systématique de surveillance de la biodiversité. L’agence opère grâce à un budget de 1 million de dollars octroyé chaque année par la Nam Theun 2 Power Company (NTPC - en anglais) dans le cadre des programmes de réduction des impacts sur l’environnement du projet hydroélectrique Nam Theun 2 (a) projet appuyé par la Banque mondiale.
Par le biais de ses travaux, l’autorité WMPA a donné à son personnel et aux villageois vivant dans le bassin NT2 les moyens de conserver et de protéger la riche biodiversité de l’aire, en travaillant notamment à la réduction des menaces pesant sur les espèces sauvages. Certaines des mesures prises incluent un renforcement de l’application des règles par des patrouilles, la sensibilisation des communautés à l’impact de la chasse, la fourniture de moyens de subsistance améliorés aux personnes, réduisant ainsi la pression sur les forêts, et la démarcation d’aires de protection qui ne doivent être gérées que pour la valeur de leur biodiversité. L’objectif visé est de permettre aux espèces sauvages présentes dans le bassin NT2 de bénéficier d’un environnement de plus en plus propice à leur épanouissement.
Une équipe conjointe rassemblant le personnel de la Banque mondiale et de la WCS a également été formée pour examiner plus attentivement les efforts de préservation et de protection dans le bassin NT2. L’équipe a passé plusieurs jours dans la jungle laotienne aux côtés des groupes de surveillance des espèces sauvages de l’autorité WMPA pour pister les espèces et évaluer le programme global.
« Cela a été pour nous une occasion formidable de voir de plus près comment les équipes travaillent, comment les villageois ont appris à réaliser des études sur les espèces sauvages et quelles informations sont collectées » rapporteAnthony Whitten, un expert en biodiversité de la Banque mondiale qui possède une expérience approfondie de la protection des espèces dans la région.
L’autorité WMPA, en collaboration avec la WCS, applique plusieurs méthodes de surveillance et utilise notamment des caméras automatiques pour enregistrer les mammifères la nuit et observer directement cinq espèces cibles le long de trajets fixes pendant la journée. Les groupes de surveillance sont généralement composés de personnel WMPA et de villageois qui vivent dans la région, qui sont formés et employés par l’agence.
« Il est très important que l’autorité WMPA effectue ce travail car elle communique des informations sur les espèces sauvages et cela nous permet de mieux gérer l’aire protégée », a expliquéM. Xaypanat, chef d’équipe de l’un des groupes de surveillance des espèces sauvages, au personnel de la Banque mondiale.
Avec la création de groupes de surveillance et de patrouilles, l’autorité WMPA offre un bon exemple de préservation et de protection de la biodiversité dans le pays. Elle continuera à mener ses efforts de surveillance et de patrouille et à sensibiliser la population afin d’assurer la durabilité de ses programmes et la protection de la région.
La journée mondiale de l’environnement a lieu le 5 juin. Que faites-VOUS pour protéger le monde ?
Vous trouverez plus d’informations sur la biodiversité au Laos dans le Lao Environment Monitor disponible sur le site Internet de la Banque mondiale à l’adresse : www.worldbank.org/lao (a)
Les résultats de l’étude récemment réalisée sur les éléphants du plateau de Nakai sont disponibles sur le site Internet de la société Nam Theun 2 Power Company à l’adresse : www.namtheun2.com (a)
Pour de plus amples informations sur les efforts de préservation dans la République démocratique populaire lao, veuillez visiter le site Internet de la société pour la conservation de la faune à l’adresse : www.wcs.org/laos (a)