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Journal de bord dans la jungle : pister les espÚces sauvages en République démocratique populaire lao par Nanda Gasparini

Disponible en: Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©, äž­æ–‡, Español, English

Nanda Gasparini travaille au service chargĂ© des affaires extĂ©rieures de la Banque mondiale et est basĂ©e en RĂ©publique dĂ©mocratique populaire lao. Originaire du Venezuela, elle travaille Ă  la Banque mondiale depuis trois ans et dans les bureaux laotiens depuis huit mois. Voici quelques extraits du journal qu’elle a tenu pendant son voyage dans l’aire nationale protĂ©gĂ©e de Nakai Nam Theun lors d’une mission de supervision de la Banque mondiale, en fĂ©vrier 2007.

 

 

Jour 1 : de Vientiane au plateau de Nakai – 4 fĂ©vrier 2007

 

Mon Dieu qu’il fait froid ! Qui aurait pu penser que j’aurais froid un jour en vivant au Laos ? Il fait pourtant prĂšs de zĂ©ro degrĂ© oĂč je me trouve


 

Je suis ici sur le plateau de Nakai (dans la province Khammouane), dans le centre de la RĂ©publique dĂ©mocratique populaire lao (a), avec Tony, un autre collĂšgue de la Banque mondiale. Tony est un expert confirmĂ© de la biodiversitĂ© pour la rĂ©gion de l’Asie de l’Est et qui plus est un biologiste de formation, une espĂšce rare au sein de la Banque. Il travaille sur le projet Nam Theun 2 (NT2 - en anglais) depuis neuf ans et a Ă©tĂ© Ă©troitement impliquĂ© dans la protection de l’aire nationale de Nakai Nam Theun (le bassin de NT2 faisant partie du projet) – ce qui m’amĂšne aux raisons pour lesquelles je suis ici


 

Tony et moi, ainsi qu’Arlyne et Jim, deux autres collĂšgues de la Wildlife Conservation Society (WCS - en anglais) (« SociĂ©tĂ© pour la conservation de la faune »), passerons les six prochains jours Ă  sillonner la jungle laotienne aux cĂŽtĂ©s des groupes de surveillance des espĂšces sauvages, pour voir les animaux et Ă©valuer le fonctionnement du programme de surveillance.

 

Je suis ravie de faire cette expédition ! Il est de temps de dormir car demain nous partons tÎt.

 

 

Jour 2 : de Nakai Ă  Tha Phai Ban – 5 fĂ©vrier 2007

 

L’expĂ©dition commence. TĂŽt ce matin, nous avons eu une rĂ©union avec la WMPA (a) (l’entitĂ© gĂ©rant l’aire protĂ©gĂ©e), puis nous avons attendu un canoĂ« qui nous a fait remonter le fleuve Nam Theun pendant une heure.

 

On ne pouvait souhaiter meilleur temps : un magnifique ciel bleu, une tempĂ©rature agrĂ©able, des vues superbes du fleuve et des oiseaux intĂ©ressants repĂ©rĂ©s sur notre chemin. AprĂšs avoir atteint Kaeng Maeo (littĂ©ralement, le « rapide des chats »), une Ă©tape le long du Nam Theun, nous avons dĂ©jeunĂ© d’un peu de riz gluant (l’aliment de base du pays) et de viande de buffle sĂ©chĂ©e. Nous avons ensuite entamĂ© une randonnĂ©e de deux heures pour Ă©viter les rapides du fleuve. Une fois remontĂ©s Ă  bord d’un autre bateau au sommet des rapides, nous (Arlyne, Tony, Jim et moi ainsi que Lakhon et Buaseng, deux collĂšgues qui travaillent respectivement Ă  l’autoritĂ© WMPA et au bureau du gouverneur rĂ©gional), avons repris la route pendant deux heures – j’ai encore des crampes aux jambes – pour atteindre Tha Phai Ban aux environs de 17 heures (Tha Phai Ban est l’un des villages situĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de l’aire nationale protĂ©gĂ©e oĂč travaille la WMPA, en collaboration avec le reste des villages, pour aider les habitants Ă  amĂ©liorer leurs niveaux de vie).

 

Lao Jungle Diary 2

Jim, Buaseng et Lakhon dans la forĂȘt

Nous nous sommes rapidement baignĂ©s dans le fleuve (pour profiter de la chaleur et du soleil restant) et nous nous sommes installĂ©s dans la maison de M. Teuang, le chef du village, oĂč nous devions dormir.

 

Nous Ă©tions environ vingt-cinq dans la plaisante maison laotienne de M. Teuang, qui comporte une vaste salle oĂč nous nous sommes rĂ©unis dans une ambiance chaleureuse autour d’un feu pour boire de l’eau chaude et le fameux whisky de riz ‘lao lao’ (auquel il est impossible d’échapper dans un village laotien).

 

Les villageois Ă©taient trĂšs accueillants : les enfants nous dĂ©visageaient, rigolant quand je leur souriais, les femmes aidaient Ă  prĂ©parer la nourriture et les hommes nous encourageaient Ă  boire davantage au fur et Ă  mesure que nous racontions des histoires (principalement Arlyne et Jim, car mon laotien n’est pas assez bon pour l’instant) et pendant que attendions que les poulets soient tuĂ©s et cuits. Vers 21 heures, nous nous sommes glissĂ©s dans nos sacs de couchage pour dormir.

 

 

Jour 3 : de Tha Phai Ban au camp 6 – 6 fĂ©vrier 2007

 

Lao Jungle Diary 3

En route vers le Camp 6. Mon plat favori est le meng da geo , une substance gĂ©latineuse dans laquelle on trempe le riz, sauf que celui-ci Ă©tait composĂ© d’insectes sĂ©chĂ©s et pilĂ©s (bien plus goĂ»teux qu’il n’y paraĂźt !).

Debout Ă  6 heures : aprĂšs avoir rangĂ© les lieux, apprĂ©ciĂ© un bon cafĂ© instantanĂ© qu’Arlyne nous avait apportĂ© et mangĂ© quelques restes de riz gluant et de poulet du repas d’hier soir nous Ă©tions prĂȘts Ă  partir.

 

Aujourd’hui, nous allions d’un « point A » Ă  un « point B », ce qui signifie que notre objectif principal Ă©tait d’arriver au camp 6, Ă  seize kilomĂštres de Tha Phai Ban, pour rejoindre les groupes travaillant sur la surveillance des espĂšces sauvages (les Ă©quipes « transect ») : la raison de notre prĂ©sence !

 

La marche Ă©tait intĂ©ressante. Nous nous sommes arrĂȘtĂ©s environ une demi-heure pour dĂ©jeuner et nous sommes arrivĂ©s au camp vers 16h30. La forĂȘt est si belle, il y a tant d’énergie ! Nous avons traversĂ© quelques villages, chacun ayant sa propre carte indiquant dans quelle zone de l’aire protĂ©gĂ©e ils se situent, quels sont les espaces qu’ils utilisent pour l’agriculture, la chasse, la collecte des produits de la forĂȘt, et quelles sont les zones complĂštement protĂ©gĂ©es. J’ai Ă©galement dĂ» pratiquer mon laotien avec mes amis de l’autoritĂ© WMPA et du gouvernement, un petit plus non nĂ©gligeable pour moi !

 

Une fois arrivĂ©s au camp, nous avons montĂ© nos tentes, pris un bain dans l’eau glacĂ©e du fleuve Nam Che (j’ai cru que j’y laissais un orteil !) et dĂźnĂ© de poisson fraĂźchement pĂȘchĂ© et de riz gluant. Mon plat favori est le meng da geo, une substance gĂ©latineuse dans laquelle on trempe le riz, sauf que celui-ci Ă©tait composĂ© d’insectes sĂ©chĂ©s et pilĂ©s (bien plus goĂ»teux qu’il n’y paraĂźt !).

 

AprĂšs le dĂźner, nous Ă©tions Ă  peu prĂšs une vingtaine Ă  nous asseoir devant le feu. Nous nous sommes prĂ©sentĂ©s de maniĂšre plus formelle en expliquant les raisons de notre prĂ©sence. Le groupe que nous avons rejoint est dirigĂ© par M. Xaypanya, qui travaille pour l’autoritĂ© WMPA, et est composĂ© de villageois employĂ©s par la WMPA. Sa mission consiste Ă  rĂ©aliser des Ă©tudes sur les espĂšces sauvages avec l’aide de la WCS. La WCS forme les villageois Ă  effectuer ces Ă©tudes et leur donne les moyens de surveiller et de gĂ©rer l’aire protĂ©gĂ©e ; cela leur permet Ă©galement d’engranger une source de revenus diffĂ©rente (en protĂ©geant les espĂšces sauvages au lieu de les chasser
 une tradition de longue date au Laos).

 

L’objectif principal de l’étude sur les espĂšces sauvages est d’évaluer l’abondance de 5 types d’espĂšces dans quatre aires diffĂ©rentes, de 200 kilomĂštres carrĂ©s chacune, dans le bassin NT2. Dans chacune de ces aires « d’échantillonnage », 120 transects diffĂ©rents sont rĂ©alisĂ©s par quatre Ă  six Ă©quipes de trois personnes chacune, chaque transect durant quatre jours (chaque groupe rĂ©alise donc approximativement une trentaine de transects). Chaque sĂ©rie de transects doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e durant une saison sĂšche, puis le cycle se rĂ©pĂšte, afin que chaque aire soit Ă©chantillonnĂ©e une fois tous les quatre ans.

 

Chaque jour l’équipe parcoure un « transect » (une ligne droite qui a Ă©tĂ© dĂ©marquĂ©e) et enregistre ce qu’elle voit et entend et Ă  quel moment, en se concentrant sur cinq types d’espĂšces sauvages : le Douc Langur, les macaques, l’écureuil noir gĂ©ant, les gibbons Ă  joues blanches et les calaos.

Demain nous rejoindrons l’une de ces Ă©quipes et espĂ©rons apercevoir quelques spĂ©cimens de ces espĂšces sauvages !

 

 

Jour 4 : Camp 6 – 7 fĂ©vrier 2007

Lao Jungle Diary 4

Mr. Xaypanya nous montre oĂč nous Ă©tions aujourd'hui. Tony et Arlyne, Ă  gauche, Jim et moi, Ă  droite, regardent.

 

Bien qu’il s’agisse de mon tout premier transect et de notre premier transect ici, c’était le deuxiĂšme jour de l’équipe. Nous nous sommes rĂ©veillĂ©s Ă  5h30, avons pris le petit-dĂ©jeuner et sommes partis pour le transect juste avant 7 heures. Arlyne et moi avons rejoint un groupe et Tony et Jim en ont rejoint un autre. Chaque groupe est gĂ©nĂ©ralement composĂ© de trois personnes (habituellement des hommes dans ce cas) : le chef de file, un autre « observateur » (cherchant les espĂšces) et un garde (juste au cas oĂč).

 

L’idĂ©e du transect est de couvrir environ deux kilomĂštres de territoire en ligne droite (une ligne Ă©tablie le premier jour en suivant un emplacement par GPS et un relĂšvement au compas), lentement et calmement, en Ă©coutant et en cherchant les espĂšces. Pourquoi cinq types d’espĂšces ? Selon Arlyne, ces espĂšces ont Ă©tĂ© choisies car elles sont gĂ©nĂ©ralement faciles Ă  entendre ou Ă  voir dans cette forĂȘt, mais ce sont aussi quelques-unes des espĂšces les plus menacĂ©es par la chasse – un gros problĂšme dans le bassin NT2.

 

L’objectif de l’étude est alors de mesurer l’abondance de ces cinq espĂšces sur chaque transect, tous les quatre ans pendant 30 ans (la pĂ©riode financĂ©e par la Nam Theun 2 Power Company (a) ), ce qui permettra Ă  la WMPA de voir si les niveaux d’espĂšces sauvages ont Ă©tĂ© conservĂ©s, augmentĂ©s ou rĂ©duits (et ainsi d’évaluer si les efforts de protection sont efficaces).

 

story-nanda

Le Douc Langur est un singe que l'on trouve suelement au Laos et dans le nord du Viet Nam.
© WMPA.

Revenons Ă  ce que j’ai vu... C’était trĂšs intĂ©ressant ! Nous avons tout d’abord vu un blaireau Ă  gorge blanche, ce n’était pas un des spĂ©cimens que nous recherchions, mais c’en est apparemment un qui n’est pas si facile Ă  observer (bien sĂ»r, je n’en ai aucune idĂ©e), et nous avons aussi vu 20 Douc Langurs! Les Douc Langurs ne se rencontrent qu’au Laos et au ViĂȘt-Nam, et nous en avons vu 20 ! Incroyable ! Ils sont plus grands que les singes habituels et possĂšdent une grande barbe blanche et une fourrure rousse sur leurs pattes. Le reste du corps est noir, blanc et gris. Le blanc est sur la croupe et sur la queue, ce qui fait qu’on dirait qu’ils portent des caleçons blancs.

 

Nous sommes maintenant de retour au camp. Nous nous sommes baignĂ©s (j’ai encore failli geler) et nous nous sommes assis prĂšs du feu avec les villageois laotiens en comparant nos notes sur ce que nous avions vu. BientĂŽt nous dĂźnerons et irons dormir.

 

 

Jour 5 : Camp 6 – 8 fĂ©vrier 2007

 

Lao Jungle Diary 5

Arlyne et Lakhon Ă  la recherche de Douc Langurs sur le chemin qui mĂšne au Camp 6. Arlyne note ce qu'elle voit sur son carnet.

DeuxiĂšme jour de transect pour nous et troisiĂšme pour l’équipe. Arlyne et moi avons retrouvĂ© aujourd’hui un groupe diffĂ©rent, alors que Tony et Tim ont rejoint notre groupe d’hier. Nos observations les plus intĂ©ressantes du jour ont Ă©tĂ© des calaos bruns – de grands oiseaux d’environ 70 centimĂštres de haut avec un bec semblable Ă  celui du toucan, perchĂ©s trĂšs haut dans les arbres – et un Ă©cureuil noir gĂ©ant, assis juste lĂ , avec sa grande queue touffue qui le faisait ressembler Ă  une sorte de putois d’oĂč j’étais assise (avec mes jumelles, Ă  environ 200 mĂštres). Les animaux Ă©taient si beaux ! Je n’avais jamais imaginĂ© ĂȘtre si enthousiasmĂ©e par la vue d’un oiseau, d’un Ă©cureuil ou d’un singe, en particulier quand ils sont Ă  quelques centaines de mĂštres ! Mais c’est passionnant ! Comme le dit Tony, le facteur « WOUAH », c’est le moment oĂč on se dit « wouah » pour la premiĂšre fois et Ă  partir duquel notre perspective change Ă  tout jamais


 

Il est aussi Ă©tonnant de voir les espĂšces sauvages que de noter le talent de ces hommes capables d’observer des choses qui sont Ă  des centaines de mĂštres (compte tenu du fait qu’ils avaient l’habitude de chasser pour vivre). Bien qu’ils soient eux aussi Ă©quipĂ©s de jumelles, ils observent principalement les animaux Ă  l’Ɠil nu, c’est incroyable ! Je pouvais Ă  peine voir le calao au dĂ©but, alors qu’ils l’avaient dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© bien Ă  l’avance. Il Ă©tait perchĂ© sur un arbre Ă  des centaines de mĂštres de lĂ , je percevais Ă  peine une silhouette dans le feuillage (silhouette qui Ă©tait un calao). Je pense qu’Arlyne et Tony ont raison, ce sont des talents qu’ils dĂ©veloppent au quotidien.

 

Lao Jungle Diary 6

Arrivée à Ban Navang! Arlyne et Tony with en compagnie de villageois.

De retour au camp nous suivons la mĂȘme routine qu’hier : baignade et rassemblement autour du feu. J’ai demandĂ© Ă  Arlyne et Tony pourquoi ce n’était pas aussi simple que je l’avais d’abord imaginĂ© d’observer les espĂšces sauvages, et ils m’ont expliquĂ© que c’était probablement dĂ» Ă  la chasse Ă  outrance, ce qui veut dire moins d’animaux Ă  observer et des animaux plus prudents qui s’abritent davantage des regards. J’espĂšre que les efforts de protection de l’autoritĂ© WMPA permettront aux espĂšces sauvages de se rĂ©tablir


 

AprĂšs le dĂźner nous nous sommes rassemblĂ©s et nous avons remerciĂ© l’équipe transect de nous avoir accueillis. Nous avons Ă©changĂ© des informations sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, sur comment les choses peuvent ĂȘtre amĂ©liorĂ©es et sur le type de soutien nĂ©cessaire. J’ai Ă©galement pu parler avec et interroger certains d’entre eux, grĂące aux talents de traducteurs de Jim, ce qui Ă©tait une bonne maniĂšre de comprendre ce qu’ils pensaient du travail que nous accomplissions.

 

Demain sera le dernier jour de ce voyage, et mĂȘme s’il reste encore une journĂ©e, je ne peux que ressentir une certaine nostalgie Ă  l’idĂ©e de quitter le camp 6. Comme je l’ai dit au groupe aujourd’hui (en laotien !) ce fut une expĂ©rience extraordinaire pour moi, ma premiĂšre fois dans le bassin Nam Theun 2 
 J’ai appris Ă©normĂ©ment de choses du groupe et j’ai eu l’occasion de voir plein d’espĂšces sauvages (des sujets passionnants). Je peux paraĂźtre un peu naĂŻve mais c’est vrai, observer les espĂšces sauvages, comprendre l’importance de leur prĂ©servation et partager le travail quotidien de prĂ©servation d’une rĂ©gion unique comme le bassin NT2 a constituĂ© une expĂ©rience agrĂ©able et incroyablement rĂ©vĂ©latrice, d’autant plus que j’étais entourĂ©e par des gens vraiment passionnĂ©s et qui croient profondĂ©ment en ce qu’ils font ! Allez, il est temps de rejoindre le sac de couchage !

 

 

Jour 6 : du camp 6 Ă  Ban Navang – 9 fĂ©vrier 2007

 

Ce matin, nous avons dĂ», malheureusement, sortir de la forĂȘt. Nous avons pris notre petit-dĂ©jeuner et nous sommes partis aux environs de 6h30, alors que les Ă©quipes transect s’en allaient effectuer leur dernier jour (le quatriĂšme jour) d’étude dans cette aire (demain ils iront dans un nouvel endroit).

 

La marche de retour sur la piste a Ă©tĂ© absolument incroyable. Cette forĂȘt est si belle qu’il est difficile de la dĂ©crire, et aucun adjectif ne peut probablement lui rendre justice. Sur le trajet, nous avons encore eu la chance de voir quelques Douc Langurs ! Ce sont rĂ©ellement des crĂ©atures Ă©tonnantes. Et elles font assurĂ©ment des bonds de gĂ©ant pour se dĂ©placer d’arbre en arbre.

 

Nous nous sommes arrĂȘtĂ©s Ă  mi-chemin pour dĂ©jeuner et avons atteint Ban Navang peu aprĂšs 15 heures (une marche d’environ 16 kilomĂštres depuis le camp 6, dans la direction opposĂ©e Ă  Tha Phai Ban). Ban Navang est un trĂšs beau village, mais trĂšs pauvre, d’environ 310 habitants. Avec l’aide de l’autoritĂ© WMPA, les habitants ont pu construire des puits, une Ă©cole et les « toilettes » typiques qu’on peut voir dans les villages laotiens : de petites maisons faites de bois et de feuilles de palmier avec des WC Ă  la turc. Ils ont également quelques puits d’eau dans lesquels Arlyne et moi nous sommes baignĂ©es aujourd’hui.

 

Il est maintenant plus de 18 heures, je suis assise ici et je rĂ©alise combien je suis fatiguĂ©e ! Je suis Ă©galement exaltĂ©e par ces derniers jours. Ce fut un voyage trĂšs enrichissant au cours duquel j’ai vu un pan entiĂšrement diffĂ©rent du projet NT2 – voire une facette entiĂšrement diffĂ©rente de la vie – que je connaissais trĂšs peu. Je suis fascinĂ©e par la passion et le professionnalisme de mes collĂšgues de la Banque mondiale, de la WCS et de toute l’autoritĂ© WMPA, mais aussi impressionnĂ©e par les villageois travaillant dans les Ă©quipes transect et par leur engagement Ă  protĂ©ger cette forĂȘt magnifique et extraordinaire. Toutes les belles espĂšces sauvages que j’ai vues, l’immensitĂ© de la jungle et l’occasion de vivre aux cĂŽtĂ©s des villageois pendant cinq jours pour observer comment ils vivaient, comment ils prĂ©paraient leurs repas, gagnaient leur vie et vivaient, tout cela Ă©tait fascinant.

 

 




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