| 5 juin 2007 — Les chefs d’État qui se réunissent cette semaine à Heligendamm, en Allemagne, vont s’attaquer à deux problèmes qui sont au cœur de l’agenda du développement de la Banque mondiale, à savoir l’augmentation de l’aide à l'Afrique et la lutte contre le changement climatique via la réduction des émissions, l'échange de droits d'émission du carbone, ainsi que, entres autres, l'augmentation du rendement énergétique. En 2005, le G8 s’était engagé à augmenter l’aide publique au développement (ODA) pour l’Afrique pour atteindre 50 milliards de dollars à l’horizon 2010, mais en réalité l’ODA a chuté de 35,8 milliards de dollars en 2005 à 35,1 milliards en 2006, selon le rapport "Financement du développement dans le monde 2007" de la Banque mondiale. « Ce chiffre indique qu’à part la réduction de la dette, les pays africains n’ont pas profité des promesses faites au sommet du G-8 il y a deux ans, lors de l’année de l’Afrique » a déclaré John Page, l'économiste en chef de la Banque pour la région Afrique. Le Plan d’Action pour l'Afrique de la Banque, lancé il y a 2 ans, prend en compte l'appel du sommet de Gleneagles qui visait à accélérer l'évolution de l'aide à l’Afrique et à la coordonner. La moyenne de la croissance économique était de 5,5 pour cent en 2005 et de 5,3 pour cent en 2006, et 11 pays ont introduit des réformes pour réduire le délai et le coût de la création d’entreprise en 2006. Le taux de scolarisation en primaire a fait un bond en avant pour atteindre 96 pour cent en 2004, et le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a chuté de 161 en 1990 à 149/1 000 en 2004. Une vingtaine de pays africains ont affiché une croissance soutenue de plus de 5 pour cent, mais mis à part les exportations de pétrole et des principaux produits de base, reste relativement en marge des échanges mondiaux. Ceci s’explique par l’obstacle permanent que sont les barrières commerciales entretenues par les pays riches industrialisés qui pénalisent certains marchés tels que celui du coton dans lesquels les producteurs africains pourraient réussir à l’échelle internationale. Faisant remarquer qu’un certain nombre de pays africains ont réussi à adopter des réformes significatives et à enregistrer des taux de croissance économique plus élevés, Obiageli Katryn Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique a indiqué : « Seule une amélioration visible du niveau de vie des citoyens peut renforcer et garantir leur soutien permanent aux gouvernements réformateurs ; cela implique d’importantes ressources financières dont le continent ne dispose pas ». De plus, selon le rapport "Financement du développement dans le monde", l’Afrique subsaharienne n’a reçu que 6 pour cent des 4,9 billions de dollars de capitaux privés investis dans les économies des pays en voie de développement entre 1990 et 2006. « Depuis quarante ans, un grand nombre de pays donateurs ont augmenté leur soutien en matière d’aide humanitaire spéciale et de réduction de la dette, mais malheureusement ce soutien ne se manifeste pas par des ressources supplémentaires que les pays africains pourraient utiliser pour reconstruire leur infrastructure, former leurs professeurs et lutter contre le VIH/SIDA et le paludisme » a déclaré M. Page. Changement climatique En ce qui concerne le changement climatique, la Banque demande au G8 de rechercher un accord international sur les gaz à effet de serre et de créer des incitations pour étendre l’utilisation de l’énergie propre. Les discussions d’Heligendamm sur ce sujet ne touchent pas seulement le G8 mais également des dirigeants d’autres pays à fortes émissions de CO2, tels que la Chine et l’Inde. À l’occasion d’un forum de deux jours organisé par GLOBE International, les principaux dirigeants ont accepté avec enthousiasme l’idée d’un marché mondial du carbone. Ce marché permet aux pays industrialisés de réduire les émissions mondiales de CO2 et d'atteindre les objectifs de pollution fixés par leurs gouvernements, par le biais d’achat de crédits de carbone auprès de projets respectueux de l’environnement dans les pays en voie de développement. L’an dernier, le marché du carbone a triplé jusqu’à dépasser 30 milliards de dollars, dont environ 20 pour cent ont été alloués à des projets respectueux de l’environnement dans les pays en voie de développement. Le marché du carbone pourrait « se développer exponentiellement » en cas d’accord post 2012 visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et « générer entre de 20 à 120 milliards de dollars par an pour les pays en voie de développement » a déclaré Katherine Sierra, vice-présidente du développement durable. Selon elle, ces fonds sont « grandement nécessaires » pour fournir de l’électricité aux habitants des pays en voie de développement, réduire les émissions des gaz à effet de serre, mettre ces pays sur la « voie du développement à faible teneur en carbone », et les aider à s’adapter aux changements climatiques.   |