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Ouganda "Nous vivons avec le SIDA"

Ouganda : Nous vivons avec le SIDA

Des communautés qui peuvent agir

11 juin 2007 - Forte d’une subvention de 47,5 millions de dollars versée par l’Association internationale de développement de la Banque mondiale, la lutte contre le SIDA en Ouganda se poursuit à l’échelle locale dans des villages comme Mukono. Le projet de contrôle du SIDA de l’Ouganda, qui a été créé en 2001 dans le cadre du programme plurinational de lutte contre le SIDA (MAP), a confié une partie de l’argent du programme aux résidents locaux, dont un certain nombre sont touchés par le SIDA : des veuves, des orphelins ou des tuteurs âgés. Voici les résultats obtenus à Mukono.

'Le VIH ne passera pas par moi'

Lorsqu’ils interprètent l’une de leurs chansons avec le refrain « nous vivons avec le VIH », les membres du groupe s'avancent un à un pour « témoigner », raconter leur histoire, tandis que les autres membres continuent de chanter. Mary, une veuve avec sept enfants, est la première à s’avancer.

Elle suit un traitement antirétroviral et dit que c’est ce qui lui donne de la force, qui lui permet de chanter et de danser.

Le deuxième chanteur à témoigner, c’est Richard, le chef du groupe. Son jeune fils est né séronégatif, grâce aux médicaments qui ont empêché la mère de transmettre le virus au bébé. Le message de Richard est le suivant : il est possible d’avoir une vie active avec le VIH. Les gens doivent subir des tests de dépistage, dit-il, et au besoin, commencer à prendre des médicaments. En ce qui concerne la prévention, il préconise l’abstinence, l’utilisation de préservatifs et la fidélité à un partenaire unique. Il termine son témoignage en chantant « Nous vaincrons le SIDA, le VIH ne passera pas par moi ».

Le groupe interprète alors des textes où il est question des médicaments antirétroviraux, de comment ceux-ci étaient autrefois trop chers, mais à présent disponibles gratuitement au sein de la communauté, et de comment les séropositifs mouraient autrefois de paludisme ou de diarrhée, mais ont à présent un avenir. Les membres du groupe touchent leur montre-bracelet au rythme de la musique lorsqu'ils chantent l'importance de prendre les médicaments deux fois par jour.

Une autre chanson interprétée par le post-test club évoque le besoin d'éviter les rumeurs et la désinformation. La chanson explique que le VIH n’est pas le résultat d’un envoûtement, mais un virus transmis par relations sexuelles. La chanson incite le public à venir subir un dépistage au MASA. « Si vous êtes séropositif, soyez fort. Vous n’êtes pas le premier à vivre avec le VIH. »


L'histoire d'Hadijah

Hadijah Hajati Nabukenya 
a cru que sa vie prenait fin lorsqu’on lui a annoncé qu’elle était séropositive. Habitant à Mukono, à 21 kilomètres de la capitale ougandaise, Hadijah a su qu’elle était infectée en 1988 après la mort de son mari, un riche homme d’affaires.
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L'histoire de Ruth

Comme Hadijah, Ruth a perdu son mari, mort du SIDA, et elle a refusé de devenir une victime. Elle est l’un des fondateurs de MASA, un programme qui a été créé en 1992 par six personnes uniquement et dont le but est de trouver des moyens de faire face au VIH/SIDA et de le prévenir. À présent, MASA reçoit environ 50 clients par jour et constitue l’un des principaux fournisseurs de soins de santé dans le district de Mukono.
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UNE CHAÃŽNE DE SOUTIEN

Le programme multisectoriel pour le SIDA financé par la Banque a mis en place une chaîne de soutien qui s’étend jusque dans les villages. En Ouganda, des groupes communautaires ont été formés à la planification, la mise en œuvre, la surveillance et l’établissement de rapports, ainsi qu’à l’achat de denrées et la gestion des fonds. Au fil du temps, les procédures pour la participation des collectivités ont été claires, simples et bien communiquées.

La responsabilité financière des groupes a largement contribué à éviter la corruption et permettre l’utilisation des fonds à bon escient. Le montant des sommes perçues et des sommes dépensées était connu par tous, ce qui a permis de s'assurer que la plupart des projets ont bien été mis en œuvre comme prévu.

Les collectivités ont identifié des priorités et ont reçu les moyens de satisfaire leurs besoins. Les résultats témoignent d’améliorations dans les domaines suivants : services-conseils et dépistage volontaires ; accès aux traitements antirétroviraux et à des médicaments pour traiter les infections opportunistes ; soutien aux orphelins et veuves du SIDA ; fourniture de soins à domicile ; activités rémunératrices profitant aux membres des organisations communautaires.




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