Discours de Theodore Ahlers, DIrecteur du Département Maghreb à la Banque mondiale lors du Forum "Logistique, facteur clé de compétitivité" - à Casablanca, le 21 juin 2006 Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les organisateur de la manifestation. Mesdames et Messieurs les participants, Je suis très heureux de prendre la parole devant un parterre très représentatif des décideurs privés et publics qui organisent l’intégration du Royaume dans l’Economie mondiale, entre autres à travers une logistique performante et moderne. Le travail conjoint qui va être présenté lors de la manifestation est une bonne illustration, non seulement de la coopération entre Le Maroc et la Banque mondiale, mais aussi de la façon dont la Banque envisage l’agenda de développement économique. La mission première de la Banque mondiale est de lutter contre la pauvreté. C’est cet objectif qui sous-tend notre action et lui donne sa raison d’être. Nous croyons, et prenons pour credo, que le principal moteur de la lutte contre la pauvreté reste la croissance économique. Croissance generee par un secteur prive performant et développe. Une évidence qui a été réaffirmé avec encore plus de force ces dernières années. D’où la centralité des politiques visant à intégrer le pays dans l’économie mondiale, faciliter le développement d’un secteur privé moderne en améliorant le climat des investissements, ou encore le développement des infrastructures (transport, énergie, technologie de l’information) La logistique et la facilitation du commerce sont un sujet transversal qui participe de tous ces domaines et de toutes ces préoccupations. Mais il justifie une approche intégrée de ce que l’on appelle en anglais « behind the border issues », la problématique transfrontière, c'est-à-dire tout ce qui, au niveau national ou international empêche une liaison optimale avec les marchés mondiaux. Procédures douanières et autres, investissements, pratiques, compétences, services logistiques, investissements spécialisés. L’importance du sujet a été redécouverte relativement récemment. Mais c’est un domaine d’intervention de la Banque mondiale en pleine croissance, que ce soit en termes de conseil, assistance technique ou de financement. La Banque joue également un rôle plus global pour éclairer les décideurs. Il peut s’agir de la production d’indicateurs de performance, ou encore de notre appui à la négociation sur la facilitation du commerce dans le cadre de l’OMC. Ce rapport et le travail qui le sous-tend, sont emblématiques de la coopération entre la Banque mondiale et le Royaume du Maroc. Le cadre de référence de cette coopération est consigné dans la Stratégie de Coopération adoptée le 9 mai 2005 par le Conseil d’Administration de la Banque, une stratégie élaborée de manière très étroite avec le gouvernement. Cette stratégie comporte plusieurs piliers dont celui du renforcement de la capacité des entreprises à s’intégrer dans l’Economie Mondiale. La Banque Mondiale n’est pas seulement une Banque d’investissement, mais aussi une Banque de Connaissance et de Conseils qui aident les gouvernement à analyser des sujets sectoriels et à définir en commun un plan d’actions. C’est un service qui se développe beaucoup et qui est très apprécié dans les pays émergents et notamment au Maroc. La Banque Mondiale est, en effet, dans une position unique pour rendre ce type de service et ce pour deux raisons. La première est que notre couverture globale nous permet de comparer les expériences et transférer des idées. La seconde est le spectre des compétences pluridisciplinaires de nos experts. Le plan d’actions que nous allons, entre autres choses discuter lors de la conférence, est une bonne illustration de l’impact de ce type de coopération. Nous avons aussi des programmes très actifs dans le domaine du climat des investissements et du développement du secteur privé, de la politique commerciale, ou encore de la diversification. Une récente mission de la Banque a fait le point sur la mise en œuvre du plan d’action et a pu mesurer l’ampleur de la mobilisation pour résoudre les problèmes à peu près sur tous ces thèmes. La collaboration va se poursuivre sur certains aspects du programme et notamment la mise en place d’un instrument de mesure, l’observatoire de la logistique, qui publiera des indicateurs pour mesurer les résultats, maintenir la dynamique privé-public et éclairer les mesures d’ajustement pour répondre à de nouveaux défis. Cela devrait aider à maintenir la dynamique dont nous nous félicitons aujourd’hui. Les progrès rapides réalisés par le Royaume du Maroc pour la facilitation du commerce dans différents domaines constituent une référence qui sera très utile pour d’autres pays membres de la Banque. D’une certaine façon le travail que nous avons fait ensemble, Monsieur le Ministre a été pour nous à la Banque un projet pilote. Après le Maroc, des projets comparables ont été menés en Colombie, en Argentine et notre intervention est demandée en Tunisie et en Thaïlande. Pour finir, j’ai déjà dit que l’analyse des problèmes de logistique et de facilitation du commerce est une entreprise complexe, tout comme la définition et la mise en œuvre des solutions. Il nous faut donc souligner la valeur du travail accompli par vos services, Monsieur le Ministre, par les autres participants des administrations et du secteur ainsi que, et je ne l’oublie pas, par mes collègues de la Banque mondiale. Je vous remercie de votre attention. |