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Une aube d'espoir en Éthiopie

Lutte contre le SIDA en Ã?thiopie

«S'en remettre»

11 juine 2007 - En 2000, alors qu’il était sur le point de passer son diplôme de botanique et qu'il travaillait en tant qu'agronome, Sileshi Betelei est tombé deux fois gravement malade et a découvert qu’il était infecté par le VIH. Les services-conseils l’ont aidé à trouver le courage de le dire à sa famille qui l’a beaucoup soutenu. Il pense que leur attitude positive vient du fait qu’ils ont compris que n’importe qui peut être touché par le virus.

Sileshi
Sileshi Betelei

Il s’est remis au travail et a continué à vivre une vie normale, jusqu’en 2001 où sa numération CD4 (lymphocytes T) a chuté jusqu’à atteindre un niveau dangereusement bas ; il s’est alors considérablement affaibli.

Sileshi aurait bien voulu démarrer un traitement antirétroviral, mais il n’avait pas les moyens d’acheter les médicaments qui étaient alors disponibles en Éthiopie. Il parle de cette période comme d’une « période désastreuse ».

Un an plus tard, Sileshi a entendu parler de Dawn of Hope (Aube de l’espoir), une organisation non gouvernementale locale qui aide les personnes infectées et touchées par le VIH en Éthiopie. Il a décidé de rejoindre l’organisation et de travailler sur la campagne de sensibilisation pour obtenir la délivrance au public d’un traitement antirétroviral (ART) gratuit. Pendant cette période, il a bénéficié, par l’intermédiaire de Dawn of Hope, d’un traitement contre les infections opportunistes financé par le MAO éthiopien. Cela lui a permis de rester en assez bonne santé pour aller de l’avant et se marier. Sa femme est également séropositive.

En tant que militant, Sileshi et d’autres ont fait pression sur les gouvernements et sur les responsables de l’ONUSIDA et du Fonds mondial contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. En 2004, le programme éthiopien du traitement antirétroviral a été lancé, financé par le Fonds mondial.

Après 18 mois de traitement, la numération CD4 de Sileshi s’est améliorée et il s’est senti suffisamment fort pour recommencer ses études, ce qui lui a permis d’obtenir un deuxième diplôme universitaire de gestion. Il a pu envisager un avenir commun avec sa femme et a fondé une famille. Aujourd’hui, Sileshi est un des leaders de la communauté du SIDA en Éthiopie et représente les personnes vivant avec le VIH au Conseil national du SIDA et au Conseil de gestion du Comité national du SIDA. Il est aussi le fier papa d’un garçon de 18 mois, qui est séronégatif, ayant profité du traitement qui permet d’éviter la transmission du virus de la mère à l’enfant. Bien que ce soit l’accès gratuit aux médicaments antirétroviraux qui les maintient sa femme et lui, en bonne santé, Sileshi dit que bien d’autres Éthiopiens vivant avec le virus n’auraient jamais survécu sans les médicaments gratuits permettant de traiter les infections opportunistes financés par le programme plurisectoriel de lutte contre le SIDA de la Banque mondiale.


« Le MAP a changé la vie des gens » affirme Sileshi. « Avant le traitement, les gens mourraient à cause des infections opportunistes. Le MAP nous a permis d’arriver à l’ère du traitement antirétroviral ». Il fait également remarquer que les services-conseils et les soins à domicile via le MAP sont indispensables. « Sans les services-conseils, il n’y a pas de vie positive, il n’y a pas d’espoir ».


Un modèle à suivre

Le sourire timide et la discrétion de Zerihun Gashaw, âgé de 21 ans, sont peu révélateurs du traumatisme qu’il a subi en tant qu’orphelin du SIDA, de la responsabilité qui pèse sur ses épaules pour élever ses plus jeunes frères et sœurs, et du succès obtenu au cours de sa jeune vie. 
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Réponse oecuménique

Aba (Père) Serekebirhan Woldesamuel et son équipe spécialisée du Projet de prévention et contrôle du VIH/SIDA de l’Ethiopian Orthodox Tewahido Church Sunday School sont un exemple du rôle important que jouent diverses organisations religieuses financées par le programme multisectoriel pour le SIDA en Éthiopie.
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AIDER 6 000 COMMUNAUTÉS À SE PRENDRE EN CHARGE

En 2000, l’Éthiopie s’est engagée à mettre en œuvre une réponse participative et communautaire au VIH et au SIDA. L’initiative a été financée par une subvention de 60 millions de dollars octroyée par l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale via le programme plurisectoriel de lutte contre le SIDA (MAP éthiopien). Le programme, clôturé le 30 décembre 2005, a financé environ 6 000 communautés et initiatives d'ONG, notamment celles indiquées dans ce document.

Le MAP éthiopien a apporté l’unique aide systématique aux organisations de la société civile luttant contre le SIDA en Éthiopie et a permis la mise en place du système de réponse locale décentralisée actuellement en place. Le projet a financé des activités locales qui ont permis de modifier la manière dont sont perçues les personnes vivant avec le VIH et de comprendre l’importance de savoir si on est séropositif ou pas. Il a financé les soins à domicile, la prise en charge des orphelins du SIDA, le traitement d’infections opportunistes mineures, la fourniture d’aliments pour les personnes touchées par le VIH et se trouvant dans le besoin, et des activités génératrices de revenus.

Sans le soutien du projet pour l’administration de médicaments permettant de traiter les infections opportunistes, bien des Éthiopiens séropositifs seraient morts avant que ne devienne disponible le traitement antirétroviral en 2004. L’une des leçons tirées est que la nourriture est un besoin de base primordial pour bien des personnes touchées par le VIH en Éthiopie, étant donné que la plupart sont très pauvres et souffrent de malnutrition. En particulier, la réussite d’un traitement antirétroviral peut être compromise si l’alimentation n’est pas suffisante ou si elle est de mauvaise qualité. 


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