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Éthiopie - Un orphelin du SIDA pas comme les autres

Lutte contre le SIDA en Ã?thiopie

Un modèle à suivre

11 juin 2007 - Le sourire timide et la discrétion de Zerihun Gashaw, âgé de 21 ans, sont peu révélateurs du traumatisme qu’il a subi en tant qu’orphelin du SIDA, de la responsabilité qui pèse sur ses épaules pour élever ses plus jeunes frères et sœurs, et du succès obtenu au cours de sa jeune vie. 

Sileshi
Zerihun Gashaw

En tant que membres de l’association Dawn of Hope (Aube de l’espoir), les parents de Zerihun ont bénéficié d’une aide financière pour payer leur loyer, le grain, des médicaments pour traiter les infections opportunistes, du savon et d’autres produits de base au cours des derniers jours de leur vie.

Ils ont également reçu des fonds pour payer la scolarité de leurs enfants. Zerihun, l’aîné des quatre, a donc pu poursuivre sa scolarité et s'inscrire à l'université d'Addis Abeba, même après avoir perdu d’abord son père, puis sa mère, tous deux emportés par le SIDA. 

En tant qu’orphelins du SIDA, les enfants sont devenus membres à part entière de l’association Dawn of Hope. Les frères et sœurs de Zerihun étaient alors âgés de 5, 7 et 9 ans et lui, du haut de ses 17 ans, est devenu le chef de famille. Dawn of Hope a continué à apporter son soutien à la famille, auquel contribuait également Zerihun par des petits boulots. Mais ce soutien n’était pas suffisant, et Zerihun a dû quitter les bancs de l’université.

Il a pu reprendre ses études à l’université d’Addis Abeba un an plus tard, grâce au soutien de Dawn of Hope, d’une autre organisation et du ministère de l’Éducation. Sa famille survit grâce aux 150 birr (18 dollars) par mois versés par Dawn of Hope mais aussi grâce au soutien d’un ami qui a confiance dans les capacités de Zerihun à réussir et qui lui paie son loyer, ainsi qu’à des dons de nourriture de la part de membres de la collectivité lors de cérémonies religieuses.

Cette alliance de soutien autour d’une famille d’orphelins du SIDA n’a pu être possible que parce que les attitudes vis-à-vis de la maladie sont en train de changer. Le soutien des voisins dans le village où réside la famille reflète ce que Zerihun décrit comme une « évolution de l'attitude nationale vis-à-vis du VIH/SIDA » car « les gens ont compris que le problème les concerne directement ».

De retour à l’université, Zerihun est devenu un militant du SIDA. Il a partagé son expérience avec des camarades au sein d’associations anti-SIDA et avec des collectivités (dans les deux cas financés par le MAP éthiopien) en participant aux efforts de sensibilisation et lors d'ateliers et de conférences. Il a intitulé sa thèse « Défi et perspectives des objectifs de développement pour le Millénaire, en particulier de la lutte contre le VIH/SIDA en Éthiopie », et avant sa soutenance, a publié un article intitulé « La politique du SIDA en Éthiopie » dans une revue universitaire.

Son double diplôme en poche (sciences politiques et relations internationales), Zerihun devient un modèle d’identification non seulement pour les orphelins du SIDA, mais aussi pour tous les jeunes en général. En effet, il dit que la plupart des jeunes à sa place « finissent à la rue ». Il est invité à participer à des forums de jeunes, contribue à la presse locale et est en train de créer une organisation destinée aux orphelins du SIDA pour que leurs voix deviennent « de plus en plus fortes ».

Le sens des responsabilités de ce jeune homme vis-à-vis de lui-même et de ses frères et sœurs, son intelligence et sa motivation personnelle combinés à au soutien financier apporté à sa famille par le MAP éthiopien et d’autres aides, ont mené Zerihun Gashaw là où il se trouve aujourd’hui. Selon ses dires, il prépare le « chapitre suivant » de sa vie, « pour défendre les droits de cette catégorie sociale ». 

Article principal: Une aube d'espoir en Éthiopie


Réponse oecuménique

Aba (Père) Serekebirhan Woldesamuel et son équipe spécialisée du Projet de prévention et contrôle du VIH/SIDA de l’Ethiopian Orthodox Tewahido Church Sunday School sont un exemple du rôle important que jouent diverses organisations religieuses financées par le programme multisectoriel pour le SIDA en Éthiopie.
suite

AIDER 6 000 COMMUNAUTÉS À SE PRENDRE EN CHARGE

En 2000, l’Éthiopie s’est engagée à mettre en œuvre une réponse participative et communautaire au VIH et au SIDA. L’initiative a été financée par une subvention de 60 millions de dollars octroyée par l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale via le programme plurisectoriel de lutte contre le SIDA (MAP éthiopien). Le programme, clôturé le 30 décembre 2005, a financé environ 6 000 communautés et initiatives d'ONG, notamment celles indiquées dans ce document.

Le MAP éthiopien a apporté l’unique aide systématique aux organisations de la société civile luttant contre le SIDA en Éthiopie et a permis la mise en place du système de réponse locale décentralisée actuellement en place. Le projet a financé des activités locales qui ont permis de modifier la manière dont sont perçues les personnes vivant avec le VIH et de comprendre l’importance de savoir si on est séropositif ou pas. Il a financé les soins à domicile, la prise en charge des orphelins du SIDA, le traitement d’infections opportunistes mineures, la fourniture d’aliments pour les personnes touchées par le VIH et se trouvant dans le besoin, et des activités génératrices de revenus.

Sans le soutien du projet pour l’administration de médicaments permettant de traiter les infections opportunistes, bien des Éthiopiens séropositifs seraient morts avant que ne devienne disponible le traitement antirétroviral en 2004. L’une des leçons tirées est que la nourriture est un besoin de base primordial pour bien des personnes touchées par le VIH en Éthiopie, étant donné que la plupart sont très pauvres et souffrent de malnutrition. En particulier, la réussite d’un traitement antirétroviral peut être compromise si l’alimentation n’est pas suffisante ou si elle est de mauvaise qualité.


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