
AprÚs la fin du conflit au Mozambique, la restauration de la stabilité macroéconomique et la création d'un environnement propice aux secteurs à forte croissance potentielle constituaient des défis critiques.

Le projet Mozal de construction dâune installation de fonderie destinĂ©e Ă produire de lâaluminium pour lâexportation, Ă©tait le premier projet dâinvestissement Ă©tranger de grande ampleur au Mozambique. Les efforts conjoints de lâIDA, lâAgence multilatĂ©rale de garantie des investissements (MIGA) et la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale, qui font toutes partie du Groupe de la Banque mondiale, ont permis lâachĂšvement de Mozal I avec six mois dâavance et pour un budget infĂ©rieur Ă celui prĂ©vu initialement. Le premier aluminium a Ă©tĂ© produit en juin 2000. En 2003, lâusine de Mozal a Ă©tĂ© agrandie afin de doubler sa capacitĂ© et de la porter Ă plus de 500 000 tonnes par an, pour en faire lâune des plus importantes fonderies de la planĂšte.

Faisant office de catalyseur des investissements Ă©trangers au Mozambique aprĂšs la guerre civile, le projet a reprĂ©sentĂ© environ 3 % du PIB et 5 Ă 10 % de la croissance Ă©conomique rĂ©cente, avec des apports importants dans les domaines de lâemploi, des recettes fiscales, du change et des infrastructures.
Principales réalisations :
- Le projet a permis de multiplier par trois les exportations du pays et ajoutĂ© plus de 7 % du PIB au cours de ses premiĂšres annĂ©es dâexploitation et, dâaprĂšs les estimations, environ 10 % en 2001. Son impact sur la balance commerciale a Ă©tĂ© positif Ă hauteur de 173 millions de dollars par an.
- Au cours de ses cinq premiÚres années, le projet a généré plus de 300 millions de dollars de profit sur change au bénéfice du Mozambique, et environ 70 millions de dollars en recettes fiscales pour le gouvernement.
- Des voies de circulation, des ports, des unitĂ©s de production dâĂ©lectricitĂ©, des installations de tĂ©lĂ©communications, lâapprovisionnement dâeau et des systĂšmes de drainage ont Ă©tĂ© construits ou modernisĂ©s en liaison avec lâimplantation de Mozal.
- Au cours des deux phases de sa construction, Mozal a créé 15 000 emplois qui, pour la plupart, sont allĂ©s Ă des mozambicains. Le projet fournit actuellement du travail Ă 1 150 salariĂ©s permanents, 1 600 sous-traitants et 10 000 personnes indirectement, par le biais dâentreprises sous-traitantes locales.
- GrĂące Ă des fiducies spĂ©ciales, le Mozal Community Development Trust (MCDT) et le SME Empowerment Linkage Program (SMEELP), Mozal apporte son soutien Ă des communautĂ©s vivant aux alentours de la fonderie, avec des activitĂ©s dans les secteurs des infrastructures communautaires, de lâĂ©ducation et de la formation, de la santĂ© (prĂ©vention du SIDA, malaria, etc.), de lâenvironnement, du dĂ©veloppement de PME, des sports et de la culture.
- Le projet, qui est le plus gros investissement Ă©tranger au Mozambique, a dĂ©montrĂ© que des investissements Ă grande Ă©chelle pouvaient ĂȘtre couronnĂ©s de succĂšs dans lâenvironnement post-conflit du pays. Des investisseurs Ă©trangers ont, depuis lors, dĂ©veloppĂ© plusieurs projets Ă forte intensitĂ© capitalistique (projet minier Moma, pipeline SASOL et port de Maputo Port).

AprĂšs la fin du conflit au Mozambique, la stratĂ©gie de lâIDA a Ă©tĂ© axĂ©e sur la restauration de la stabilitĂ© macroĂ©conomique, la mise en place de conditions propres Ă encourager lâĂ©mergence et lâexpansion de secteurs Ă fort potentiel de croissance, et le dĂ©veloppement des ressources humaines. Avant 1998, lâannĂ©e de la mise en service du projet Mozal, 1,4 milliard de dollars en fonds de lâIDA ont Ă©tĂ© approuvĂ©s pour des projets au Mozambique. Certains de ces projets, tels que la rĂ©forme de lâadministration publique, ont contribuĂ© Ă encourager de maniĂšre indirecte le climat du pays en matiĂšre dâinvestissement. Au cours de cette pĂ©riode, dâautres projets de lâIDA ont eu un impact plus immĂ©diat et ouvert la voie Ă lâinvestissement de Mozal :
- DĂ©veloppement dâinfrastructure : une sĂ©rie dâinvestissements de lâIDA en matiĂšre de dĂ©veloppement et de modernisation des transports, tels que le Projet dâassistance technique Ă la revitalisation du corridor de Maputo (Maputo Corridor Revitalization Technical Assistance Project) et le Premier projet dâamĂ©nagement dâaxes routiers et de transport maritime cĂŽtier (First Roads and Coastal Shipping Project), ont contribuĂ© Ă amĂ©liorer les systĂšmes dâaxes routier, ferroviaires et portuaires desservant la ville de Maputo et ses environs.
- Privatisation des transports : des initiatives destinĂ©es Ă rĂ©duire la part du gouvernement dans le secteur privĂ©, telles que le Projet de restructuration dâentreprise industrielle (Industrial Enterprise Restructuring Project) et le troisiĂšme CrĂ©dit de redressement Ă©conomique (Third Economic Recovery Credit), ont contribuĂ© Ă la privatisation du port de Maputo et Ă des opĂ©rations ferroviaires, amĂ©liorant lâaccĂšs du fret aux installations.
- Modernisation de lâalimentation en Ă©nergie : par le biais de son Projet dâassistance technique et de rĂ©habilitation Ă©nergĂ©tique (Energy Technical Assistance and Rehabilitation Project), lâIDA sâest attachĂ©e Ă remettre en Ă©tat les installations et le matĂ©riel, ainsi quâĂ amĂ©liorer le contrĂŽle, par la direction, du rĂ©seau de distribution dâĂ©nergie de Maputo. AssociĂ© Ă lâinvestissement dâEskom, en 2000, dans le secteur de lâĂ©nergie, cet effort est venu renforcer la fiabilitĂ© de lâalimentation en Ă©lectricitĂ© des installations de traitement et de fabrication de la rĂ©gion de Maputo.
- Promotion du secteur privĂ© : dâautres efforts de lâIDA, tels que le Projet de dĂ©veloppement de PME (Small/Medium Scale Enterprise Development Project), et dâautres activitĂ©s non dĂ©diĂ©es aux prĂȘts, telles que la ConfĂ©rence sur le dĂ©veloppement du secteur privĂ© (Private Sector Development Conference) et lâĂtude sur les entraves au redressement industriel (Study on Impediments to Industrial Recovery), ont amĂ©liorĂ© le climat de lâinvestissement au Mozambique et promu le potentiel du pays en tant que destination des investissements internationaux.

- En 1998, la MIGA a apportĂ© son soutien en Ă©mettant une garantie de 40 millions de dollars Ă lâintention de lâIndustrial Development Corporation of South Africa Limited (IDC) pour couvrir ses garanties de prĂȘt Ă la Banque europĂ©enne dâinvestissement (BEI) en liaison avec son investissement dans le projet. La garantie couvrait lâinvestissement contre les risques dâexpropriation, de guerre et de troubles civils. En 2000, la MIGA a Ă©tendu une autre garantie de 70 millions de dollars Ă Eskom, sociĂ©tĂ© sud-africaine de production dâĂ©lectricitĂ©, pour de nouvelles installations de distribution dâĂ©lectricitĂ© fournissant une alimentation critique au site de Mozal et Ă la zone environnante.
- La SFI a soutenu le projet Mozal Ă la fois par des financements et en aidant la sociĂ©tĂ© Ă amĂ©liorer sa contribution durable Ă la communautĂ© locale. La SFI a fourni 75 millions de dollars pour la construction initiale du site de Mozal, et 91 millions de dollars pour son extension en 2003. La SFI a Ă©galement apportĂ© sa contribution au dĂ©veloppement du programme Small and Medium Enterprise (SME) Empowerment Linkages de Mozal. Elle a notamment allouĂ© des aides au dĂ©veloppement du potentiel des PME et offert aux fournisseurs tuteurs un soutien en matiĂšre de management. Ă titre de soutien aux initiatives de Mozal en matiĂšre de santĂ© publique, la SFI a versĂ© 100 000 dollars Ă un programme de sensibilisation et de prĂ©vention du SIDA, ainsi quâune aide stratĂ©gique Ă lâune des cliniques mĂ©dicales du Community Development Trust de Mozal, dans le but dâempĂȘcher la transmission du VIH de la mĂšre Ă lâenfant.

Le programme de dĂ©veloppement du Mozambique est actuellement centrĂ© sur lâexploitation de lâimpact positif de grands projets comme Mozal pour encourager la croissance Ă©conomique dans dâautres secteurs de lâĂ©conomie. MĂȘme si les « mĂ©ga-projets » ont contribuĂ© dans une large mesure Ă renforcer la croissance Ă©conomique et les revenus, de nombreuses PME locales dans tout le pays sont toujours confrontĂ©es Ă des difficultĂ©s ; la productivitĂ© de la main dâĆuvre et du capital sont infĂ©rieures aux moyennes rĂ©gionales et certains portefeuilles bancaires connaissent des difficultĂ©s importantes. En plus du rĂ©cent programme en faveur de lâannulation de la dette de 2,4 milliards de dollars au Mozambique, lâactuelle stratĂ©gie dâassistance nationale de lâIDA prend en compte la croissance gĂ©nĂ©rĂ©e par les activitĂ©s agricoles et Ă forte intensitĂ© de main dâĆuvre, ainsi que par les services, susceptibles de contribuer Ă rĂ©partir la richesse et les opportunitĂ©s Ă©conomiques avec plus dâĂ©quitĂ© dans le pays.