
MalgrĂ© des rĂ©formes Ă©conomiques rĂ©guliĂšres pendant la seconde moitiĂ© des annĂ©es 1990, la pauvretĂ© est restĂ©e trĂšs Ă©levĂ©e : plus dâun tiers de la population totale vit en dessous du seuil de pauvretĂ©. Au SĂ©nĂ©gal, la pauvretĂ© est essentiellement un phĂ©nomĂšne rural. De plus, pendant les annĂ©es 1990, lâagriculture a stagnĂ©, en partie du fait dâinfrastructures de base limitĂ©es, dâune implication constante de lâĂtat dans les secteurs secondaires, de services de support inadĂ©quats pour les agriculteurs, et dâun manque de renforcement de lâautonomie des populations rurales dans la planification, le financement et la gestion du dĂ©veloppement local.

Dans sa stratĂ©gie de dĂ©veloppement et de rĂ©duction de la pauvretĂ©, le gouvernement a identifiĂ© la dĂ©centralisation comme un facteur essentiel dâamĂ©lioration des conditions de vie des populations rurales. Le projet national dâinfrastructures rurales a Ă©tĂ© conçu comme le premier (ou une phase dâessai) dâun programme sur potentiellement 12 ans visant Ă renforcer les autoritĂ©s locales du SĂ©nĂ©gal rural et leur capacitĂ© Ă faire fonctionner et maintenir des investissements dans le domaine des infrastructures â en commençant par la construction de routes. En complĂ©ment du soutien institutionnel, lâIDA a fourni un financement pour les investissements locaux.

Environ 2,2 millions de personnes, dans 110 communautĂ©s rurales incluses dans la premiĂšre phase du programme, ont fait Ă©tat dâamĂ©liorations significatives de leurs conditions de vie, de leur accĂšs aux services essentiels, ainsi que de leurs revenus.
Principales réalisations :
- Dans le cadre du Fonds local dâinvestissement, chacune des 110 communautĂ©s rurales a mis en place son propre forum de planification et de mise en Ćuvre des projets : 298 projets dâapprovisionnement en eau, 141 Ă©tablissements scolaires, 140 cliniques et dispensaires, 60 projets dâautonomisation des femmes, parmi beaucoup dâautres.
- Une Ă©tude dâimpact reposant sur des enquĂȘtes Ă Ă©chantillon constant de 850 foyers sur la pĂ©riode de 2002 Ă 2005 a indiquĂ© une hausse de 25 % du revenu des mĂ©nages dans les zones couvertes par le projet, et des progrĂšs mesurables en matiĂšre de poids et de taille des enfants de moins de trois ans.
- 247 kilomĂštres de routes ont Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©s, ce qui a notoirement amĂ©liorĂ© lâaccĂšs aux services essentiels, en rĂ©duisant par exemple le temps de trajet vers les Ă©coles.
- Les recettes fiscales des communautĂ©s rurales couvertes par le projet ont augmentĂ© dâun multiple de 2.8.
- Parmi les amĂ©liorations apportĂ©es Ă la gouvernance et Ă la participation locales figurent la transparence des marchĂ©s publics, une gestion amĂ©liorĂ©e des finances publiques locales et lâĂ©tablissement dâun systĂšme de transfert des fonds publics du gouvernement central aux gouvernements locaux.
- La participation de groupes marginalisĂ©s au niveau local (notamment des femmes et des jeunes) sâest considĂ©rablement accrue.

- Le coĂ»t total du projet sâest Ă©levĂ© Ă 47,5 millions de dollars, dont 28 millions de dollars en provenance de lâIDA de 2001 Ă 2005.
- Avec ce projet, lâIDA a eu un impact important sur le paysage des communautĂ©s rurales du pays.
- Le soutien institutionnel de lâIDA a catalysĂ© les amĂ©liorations en matiĂšre de gouvernance et de participation locales, ainsi que de gestion des finances publiques.
- La conception du projet a donnĂ© aux communautĂ©s rurales du SĂ©nĂ©gal lâoccasion de sâengager dans des pratiques dâapprentissage sur le tas qui, une fois ajustĂ©es, ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©es et durables.
- Le projet a construit un systĂšme trĂšs rĂ©ussi, pouvant donc ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©, pour le transfert de ressources publiques vers des gouvernements locaux.

Le Fonds international pour le dĂ©veloppement agricole, la Banque africaine de dĂ©veloppement, lâOPEP.

Bien que les communautĂ©s bĂ©nĂ©ficiaires aient Ă©tabli des comitĂ©s de maintenance et mis des fonds de cĂŽtĂ© pour le fonctionnement et la maintenance, la capacitĂ© de fonctionnement et de maintenance est toujours faible et nĂ©cessitera des efforts supplĂ©mentaires de la part des gouvernements locaux. Les phases ultĂ©rieures de ce programme et du programme de dĂ©veloppement social ont fusionnĂ© dans le projet de gestion participative du dĂ©veloppement local dans le contexte dâun programme national de dĂ©veloppement communautaire. La faiblesse des capacitĂ©s et dâautres questions affĂ©rentes continueront dâĂȘtre abordĂ©es afin de garantir la durabilitĂ© des infrastructures.