Avéa : la route des changements à Libreville (Gabon)

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Le 20 juin 2007 — Ningone Eyeghe Julie est quinquagĂ©naire, la vieille dame habite le quartier AvĂ©a Ă  Libreville depuis 1957. Les trois cabanes laissĂ©es par son dĂ©funt mari sont aujourd’hui toutes occupĂ©es par des locataires, les revenus tirĂ©s de cette location lui permettent d’assurer ses besoins quotidiens. Julie affirme que « depuis que nous avons la route, beaucoup de personnes cherchent maintenant des maisons Ă  louer Ă  AvĂ©a, nous avons beaucoup de clients, mais avant c’était dure. ».

 

Andeme Mba Florence habite le mĂȘme quartier. Elle a fait construire une petite Ă©choppe en bordure de route pour exercer son activitĂ© : la vente de vin de palme. Cette activitĂ© lui permet de tirer les ressources nĂ©cessaires pour envoyer ses trois enfants Ă  l’école et subvenir Ă  leur besoin quotidien. Les grossistes et fournisseurs de cet Ă©lixir tropical peuvent aujourd’hui atteindre et fournir leur cliente sans trop de difficultĂ©.

Les activités commerciales

La route d' Avéa, un vecteur de développement pour ce quartier défavorisé de Libreville.

Il faut en effet reconnaĂźtre que la route en pavĂ©s construite par le Gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale Ă  travers le projet TIPPEE (Projet d’intĂ©rĂȘt public pour la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi), a complĂštement changĂ© les habitudes des habitants de ce quartier dĂ©favorisĂ© de Libreville oĂč, il y a quelques annĂ©es, y accĂ©der en voiture relevait de la tĂ©mĂ©ritĂ©, tant la route Ă©tait impraticable.

Aujourd’hui, selon les habitants que nous avons rencontrĂ©s, AvĂ©a est devenu un quartier enviĂ© par beaucoup d’autres quartiers de Libreville, la rĂ©alisation du projet TIPPEE a eu un impact positif considĂ©rable au sein de ses populations : on peut dĂ©sormais facilement se dĂ©placer, les taxis et autres moyens de transport « clandos » y sont lĂ©gion. La circulation des personnes et des biens a accru de telle sorte que les activitĂ©s commerciales ont connu un essor grĂące Ă  la construction de cette route.

 

La qualitĂ© de l’Ɠuvre est Ă©galement un motif de satisfaction pour ces populations : les routes du quartier AvĂ©a sont faites en pavĂ© et ont dĂ©montrĂ© leur rĂ©sistance face aux intempĂ©ries. Dans un pays Ă  trĂšs grande pluviomĂ©trie, ces routes, construites depuis prĂšs de huit ans, n’ont subi aucune dĂ©gradation et n’ont jamais Ă©tĂ© refaites, contrairement aux diffĂ©rentes autres voies bitumĂ©es de la capitale. « Vaut mieux les pavĂ©s que le goudron » affirme un des habitants satisfaits, Jean Louis, qui poursuit : « la route est un facteur de dĂ©veloppement, le pays est en panne faute de routes, si la capitale est dĂ©jĂ  paralysĂ©e, combien de fois l’intĂ©rieur du pays ».

 

Habitants satisfaits

Autour d'un "verre de Musungu" les habitants ont exprimé leur satisfation au sujet de l'ouvrage réalisé.

Le projet test TIPPE, Ă  travers lequel cette opĂ©ration Ă  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© est la traduction d’une collaboration rĂ©ussie entre la Banque mondiale et le gouvernement. Le projet a permis aux entrepreneurs locaux de satisfaire la commande publique, contribuant ainsi Ă  faire naĂźtre une classe d’entrepreneurs nationaux.

Le projet TIPPEE a Ă©galement gĂ©nĂ©rĂ© des milliers d’emplois de proximitĂ©s (projet Ă  haute intensitĂ© de main d’Ɠuvre) Ă  Libreville, Port-Gentil et Franceville oĂč il a Ă©tĂ© testĂ©, contribuant ainsi Ă  offrir du travail Ă  des personnes non et peu qualifiĂ©es.

Reconnaissantes, les habitants d’AvĂ©a regrettent cependant l’étroitesse de la chaussĂ©e et le manque de soutien aux associations du quartier pour assurer l’entretien de la route. Ces populations souhaitent qu’à l’avenir les routes Ă  rĂ©aliser avec le soutien de la Banque mondiale soient plus larges.

 

 

Article écrit par Patrice Etong-Oveng

Chargé de la communication Banque mondiale/Gabon

Photos : © Banque mondiale/ P. Etong-Oveng


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