
Lors de son Ă©valuation, en 2000, le Bangladesh avait lâun des taux de densitĂ© tĂ©lĂ©phonique les plus faibles du monde : 0,26 tĂ©lĂ©phones pour 100 habitants. LâopĂ©rateur de tĂ©lĂ©phonie fixe, the Bangladesh Telephone and Telegraph Board (BTTB) gĂ©rait seulement 350 000 lignes pour une population de 125 millions dâhabitants. Deux cent mille personnes figuraient sur la liste dâattente pour disposer dâune ligne fixe, avec un dĂ©lai dâattente de plus de 10 ans. Le dĂ©fi consistait Ă (i) dĂ©velopper lâaccĂšs aux services de tĂ©lĂ©communications et Ă amĂ©liorer la qualitĂ© des services offerts ; Ă (ii) accroĂźtre la connectivitĂ© dans les rĂ©gions rurales, ce qui permettrait le dĂ©veloppement Ă©conomique des campagnes du Bangladesh.

La promotion du dĂ©veloppement du secteur privĂ© Ă©tait essentielle pour amĂ©liorer les infrastructures de base, elles-mĂȘmes clĂ©s du dĂ©veloppement du secteur privĂ©. Le GrameenPhone Limited voulait devenir le deuxiĂšme opĂ©rateur national du Bangladesh. Au lieu de se concentrer sur le crĂ©neau supĂ©rieur, le nouvel opĂ©rateur a mis en Ćuvre une stratĂ©gie Ă bas prix conçue pour faire directement concurrence Ă BTTB. Des investissements permanents ont contribuĂ© Ă lâexpansion, depuis 2000, du rĂ©seau cellulaire numĂ©rique de GrameenPhone. Le projet a renforcĂ© sa position en tant que leader sur le marchĂ© de la tĂ©lĂ©phonie mobile au Bangladesh et a contribuĂ© Ă renforcer la capacitĂ© existante du rĂ©seau et Ă Ă©tendre sa couverture Ă une part plus importante de la population.

GrameenPhone est devenu le premier opérateur de téléphonie mobile du Bangladesh, avec un réseau couvrant plus de 90 % de la population. Le Village Phone Program (Programme de téléphonie villageoise) a eu un impact considérable, en particulier sur la population rurale de ce pays à faible taux de densité téléphonique.
 Principales réalisation :
- Le Village Phone Program, dĂ©ployĂ© et gĂ©rĂ© par GrameenPhone, offre actuellement des services de tĂ©lĂ©phonie mobile Ă quelques 50 millions dâutilisateurs dans des villages Ă travers tout le pays. Il sâappuie sur des microcrĂ©dits de la GrameenBank, qui permettent aux femmes dâobtenir les prĂȘts grĂące auxquels elles pourront acheter des tĂ©lĂ©phones mobiles auprĂšs de GrameenPhone. Les femmes proposent alors des services payant de tĂ©lĂ©phonie mobile dans leurs boutiques, sur les marchĂ©s locaux et ailleurs, appliquant des marges convenues dâun commun accord avec GrameenPhone. Lâextension de la couverture de tĂ©lĂ©phonie mobile aux rĂ©gions les plus pauvres a eu un impact social et Ă©conomique considĂ©rable sur les femmes pauvres, principalement en milieu rural, pour qui les opportunitĂ©s de crĂ©ation de revenus sont rares.
- GrameenPhone a Ă©galement mis en place 500 Community Information Centers (Centres dâinformation locaux, CIC) qui permettent aux citoyens des rĂ©gions rurales dâaccĂ©der Ă lâInternet et aux services dâinformation.
- GrameenPhone dispose actuellement de 6 000 sites, dans les 64 districts du pays, couvrant environ 95 % de la population totale et 80 % du pays. (La couverture signifie l'accÚs au signal du réseau.)
- Les tarifs ont considĂ©rablement baissĂ©. Un appel prĂ©payĂ© dâune minute coĂ»tait 5 takas en 2004 (taux de change : 1 dollar = approx. 70 takas). Aujourdâhui, les tarifs pour le mĂȘme appel sont passĂ©s Ă 1,50 taka la minute, grĂące Ă une concurrence accrue et Ă des accords dâinterconnexion amĂ©liorĂ©s entre opĂ©rateurs. Avec lâarrivĂ©e sur le marchĂ© dâun cinquiĂšme opĂ©rateur, le 10 mai 2007, les prix devraient encore baisser et des offres de services plus innovantes devraient ĂȘtre proposĂ©es aux clients.
- Le TeleCommons Development Group (« TDG »), basé au Canada, a calculé qu'un appel téléphonique à Dhaka remplaçant un déplacement physique constitue une économie de 2,64 à 9,8 % du revenu mensuel moyen d'un ménage. En effet, un voyage dans la capitale coûte de 2 à 8 fois plus qu'un appel téléphonique.
- En outre, une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par Ovum en 2006 a montrĂ© que prĂšs dâun quart de million de Bangladais dĂ©pendaient, directement ou non, du secteur de lâindustrie mobile, et que les services mobiles contribuaient chaque annĂ©e 650 millions dollars Ă lâĂ©conomie du pays.

- Fruits d'une expĂ©rience acquise dans dâautres pays, le soutien de lâIDA et le dialogue sur les politiques publiques ont portĂ© sur la mise en place dâun cadre rĂ©glementaire autorisant des opĂ©rateurs privĂ©s de tĂ©lĂ©phonie mobile compĂ©titifs Ă dĂ©velopper leur activitĂ© et Ă fournir des services rapides.
- Par le biais du Telecommunications Technical Assistance Project (Projet dâassistance technique en matiĂšre de tĂ©lĂ©communications), lâIDA aide le gouvernement du Bangladesh Ă (i) dissocier les rĂŽles politique et opĂ©rationnel du gouvernement et Ă restructurer le BTTB pour que celui-ci opĂšre en tant quâentitĂ© commerciale indĂ©pendante ; (ii) renforcer la fonction du ministĂšre (MOPT) en matiĂšre de politique publique ; et Ă (iii) renforcer la capacitĂ© rĂ©gulatrice de la Commission rĂ©gulatrice BTRC, y compris en ce qui concerne sa fonction de gestion du spectre.
- Le travail de la Banque mondiale dans tous ces domaines importants a contribuĂ© Ă rĂ©duire le risque rĂ©glementaire pour GrameenPhone et Ă apporter Ă lâensemble des parties une confiance accrue dans lâinvestissement sur le marchĂ© des tĂ©lĂ©communications au Bangladesh.

En 2000, la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (SFI), entitĂ© du groupe de la Banque mondiale, a dĂ©caissĂ© un prĂȘt de 16,7 millions de dollars et consenti un investissement en fonds propres de 1,57 million de dollars, en contrepartie de 3 % des actions de la sociĂ©tĂ© (GrameenPhone I). Cet investissement a permis de financer lâinstallation et le fonctionnement initiaux du rĂ©seau GSM 900 de la sociĂ©tĂ©. En dĂ©cembre 2003, la SFI a cĂ©dĂ© sa participation aux actionnaires pour la somme de 466 millions TK (8 millions de dollars). En 2004, la SFI a consenti Ă la sociĂ©tĂ© un deuxiĂšme prĂȘt (GrameenPhone II) de 30 millions de dollars, dont le produit a Ă©tĂ© utilisĂ© en partie pour rembourser le premier prĂȘt de la SFI. En 2006, un troisiĂšme prĂȘt de 70 millions de dollars a Ă©tĂ© approuvĂ©. Il devrait ĂȘtre finalisĂ© en 2007 (GrameenPhone III).

CouronnĂ©s de succĂšs, GrameenPhone I et II ont rĂ©cemment dĂ©bouchĂ© sur un nouvel investissement, GrameenPhone III. La SFI est parvenue Ă la conclusion que le modĂšle pouvait ĂȘtre reproduit dans dâautres pays et a rĂ©cemment contribuĂ© au dĂ©veloppement dâun programme similaire en Ouganda. La SFI sâimplique Ă©galement dans une initiative similaire au NigĂ©ria.