Démobiliser et réintégrer les anciens combattants rwandais

Dernière mise à jour : juin 2007
L'IDA en action - Post conflit - Rwanda

Défi à relever

Les violences et les conflits au Rwanda - après l’échec du processus de paix d’Arusha en avril 1994 et le génocide qui a suivi - se sont propagées pendant des années dans les pays voisins et ont notamment alimenté la guerre en République démocratique du Congo (RDC). Les initiatives régionales pour la paix se sont finalement conclues par l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka en juillet 1999, après quoi le gouvernement du Rwanda et plusieurs autres gouvernements ont commencé à retirer leurs forces de la RDC en 2001. Les progrès démocratiques réalisés à la suite de l’accord de Lusaka, conjugués à la politique du gouvernement rwandais en faveur du rapatriement et de la réintégration des membres des groupes armés rwandais et au pouvoir de dissuasion des Forces de défense rwandaises (FDR), ont augmenté les chances d’une résolution du conflit côté rwandais.

Démarche

La clé de la stabilité réside dans la réintégration économique réussie des anciens combattants. Le gouvernement a lancé la première étape d’un Programme rwandais de démobilisation et de réintégration (PRDR) avec l’aide du PNUD entre 1997 et 2001, période au cours de laquelle plus de 18 000 soldats de la RPA (rebaptisée FDR en 2002) ont été démobilisés. En juin 2001, le gouvernement a demandé à la Banque mondiale de mener des efforts de réorganisation et de développement du programme, de mobilisation des ressources - avec notamment un financement de l’IDA - et de coordination de l’aide des donateurs lors de la seconde étape du PRDR. Les principaux objectifs de l’étape II étaient de démobiliser 36 000 anciens combattants supplémentaires des FDR et des groupes armés, d’aider les anciens combattants à réintégrer la vie civile et de faciliter la réaffectation des dépenses du gouvernement des secteurs militaires vers les secteurs sociaux et économiques.

Résultats

Le programme rwandais de démobilisation et de réintégration permet à des milliers d’anciens combattants de retourner à une vie civile productive.

Principales réalisations :
- Au mois d’octobre 2006, 20 039 soldats des Forces de défense rwandaises (FDR) ont été démobilisés et ont bénéficié d’une aide à la réintégration économique.
- 6 405 combattants (sur 16 000 selon les estimations) des groupes armés rwandais (dont 624 enfants soldats) sont retournés au Rwanda et ont été démobilisés, et ont bénéficié d’une aide à la réintégration économique.
- 12 969 anciens soldats des Forces Armées Rwandaises (FAR) ont bénéficié d’une aide à la réinsertion (sous la forme de subventions), et les anciens soldats qui demeuraient économiquement vulnérables ont bénéficié d’une aide supplémentaire à la réintégration.
- Une aide supplémentaire à la réintégration a été offerte à 11 800 anciens soldats des FDR qui avaient été démobilisés lors de l’étape I du PRDR avant 2001 mais qui demeuraient économiquement vulnérables.
- Les anciens combattants ont été bien acceptés par leurs communautés et leurs familles, et s’en sortent économiquement aussi bien que d’autres civils rwandais, en dépit d’un niveau d’enseignement et d’un revenu plus faibles.
- Le PRDR offre une aide sur mesure exceptionnelle à la démobilisation et à la réintégration des anciens enfants soldats. La qualité de cette aide, qui comprend notamment un soutien psychologique, une formation professionnelle, un enseignement et des activités rémunératrices, est reconnue comme étant une meilleure pratique.
- Le budget de la défense a diminué de 3,2 % en 2001 à 2,1 % du PIB en 2006. Sur la même période, le total du budget de la santé et de l’éducation a progressé de 4,6 % à 5,7 % du PIB rwandais. En termes nominaux, les dépenses publiques pour l’éducation ont doublé et les dépenses de santé ont plus que triplé au cours des cinq dernières années.

Contribution

- Le coût total est estimé à 62,6 millions de dollars, financé à hauteur de 2,7 millions de dollars par le gouvernement et à hauteur de 28,8 millions de dollars par l’IDA.
- 14,4 millions de dollars supplémentaires sont fournis par le Fonds d’affectation multidonateurs (FAMD) du Programme multinational de démobilisation et de réintégration (PPDR), administré par la Banque mondiale. (Des ressources supplémentaires de 8,8 millions de dollars et de 7,9 millions de dollars ont été fournies respectivement par les gouvernements britannique et allemand.)
- L’IDA a notamment mis l’accent sur le développement d’une approche régionale sectorielle - le Programme multinational de démobilisation et de réintégration (PPDR) [www.mdrp.org] dans la région des Grands Lacs, qui est couverte par le PRDR. Ce partenariat concerne sept gouvernements de la région, 13 bailleurs de fonds et plusieurs organisations des Nations Unies et autres partenaires. L’objectif du PPDR est d’améliorer les perspectives de stabilisation et de redressement de la région, en offrant une aide à la démobilisation et à la réintégration de quelques 450 000 anciens combattants ayant participé aux conflits intervenus dans la région des Grands Lacs d’Afrique centrale.

Prochaines étapes

La lenteur du désarmement et du rapatriement des anciens combattants des groupes armés rwandais, notamment à l’est de la RDC, continue de susciter des inquiétudes. Le partenariat du PPDR et le PRDR ont commencé à engager des efforts transfrontaliers supplémentaires de sensibilisation et de mise en confiance afin d’accélérer ce processus. Ces efforts sont menés en étroite collaboration avec le gouvernement de la RDC et la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC). Afin d’accroître les perspectives de réintégration économique des anciens combattants, le PRDR a récemment lancé des programmes supplémentaires de formation professionnelle, d’aide à l’apprentissage, de création de capacités pour les associations économiques, de formation à l’alphabétisation et de soutien à l’enseignement.

En savoir plus

Projet de démobilisation et de réintégration d’urgence (2002-07)
Documents du projet


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