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Les Migrations sont hautement bénéfiques aux filles dans leur pays d’origine, indique une nouvelle publication de la Banque mondiale

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Communiqué de presse n°:2007/DEC/496

Contacts :
À Washington : Merrell Tuck (202)473-9516
mtuckprimdahl@worldbank.org
Kavita Watsa (202) 458-8810
kwatsa@worldbank.org

Paris, le 28 juin 2007—De nouvelles recherches menées par la Banque mondiale révèlent que dans certaines régions d’Asie du Sud les migrations contribuent à renforcer l’éducation et la santé des filles dans les pays d’origine. Au Pakistan par exemple, les migrations contribuent à un accroissement du taux de scolarisation des filles de 54 %, comparé à 7 % à peine chez les garçons. Selon les chercheurs, cela s’explique par le fait que dans les sociétés qui favorisent les fils, le revenu de base des ménages est généralement suffisant pour satisfaire les besoins essentiels des garçons. Une étude portant principalement sur certaines parties de l’Amérique centrale aboutit aux mêmes conclusions.

Publiée sous la direction de Caglar Ozden et de Maurice Schiff, l’étude intitulée  International Migration, Economic Development and Policy (Migrations internationales, développement économique, et politiques) confirme par ailleurs que les migrations concourent à réduire la pauvreté absolue dans les pays en développement, et cela de 35 %  au Mexique dans les ménages comptant des parents  émigrés.

L’ouvrage révèle à travers ce qui constitue une véritable découverte, que l’émigration vers l’Europe s’accompagne d’une baisse de l’indice de fécondité au Maroc et en Turquie, et que les migrants peuvent se prévaloir de salaires plus élevés dans leurs pays d’origine que ceux qui n’ont pas travaillé à l’étranger.

« Les migrations peuvent, de diverses manières, aider à atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire dans les domaines de la réduction de la pauvreté, l’éducation, la santé et l’autonomisation des femmes – par exemple, en contribuant à l’augmentation du revenu familial, l’accumulation de capital, l’amélioration des aptitudes et la promotion de réseaux d’activités commerciales », affirme L. Alan Winters, Directeur du Groupe de la recherche sur le développement à la Banque mondiale. « Compte tenu de l’impact énorme qu’elle a sur le développement dans les pays pourvoyeurs, la migration doit demeurer une des premières priorités des politiques mondiales ».

S’appuyant sur une nouvelle base de données sur les migrations couvrant  226 pays présentée par Parsons, Skeldon, Walmsley et Winters, le livre montre qu’il existe une migration appréciable entre les pays en développement, plus de  42 millions de migrants—soit un quart de la population mondiale des migrants—s’étant déplacés suivant un mouvement « Sud-Sud » plutôt que le mouvement « Sud-Nord » des pays en développement vers les pays développés. 

« Il est particulièrement important pour les décideurs de disposer de données sur la migration comparables entre plusieurs pays », déclare l’économiste Caglar Ozden, co-directeur de l’ouvrage. « Les nouvelles données sur lesquelles s’appuie cette étude tendent, par exemple, à confirmer que les migrations sont fortement influencées par le fait pour le pays d’origine et le pays d’accueil d’avoir en commun une même langue, par la distance que les migrants doivent parcourir de chez eux au pays d’accueil, et par les perspectives d’une augmentation de revenu due à la migration ».

L’étude fait ressortir une forte corrélation entre la migration d’une part, et le travail des enfants et l’éducation des filles d’autre part. Mansuri constate qu’au Pakistan, les filles des familles de migrants restent à l’école environ deux ans de plus que celles issues de familles ne comptant pas de migrants. Elle indique aussi que les enfants des ménages de migrants sont moins susceptibles de travailler, et ceux qui le font, travaillent environ 66 % moins.

Le lien entre la migration et la santé des enfants était un domaine insuffisamment étudié par le passé. Certains indices montrent qu’au Pakistan la migration contribue à améliorer les ratios poids/âge et taille/âge des jeunes enfants, et que ce gain se maintient à mesure que les enfants gagnent en âge. Acosta et al. obtiennent des résultats similaires en ce qui concerne l’impact des transferts d’argent dans les familles à faible revenu au Nicaragua et au Guatemala. Dans le cas du Nicaragua, l’étude permet de constater que ces transferts augmentent sensiblement les chances d’avoir des naissances assistées par un médecin, facteur déterminant pour la santé et la survie des mères.

Une étude novatrice de Philippe Fargues établit un lien étroit entre la migration et les taux de fécondité, qui se traduit par la transmission d’idées et de comportements du pays d’accueil au pays d’origine. Par exemple, la migration du Maroc et de la Turquie vers l’Europe a entraîné une baisse du taux de fécondité, alors que la migration de l’Égypte vers les sociétés plus traditionnelles des pays riches en pétrole du golfe Persique tend à freiner l’évolution de l’indice de fécondité.

« Comme le montre cette étude, les effets de la migration sur le développement dépassent l’impact des transferts d’argent », affirme Maurice Schiff, économiste en chef et co-directeur de l’ouvrage. Et de poursuivre, « Il est absolument indispensable de comprendre ces effets supplémentaires — notamment ceux sur la fécondité et le développement institutionnel —  pour formuler des politiques de migration efficaces. Cette compréhension est plus que jamais pressante à un moment où de nombreux pays d’accueil envisagent de réformer leurs politiques d’immigration ».

Pour la première fois, des indices semblent indiquer clairement que les migrations internationales temporaires donnent aux migrants un important avantage de salaire lorsqu’ils retournent dans leurs pays d’origine. Jackline Wahba constate qu’en moyenne, les migrants revenant en Égypte gagnent environ 38 % plus que les non-migrants présentant des profils comparables. Cette constatation vient appuyer les politiques favorables aux migrations internationales temporaires qui pourraient aussi aider à lutter contre ce qu’il est convenu d’appeler la « fuite des cerveaux » dans les pays d’origine.

La réglementation en vigueur dans le pays d’accueil peut avoir un impact inattendu sur le type de migrants recherchant des moyens d’entrée. Il ressort de l’étude menée par Gibson et McKenzie sur les migrants entrant en Nouvelle-Zélande que la politique du pays hôte visant à n’autoriser l’entrée qu’aux migrants détenant déjà une offre d’emploi ne garantit pas nécessairement l’entrée des plus qualifiés. Les migrants déjà en possession d’une offre d’emploi obtiennent généralement cet emploi par le biais de réseaux de migration qui existent déjà, plutôt que sur l’unique base de leurs compétences.




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