Contacts : Ă Washington : Merrell Tuck (202)473-9516 mtuckprimdahl@worldbank.org Kavita Watsa (202) 458-8810 kwatsa@worldbank.org Paris, le 28 juin 2007âDe nouvelles recherches menĂ©es par la Banque mondiale rĂ©vĂšlent que dans certaines rĂ©gions dâAsie du Sud les migrations contribuent Ă renforcer lâĂ©ducation et la santĂ© des filles dans les pays dâorigine. Au Pakistan par exemple, les migrations contribuent Ă un accroissement du taux de scolarisation des filles de 54 %, comparĂ© Ă 7 % Ă peine chez les garçons. Selon les chercheurs, cela sâexplique par le fait que dans les sociĂ©tĂ©s qui favorisent les fils, le revenu de base des mĂ©nages est gĂ©nĂ©ralement suffisant pour satisfaire les besoins essentiels des garçons. Une Ă©tude portant principalement sur certaines parties de lâAmĂ©rique centrale aboutit aux mĂȘmes conclusions. PubliĂ©e sous la direction de Caglar Ozden et de Maurice Schiff, lâĂ©tude intitulĂ©e International Migration, Economic Development and Policy (Migrations internationales, dĂ©veloppement Ă©conomique, et politiques) confirme par ailleurs que les migrations concourent Ă rĂ©duire la pauvretĂ© absolue dans les pays en dĂ©veloppement, et cela de 35 % au Mexique dans les mĂ©nages comptant des parents émigrĂ©s. Lâouvrage rĂ©vĂšle Ă travers ce qui constitue une vĂ©ritable dĂ©couverte, que lâĂ©migration vers lâEurope sâaccompagne dâune baisse de lâindice de fĂ©conditĂ© au Maroc et en Turquie, et que les migrants peuvent se prĂ©valoir de salaires plus Ă©levĂ©s dans leurs pays dâorigine que ceux qui nâont pas travaillĂ© Ă lâĂ©tranger. « Les migrations peuvent, de diverses maniĂšres, aider Ă atteindre les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire dans les domaines de la rĂ©duction de la pauvretĂ©, lâĂ©ducation, la santĂ© et lâautonomisation des femmes â par exemple, en contribuant Ă lâaugmentation du revenu familial, lâaccumulation de capital, lâamĂ©lioration des aptitudes et la promotion de rĂ©seaux dâactivitĂ©s commerciales », affirme L. Alan Winters, Directeur du Groupe de la recherche sur le dĂ©veloppement Ă la Banque mondiale. « Compte tenu de lâimpact Ă©norme quâelle a sur le dĂ©veloppement dans les pays pourvoyeurs, la migration doit demeurer une des premiĂšres prioritĂ©s des politiques mondiales ». Sâappuyant sur une nouvelle base de donnĂ©es sur les migrations couvrant 226 pays prĂ©sentĂ©e par Parsons, Skeldon, Walmsley et Winters, le livre montre quâil existe une migration apprĂ©ciable entre les pays en dĂ©veloppement, plus de 42 millions de migrantsâsoit un quart de la population mondiale des migrantsâsâĂ©tant dĂ©placĂ©s suivant un mouvement « Sud-Sud » plutĂŽt que le mouvement « Sud-Nord » des pays en dĂ©veloppement vers les pays dĂ©veloppĂ©s. « Il est particuliĂšrement important pour les dĂ©cideurs de disposer de donnĂ©es sur la migration comparables entre plusieurs pays », dĂ©clare lâĂ©conomiste Caglar Ozden, co-directeur de lâouvrage. « Les nouvelles donnĂ©es sur lesquelles sâappuie cette Ă©tude tendent, par exemple, Ă confirmer que les migrations sont fortement influencĂ©es par le fait pour le pays dâorigine et le pays dâaccueil dâavoir en commun une mĂȘme langue, par la distance que les migrants doivent parcourir de chez eux au pays dâaccueil, et par les perspectives dâune augmentation de revenu due Ă la migration ». LâĂ©tude fait ressortir une forte corrĂ©lation entre la migration dâune part, et le travail des enfants et lâĂ©ducation des filles dâautre part. Mansuri constate quâau Pakistan, les filles des familles de migrants restent Ă lâĂ©cole environ deux ans de plus que celles issues de familles ne comptant pas de migrants. Elle indique aussi que les enfants des mĂ©nages de migrants sont moins susceptibles de travailler, et ceux qui le font, travaillent environ 66 % moins. Le lien entre la migration et la santĂ© des enfants Ă©tait un domaine insuffisamment Ă©tudiĂ© par le passĂ©. Certains indices montrent quâau Pakistan la migration contribue Ă amĂ©liorer les ratios poids/Ăąge et taille/Ăąge des jeunes enfants, et que ce gain se maintient Ă mesure que les enfants gagnent en Ăąge. Acosta et al. obtiennent des rĂ©sultats similaires en ce qui concerne lâimpact des transferts dâargent dans les familles Ă faible revenu au Nicaragua et au Guatemala. Dans le cas du Nicaragua, lâĂ©tude permet de constater que ces transferts augmentent sensiblement les chances dâavoir des naissances assistĂ©es par un mĂ©decin, facteur dĂ©terminant pour la santĂ© et la survie des mĂšres. Une Ă©tude novatrice de Philippe Fargues Ă©tablit un lien Ă©troit entre la migration et les taux de fĂ©conditĂ©, qui se traduit par la transmission dâidĂ©es et de comportements du pays dâaccueil au pays dâorigine. Par exemple, la migration du Maroc et de la Turquie vers lâEurope a entraĂźnĂ© une baisse du taux de fĂ©conditĂ©, alors que la migration de lâĂgypte vers les sociĂ©tĂ©s plus traditionnelles des pays riches en pĂ©trole du golfe Persique tend Ă freiner lâĂ©volution de lâindice de fĂ©conditĂ©. « Comme le montre cette Ă©tude, les effets de la migration sur le dĂ©veloppement dĂ©passent lâimpact des transferts dâargent », affirme Maurice Schiff, Ă©conomiste en chef et co-directeur de lâouvrage. Et de poursuivre, « Il est absolument indispensable de comprendre ces effets supplĂ©mentaires â notamment ceux sur la fĂ©conditĂ© et le dĂ©veloppement institutionnel â pour formuler des politiques de migration efficaces. Cette comprĂ©hension est plus que jamais pressante Ă un moment oĂč de nombreux pays dâaccueil envisagent de rĂ©former leurs politiques dâimmigration ». Pour la premiĂšre fois, des indices semblent indiquer clairement que les migrations internationales temporaires donnent aux migrants un important avantage de salaire lorsquâils retournent dans leurs pays dâorigine. Jackline Wahba constate quâen moyenne, les migrants revenant en Ăgypte gagnent environ 38 % plus que les non-migrants prĂ©sentant des profils comparables. Cette constatation vient appuyer les politiques favorables aux migrations internationales temporaires qui pourraient aussi aider Ă lutter contre ce quâil est convenu dâappeler la « fuite des cerveaux » dans les pays dâorigine. La rĂ©glementation en vigueur dans le pays dâaccueil peut avoir un impact inattendu sur le type de migrants recherchant des moyens dâentrĂ©e. Il ressort de lâĂ©tude menĂ©e par Gibson et McKenzie sur les migrants entrant en Nouvelle-ZĂ©lande que la politique du pays hĂŽte visant Ă nâautoriser lâentrĂ©e quâaux migrants dĂ©tenant dĂ©jĂ une offre dâemploi ne garantit pas nĂ©cessairement lâentrĂ©e des plus qualifiĂ©s. Les migrants dĂ©jĂ en possession dâune offre dâemploi obtiennent gĂ©nĂ©ralement cet emploi par le biais de rĂ©seaux de migration qui existent dĂ©jĂ , plutĂŽt que sur lâunique base de leurs compĂ©tences. |