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Les problÚmes de gouvernance, 2007: Indicateurs de gouvernance dans le monde pour la période 1996-2006

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Contacts:

A Washington : Sunetra Puri, 202-473-2049, spuri1@worldbank.org

Michael Jones, 202-473-7660; mjones2@worldbank.org

 

Washington, 10 juillet 2007 — Le rapport "Governance Matters, 2007: Worldwide Governance Indicators 1996-2006" (Les problĂšmes de gouvernance, 2007: Indicateurs de gouvernance dans le monde pour la pĂ©riode 1996-2006) publiĂ© aujourd’hui par l’Institut de la Banque mondiale et la Vice-prĂ©sidence de la Banque mondiale en charge de l’économie du dĂ©veloppement, montre qu’un certain nombre de pays – y compris en Afrique – font des progrĂšs en matiĂšre d’amĂ©lioration de la gouvernance et de lutte contre la corruption. Ce constat est encourageant car la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont essentielles pour une croissance durable et la rĂ©duction de la pauvretĂ©.

 

Selon Daniel Kaufmann, coauteur du rapport et Directeur du programme Gouvernance mondiale Ă  l’Institut de la Banque mondiale, « on note avec intĂ©rĂȘt qu’un nombre important de pays, y compris en Afrique, montre qu’il est possible de faire des progrĂšs significatifs en matiĂšre de gouvernance en un laps de temps relativement court. Cette amĂ©lioration de la gouvernance est essentielle pour assurer l’efficacitĂ© de l’aide et une croissance Ă  long terme. [
] La corruption Ă  l’échelle internationale est estimĂ©e Ă  environ mille milliards de dollars EU, et le fardeau de la corruption pĂšse Ă©normĂ©ment sur le milliard de personnes au bas de l’échelle qui vit dans une extrĂȘme pauvretĂ©. »

 

Ce rapport, qui a pour auteurs Daniel Kaufmann, Aart Kraay et Massimo Mastruzzi de la Banque mondiale, se base sur des recherches menĂ©es au cours de la derniĂšre dĂ©cennie sur l’importance de la gouvernance et son impact sur le dĂ©veloppement. La bonne gouvernance est Ă©galement importante pour d’autres aspects du dĂ©veloppement humain tels que la mortalitĂ© infantile, l’analphabĂ©tisme et les inĂ©galitĂ©s. L’on a aussi constatĂ© qu’elle accroĂźt considĂ©rablement l’efficacitĂ© de l’aide au dĂ©veloppement en gĂ©nĂ©ral, et des projets financĂ©s par la Banque mondiale en particulier.

 

Il est donc important pour le programme de gouvernance de mesurer les performances des pays en la matiĂšre, et leur amĂ©lioration au fil du temps. Or, cela reprĂ©sente aussi un dĂ©fi complexe, Ă©tant donnĂ© que la gouvernance comporte plusieurs dimensions, dont chacune prĂ©sente des difficultĂ©s d’évaluation. Le projet d’indicateurs de gouvernance dans le monde montre qu’il est possible de relever ce dĂ©fi.

 

D’aprĂšs John Githongo, ancien SecrĂ©taire permanent pour la Gouvernance et l’Ethique au Cabinet du PrĂ©sident du Kenya, « les indicateurs de gouvernance mettent fin Ă  la thĂšse Ă©culĂ©e selon laquelle ces problĂšmes ne peuvent ĂȘtre mesurĂ©s de maniĂšre approfondie et les leçons que l’on pourrait en tirer ne peuvent ĂȘtre utilisĂ©es Ă  bon escient par les gouvernements, la communautĂ© des partenaires au dĂ©veloppement, la sociĂ©tĂ© civile et les mĂ©dias. »

 

Le rapport de cette annĂ©e est l’aboutissement d’une longue dĂ©cennie de travail des chercheurs Ă  l’effet d’élaborer et de mettre Ă  jour le jeu le plus complet d’indicateurs de gouvernance pour tous les pays actuellement Ă  la disposition du public. Cet ensemble d’indicateurs, ainsi que leurs sources de donnĂ©es, sont disponibles sur un site web rĂ©cemment restructurĂ©, www.govindicators.org (a). Ces indicateurs couvrent 212 pays et territoires et sont basĂ©s sur 33 sources de donnĂ©es diffĂ©rentes pour saisir les points de vue de dizaines de milliers de personnes interrogĂ©es dans le monde entire au cours de l’enquĂȘte, et de milliers d’experts des secteurs privĂ©, public et des ONG.

 

« Jusqu’au milieu des annĂ©es quatre-vingt dix, je ne pensais pas que la gouvernance pouvait ĂȘtre mesurĂ©e. Les indicateurs de gouvernance dans le monde m’ont convaincu du contraire », dĂ©clare Shlomo Yitzhaki, Directeur du Bureau central de statistiques d’IsraĂ«l et Professeur d’économie Ă  Hebrew University. « Ce rapport reprĂ©sente le nec plus ultra en matiĂšre d’élaboration d’indicateurs pĂ©riodiques de gouvernance qui peuvent aider considĂ©rablement les analystes politiques et les dĂ©cideurs dans l’évaluation des performances de leurs pays. Exceptionnellement, il rend publiques les donnĂ©es agrĂ©gĂ©es et dĂ©sagrĂ©gĂ©es, ainsi que les marges d’erreur estimatives pour chaque pays. Incontestablement, il Ă©tablit des normes pour la transparence des donnĂ©es. »

 

Le rapport montre que :

  • Certains pays africains font des progrĂšs considĂ©rables sur la voie de la bonne gouvernance. Entre 1998 et 2006, le Kenya, le Niger et la Sierra Leone ont montrĂ© des amĂ©liorations notables sur la dimension Voix citoyenne et responsabilitĂ©, alors que l’AlgĂ©rie et le LibĂ©ria renforçaient leur Etat de droit. Des pays tels que l’AlgĂ©rie, l’Angola, la Libye, le Rwanda et la Sierra Leone ont enregistrĂ© des avancĂ©es en matiĂšre de stabilitĂ© politique et la Tanzanie a amĂ©liorĂ© ses performances dans le domaine de la lutte contre la corruption. Toutefois, le rapport montre aussi que d’autres pays africains continuent de faire face Ă  d’énormes problĂšmes de gouvernance et de dĂ©veloppement.
  • Des Ă©conomies Ă©mergentes soutiennent la concurrence avec les pays riches sur des aspects clĂ©s de gouvernance. Plus d’une dizaine de pays en dĂ©veloppement dont la SlovĂ©nie, le Chili, le Botswana, l’Estonie, l’Uruguay, la RĂ©publique tchĂšque, la Lettonie, la Lituanie et le Costa Rica, ont enregistrĂ© des notes plus Ă©levĂ©es dans des aspects clĂ©s de la gouvernance que des pays industrialisĂ©s tels que la GrĂšce ou l’Italie.
  • AmĂ©liorer la gouvernance aide Ă  combattre la pauvretĂ© et Ă  relever les conditions de vie. Dix annĂ©es de recherche ont montrĂ© que l’amĂ©lioration des conditions de vie rĂ©sulte en grande partie d’une meilleure gouvernance, et non l’inverse. L’amĂ©lioration de la gouvernance par un Ă©cart type entraĂźne une baisse de deux tiers de la mortalitĂ© infantile et une augmentation Ă  long terme du revenu d’environ 300%. Une telle amĂ©lioration est possible puisqu’il s’agit juste d’une petite diffĂ©rence entre les meilleurs et les plus mauvais Ă©lĂšves. Par exemple, concernant l’Etat de droit, un Ă©cart type est tout ce qui sĂ©pare la trĂšs mauvaise note de la Somalie de celle de la CĂŽte d’Ivoire, ou cette derniĂšre de celle d’El Salvador, ou El Salvador de l’Italie ou du Botswana, et le Botswana du Royaume uni.
  • LĂ  oĂč des rĂ©formes sont engagĂ©es, la gouvernance peut ĂȘtre amĂ©liorĂ©e assez rapidement. Bien que cela ne soit pas la norme, depuis 2002, un certain nombre de pays ont fait des progrĂšs considĂ©rables en un trĂšs bref laps de temps de cinq ans, Ă  l’instar de l’Ukraine, du Kenya et du LibĂ©ria dans la composante Voix citoyenne et responsabilitĂ©; et de l’Angola et l’AlgĂ©rie en matiĂšre de stabilitĂ© politique.
  • En moyenne, la qualitĂ© de la gouvernance dans le monde entier ne s’est pas vĂ©ritablement amĂ©liorĂ©e au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, en dĂ©pit des avancĂ©es observĂ©es au niveau des pays. Si certains pays ont enregistrĂ© de bons rĂ©sultats, d'autres, en nombre Ă©gal, ont vu leurs performances se dĂ©grader sur plusieurs aspects, Ă  l’instar du Zimbabwe, de la CĂŽte d’Ivoire, du Belarus et du Venezuela. D'autres, plus nombreux encore, n'ont montrĂ© aucun changement significatif de la qualitĂ© de leur gouvernance.

 

 

Informations complémentaires :

 

Ce rapport contient la sixiĂšme mise Ă  jour des Indicateurs de gouvernance dans le monde et est l’aboutissement du travail effectuĂ© au cours de la derniĂšre dĂ©cennie pour Ă©laborer des mesures fondĂ©es sur des donnĂ©es probantes en vue d’aider les acteurs du dĂ©veloppement Ă  contrĂŽler la qualitĂ© des institutions, soutenir le renforcement des capacitĂ©s, amĂ©liorer la gouvernance et combattre la corruption.

 

Les indicateurs de gouvernance dans le monde mesurent les six composantes suivantes de la bonne gouvernance :

  1. Voix citoyenne et responsabilitĂ© – mesure la maniĂšre dont les citoyens d’un pays participent Ă  la sĂ©lection de leurs gouvernants, ainsi que la libertĂ© d’expression, d’association et de presse.
  2. StabilitĂ© politique et absence de violence – mesure la perception de la probabilitĂ© d’une dĂ©stabilisation ou d’un renversement de gouvernement par des moyens inconstitutionnels ou violents, y compris le terrorisme
  3. EfficacitĂ© des pouvoirs publics - mesure la qualitĂ© des services publics, les performances de la fonction publique et son niveau d’indĂ©pendance vis-Ă -vis des pressions politiques, la qualitĂ© de l’élaboration et de l’application des politiques, et la crĂ©dibilitĂ© de l’engagement des pouvoirs publics Ă  l’égard de ces politiques
  4. QualitĂ© de la rĂ©glementation – mesure la capacitĂ© des pouvoirs publics Ă  Ă©laborer et appliquer de bonnes politiques et rĂ©glementations favorables au dĂ©veloppement du secteur privĂ©

 

  1. Etat de droit – mesure le degrĂ© de confiance qu’ont les citoyens dans les rĂšgles conçues par la sociĂ©tĂ© et la maniĂšre dont ils s’y conforment et, en particulier, le respect des contrats, les compĂ©tences de la police et des tribunaux, ainsi que la perception de la criminalitĂ© et de la violence
  2. MaĂźtrise de la corruption - mesure l'utilisation des pouvoirs publics Ă  des fins d’enrichissement personnel, y compris la grande et la petite corruption, ainsi que « la prise en otage » de l’Etat par les Ă©lites et les intĂ©rĂȘts privĂ©s.

 

D’aprĂšs Aart Kraay, Ă©conomiste principal du Groupe de recherche pour le dĂ©veloppement de la Banque mondiale et coauteur du rapport, « mesurer la gouvernance prĂ©sente des dĂ©fis singuliers. La gouvernance est complexe et comporte de nombreux aspects distincts, et un seul indicateur ne peut permettre d’apprĂ©cier pleinement les performances d’un pays en la matiĂšre. [
] D’oĂč la nĂ©cessitĂ© d’utiliser la grande variĂ©tĂ© de sources de donnĂ©es disponibles actuellement sur la gouvernance. Les Indicateurs de gouvernance dans le monde sont une maniĂšre de collecter et synthĂ©tiser cette mine d’informations, sur la base des expĂ©riences et des contributions d’acteurs du monde entier. »

 

 




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