| Le 12 juillet 2007 — Le développement durable de l’Afrique ne peut devenir une réalité si les gouvernements africains ne bénéficient pas d’un appui leur permettant de développer leurs capacités dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation (STI), a rappelé Sir David King, conseiller scientifique en chef du Royaume-Uni. Sir David King a fait cette déclaration le 11 juillet lors d’une conférence qu’il a donnée au siège de la Banque mondiale à Washington sur le thème « Science, technologies, innovation et création de richesse : Compétences et renforcement des capacités dans les pays en développement ». La vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Obiageli Ezekwesili, accueillait cette manifestation. Sir David King a beaucoup écrit, avec passion, sur la place de choix que le renforcement des capacités STI doit occuper dans les stratégies africaines pour la réduction de la pauvreté et le développement économique. « La science et la technologie sont indispensables pour la bonne gouvernance, la stabilité et le capital humain, » a-t-il déclaré. « Une population techniquement qualifiée est une condition préalable au développement économique, à la création de richesse et au bien-être des populations. » Dans son allocution de bienvenue, Obiageli Ezekwesili a dit que l'Afrique avait grand besoin de développement scientifique et technologique, 41 % de la population vivant encore avec moins de 1 dollar par jour, une proportion incroyablement élevée. Pour inverser cette situation, elle a estimé qu'il fallait que l'assistance de la Banque mondiale, surtout en Afrique, obéisse à une approche axée sur les résultats. « Pour promouvoir un développement durable, il faut simultanément progresser aux plans de la science, de la technologie et de l’innovation, et réunir d’autres conditions. Mais en Afrique, l’enseignement des sciences et des mathématiques est devenu tellement ésotérique et hermétique…il nous faut faire quelque chose à ce sujet, » a-t-elle déclaré. Obiageli Ezekwesili a souligné que le moment était venu de parler de création de richesse en Afrique, une dimension intrinsèquement liée à la capacité scientifique et technologique. L’exode des compétences L’un des principaux aspects de la conférence de Sir David King était « l’exode des compétences », notamment en Afrique, dont les meilleurs scientifiques vont à la recherche d’emplois mieux rémunérés dans des pays développés. « Chaque année en Afrique, plus de 100 000 personnes qualifiées quittent le continent en direction de pays développés. Aucune croissance économique n’est possible lorsque les compétences désertent le système, » a-t- déclaré. Sir David King a fait remarquer que l’Afrique est le seul continent qui reste distancé au XXIe siècle, mais a aussitôt indiqué que certains indices montrent que la technologie permet d’améliorer considérablement les conditions de vie. À titre d’exemple, il a cité la révolution des communications en Afrique, rendue possible par la téléphonie cellulaire mobile, et les perspectives que l’énergie solaire offre au continent. Il a estimé que le moment était venu pour l’Afrique de créer ses propres scientifiques pour exploiter les possibilités qui lui sont ainsi offertes et développer ses infrastructures essentielles. L’Initiative du millénaire pour la science Reconnaissant que les dirigeants africains sont de plus en plus conscients de la nécessité d’accroître et d’améliorer leurs capacités dans les domaines de la technologie et de l’innovation pour mettre en œuvre leur programme de modernisation économique, la Banque mondiale apporte son appui à diverses initiatives du millénaire pour la science. Au début de l'année, le Gouvernement ougandais a lancé le premier projet financé par la Banque en Afrique au titre de l’Initiative du millénaire pour la science. Ce projet, financé par un crédit de 30 millions de dollars EU de l’Association internationale de développement (IDA), vise à appuyer le renforcement des compétences scientifiques et technologiques de ce pays afin de lui permettre de réaliser ses objectifs de croissance économique et d’industrialisation. Un autre projet exécuté au Nigéria sur la science et la technologie bénéficie d’un appui de 180 millions de dollars pour financer la recherche, la formation, et la mise en place de centres d’excellence. Il a clairement été établi que les pays africains doivent renforcer leurs capacités dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation afin d’accomplir des progrès tangibles dans la réalisation des Objectifs de développement pour le Millénaire. Plusieurs gouvernements africains, dont ceux du Botswana, du Mozambique et du Rwanda se préparent déjà à adopter des politiques STI, et investissent davantage de ressources dans des programmes de développement scientifique bien ciblés. Au début de 2007, plus de 300 ministres, scientifiques, représentants du secteur privé et des organisations non gouvernementales de 60 pays se sont réunis au siège de la Banque mondiale à Washington pour débattre de l’importance de la science et de la technologie pour le développement, et se sont accordés sur le fait que l’amélioration des capacités scientifiques et technologiques permettrait de combler le fossé existant entre les leaders mondiaux en matière de savoir et les pays en développement. Contribution de Steven Shalita |