L’épidémie mondiale du sida ne montre aucun signe de fléchissement

La directrice du programme de lutte contre le VIH/SIDA, Debrework Zewdie, évoque les mesures de riposte de la Banque.

1er décembre 2003 — Aujourd’hui, la planète entière va commémorer la Journée mondiale du SIDA et lancer un appel à l’intensification de la lutte contre l’épidémie. Mais celle-ci ne montre aucun signe de fléchissement — au contraire, le nombre d’infections et de décès dus au VIH a atteint un niveau sans précédent. D’après le dernier « Point sur l’épidémie du SIDA » de l’ONUSIDA, publié la semaine dernière, cinq millions de personnes ont contracté le virus et trois millions en sont mortes durant cette seule année — chiffres les plus élevés jamais atteints. La directrice des programmes de lutte contre le VIH/SIDA de la Banque mondiale, Debrework Zewdie, dresse ici le bilan de la situation et évoque les mesures prises par la Banque.

Où en est actuellement l’épidémie mondiale de SIDA ?

D’après les estimations annuelles de l’ONUSIDA, publiées chaque année à l’occasion de la Journée mondiale du SIDA, l’épidémie ne montre aucun signe de fléchissement. Au cours de cette seule année, cinq millions de personnes ont été infectées dans le monde, et trois millions sont décédées — les chiffres les plus élevés jamais enregistrés. S’il est vrai qu’un plus grand nombre de personnes ont contracté le virus cette année, la population vivant aujourd’hui avec la maladie, estimée à 40 millions, est moins importante qu’on ne le pensait auparavant.

Selon l’ONUSIDA, cette tendance s’explique essentiellement par le fait qu’un plus grand nombre de pays disposent désormais de systèmes perfectionnés de surveillance épidémiologique. Par ailleurs, l’ONUSIDA et l’OMS ont aujourd’hui accès à des données plus fiables. C’est pourquoi nous observons une augmentation du nombre de personnes nouvellement infectées vivant avec le VIH/SIDA, ce qui correspond à la tendance de l’épidémie. Dans plusieurs pays, comme le Vietnam, cette tendance est à la hausse, situation qui va s’aggraver au fil du temps.

Comment les programmes de lutte contre le VIH/SIDA de la Banque mondiale ont-ils évolué l’année dernière ?

Le programme de la Banque a substantiellement évolué au cours de l’année écoulée. Il y a deux ans, la Banque cherchait avant tout à assurer des ressources aux programmes qu’elle avait mis sur pied dans les deux régions les plus atteintes, l’Afrique subsaharienne et les Caraïbes. Nous voulions faire en sorte que ces régions puissent mettre en œuvre leurs programmes à plus grande échelle. L’exécution des programmes est une activité que la Banque a prise très au sérieux, et qui l’a obligée à redéfinir ses méthodes, par exemple en modifiant certains des règlements qui entravaient son action.

L’année dernière, nous avons veillé à ce que la Banque investisse ses moyens techniques et financiers dans des interventions de terrain, et à ce que celles-ci soient convenablement exécutées. Le Programme plurinational de lutte contre le VIH/SIDA (PPS) de la Banque vient également appuyer les efforts d’autres bailleurs de fonds, comme le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, ainsi que le Plan de secours d’urgence aux victimes du SIDA du Gouvernement américain. La Banque établit sur place des structures fiduciaires solides et veille à ce que les ressources parviennent effectivement aux collectivités locales.

L’une des réussites du PPS en Afrique a été d’atteindre des milliers d’organisations de proximité et de collectivités qui étaient auparavant restées isolées. Nous vérifions par ailleurs que ces programmes nationaux sont capables de réaliser leurs opérations sur le terrain. Nous avons également intensifié nos efforts dans d’autres régions où l’épidémie est encore dans une phase initiale, mais où elle risque néanmoins de se propager rapidement, comme cela se produit dans de nombreux endroits.

Quels sont les plus grands obstacles à l’exécution de programmes de lutte contre le VIH/SIDA ?

Debrework Zewdie,
Directrice du Programme
de lutte contre le
VIH/SIDA de la Banque
mondiale

A la Banque, nous avons décidé de simplifier nos procédures. Nous aurions aimé voir les États simplifier les leurs également. Le PPS est l’un des instruments les plus souples dont nous disposions pour réaliser des programmes de lutte contre le VIH/SIDA sur le terrain, mais notre action est encore bridée par les règles et règlementations des pouvoirs publics. Si les règles et règlementatiions inutiles étaient supprimés, la Banque et les autres bailleurs de fonds pourraient encore perfectionner leurs programmes et en faire des outils plus performants sur le terrain. Nous devons continuer de montrer à nos propres services et à nos pays clients combien les PPS sont souples, simples et faciles à mettre en œuvre, en Afrique subsaharienne comme dans les Caraïbes. La Banque est disposée à réexaminer ses règles et règlementations pour faciliter leur exécution.     

Plusieurs des personnes que la Banque a formées pour exécuter les programmes PPS sont aussi celles qui préparent les programmes du Fonds mondial et qui prépareront ceux du Plan de secours d’urgence aux victimes du SIDA du Gouvernement américain. Ces personnes doivent se démener sur plusieurs fronts, et le fardeau énorme de l’exécution des programmes retombe sur les pays. La communauté internationale doit coordonner ses efforts pour réduire ce fardeau. La Banque s’emploie à améliorer l’interaction entre ses partenaires et les autres bailleurs de fonds.

Comment l’ONUSIDA, l’OMS et les autres partenaires conjuguent-ils leurs efforts pour endiguer l’épidémie ?

Les neufs co-parrains de l’ONUSIDA, dont le nouveau membre, le Programme alimentaire mondial (PAM), se mobilisent pour lancer des programmes dans le monde entier. Nous faisons tous des efforts considérables pour surmonter ensemble les obstacles et atteindre l’objectif très ambitieux consistant à juguler l’épidémie du VIH/SIDA. Les membres de l’ONUSIDA sont plus soucieux que jamais d’assurer la cohésion des interventions sur le terrain, de manière à ce que toutes, partout, portent leurs fruits. Des millions de personnes ont besoin de notre aide. C’est pourquoi nous nous efforçons de veiller à l’harmonisation des programmes et des projets mondiaux. 




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