La prĂ©servation de l’environnement a fait des progrĂšs prodigieux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

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14 aoĂ»t 2007 – Durant les annĂ©es 90, la qualitĂ© de l’environnement n’était pas la prioritĂ© principale de la rĂ©gion du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).

« Quinze ans plus tard, l’intĂ©rĂȘt portĂ© Ă  la question environnementale a fait un bond en avant et la rĂ©gion est passĂ©e d’un investissement nul dans la protection de l’environnement Ă  des investissements dans chaque pays », a dĂ©clarĂ© Sherif Arif, conseiller rĂ©gional de l’environnement de la rĂ©gion MENA pour la Banque mondiale.

Selon M. Arif, le tournant dĂ©cisif s’est produit en 1999, lorsque la Banque a commencĂ© Ă  parlementer avec les pays qui ne se prĂ©occupaient pas de la dĂ©gradation de l’environnement et du coĂ»t qui en rĂ©sultait.

Dans un effort innovateur, une Ă©quipe de la Banque mondiale, financĂ©e par le Programme d’assistance technique pour la protection de l’environnement en MĂ©diterranĂ©e (METAP), a calculĂ© que le « coĂ»t d’inaction » allait de 2,1 % du PIB en Tunisie jusqu’à 7 ou 8 % en Iran.

« C’est un progrĂšs important », a dĂ©clarĂ© M. Arif. « Nous pouvons maintenant mettre un prix sur le coĂ»t de l’inaction et comparer les avantages et les coĂ»ts de l’investissement dans la gestion des ressources naturelles. »

Ces statistiques ont servi d’appui aux ministres de l’environnement, qui ont pu discuter de l’importance de la protection environnementale « en parlant la mĂȘme langue que les ministres des finances », a expliquĂ© M. Arif.

Le facteur critique de l’économie

« En rĂ©sultat, les gouvernements ont commencĂ© Ă  considĂ©rer la pollution et la dĂ©gradation des ressources naturelles comme des facteurs critiques de l’économie », a-t-il ajoutĂ©.

« Les rĂ©cents progrĂšs et succĂšs de la protection de l’environnement sont Ă©galement les fruits d’annĂ©es de confiance et de bonnes relations, mĂȘme entre des pays qui n’étaient pas clients de la Banque », a-t-il dit. « Nous avons dĂ©veloppĂ© une relation de travail trĂšs Ă©troite pendant 15 ans. »

La Banque a participĂ© Ă  l’établissement d’une politique, de plans d’actions, d’une stratĂ©gie et d’une analyse de la question environnementale, et a aidĂ© Ă  mettre en place des ministĂšres de l’Environnement dans toute la rĂ©gion MENA. Les gouvernements allouent, ou prĂ©voient d’allouer, des ressources consĂ©quentes Ă  la protection de l’environnement. Encore plus important, les prĂ©occupations d’ordre environnemental influencent d’autres secteurs, tels que le commerce et l’industrie.

« En 15 ans, nous avons fait des progrĂšs prodigieux en mettant rĂ©ellement en place ces institutions, en renforçant leurs capacitĂ©s et en leur accordant des subventions et des prĂȘts », a ajoutĂ© M. Arif.

Le changement climatique

« Outre les problÚmes environnementaux, les pays de la région doivent également faire face au changement climatique », a souligné M. Arif.

« Le changement climatique est devenu la prĂ©occupation principale de chacun. Il affecte toutes les couches sociales, des agriculteurs aux ministres. Ils savent qu’ils ne vont pas pouvoir Ă©chapper aux impacts nĂ©gatifs du climat sur leur vie quotidienne. »

« Cette nouvelle façon de penser permettra aux futurs efforts d’adaptation au changement climatique d’ĂȘtre acceptĂ©s rapidement », a prĂ©dit M. Arif.

La Tunisie a dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  s’adapter au changement climatique et la Banque apporte son aide Ă  d’autres pays, tels que le YĂ©men et le Maroc, pour surmonter ce problĂšme.

Selon M. Arif, « Tous ces pays seront touchĂ©s d’une façon ou d’une autre et ils doivent modifier leur comportement et leur façon de faire des affaires. »

Le marché du carbone

L’un des facteurs de ce tout nouvel intĂ©rĂȘt pour les pays de la rĂ©gion est le marchĂ© prospĂšre du carbone estimĂ© Ă  30 milliards de dollars US. « Le marchĂ© du carbone permet aux pays en dĂ©veloppement ayant ratifiĂ© le Protocole de Kyoto de recevoir des versements en espĂšces pour les encourager Ă  investir dans des projets respectueux du climat, rĂ©duisant les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, ainsi que la pollution, et augmentant ainsi l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et la participation aux efforts du monde entier pour freiner le changement climatique », a expliquĂ© M. Arif.

Trois projets de ce type sont en cours en Égypte et en Tunisie, et d’autres sont prĂ©vus en Jordanie, en AlgĂ©rie, au Maroc, en Iran, en Arabie saoudite et « potentiellement, dans toute la rĂ©gion », selon Lasse Ringius de l’UnitĂ© de financement du carbone de la Banque.

Sinon, les projets d’enfouissement des dĂ©chets qui permettent de capter le mĂ©thane (un gaz ayant le potentiel d’accroĂźtre l’effet de serre) et d’amĂ©liorer les conditions de travail souvent dangereuses des jeunes employĂ©s des dĂ©charges, ne seraient pas viables sur le plan Ă©conomique. Certains projets permettent de produire de l’électricitĂ© en tant que sous-produit.

Le financement du carbone pourrait Ă©ventuellement permettre la construction de « villes vertes » bĂ©nĂ©ficiant de normes et rĂ©glementations amĂ©liorĂ©es en matiĂšre d’énergie, ainsi que de carburant moins polluant, une perspective que contemple dĂ©jĂ  l’Égypte », d’aprĂšs M. Ringius.

Conjuguer pour mieux prĂȘter

« La rĂ©gion MENA a Ă©tĂ© la premiĂšre Ă  conjuguer les prĂȘts octroyĂ©s par la Banque mondiale aux revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par la rĂ©duction des Ă©missions », a dĂ©clarĂ© M. Arif.

De tels prĂȘts conjuguĂ©s, dont les revenus aident Ă  compenser le paiement des intĂ©rĂȘts, sont en place en Tunisie et en Égypte. Le Projet de rĂ©duction de la pollution II mis en place en Égypte depuis un an a permis Ă  cette derniĂšre de s’appuyer sur le prĂȘt de 20 millions de dollars US octroyĂ© par la Banque mondiale pour obtenir un autre financement de 145 millions de dollars US. Ce projet, qui cible la pollution industrielle, vend des rĂ©ductions d’émission Ă  la Banque et autres, et une partie des revenus gĂ©nĂ©rĂ©s est versĂ©e au nouveau programme gouvernemental de rĂ©duction de la pollution.

M. Arif a ajoutĂ© que l’approche « conjuguer pour mieux prĂȘter » stimulait les gouvernements Ă  s’attaquer de front aux problĂšmes de la pollution, lesquels autrement seraient mis de cĂŽtĂ© pendant des annĂ©es.

« On peut faire de bonnes affaires en protĂ©geant l’environnement », a soulignĂ© M. Arif. « C’est la premiĂšre fois que les protecteurs de l’environnement sont rĂ©compensĂ©s pour leurs actions. »




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