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Le réaménagement du bassin du Tarim en Chine

Dernière mise à jour : mai 2007
L’IDA en action : le réaménagement du bassin du Tarim permet aux agriculteurs chinois d’échapper à la pauvreté
Photo du fleuve Tarim publiée avec la gracieuse permission de TBMB
Liens :
Qu’est-ce que l’IDA ?
Dossier sur l’agriculture (PDF)

La Chine ne dépend plus de l’IDA
depuis le 1er juillet 1999
(en anglais)
- La Banque mondiale en Chine
- Autres pays ne dépendant plus de l’IDA

Défi à relever

Le Tarim, un fleuve chinois de 1 300 kilomètres de long, ne se jette pas dans la mer, mais rejoint un système de lacs appelé « lac Taitema » situé dans la région pauvre et aride de Xinjiang Uygur (XUAR), qui est la plus grande région autonome de Chine. Sa superficie est environ quatre fois celle de la France. Après 30 ans d’une utilisation non viable de l’eau, le lac Taitema est complètement asséché.

Démarche

Un premier projet vise à accroître la production agricole (et augmenter les moyens de subsistance des agriculteurs) en améliorant la gestion des ressources hydrauliques et en intensifiant l’agriculture. Sur la base du premier projet et de nombreuses innovations techniques, le second projet a permis de créer le premier système de gestion viable des ressources hydraulique en Chine. Au terme des deux projets, l’écoulement vers le lac a été rétabli, et le bassin couvre maintenant une surface de 200 km².

Résultats

La meilleure gestion des ressources hydrauliques a permis de produire des récoltes plus abondantes, de diversifier les cultures au profit de plantes à meilleur rendement et d’améliorer le statut social et les opportunités d’emploi pour de nombreuses femmes. La désertification rapide d’une « zone traditionnellement verte » a été ralentie, puis inversée.

Principales réalisations :
- Réduction de la pauvreté : dans la zone du projet, près de 70 % de la population a réussi à sortir de la pauvreté. Plus de 200 000 foyers d’agriculteurs ont bénéficié de retombées directes. Le revenu moyen des agriculteurs a augmenté dans les cinq préfectures et, plus sensiblement, dans les deux préfectures les plus pauvres de Kizilsu et Hotan.
- Conservation de l’eau : dans les canaux, l’application d’une couche de ciment par-dessus une géo-membrane pour prévenir les fuites a augmenté de 60 à 95 % l’efficacité de l’adduction et permet d’économiser environ 600 à 800 millions de mètres cubes d’eau chaque année. Cette eau est réaffectée à des utilisations environnementales, urbaines et industrielles et a permis de remettre le terrain en état et d’étendre l’irrigation à plus de 41 000 hectares de nouvelles terres agricoles.
- Remise en état du terrain et amélioration du rendement des terres : de 1998 à 2003, 41 460 hectares de terrain supplémentaire ont été remis en état grâce à une meilleure irrigation, tandis que le rendement de plus de 123 000 hectares de terre irriguée à faible production a été sensiblement accru. Cela a contribué à faire passer la production annuelle à 220 000 tonnes de blé, 82 000 tonnes de coton et 116 000 tonnes de maïs. Des récoltes de valeur supérieure, telles que les fruits (pommes, abricots, poires et raisin), graines oléagineuses, melons, légumes et luzerne, ont été plantées sur environ 148 000 hectares de terre.
- Réformes institutionnelles : ces projets ont permis de créer le premier système entièrement fonctionnel et intégré de gestion hydraulique en Chine en s’appuyant sur les initiatives ayant précédé les projets. Les réformes et innovations institutionnelles incluaient les aspects suivants : renforcement d’une commission responsable d’établir des quotas annuels d’utilisation d’eau pour chacun des sous-bassins ; un bureau renforcé de gestion du bassin, qui contrôle les retraits d’eau et l’approvisionnement en eau en aval de la zone verte ; et la mise en œuvre de nouveaux mécanismes dans les préfectures et comtés pour convertir les quotas en allocations d’eau individuelles aux agriculteurs.
- Revitalisation de l’environnement : environ 1,7 milliard de mètres cubes d’eau a été réinjecté dans la partie inférieure du fleuve Tarim, rétablissant ainsi 300 kilomètres de cours d’eau à sec. La superficie des forêts de la région a augmenté de plus de 30 %, et celle des pâturages de 15 %, ce qui a contribué à diminuer de moitié les coûts socio-économiques des dommages résultant des vents et tempêtes de sable.
- Promotion de l’innovation technique : les projets ont permis d’introduire des innovations techniques importantes, qui ont sensiblement contribué à leur succès global. Les plus importantes consistaient en la modélisation des transferts d’eau et de sels, l’utilisation des concepts de gestion d’évapo-transpiration, l’emploi de géo-membranes pour recouvrir les canaux et prévenir les fuites, l’application à grande échelle de techniques intégrées de lutte antiparasitaire, la notation laser permettant d’optimiser les économies d’eau et d’augmenter le rendement agricole, l’adoption de processus de gestion de l’eau et du sol démocratiques et axées sur la communauté, la pratique de tarifs en fonction du volume d’eau consommé et la création de nombreuses associations d’agriculteurs utilisant de l’eau dans le cadre des réformes.

Contribution

- Le coût total du premier projet du bassin du Tarim s’est monté à 212 millions de dollars, sur lesquels l’IDA a contribué la somme de 125 millions.
- Le coût total du second projet s’est élevé à 272,6 millions de dollars, sur lesquels la BIRD a contribué la somme de 90 millions, l’IDA 60 millions et le gouvernement 122,6 millions.
- Par le biais d’investissements directs, d’une assistance politique et technique, l’IDA a permis de catalyser une modification fondamentale de l’approche du pays vis-à-vis de la gestion des ressources hydrauliques. Les résultats prouvent qu’une approche de gestion des ressources hydrauliques intégrée, complexe et viable du point de vue de l’environnement et de l’économie peut être mise en œuvre, à l’échelle, dans une région pauvre d’un pays en voie de développement. Cette expérience montre également qu’un effort soutenu est nécessaire pour motiver une réforme réelle et établir un partenariat. Dans le cas présent, l’IDA a dû intervenir à deux reprises sur une période de dix ans.

Partenaires

Forte de son expérience avec le bassin Murray-Darling (Australie), AusAid a fourni la plus grande partie de l’assistance technique nécessaire à la réforme des institutions.

Prochaines étapes

Les principes qui ont été mis en œuvre dans le cadre de ces projets sont valables pour la plupart des bassins en Chine et dans le monde entier. Le bassin du Tarim est une région désertique bordée par la Mongolie, l’Afghanistan, le Pakistan, le Tadjikistan, le Kyrgyzstan et le Kazakhstan. Les approches utilisées avec succès dans cette région seraient probablement aussi efficaces dans d’autres régions arides. Plusieurs délégations, notamment une du Pakistan, ont visité le bassin du Tarim et envisagent la mise en œuvre de programmes similaires.

En savoir plus

Projet I du bassin de Tarim (1991-1997), II (1998-2004)
Documents du projet I  |  II


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