
Au moment de la conception du projet et au début de sa mise en œuvre, le Nicaragua était très en retard par rapport à ses voisins d’Amérique centrale du point de vue de la compétitivité et ne disposait d’aucune stratégie pour améliorer la situation. En 2002, le Forum économique mondial classait le Nicaragua au 75e rang mondial (sur 80 pays) sur le plan de la compétitivité, citant le manque de développement en ce qui concerne les exportations, la capacité technologique et le secteur privé.

Le projet intitulé « Compétitivité » a été conçu avec deux objectifs à l’esprit. Le premier consistait à proposer et tester des options d’amélioration de l’environnement commercial au Nicaragua. Le second visait à mettre en place de nouveaux services pilotes d’appui aux entreprises (BDS, Business Development Services), plus spécifiquement en regroupant les entreprises et organisations d’un même secteur par région géographique. Cette stratégie a permis aux petits et moyens producteurs et fabricants d’avoir accès aux services dont ils avaient besoin, et aussi d’influencer la politique et les programmes de recherche pour que ceux-ci répondent à leurs demandes.

Facilitation du développement du secteur privé au Nicaragua par une simplification radicale des réglementations et du droit des affaires, le renforcement des institutions, le développement de groupements industriels, la promotion des exportations, l’appel aux investissements étrangers directs et la mise en place de services pilotes de développement économique durable.
Principales réalisations :
- Le nombre de jours et les procédures nécessaires au lancement d’une entreprise sont passés de 71 jours et 12 procédures en 2003 à 39 jours et 6 procédures en 2006. Classé 67e en 2006 (72e en 2005) sur les 178 pays sondés dans le cadre du rapport Doing Business de la Banque mondiale, le Nicaragua occupe la position la plus élevée parmi les pays d’Amérique centrale.
- Par rapport aux objectifs de croissance de 10 %, les indicateurs de quatre secteurs inclus dans le projet (tourisme, café, produits laitiers et industrie légère) ont satisfait ou dépassé les attentes :
-- Le nombre de touristes a augmenté de 17 % en 2004 (525 400 à 614 800).
-- La production de café a pratiquement doublé, passant de 1,10 million de quintaux en 2004-2005 à 2,07 millions en 2005-2006. Ces chiffres incluent le café organique et de qualité supérieure.
-- Le total des exportations de produits laitiers a augmenté de 33 % de 2003 à  2004.
-- Le taux d’emploi a augmenté de 38 % dans l’industrie du tourisme et de 67 % dans l’industrie légère.
- Pro-Nicaragua, l’agence publique de promotion des investissements, a attiré 137,7 millions de dollars sous forme d’investissements étrangers directs, ce qui a permis de créer plus de 12 000 emplois entre 2003 et 2005 ; les exportations de la zone franche ont atteint 700 millions de dollars en 2004.

- L’IDA a fourni une assistance technique et a partagé son expertise mondiale pour permettre la création d’une situation de concurrence, d’une zone franche et l’adoption de lois sur l’établissement d’un registre du commerce.
- L’IDA a permis aux agences nicaraguayennes de promotion des exportations (NicaExport) et de promotion des investissements (ProNicaragua) d’accroître leurs capacités, en se basant sur l’expérience et en bénéficiant de l’assistance de l’Agence multilatérale de garantie des investissements, qui fait également partie du Groupe de la Banque mondiale.
- Pour soutenir les activités regroupées, l’IDA a fait appel à l’expérience considérable du Service consultatif pour les investissements étrangers de la SFI, tout en bénéficiant d’un soutien supplémentaire sous la forme d’une subvention octroyée par un programme de partenariat entre la Banque et les Pays-Bas.
- Le coût total du projet s’est monté à 5,95 millions de dollars, dont 5,4 millions ont été financés par l’IDA et 550 000 millions par le gouvernement.

Malgré les progrès réalisés par le Nicaragua en matière de compétitivité, la bureaucratie et les réglementations empêchent toujours le pays de profiter pleinement des avantages des marchés mondiaux, y compris ceux créés par sa participation au Traité de libre échange entre la République dominicaine et l’Amérique centrale (RD-CAFTA). L’IDA continuera à soutenir ces efforts par le biais du projet « Amélioration de la compétitivité » (17 millions de dollars), qui permettra de renforcer les institutions et d’offrir un soutien technique et des subventions de contrepartie au secteur privé afin de créer des emplois, accroître la productivité et encourager les exportations tout en satisfaisant les exigences du RD-CAFTA.

Prêt accordé au Nicaragua pour l’innovation et l’apprentissage de la compétitivité (2001-2006)
Documents du projet