Contact : À Washington: Mauricio RÃos, (202) 458-2458 mrios@worldbank.org  WASHINGTON, 30 août 2007 — La première étude du torchage du gaz à l’échelle mondiale a été réalisée à partir de données satellitaires, et un ensemble d’estimations nationales et mondiales des volumes de gaz brûlés a été élaboré pour une période de 12 ans, entre 1995 et 2006.  Cette étude qui a été commandée et financée par le Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés (GGFR) a été réalisée par des chercheurs de l’Administration nationale de l’océan et de l’atmosphère des États-Unis d’Amérique (NOAA).  D’après les estimations de gaz torchés produites pour 60 pays et territoires, le torchage du gaz dans le monde est resté globalement stable, entre 150 et 170 milliards de m3, pendant les 12 dernières années.  Selon les données satellitaires, les pays producteurs de pétrole et les compagnies pétrolières ont brûlé en 2006 quelque 170 milliards de m3 de gaz naturel (soit près de 5 trillions de pieds³). Ceci représente 27 pour cent de la consommation totale de gaz naturel des États-Unis d’Amérique, et 5,5 pour cent de la production mondiale pour cette même année. Si ce gaz avait été vendu aux États-Unis d’Amérique au lieu d’être torché, sa valeur totale sur ce marché aurait été de l’ordre de 40 milliards de dollars. Son torchage a par ailleurs provoqué l’émission d’environ 400 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2).  « Le torchage du gaz est néfaste pour l’environnement car il contribue au réchauffement planétaire, et c’est en outre un gigantesque gaspillage d’une source d’énergie plus propre qui pourrait être utilisée pour produire l’électricité dont les pays pauvres ont tant besoin, » a déclaré Bent Svensson, Directeur du Partenariat GGFR de la Banque mondiale. « Les quelque 40 milliards de m3 de gaz qui sont brûlés rien qu’en Afrique chaque année permettraient de produire la moitié de l’électricité dont ce continent a besoin. »  Le brûlage du gaz ou torchage est une pratique courante d’évacuation du gaz naturel libéré au cours de l’extraction pétrolière ; on y a souvent recours dans les zones éloignées des utilisateurs potentiels et où les infrastructures qui permettraient d’exploiter ce gaz sont inexistantes sur site. Au cours des dernières années, les efforts ont été intensifiés pour éliminer cette pratique, par exemple en réinjectant le gaz dans le sol pour stimuler la production pétrolière, ou en le transformant en gaz naturel liquéfié qui est acheminé vers les marchés par méthanier puis gazoduc,  ou utilisé sur place pour produire de l’électricité.  « Cette étude prouve que le torchage du gaz peut être surveillé depuis l’espace et qu’il est possible d’élaborer des estimations raisonnables et indépendantes des volumes gaspillés, » a indiqué Christopher Elvidge, chercheur au Centre national de données géophysiques (NGDC) de la NOAA et auteur principal de l’étude. « Autrefois, seules les estimations officielles permettaient de suivre l’évolution du torchage, mais cette période est désormais révolue. Ces chiffres indépendants devraient permettre aux gouvernements comme aux compagnies pétrolières de se faire une meilleure idée des volumes de gaz qu’ils brûlent réellement. »  Comme cette étude est la première fondée sur des observations satellitaires, les chercheurs appellent à la prudence par rapport à ces données préliminaires ; en effet, plusieurs causes d’erreurs et d’incertitude se posent encore, en particulier les différences d’efficacité du torchage, les erreurs d’identification, la discontinuité des échantillonnages et les effets environnementaux.  Selon les données satellitaires, le volume des gaz torchés a augmenté dans 22 pays au cours des 12 dernières années. Il s’agit notamment des pays suivants : Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Chine, Ghana, Guinée Équatoriale, Irak, Kazakhstan, Kirghizistan, Mauritanie, Myanmar, Oman, Ouzbékistan, Philippines, Papouasie Nouvelle-Guinée, Qatar, Russie (à l’exception de la région de Kanty Mansysk), Soudan, Tchad, Thaïlande, Turkménistan et Yémen.  Par ailleurs, les mêmes observations montrent que 16 pays ont réduit leurs volumes de gaz torchés entre 1995 et 2006, à savoir : Algérie, Argentine, Bolivie, Cameroun, Chili, Égypte, Émirats Arabes Unis, États-Unis d’Amérique (offshore), Inde, Indonésie, Libye, Mer du Nord, Nigeria, Norvège, Pérou et Syrie.  Enfin, les volumes de gaz torchés sont restés globalement stables dans neuf autres pays durant les 12 dernières années. Il s’agit des pays suivants : Australie, Équateur, Gabon, Iran, Koweït, Malaisie, Roumanie, Khanty-Mansiysk (Fédération de Russie) et Trinidad.  Les auteurs ont exploité des données d’imagerie satellitaire à faible intensité lumineuse du Programme de données météorologiques de l’Armée de l’air américaine pour évaluer les volumes de gaz brûlés dans les torchères que l’on peut observer de nuit par temps clair. Les capteurs satellitaires actuels et futurs continueront de fournir des données qui permettront d’estimer les volumes de gaz torchés dans les décennies à venir. Le GGFR encourage la surveillance sur site pour suivre l’évolution de cette pratique et notifier les réductions de torchage du gaz.                                                                          |